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UN SPECTACLE COMIQUE ORIGINAL NETFLIX
MIKE BIRBIGLIA LE NOUVEAU
À SE TORDRE DE RIRE
Merci.
Merci beaucoup. Je vais mettre ça.
Vous pouvez éteindre vos trucs.
Et on peut commencer.
Merci de venir ici, dans ce beau théâtre.
Je vais vous raconter une histoire.
THÉÂTRE CORT 19 JANVIER 2019
Mais d'abord,
je veux vous parler
de mon canapé.
J'adore mon canapé.
Ça a été ma première grosse dépense.
À vingt ans, on se débrouille pour trouver un canapé...
dans la rue, comme si c'était un déchet.
Et tu le ramènes à tes six colocataires.
Ils font : "Super !"
Puis, à un certain âge, 25 ans, dans mon cas...
je vivais dans le Queens, et je me suis dit : "Je suis un homme, merde.
Je vais acheter un canapé, putain."
Je suis allé au magasin et j'ai dit : "Attendez.
C'est combien ?
Mille dollars ?
Il sera bientôt en solde ?
C'est déjà le cas ?
Vous pensez que vous allez faire faillite, un jour ?
Vous êtes déjà en faillite ?"
J'y ai beaucoup réfléchi.
La raison pour laquelle un canapé est si cher,
c'est que c'est une technologie étonnament sophistiquée.
C'est un...
C'est un lit...
qui te prend dans ses bras.
Pas vrai ? Genre : "Ça te tente de regarder la télé ?
Tu veux manger de la pizza ?
On voit que ça te plaît, de manger !
Mais c'est un truc que j'aime bien chez toi."
C'est confortable, un lit.
Mais ils le savent.
Ils aiment être traités comme un king.
Ils exigent des sommiers à ressort.
"Pour quoi faire ?" "Je touche pas le sol."
"Ne touche pas à cette étiquette.
Je veux que tout ce linge porte mon nom."
Les canapés sont humbles : "C'est toi qui compte.
Tu veux faire une sieste ?
Tu veux me baiser l'accoudoir ?
Je vais y réfléchir."
J'ai vachement honte...
Je fais une petite pause
pour dire que tu sembles plus jeune
que le reste du public.
- C'est ta mère ? - Oui.
Je sais que ça
peut être grossier.
T'as quel âge ?
- Onze ans. - Onze ans !
Avant de continuer...
je veux que vous
sachiez que je ne fais rien de mal.
T'as de mauvais parents, c'est tout.
Non, ce sont de merveilleux parents,
mais ils vont devoir t'expliquer quelques trucs après.
Ou bien dans sept ans.
Je suis content que tu sois là.
Ma femme et moi, on s'est mariés il y a presque dix ans,
ici, à New York.
En fait, à la mairie, à environ 56 pâtés de maisons.
C'est un bon endroit pour se marier.
Si vous pouvez, c'est très pratique, plein de lignes de métro.
On a pris le métro pour rentrer.
On a fait des selfies dedans.
On a mangé des pizzas et hamburgers
dans un resto du coin, Big Nicks,
et on a fait la sieste...
sur notre canapé.
On a passé des milliers d'heures ensemble...
sur ce canapé.
On a regardé des classiques dessus.
On a mangé 20 gâteaux d'anniversaire dessus.
On a eu des crises de rire dessus.
On a pleuré dans les bras l'un
de l'autre quand on a su qu'on allait devoir piquer le chat, Ivan,
sur le canapé.
Il est doux, mais ferme. Dégueu, mais immaculé.
Coloré, mais personne ne peut tomber d'accord sur sa couleur.
Je crois qu'il est vert.
Ma femme le trouve gris.
J'ai vérifié...
Chocolat.
C'est pas une couleur,
mais ça tombe bien : y a du chocolat dedans.
J'adore être sur mon canapé, mais je voyage pour le boulot.
Je fais ça dans des centaines de villes par an,
ce qui fait plus de villes
qu'il n'en existe.
Certaines ne sont qu'une chaîne de restos et un rêve.
J'adore les spectacles, mais voyager, c'est exigeant.
Souvent, quand je rentre, je suis totalement vidé.
Un mélange d'os, d'ordures et de Coca Light attachés
par les boucles en plastique qui relient les sodas et étranglent les canards,
et je m'effondre sur le canapé,
et je dis à ma femme :
"Clo..." Elle s'appelle Jen.
"Clo...
laisse-moi sur le bord de la route."
Mais elle refuse.
Elle me ressuscite.
Jen a une voix très douce.
Elle a un tissage de 600.
On dirait toujours qu'elle dit un secret,
genre : "Je vais faire du thé."
Et moi : "Je ne dirai rien."
On est allongés sur le canapé
et elle va me commander une assiette de kebab,
et me gratter le dos, et on va se blottir avec notre chat Mazzy,
et regarder un documentaire sur le meurtre.
C'est ça, l'amour.
Et tout ça se déroule
sur le canapé.
En octobre 2012, je fais un spectacle à Boston,
et je loge chez mon frère Joe.
Mon frère Joe était super cool avant.
Et puis il a eu deux gosses.
Maintenant, c'est un loser.
Non, c'est faux.
C'est moins marrant de venir chez lui.
Je traverse le salon et
il y a des merdes partout.
J'essaie de petit-déjeuner à la table de
la cuisine et je me rends compte qu'il y a une pochette de yaourt gluante
sous moi et que la table est remplie de Cheerios, de gobelets et de crème.
Joe essaie de me montrer une vidéo de son fils,
mais son fils est assis là,
et je dit : "Henry est là, en direct !
Pas besoin de voir sa vidéo."
Et la vidéo elle-même ? Très décevant.
Du genre : "C'est
une vidéo de 12 minutes où Henry cueille des pommes."
"Personne n'a envie de voir ça.
Il y a plein de bonnes vidéos déjà existantes.
J'étais sur YouTube,
j'ai vu une vidéo d'un chat qui faisait un massage à un autre chat.
Ne me fais pas perdre mon temps
avec Henry et ses pommes."
Et pendant que je regarde ça,
Henry commence à me taper les yeux avec
une batte en mousse, et je me demande : "À quoi il joue ?"
Et mon frère ne fait rien.
Il est comme un arbitre de catch. "Je ne sais pas.
Il n'est pas censé faire ça."
Je ne sais pas quoi faire.
Je me cache aux toilettes, j'essaie de pisser,
mais ils ont plusieurs sièges pour enfants dessus,
comme un jeu de forain avec la pisse,
et j'y suis pas doué.
Et là, Henry pousse la porte.
Je fais alors pipi sur le mur,
qui est déjà couvert de pisse.
Ensuite,
je vérouille la porte.
Je suis dans les toilettes de Joe depuis 15 minutes,
et je n'ai rien fait d'autre
que d'éviter sa famille.
Je sors mon téléphone.
Je regarde qui passe en ville ce soir-là.
J'ai dit : "Joe, on devrait aller voir ce groupe au Paradise."
"Je peux pas aller voir un concert, Mike !
J'ai des enfants !"
Et j'ai dit : "Pardon."
Et lui : "Ne t'excuse pas.
Je n'ai jamais ressenti une telle joie."
Félicitations pour ce ton ambigu.
Alors on sort pas.
On reste là, à regarder des vidéos de "Baby Einstein,"
qui n'ont pas encore engendré de génies à ma connaissance.
Pas un mot sur la théorie de la relativité.
C'est un cochon qui joue du xylophone,
un chien qui aboie, et une voix de femme dit : "Oreiller !"
Et ensuite,
mon neveu crache du yaourt sur sa chemise,
et mon frère dit : "C'est un génie."
et je répond "Pas d'après moi, mais..."
Je m'endors vers 19h 30,
parce qu'être en présence d'enfants
me donne envie d'être inconscient en permanence.
Et je me réveille vers 4h du matin,
avec un rhume féroce causé par cette maison pleine de miasmes,
et j'ai un sale mal de tête.
Je réussis à prendre le vol de 6h 30,
et il y a un bébé de l'autre côté de l'allée,
qui crie de toutes ses forces.
Je ne peux pas défendre ça, mais à ce moment là...
je me suis dit : "Ce bébé n'a pas besoin d'aller où que ce soit !"
Vous me comprenez ?
Je peux même pas le défendre. C'est ce que j'ai ressenti.
"Il ne sait pas qu'il vit à Boston !
Il ne connaît pas New York City !"
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