Le prime 200 righe.
Pardon.
Tiens ! Bonjour. Comment ça va ?
Ca va. Et toi ? Ca va.
Je descends dans le Midi. Et toi ? On ne te voit plus.
Je vis à Marseille depuis 1995.
Ah bon ? Tu t'es exilé ?
J'ai suivi ma femme.
Tu achètes tes propres bouquins, maintenant ?
Je surveille la mise en place.
Tu n'as pas trop de soucis à te faire.
Ah, merci. Je vous présente.
Serge Kouznetsov, mon éditeur.
Castelano, romancier.
Castelano... "La mécanique du bourreau."
Bon bouquin, petites ventes, mais marketing de merde.
Appelle-moi quand tu as du nouveau.
Je te donne jamais de l'ancien.
Merci pour le dîner.
Et toi ? Tu en es où ?
Tu publies chez qui ? Vaste question.
Pardon.
Ce n'est pas ta faute.
A la prochaine fois. C'est ça.
Allez, bon voyage.
Vraiment désolé.
Je ne me tiens pas au courant. Je suis un sale con.
Ce n'est pas très grave. Mais si.
Bien sûr que si.
Tu prends le train de 32 ? Oui.
Eh ben, moi aussi. Ca nous laisse du temps, non ?
Je peux t'offrir un verre ?
Je t'explique ce qui arrive aux romanciers.
Je suis romancier.
Le public te connaît. Tu ferais vendre le bottin.
Il faudra que j'essaie.
L'ordinateur ne veut plus de moi. "Combien on en a vendu ?
"3 100 ? Oh là là ! C'est pas bon.
"Commandez-en moins."
Le grand ordinateur.
Ca a commencé avec "L'Homme de l'ombre".
"L'Homme de l'ombre" ?
Non ? Ben, c'est normal.
C'est sorti en janvier 1991. La guerre du Golfe.
Mes romans ne sont pas moins bons qu'avant, ils sont meilleurs.
Tu fais quoi, maintenant ?
J'ai commencé par être prof d'espagnol. Alors, voilà...
Je viens de visiter un appartement à Sedan.
- Je suis en pleine séparation à nouveau.
Geneviève était une emmerdeuse, le divorce a duré des mois,
mais comparée à Lucie, c'est Mère Teresa.
Lucie, elle veut tout. Tout.
Elle me sort les avocats, les dépositions de ses copines...
Je lui verse la moitié de mes droits. Tu te rends compte, Ben ?
Tout ce que j'ai publié depuis nos 7 ans de mariage.
J'ai vendu les droits de "Alter ego" pour un film américain.
Coup de fil de l'avocat, par ici la monnaie.
Et ça ne lui suffit pas, non. Ca ne lui suffit pas.
Ca n'en finit pas.
Tu as essayé de lui parler ?
C'est peut-être plus du dépit qu'autre chose.
Non, non. Pas Lucie. Lucie, c'est autre chose.
Je peux te confier un secret ?
Avec ce divorce merdique...
On ouvre la porte.
Avec ce divorce, ça fait un an et demi que je n'ai rien écrit.
Ca s'arrangera quand ton divorce sera prononcé.
Je serai ruiné avant.
A moins que...
on sorte de l'impasse ensemble.
Comment ça ? Ben, moi et toi.
Ben...
tu as un livre et pas d'éditeur.
J'ai un éditeur et pas de livre.
On a les mêmes maîtres, tu le sais bien.
Ce n'est pas la question. Envoie-le-moi, ton manuscrit.
S'il est aussi bien que je l'imagine,
je le bricole, je le donne à Kouznetsov,
et on se partage l'à-valoir. 100 000 chacun.
100 000 francs ?
100 000 euros.
Je sais pas. Il faut que j'en parle à Suzy.
Tiens. Mon adresse dans le sud.
Tu ne la donnes à personne.
Je suis dans le creux de ta main.
Tu es écrivain.
Pas prof.
Oh ! Mais je suis con.
Je donne la moitié de mes droits à Lucie.
Si je te donne le reste, il me restera rien.
Ah, merde !
Il y a qu'à la buter, hein.
Ben, quoi ?
Depuis des années, on invente des crimes parfaits.
On n'est plus des novices.
On connaît les méthodes des flics : fibres, empreintes génétiques...
Ces choses qu'on doit pas laisser.
Tu as ouvert un journal, ces temps-ci ?
Tu as vu beaucoup de dictateurs lynchés ?
De corrompus emprisonnés ?
Hein, Ben ? Tu connais les statistiques des homicides ?
1 000.
1 000 par an.
75 % élucidés. Et parmi ces 75 %,
2 fois sur 3, le mec se fait choper
parce qu'il a un lien avec la victime ou un mobile.
Ca veut dire que si tu connais pas la victime,
tu as 1 chance sur 2 d'avoir la Légion d'honneur.
Lucie.
Suzy ?
Suzy ?
On tousse.
Non, non. Attends.
Suzy vomit.
Qui il y avait d'autre, à dîner ? Juste nous.
C'était une surprise.
Ton TGV arrivait pas à 22 h ?
Je l'ai raté.
Fais-moi plaisir,
prends un portable.
Excuse-moi.
Je pensais te faire plaisir. Avec Sedan...
Ben oui.
Je te jure. Il m'a même donné un acompte.
Et tu l'as acceptée ? Non. Je vais lui renvoyer.
Ca vaut cher ? 50 000 francs.
50 000 balles ?
Non !
C'est pas possible. Il se fout de toi.
Je sais pas... il teste une idée.
Je vois pas ce qu'il y a à tester.
Pourquoi toi ?
Engager un tueur à gages, ça doit pas être si simple.
Brice Kantor, il veut 100 000 euros.
Le reste, il s'en fout.
Si pour ça il faut voler un bouquin, tuer son ex
ou foutre mon humanité aux chiottes...
il y a pas de problème.
Je suis désolée.
Je suis désolée de t'avoir entraîné ici.
A Paris, tu publierais encore.
Il faut montrer sa gueule.
Je ne regrette rien.
Je veux pas te perdre, Ben. Pourquoi tu me perdrais ?
A Sedan, dans un trois-pièces, on va finir par se détester.
Un jour, tu partiras, et je serai toute seule,
sans enfants, à 40 balais, comme une conne.
Ecoute, Sedan, c'est pas si terrible que ça.
Je peux même pas m'imaginer vivre sans toi.
Me réveiller le matin sans toi.
Tu es tout ce que j'ai.
Tu es en train de me dire quoi, exactement ?
Comment tu veux que je fasse une chose pareille ?
Son ex, c'est bien celle du Salon du livre ?
C'est une poufiasse.
Tu crois qu'elle ferait quoi, elle, dans ta situation ?
Les gens comme eux, ils s'en foutent de toi.
Ca les gêne pas de t'écraser pour réussir.
Tu crèves dans ton coin, et eux, ils le savent même pas.
Elle y est pour rien. Ah non ?
Attends, elle touche du blé sans rien écrire.
Mais ce blé, il vient d'où ?
Pour financer Mme Kantor, il faut bousiller des Ben Castelano.
C'est pas ta faute, si on veut plus de ton livre.
C'est la règle du jeu, c'est comme ça.
Moi, au boulot, je vois des types qui se font éjecter
parce qu'on se fait plus de blé en les laissant crever de faim.
C'est eux ou nous. Et eux, ils hésitent pas.
Et alors ? Même si c'est une salope,
ça mérite pas la peine de mort.
J'en ai marre, de cette vie.
Je veux plus ramer comme une conne.
Pourquoi eux et pas nous ? Donne-moi une réponse, merde !
Coucou, Brice. Comment va ? Ca va.
Déjà en piste ? Le matin, je pète la forme.
Après, il fait chaud. Je ferme mes volets et je vis nue.
Vous faites bien de fermer les volets.
Elle rigole.
Vous devriez passer pour l'apéritif.
Je donnerais tout pour votre prochain roman.
Désolé. C'est au-dessus de vos moyens.
Une autre fois.
Oui, oui...
Comment est-ce que c'est arrivé ?
Accident domestique ? Oh, quelle horreur !
Quelle horreur...
Un suicide ?
Une overdose... Quelle horreur !
Un suicide ?
Une overdose...
Quelle horreur.
Merci.
Il y a un problème ? Non, non.
Il faut que je remonte à Sedan pour une réunion pédagogique.
Ah oui ?
Bonne journée.
Bonsoir. Bonjour.
Vous allez où ?
Vous voulez bien suivre ce taxi, s'il vous plaît ?
Les acteurs déclament leur texte.
Sur scène, tu es si beau. Je suis agréablement surprise.
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