Le prime 200 righe.
LÉOPARD D'OR FESTIVAL DE LOCARNO 1959
STUDIOS DAIEI
FEUX DANS LA PLAINE
Imbécile !
L'hôpital te renvoie et tu ne dis rien ?
On n'a pas de place ici pour les tuberculeux !
Retourne leur dire que tu n'as nulle part où aller.
Ils seront forcés de te reprendre.
Tu ne comprends vraiment rien à la situation ?
On a débarqué à l'ouest sous le feu ennemi
pour renforcer les unités à Tacloban.
On a perdu les deux tiers de nos hommes.
Notre artillerie a été coulée pendant le transfert.
Nous avons tenté tant bien que mal d'atteindre l'aérodrome de Burauen,
en traversant les montagnes centrales.
Mais sans artillerie, c'était impossible.
La contre-attaque ennemie qui s'en est suivi
a contraint nos compagnies à se déployer dans la vallée.
Mais tu sais tout ça.
Nous avons ramené 12 jours de rations d'Ormoc.
Tu crois vraiment qu'on en a de trop ?
Les soldats se relayent pour chercher de la nourriture.
Toi, tu tousses du sang,
et tu ne peux pas soulever un sac de patates.
Au plus dur de la guerre,
tes camarades t'ont donné 5 jours de nourriture.
Et trois jours après tu reviens,
et tu dis qu'on t'a déclaré guéri.
La tuberculose guérie en trois jours ?
Avec tes 5 jours de nourriture, tu aurais dû rester au moins 5 jours.
Et quand je t'ai renvoyé te plaindre, le docteur a prétendu
qu'il n'y en avait pas pour 5 jours, et que tout avait été mangé ?
Tu es idiot ou quoi ?
La nourriture n'est pas un problème en soi.
Si tu étais en mesure de travailler comme les autres,
je ne t'en voudrais pas.
Mais la compagnie a été réduite à la taille d'un peloton.
Et on doit trouver à manger !
L'unité s'est divisée en trois groupes
et se relaye pour aller chercher patates douces et bananes.
Ils mangent ce qu'ils trouvent, et ramènent ce qui reste aux autres.
Puis c'est au tour des autres. On vit comme des mendiants !
La voilà, l'Armée Impériale !
C'est une honte, et je ne peux rien y faire.
On doit tous s'entraider.
Toi, tu n'es qu'un fardeau. Tu devrais avoir honte !
En tant que chef d'escouade, tout ce que je peux faire,
c'est te renvoyer à l'hôpital avant que tout le monde te déteste.
S'ils refusent de t'admettre,
reste planté sur place jusqu'à ce qu'ils changent d'avis.
S'ils refusent toujours,
tu devras mourir !
Ta grenade te servira à quelque chose.
S'ils te renvoient, fais-toi exploser.
Ce sera ton dernier devoir.
Moi, soldat Tamura, je vais retourner à l'hôpital.
S'ils refusent de m'admettre, je me suiciderai.
Très bien. Tu peux y aller.
D'accord.
Pas besoin de passer par le commandant.
Moi, soldat Tamura, je vais retourner à l'hôpital.
Formez les rangs !
Pas facile d'être le chef d'escouade.
Il peut seulement ordonner de creuser des abris anti-aériens.
Les hommes n'ont même pas de pelles.
Juste des bâtons, et de vieilles poêles usées.
Je remplis des formulaires de demande de matériel,
sans personne à qui les envoyer.
L'ennemi n'en a plus rien à faire de nous,
et on continue de creuser des abris anti-aériens…
Mieux vaut encore se trouver à l'hôpital.
Le commandant ne peut rien pour nous.
Je suis sûr qu'il a entendu les complaintes du chef d'escouade.
Voici quelques rations.
Merci beaucoup.
Ne vous suicidez qu'en dernier recours.
La vache… Je suis affamé…
Hé !
Où tu vas ?
Je ne pensais pas tomber sur quelqu'un.
C'est l'entrée de notre camp.
Et s'il y a une entrée, il y a forcément des sentinelles.
Il fait trop chaud, on reste à l'ombre.
Tu vas où ?
Moi, soldat Tamura, je vais retourner à l'hôpital.
Encore à l'hôpital ?
Je ne retournerai pas à ma compagnie.
Pourquoi ça ?
Il n'y a pas de place là-bas pour un malade comme moi.
Qui a dit ça ?
Le commandant ?
Le chef d'escouade ?
Qui s'en tire le mieux dans l'histoire ? Toi, ou nous ?
Ils vont nous demander d'attaquer.
L'hôpital va t'accepter ?
J'insisterai jusqu'à ce qu'ils m'admettent.
N'abandonne pas.
Produit par MASAICHI NAGATA
D'après le roman de SHOHEI OOKA
Scénario de NATTO WADA
Directeur de la photographie SETSUO KOBAYASHI
Directeur artistique TOKUJI SHIBATA
Musique YASUSHI AKUTAGAWA
Avec
EIJI FUNAKOSHI
OSAMU TAKIZAWA MICKEY CURTIS
HIKARU HOSHI MANTARO USHIO
MASAYA TSUKIDA KO SUKIDA YOSHIHIRO HAMAGUCHI
ASAO SANO SHIN DATE
YOSHIO INABA JUN HAMAMURA
Réalisé par KON ICHIKAWA
Bonjour, Monsieur.
Bonjour à vous…
Je vous en prie, entrez. Par ici.
Par ici, Monsieur. Entrez.
Mangez.
Qu'est-ce que c'est ?
Du sel, Monsieur.
C'est votre maison ?
Non, ma maison se trouve de l'autre côté de la rivière.
Allez-y, mangez.
Et ça, qu'est-ce que c'est ?
Des patates douces pour mes parents et mes frères
qui travaillent dans la jungle.
Vous voulez des patates douces ?
Quoi ? Ces patates-là ?
Celles-là ne sont pas pour vous, mais si vous attendez un instant,
j'irai vous en chercher d'autres.
Ça pue !
Le salopard !
L'hôpital !
Je suis sauvé.
Espèce d'idiot !
Ils t'ont renvoyé ici comme une balle de base-ball.
Retourne d'où tu viens et dis à tes chefs
que l'hôpital déborde de vrais blessés.
On n'a que deux docteurs et sept infirmiers.
Je me fous que tu tousses du sang. Si tu peux marcher, tu n'es pas malade.
Dis-leur ça !
Il faut être abruti pour venir ici pour si peu.
Mais tu as fait une longue route.
Si tu as amené de quoi manger,
tu peux te reposer ici quelques jours.
Je n'ai pas de ration, et aucune excuse, Monsieur.
Ce sont des canons de 25.
Ormoc va encore être bombardée à longue distance.
Tu es encore revenu ?
On dirait qu'il y a un nouveau.
Il n'était pas là ce matin.
Avec toi, ça fait trois nouveaux.
Un seul est reparti.
Il avait une diarrhée terrible.
Il est parti parce qu'on ne nourrit pas ceux qui ont la diarrhée.
Vu son état, il sera mort dans moins d'un kilomètre.
Ça ne sert à rien de rester ici.
Ça, je ne te le fais pas dire.
Ils ont encore eu du riz.
Allons manger nous aussi.
Donne-moi ta patate douce, je la cuirai avec la mienne.
Tu n'as pas faim ?
Ou tu n'as plus de patate douce ?
Tu as la malaria. Tu ne peux même plus bouger.
Ils devraient vraiment te prendre à l'hôpital.
Regarde-moi ce vicelard.
Tout le monde est malade, et lui il fait cuire des patates douces.
Il a dégoté plein de tabac, qu'il cache dans sa ceinture.
Il en échange contre des patates douces à l'hôpital.
Il pourrait rejoindre son unité, mais il reste ici faire des affaires.
Il nous aide bien. Tu es jaloux ?
Tu penses qu'en prenant sa défense,
il partagera ses patates douces avec toi ?
Ce radin ne t'en donnera pas une seule.
J'ai les miennes.
Tu t'en sors bien.
Moi il ne m'en reste plus qu'une.
T'inquiète pas, je ne te prendrai pas les tiennes.
On a été virés de nos unités. À quoi bon se battre, maintenant ?
J'espère que les ricains nous feront tous prisonniers.
Ils nous tueraient tous.
Non, ils respectent les prisonniers de guerre.
Ils reconnaîtront qu'on s'est bien battus,
et nous fileront plein de corned beef.
Merci.
Va plutôt demander à ton pote !
Tu as dit que tu avais des patates douces.
Tant que je vivrai, je n'oublierai pas ta gentillesse.
Ça ne durera plus bien longtemps.
C'est clair.
Ce soir, je pique de la bouffe à l'hôpital
et je te rembourse demain.
Non, tu vas te faire prendre.
Pense un peu aux patients.
Qu'est-ce qu'il y a ?
On dirait qu'il s'est pissé dessus.
Dis-nous si tu dois pisser, on t'aidera à te lever.
Laissez tomber. Il n'en a plus pour longtemps.
Vous êtes tous des déserteurs !
Un soldat de métier,
toujours aussi naïf…
- Salopard ! - Qu'est-ce qui se passe ?
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