Le prime 200 righe.
Coups de feu.
L'âne brait.
Les coups de feu résonnent.
-Frontera ? -Non. L'eco viene de là.
L'âne brait.
Gémissements plaintifs.
Coup de feu.
-Il en manque un. C'était qui, le petit noir ?
-C'était moi. Mais je l'ai touché. Il a sauté comme une crêpe !
-Ils sont à peine sevrés. -C'est vexant, quand même.
Cor de chasse.
Gémissements.
Il donne des ordres à l'âne.
Hé ! Hé !
-C'est qui, ce zouave ? -Le fou.
Non, non !
Mes loups ! Mes loups ! -Fous le camp ! Dégage !
-Arrête ! Arrête ! -Lâche-moi !
Arrête !
Pas le droit de tuer mes loups !
-Avancez ! -J'vais pas l'écraser !
Démarrez,
..on témoignera ! -Arrête !
-Dégage ! -Non ! Mes loups !
Non !
-Attention ! -Mes loups !
Non, non...
Qu'est-ce qui t'arrive ?
Tu saignes ? -Les loups saignent.
Ils t'ont attaqué ?
-Votre fils attaquer les loups. Ça Mes loups.
Tu as vu Émile ?
-Bien vu. La douane, aussi. Si Émile revient...
-Je m'en occupe, d'Émile Remonte là-haut et lave-toi.
T'es ridicule. Allez ! Allez !
-Si Émile revient... Finito ! Andiamo !
Papa ! Où sont-ils, les loups ?
-Dans la cour, pendus haut et court !
-C'est moi qui l'ai tué, celui-là. -Y en a pas un qui est noir ?
Les noirs, c'est les pires.
-Ils sont tous gris, mémé. -Ma grand-mère..
..me racontait qu'une fois, un loup noir rôdait.
Le soir, à l'Angélus,
..il la tétait et elle se laissait faire. Un jour, on les a surpris..
..et on les a brûlés sur le bûcher.
Coups de tonnerre.
Si papa les empaille bien,
..quand tu seras vétérinaire,
..tu pourras peut-être les ressusciter ?
-Oui. -Ça suffit ! Au lit !
-Tu nous bassines avec tes loups. Antoine sera militaire,
..comme mon père.
Tu t'imagines souffler dans le derrière d'un cheval ?
C'est mieux de les monter,
..en uniforme. -Les militaires tuent..
..aussi les loups ? -Non.
On dit que pendant la guerre,
..les loups dévoraient les cadavres..
..sur les champs de bataille.
-C'est pas malin de raconter ça. Elle va faire des cauchemars.
Allez, on monte !
"Le loup le quitte alors et puis, il nous regarde.
"Les couteaux lui restaient au flanc jusqu'à la garde.
"Il baignait dans son sang. Nos fusils l'entouraient..
"..en sinistres croissants. Il nous regarde encore. Ensuite,
"..il se recouche, tout en léchant le sang répandu sur sa bouche.
"Sans daigner savoir..
"..comment..
"..il a péri,
"..meurt sans un cri." -Ça, pour les cauchemars,
..c'est malin.
C'est De Vigny. Le grand..
..Alfred De Vigny. Ça n'a rien à voir. Allez.
Bonne nuit.
Les cloches sonnent.
Gémissements.
Il renifle et lèche.
Aboiements.
Viens.
Antoine, tu dors ? Réveille-toi, il y a un loup dans ma chambre.
Croassements. Oh !
T'es dingue !
Si tu réveilles les parents, c'est la raclée !
Allez, viens ! Viens !
Il a de beaux yeux ! -Regarde pas dans les yeux, sinon..
..il t'hypnotise et te tue.
Ça m'étonnerait.
Il s'appellera Cachou.
Quand je serai grande, je serai vétérinaire.
-Ils prennent pas les filles ! -Je me marierai avec toi,
..comme ça, je t'aiderai.
-Je sais pas si c'est à cause de tes âneries, mais j'en peux plus.
On va le relâcher ici.
-Embrasse-le. -Pourquoi ?
-Pour qu'il te reconnaisse après. -S'il arrive..
..à survivre là-dedans !
Pourquoi on le laisse ? Faut pas..
..te gêner ! Il fait pipi ! -Il marque son territoire !
Je suis toute trempée, maintenant.
On n'aurait pas dû..
..l'abandonner.
Si c'est ça les vétérinaires, je me marie plus avec toi.
-Oh, bah non ! Les cloches sonnent.
C'est le tocsin, c'est la guerre. Viens vite !
Allez !
L'aigle glatit.
Il imite le cri de l'aigle.
Non è per te.
Per Giuseppe !
Gémissements.
Aboiements.
Gémissements.
Hé ! Hé !
Hé !
Vieni ! Vieni !
Aspetta.
Le louveteau jappe.
L'aigle glatit.
Gémissements.
Tutto nero ! Come il carbone !
No ! Per Giuseppe !
Il rit.
Les cloches sonnent.
On fait l'appel.
-Paul Augustin. -Présent.
-Lallemand Marcel. -Présent.
-Lefournier Bertrand. -Présent.
-Lefournier Robert. -Présent.
-On dirait que c'est la foire aux bestiaux.
Pardon.
C'est ça, la guerre ?
Comment il va faire, le p'tit loup ?
-Maman t'a dit que c'était mieux pour lui.
Donachon Ferdinand.
Présent.
C'était le 3 août 1914. Le jour..
..de la déclaration de guerre.
Je ne pensais qu'au petit..
..loup qu'on avait abandonné. L'espèce allait..
..s'éteindre.
Les hommes, occupés sur les champs, offraient quelques années..
..de répit aux loups survivants.
Très vite, ma vision de l'armée..
..est passée des soldats de plomb, que dessinait maman..
..pour les Garcin,
..aux soldats de chair. La fonderie de figurines..
..commença à produire..
..par milliers..
..douilles pour canons,
..mitrailleuses..
..et fusils.
Une fulgurante réussite qui décupla..
..la fortune..
..des Garcin, père et fils. A l'automne 1918,
..les lignes allemandes..
..cédant peu à peu,
..la victoire s'annonçait.
Antoine s'engagea..
..le jour de ses 18 ans.
Fière, maman se débrouilla pour qu'il soit affecté..
..dans l'artillerie,
..grâce à quoi il fut tué la veille..
..de l'Armistice, par son propre canon.
Paille dans l'acier, défaut..
..de munition, on ne le sut jamais.
Rongée par la douleur et le remords, elle mourut..
..de chagrin..
..quelques années plus tard, un jour de Noël.
Vrombissement des machines.
Ah, ma chère Angèle !
Un rayon de soleil dans cette grisaille.
La victoire en chantant.
Elle existe en 3 tailles. On frise les 2 000 commandes. Gros succès !
Des petits pains. Venez !
-Nos malheurs nourrissaient l'esprit d'entreprise des Garcin.
Toujours prompts à s'adapter, ils s'étaient lancés..
..dans le commerce des monuments aux Morts. 36 000 communes..
..pleurant leurs enfants. Naïve, j'allais me prêter à leur jeu.
-C'est un loup ? -Un chien, malheureux.
Ce sont les chiens enragés qui attaquent, pas les loups !
-La réclame pour Pasteur serait plus efficace avec un loup, non ?
Plus dramatique, plus vendeur. -Y a plus de loups, tu les as tués.
-Ça, ce sera une magnifique Marianne !
-Les loups sont revenus ? -C'est Émile qui en rajoute.
-Si on ne fait rien, ils envahiront à nouveau la France.
Le loup a une particularité.
Dans une meute, seuls le mâle et la femelle..
..dominants copulent.
Les autres, rien. Mais ils veulent aussi. Alors soit ils sont tués,
..soit ils doivent partir.
C'est le fameux loup des steppes. Il hurle pour trouver une compagne.
Et le tour est joué ! -Angèle, viens !
-Il avance ainsi. A ce compte-là, demain, ils seront à Brest.
Sans compter qu'ils ont profité de la guerre pour se reproduire.
T'en as pas profité..
..de la guerre, toi ?
Fous-leur la paix, aux loups.
Toi, tu vas te tenir là, bien cambrée.
Le menton levé,
..la poitrine..
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