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18 JEUNES GENS À L'APPEL DE L'ORAGE
Production : Seiya ARAKI Idée originale : Toshio MINAGAWA
Image : Tôichirô NARUSHIMA
Décors : Junichi OSUMI Musique : Hikaru HAYASHI
Son : Taizô OKUMURA Lumière : Takeji SANO
Montage : Kazuo OTA
Avec :
Tamotsu HAYAKAWA Yoshiko KAYAMA
Taiji TONOYAMA Gannosuke ASHIYA
Akemi NEGISHI
Takeshi IWAMOTO
Noboru KIDO Eiji MATSUI
Écrit et réalisé par : Kijû YOSHIDA
Hé ! Shimazaki est par là ?
Shimazaki n'est pas là ?
- Qui ? - Shimazaki !
Qu'est-ce que t'as encore fait ?
Il s'agit de quoi ?
- T'es convoqué au bureau. - Et pourquoi ?
Je sais pas. Un appel du responsable des affaires sociales.
- M. Murata, il me veut quoi ? - Vas-y tout de suite.
De toute façon, avec toi, ça peut rien être de bon.
- M. Murata. - C'est toi ? Entre.
- Je préfère pas, je suis trop sale. - Fais pas tant de manières.
En réalité, j'aime pas trop.
Je viens ici que pour emprunter de l'argent.
- C'est à quel sujet ? - Les avances ont bouffé ton mois.
Quoi ? C'était que ça ?
Comment tu vas faire, ce mois-ci ?
- Je te prête plus un sou. - C'est sérieux ?
Évidemment. Tu dépenses tout pour te soûler.
Notre équipe est payée une misère, à côté de ce que gagne un ouvrier.
Y a un moyen de t'en tirer tous frais payés.
- Vraiment ? - Le dortoir de l'équipe Ôwada.
Hé ? On nous fait ce cadeau ?
C'est tout neuf. Là-bas, t'es logé gratis. Repas compris.
Je peux y aller, moi ?
En échange, on te demande un service.
- De quel genre ? - Tu gères le dortoir.
Ça, c'est pas possible ! Je bois tous les soirs.
- Alors je rentre tard. - Tiens, pour le déménagement.
Hé ! Shimazaki. Tu viens prendre un verre ?
- Je peux pas. - T'as rendez-vous avec une fille ?
Si c'était ça.
- Idiote, qu'est-ce que tu fais ? - Où tu vas ?
Tu le vois bien. Je déménage.
- Tu décampes sans prévenir ? - Mais non !
Règle d'abord tes dettes. Maman veut que tu paies la note aujourd'hui.
Elle est rapiat, ta mère.
- Alors, cet argent ? - J'ai pas un rond.
Si j'avais de quoi payer, je déménagerais pas.
- Tu vas me lâcher ? - Non. Je te laisserai pas filer.
Quelle emmerdeuse ! Va au diable.
Regarde ce que t'as fait. La radio est cassée.
Tu vas me la remplacer ?
C'est de ta faute. Tu n'avais qu'à pas déménager sans rien dire.
Parce que je dois te tenir au courant de tout ?
Parfaitement. Je veux que tu me dises tout.
Écoutez-moi ça ! Tu te prends pour ma petite amie ?
Laisse-moi rire.
- Aide-moi plutôt. - Je veux pas !
Pourquoi tu te fâches ?
Je veux pas. C'est tout.
- Alors ? C'est là que tu loges ? - On dirait.
C'est exactement l'appartement qu'il te fallait !
Quel appartement ?
Il m'a bien eu, M. Murata.
Moi, je me tire. On peut pas me forcer à vivre ici.
Ce margoulin de Moriyama...
C'est quoi, ce margoulin ?
Le type qui cause avec M. Murata. Un placeur qui m'a amené d'Osaka.
- Tu es déjà là ? - Et je préfère partir.
Pourquoi ça ?
On peut pas faire vivre des hommes là-dedans.
Dis pas ça.
Ces gars-là arrivent tout juste d'Osaka.
Occupe-toi bien d'eux.
- Moi, je m'en vais. - Attends. Je rentre avec toi.
- Moi aussi, je veux y aller ! - Ils pourraient être plus discrets.
Ouh ! C'est le grand amour !
Vas-y, mon gars !
Séducteur !
Qu'est-ce qui vous prend ? Vous trouvez ça drôle ?
Fermez-la. Et avancez plus vite. Allez ! Avance.
C'est ma tournée.
La boîte est solide. Y a du boulot, vous inquiétez pas.
C'est plus des chaudières ou des poêles.
Vous allez fabriquer de vrais bateaux
et gagner beaucoup d'argent
que vous enverrez à papa maman. Compris ?
Je vous sers, vous aussi.
Ce soir, c'est ma tournée.
Je ne sais pas trop quoi vous dire. J'aime pas beaucoup les discours.
Mais j'espère que vous prendrez ce travail à cœur.
Je ferai en sorte que vous soyez confortablement installés.
Et puis Shimazaki qui est là va s'occuper de vous.
Je vois bien le genre de vie que vous avez menée jusqu'ici.
Y en a parmi vous qui ont connu les foyers d'accueil.
Moi aussi, je suis passé par là.
J'ai vécu dans des baraquements.
Vous savez quoi ?
Je vous aime pas.
Vos regards mesquins me dégoûtent.
J'ai pas envie de m'occuper de vous.
Vous ferez ce que vous voudrez.
Qu'est-ce qui t'a pris ?
C'est des gosses, ils obéiront que si tu les brusques pas.
C'est des adultes ! Les sales coups, ils connaissent.
Faut pas te fâcher comme ça.
Bois un petit coup !
Vous les laissez deux minutes, et voilà.
Qu'ils aillent au diable.
- Où tu vas ? - Je vais me soûler pour oublier.
Je viens avec toi.
Allez, chef !
- Un dernier verre. - Sans moi ! Je me casse.
Vous pouvez pas faire ça, chef. Regardez !
Hein ?
On y va !
Bonsoir.
Te revoilà, toi ? Et l'argent que tu me dois ?
Te fâche pas, petite mère. À boire !
- Je ne fais plus crédit. - Ce soir, j'ai un bon filon.
- Hein, M. le margoulin ? - Arrête de m'appeler comme ça.
Hein, M. le margoulin ?
Vous vous en êtes mis plein les poches. 18 d'un coup !
Ça vous fait combien de commission ?
Moi, je pense faire une bonne œuvre en luttant contre le chômage.
Elle est bonne, celle-là.
Quand vous m'avez amené d'Osaka, vous avez pas touché de commission ?
Hein ? M. le margoulin.
L'alcool te réussit vraiment pas.
C'est toujours comme ça.
Ces types-là me débectent.
Leur gueule me donne vraiment la nausée.
J'y crois pas ! Encore en train de boire ?
Ils me font boire de la flotte !
Fais attention à ce que tu dis.
Grand-mère est rentrée ?
Elle avait ses névralgies. On a fini plus tôt.
Vous avez un autre commerce ?
Oui, marchandes de marrons !
Marrons et margoulin. Ça, c'est marrant !
Arrête tes conneries.
Toi aussi, rentre te coucher.
Je peux pas remonter la pente seule, avec la carriole.
- Je te ramène ! - Laisse. Ça va mal se finir !
- Tu vas me suivre longtemps ? - J'ai nulle part où aller.
- J'ai pas de maison. - Menteur !
- Et ton bel appartement ? - Quel appartement ?
Sur la colline, ta villa américaine avec vue sur le port.
Moque-toi ! Une cage de zoo
avec 18 bêtes puantes qui me tournent autour...
C'est parfait pour toi, grand tigre.
Allez, Nobu. Je veux plus retourner là-bas.
Laisse-moi rester ici, s'il te plaît. Tu veux bien ?
Qu'est-ce que tu lui chantes, là ? Dépêche-toi de rentrer.
Et toi, fini de rôder comme un chien en rut !
Berk ! Ça a l'air mauvais.
Discute pas. Mange !
Allez, debout ! Tu vas être en retard.
J'ai trop mal à la tête. Aujourd'hui, repos.
Un chef de dortoir pareil, on est mal partis !
- Apporte-moi un verre d'eau. - Je materne pas les ivrognes.
- T'as pas de cœur. - Les autres t'attendent au réfectoire.
Ils me débectent, tous.
C'est tout ? On dirait qu'il en manque !
Ceux-là dorment encore.
Levez-vous.
Debout !
Alors, quoi ?
Vous êtes sourds ?
- Ça va pas, non ? - Vous êtes pas là pour rigoler.
Où c'est que j'ai mis mes lunettes ?
- Dis donc, tu me cherches ? - Hou, j'ai peur !
Il est encore fâché.
Qu'est-ce que ça a de drôle ?
Vous vous foutez de ma gueule ? Debout, et vite !
Je suis malade. Laissez-moi dormir.
J'ai mal au ventre. J'ai mal digéré le casse-croûte d'hier soir.
Bien.
Restez couchés.
Mais vous aurez rien à bouffer aujourd'hui.
Compris ?
Eh ! Toi. Oui, toi.
Toi aussi. Et puis toi. Venez par ici.
Grouillez-vous.
Vous avez jamais été chaudronniers. Vous m'avez menti.
- Vous faisiez quoi, à Osaka ? - Moi, j'étais agriculteur.
Alors, le travail physique, je connais.
Idiot ! On n'est pas dans un champ.
Moi, je travaillais dans un restaurant.
Et toi ?
C'est ma mère, elle m'a dit d'aller travailler.
Je sais rien faire. Si je rentre à la maison, elle sera en colère.
Nous voilà bien. Y a plus qu'à les renvoyer à Osaka.
Je ferai tout ce que vous voudrez, le ménage, tout...
Je dis ça dans votre intérêt !
C'est un boulot trop dangereux pour des amateurs.
Dites-leur de pas nous renvoyer.
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