César

César (César)

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Cesar 1936 BDRip x264-NODLABS
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公開日: 2016-09-14
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最初の200行です。

Mélodie rythmée

- Qu'est-ce que tu fais ici ? - Je viens te voir, Elzéar.

- Tu n'aurais pas pu venir à la messe par la même occasion ?

Tu as eu peur de passer pour un esprit faible.

- Je suis arrivé à la fin de ton sermon.

J'arrive à peine parce que ce pauvre Panisse est mourant.

Honoré ?

- Oui, ce pauvre Honoré est à l'article de la mort.

- Et c'est lui qui t'envoie me chercher ?

- Non, c'est Fanny. Elle est montée à la gare chercher son fils.

C'est mon filleul.

- Je sais, je l'ai baptisé. Qui est-ce qui soigne Honoré ?

C'est Félicien.

Oui… Il dit que c'est une maladie de cœur.

L'an dernier, ça lui avait déjà pris.

J'avais peur, tu sais.

Il s'en est relevé et puis hier soir, ça lui a encore pris.

Il paraît que cette fois, c'est terrible.

Alors je viens te chercher pour le confesser.

- Est-ce qu'il se rend compte de son état ?

Je crois bien que oui.

Ce matin, il nous a fait appeler pour nous dire adieu.

Là-bas, il y a M. Brun, Escartefigue et le chauffeur.

Quand nous avons été là, il a pas pu parler.

Bon, j'y vais.

Gustave, fais préparer un enfant de chœur.

- Écoute, Elzéar, je crois qu'il faut pas que tu lui dises.

- Ça me paraît difficile de le confesser sans le lui dire.

- Oui, mais enfin, il faut pas lui dire que tu es venu exprès.

- Si je lui apporte la communion et les saintes huiles,

il verra bien mon costume et les instruments du culte.

Eh, justement…

Ça, ça va l'effrayer.

Et Félicien a dit que la moindre petite émotion peut nous le tuer.

Tu pourrais laisser ton costume dans la salle à manger en bas.

Avec l'enfant de chœur.

Et tu monterais là comme par hasard, pour dire un petit bonjour.

Et petit à petit, tu lui dirais la vérité.

Ça serait fait moins brusquement, ça vaudrait mieux, tu sais.

Oui, je sais, Elzéar, c'est un mensonge que je te demande.

Mais c'est pour ce pauvre Honoré.

Si tu veux.

Merci… merci, Elzéar.

Tu es brave, tu sais.

Mélodie douce

Elzéar va venir.

Et lui ?

- Il ne parle plus. Pas un mot, pas un geste.

Le docteur vient de passer.

- Qu'est-ce qu'il a dit ? - Il a dit : "Il est cuit."

Il est cuit ?

Il est cuit.

Pauvre Honoré, va.

Monsieur Brun,

Panisse est cuit.

Panisse parle.

Qu'est-ce qu'il a dit ?

Tu as parlé, Honoré ?

Couillons.

Il a dit "couillons".

- Ben alors, il va mieux.

Il rêve peut-être.

- Il me semble que je suis mieux.

Maintenant, je peux respirer.

Je crois que tu es sauvé.

- Oh, sauvé… tu sais, écoute, Félix…

Je n'écoute pas et je veux

te dire mon point de vue.

Laisse-le parler.

Il a plus que 4 bouffées d'air et tu l'interromps sans cesse.

- J'ai à dire quelque chose d'intéressant.

- C'est bien le moment de faire l'important… un jour pareil.

Voyons, qui est-ce qui meurt ici, c'est toi ou lui ?

C'est lui.

Alors laisse-le parler.

Brouhaha de gare

Honoré, tu as une figure de prospérité.

Tu as une figure qu'on pourrait s'asseoir avec.

- Oui, et ça m'ennuie. Je suis mourant et je n'ai pas l'air d'un mourant.

J'ai la figure comme le derrière d'un soldat

et le derrière comme la figure de Félix.

Avec la barbe en moins, bien entendu.

Et avec ça, je meurs. Ça ne veut rien dire, ça ne ressemble à rien.

C'est presque ridicule. De mourir, ça ne me fait rien.

Mais ça me fait peine de quitter la vie.

Ça me fait peine de penser

que je ne verrai plus ma femme ni mon fils César. Ni vous autres.

Ça me fait peine de ne plus boire mon pastis sous les platanes.

De ne plus jouer aux boules.

- Honoré, t'inquiète pas pour ça, on te remplacera.

Attends au moins qu'il soit mort.

- Je veux pas qu'il se fasse du mauvais sang.

- Je vais regretter le matin quand je me rasais devant ma fenêtre

en regardant notre beau vieux port

et que je pensais aux affaires de la journée

en voyant à travers la vitre la première traversée de Félix.

Je vais regretter des bêtises.

Je vais regretter les poils que j'ai sur la poitrine.

Je vais regretter mon cor au pied.

Il ne m'a jamais fait de mal

et il me disait le beau temps ou la pluie.

Mon cor au pied,

je vais le perdre, les squelettes n'en ont pas.

Il se voit déjà en squelette !

- Toi, ça va te changer encore plus que moi.

Voilà quelqu'un.

- Bonjour. - Bonjour, Elzéar.

Comment ça va, mon vieux Elzéar ?

Il y a bien 6 mois que je t'avais pas vu.

Bonjour, César.

Bonjour, Félix.

- Adieu, Elzéar, comment vas-tu ?

- Le bon Dieu me conserve, comme tu vois.

Et Honoré… Qu'est-ce que tu as, mon pauvre Honoré ?

Il paraît que tu es malade.

- Oui, il paraît que je suis malade.

Et toi, mon pauvre Elzéar, il paraît que tu es menteur.

Honoré… un prêtre…

Pourquoi me demandes-tu ça ?

- Et toi, pourquoi fais-tu semblant d'ignorer ce que tu sais ?

- Qui te prouve que je le sais ?

- Oui, rien ne le prouve, en effet. Tu passais par hasard.

Oui, par hasard.

- Non, pas précisément par hasard.

- Enfin, vaguement par hasard. Et tu es entré me dire bonjour.

Pourquoi pas ?

- Si le hasard qui m'a conduit ici

m'amène à une heure importante…

- Le hasard qui t'a conduit ici, je le connais.

Il est pas bien grand, il a les cheveux un peu roux

et les yeux en pente comme les Chinois.

Il s'appelle Fanny, ton hasard.

- Non, il ne s'appelle pas Fanny.

Mais admettons-le, je veux bien.

Si ta femme était venue à la messe, comme c'est son devoir,

si je lui avais dit à la sortie deux mots d'amitié,

est-ce que ça ne serait pas naturel ?

C'est moi qui l'ai baptisée, qui lui ai donné la communion,

qui l'ai mariée avec toi.

- Évidemment, c'est assez naturel.

- Rien d'extraordinaire là-dedans.

- Bon… Et si je lui ai demandé de tes nouvelles ?

Si je lui ai dit : "Comment va ce grand mécréant d'Honoré ?

"Il doit être plein de péchés comme un chien de pauvre plein de puces."

Et alors si elle m'a dit :

"Il ne va pas bien, dites-lui bonjour un matin en passant."

Si je suis venu, est-ce que c'est un crime ?

- Non, Elzéar, c'est tout le contraire d'un crime.

La vérité, c'est que tu te frappes.

Tu te crois plus gravement touché que tu ne l'es.

Mais si tu as vraiment de l'inquiétude,

si tu penses vraiment que ton heure est venue,

il y a un gros poids que je puis t'enlever.

Puisque je suis là

et que tu me parais en bonne disposition,

si tu te confessais ?

- Tu sais, ça n'a jamais fait mourir personne.

Oh, certainement.

- Oui… Puisque je n'ai rien du tout et que je rajeunis à vue d'œil,

si tu me donnais l'extrême-onction ?

- Honoré, ne plaisante pas avec ces choses-là.

- C'est toi qui plaisantes, Elzéar, puisque tu cherches des finesses.

Tu veux me confesser ? Tu y tiens ? Tu crois que c'est urgent ?

C'est toujours urgent.

- Oui, mais à ton avis, c'est moins urgent pour Félix ou pour César ?

Oui, c'est moins urgent.

Bon…

Eh bien… confesse-moi.

Attendez un peu, vous autres.

Elzéar, est-ce que c'est obligatoire que je reste seul avec toi ?

Non, Honoré.

Les premiers chrétiens se confessaient devant tout le monde,

mais c'était des saints.

Ils avaient pas grand-chose à dire.

- Moi, je ne suis pas un saint, mais je voudrais que vous restiez là.

Parce que, Elzéar, quand on fait sortir tout le monde,

je trouve que ça n'a pas bon air.

Parce que ceux qui sortent, à peine dans l'escalier, ils se disent :

"Qu'est-ce qu'il doit lui raconter, là-haut ?

"Qu'est-ce qu'il a dû en faire, des cochonneries, des mensonges…"

Et on s'imagine des choses terribles.

Eh bien, moi, je n'ai rien de terrible à te dire.

Évidemment, je n'ai pas fait que de bonnes actions.

Mais enfin, le mal que j'ai fait,

ça m'ennuie plus de l'avoir fait que de le raconter devant tout le monde.

Sauf peut-être devant Norine.

Parce que je n'ai pas fait des crimes…

Mais il faudra peut-être que je dise des choses

qu'on ne dit pas devant les dames.

Quoique ce soit avec elles qu'on les fait.

- Eh bien, moi, je sors… à cause du 9e commandement.

Asseyez-vous tous.

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