Le prime 200 righe.
- Des milliers de kilomètres en avion, en train, en voiture,
pour arriver là.
Et tout jouer sur un coup. Tapis !
- Il n'y a pas 50 solutions. Soit t'es un sphinx,
soit tu le bastonnes jusqu'à ce qu'il pisse le sang.
- On va me traiter d'arrogant. - Et alors ?
- Toujours pareil. Arrogant, méprisant, prétentieux.
Merveilleux.
Merveilleux ?
- Pour être le meilleur, tu peux pas rester modeste.
Les gens veulent un patron.
On fait quoi, demain ?
Dernier meeting à Rouen.
Je dors là-bas ?
- C'est joli, Rouen. - Ouais, ouais.
- Hôtel restaurant le Bas-Bréau, 3 étoiles.
A 50 m de la nationale, dans un écrin de verdure.
Restauré en 2004, tenu depuis 1971
par Ginette Ladoucette. - Ginette Ladoucette ?
Tu dis n'importe quoi. - Je dois être près de la vérité.
Bon. Ben ça m'ira très bien.
Allez, mon grand. - En piste.
Thème de la série
*- Antenne dans 2 minutes.
Ah, voilà Francis.
Ah, Francis !
Bonsoir, comment ça va ?
- C'est vous le Président. Restez-le.
S'il s'avance sur ce terrain, laissez-le venir.
Il vient d'arriver.
Je peux pas te parler.
Je te rappelle.
Ca va, Cyril ?
Et toi, ça va ?
- Je vous souhaite bonne chance. - De même.
- Bonsoir, M. Laugier. - Monsieur.
T'as parlé à Francis ?
Du chiffrage de sa proposition 17. - Ben non.
- Je te demande un truc, tu t'en fous.
- On parle pas chiffres avant un débat.
- On parle de quoi? - De rien. On respire.
Là, c'est de la pure politique. Deux bonshommes,
un vainqueur, un vaincu.
- Darwin, quoi. - On est d'accord.
Six,
cinq.
Quatre.
Trois, deux...
- Bienvenue pour ce grand débat du second tour.
C'est une institution, c'est aussi le temps fort de cette campagne.
Bonsoir, Romain Esnau. - Bonsoir, Wendy Bouchard.
Bonsoir, messieurs. - Francis Laugier,
J.-M. Auzanet,
bonsoir, messieurs.
Pour commencer,
une question à chacun de vous sur votre état d'esprit. M. Laugier,
à 5 jours du scrutin, comment vous sentez-vous ?
Serein.
Très heureux de débattre avec M. Auzanet.
De tenter d'éclairer nos concitoyens sur notre programme.
- Qu'y a-t-il ? - Tu sors.
Tu empruntes un téléphone. Prétexte une urgence familiale.
Tu appelles à ce numéro et tu dis que j'arrive.
Il comprendra, dépêche. - Je m'en occupe.
*- Je ne cesse de dénoncer vos suppressions de postes, M. Auzanet.
*- Combien ? *- Pardon ?
*- Combien de suppressions de postes ?
*Vous m'accusez, donnez des chiffres.
*- C'est innombrable,
tout le monde le sait. - Je vous demande combien.
Vous ne connaissez pas les chiffres, M. Laugier.
Je n'aime pas les chiffres,
M. Auzanet.
On gouverne très mal, uniquement avec les chiffres.
Les Français veulent élire un président, pas un expert comptable.
C'est peut-être parce que vous avez passé 5 ans
le nez dans vos chiffres que vous avez perdu de vue les Français.
- Sans les chiffres, comment prétendre à un destin national?
43 000.
43000 suppressions de postes.
On n'avait pas vu ça depuis 1945, M. Auzanet.
Les chiffres.
Musique de suspense
Je te préviens...
Portable.
Non, arrête !
Merde !
T'es dingue ! - Je t'écoute.
Tu vas être placé en garde à vue.
Putain.
Pourquoi ? - Dunkerque, Office HLM.
On y part à 3h, perquise à 6h, on demande la levée
de ton immunité, on te ramène avec nous.
- Moi seul? - C'est toi qu'ils visent.
Et le trésorier.
- Domfront ? - Un jeune.
C'est lui.
- D'où ça vient ? - J'en sais rien,
j'ai pas tout le dossier.
Putain.
Atmosphère sombre
Brouhaha des conversations
Atmosphère sombre
J'ai sept heures.
Pour faire le ménage à l'OHL.
Faut que je trouve du cash pour combler le trou.
- C'est qui, ce type qui t'a prévenu ?
Un ami, un flic.
Un gars du Nord, un mec bien.
De gauche.
- Il risque sa carrière pour la gauche ?
Ah, Auzanet. Il m'a fait 20 minutes sur les affaires.
20 minutes, ce salopard.
Qui pourrait nous aider ?
Mais on boucle dans le rouge.
Parmi les patrons ?
Trop risqué.
Bon alors ?
Qu'est-ce que tu proposes ?
- Je vais me démerder pour trouver du fric.
J'aurais même pas dû t'en parler. Toi, occupe-toi de changer le pays.
- On le changera ensemble. Moi à l’Élysée, toi à Solferino.
- T'oublies tout ça. - Merci.
Tu oublies !
Laugier sort.
Musique de suspense
*- Le candidat socialiste, plus combatif, a qualifié
*le bilan économique et social d'Auzanet, de "double échec".
- Putain y a rien. - Je t'ai dit,
il y a des retards. - Combien il manque ?
- Je sais pas. Beaucoup. - Combien, putain ?
- 100 ou 120000. - 100 ou 120?
- 120. - Faut trouver du cash.
A cette heure-ci ?
- C'est ton ordi ? - Non, il est là.
Il n'y a rien,
chez toi ?
- Non. - Les archives papiers,
pareil. Tu brûles, tu détruis, tu balances tout
avant que les flics débarquent. T'as un PC portable, je l'ai vu.
Défonce-le. Tu rentres chez toi, tu le défonces.
- Je leur dis quoi aux flics ? - Que t'avais des spams.
Tu l'as fait rebooter par un pote, on te l'a volé dans ta bagnole.
Je m'occupe du cash.
Atmosphère sombre
crissement
Atmosphère de suspense
Portable
Allô ?
*- Véro, faut que je te voie vite. Viens chez moi.
D'accord, j'arrive.
Ben alors ?
Je t'ai laissé 2 messages.
- Arrête de te casser de chez ta mère.
- Et me taper le débat avec son mec de droite ?
Tu connais la dernière de ce connard ?
- C'est pas l'heure, monte te coucher.
Ca sent la clope !
Une voiture approche.
Qu'y a-t-il ?
Faut qu'on trouve du cash.
Tu descends pas en dessous de 4000.
- L'adjointe qui revend sa hi-fi ! - Tu préférerais le député-maire ?
- A Paris, ils peuvent pas aider ? - Ca exposerait Francis.
- Quelqu'un a forcément parlé. - On verra ça.
- T'iras pas loin, avec ça. Et pour le reste ?
- Mon frère saura à qui demander. - Ouais, il ira voir son patron.
- Balleroy ou un autre, je m'en branle.
- C'est pas si simple. - Allez, il reste plus que 3h.
Bonsoir.
Musique de suspense
Je lui parle d'abord ?
Non, Bruno. Laisse-moi faire.
Salut, M. le député-maire.
Salut, Gérard.
- Combien ? - 120000.
- Dans quelle merde il s'est foutu ?
- Tu peux lui dire. - Tu bois quelque chose ?
Sers-moi un coup.
C'est politique, hein ?
Quelle bande de requins, putain. - Tu peux m'aider ou pas ?
Faut voir ce que j'ai.
Tu disais c'est politique ?
Explique. Je Peux pas Comprendre ?
L'office Habitat Littoral.
Les HLM. 16000 logements dans toute la région.
Le parti a la main dessus depuis 30 ans.
On ferme les yeux sur
les impayés et en échange les gens adhèrent au parti.
Et ils votent pour ce qu'on leur dit de voter.
Laugier, par exemple.
Évidemment, vu la pauvreté des locataires, on creuse le déficit.
Alors on comble. En faisant raquer les patrons.
BTP, ascenseurs, gardiennage. Ceux à qui on file des marchés publics.
Ils règlent une partie en cash,
on prétend que les loyers sont payés en liquide.
- Les patrons qui paient pour les pauvres.
C'est Robin des Bois.
- Le fric sert aussi à payer les campagnes, les assoces.
Et en ce moment, dans le contexte actuel...
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