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An 32 de l’ère Showa (1956).
Dix ans après la défaite de la Seconde Guerre Mondiale,
le Japon, reconstruit, renoue avec l’abondance.
L’après-guerre est fini.
Ce film a pour cadres le foyer d’une famille
et une école primaire d’un quartier populaire du Tokyo d’alors.
SAKAMOTO
La situation est devenue telle que nous nous sommes résolus
à accepter l’inacceptable et supporter l’insupportable
au nom de la paix éternelle
que nous appelons de nos vœux.
Mes lèvres posées
Sur une pomme rouge
Je contemple l’azur
En silence
Cette pomme ne me dit pas un mot
Mais ce que pense la pomme
Moi, je le sais
Il aime à chanter
Le gosse de Tokyo
QUARTIER DE MONZEN-NAKA Chic et smart
Toujours radieux
Dans sa poche droite des rêves
Dans sa poche gauche du chewing-gum
Quand lui prend l’envie de voir le ciel
Il monte sur le toit d’un immeuble
D’où une bouche d’égout
Le rappelle au sol
LA CHORALE — Furusato JAPAN -
PRINTEMPS 1956
C’est pourquoi c’est à vous tous
qu’incombe désormais le devoir de construire le nouveau Japon.
A l’étude comme au jeu, mettez tout votre cœur
à relever les défis qui se présenteront.
Bien. Nous avons aujourd’hui
le plaisir d’accueillir une enseignante remarquable.
Je vous présente Mlle Rieko Sakamoto.
Mlle Sakamoto vient tout juste d’obtenir son diplôme d’institutrice.
Son talent la destinait à une carrière de chanteuse classique,
mais elle a préféré nous rejoindre pour étudier et chanter avec vous tous.
Mlle Sakamoto sera chargée de vous enseigner la musique
mais aussi de vous préparer au concours
des chorales du district de la fin de l’année.
Et lorsque M. Takii, le maître de la classe 4 de CM2,
sera pris par ses activités au conseil du district,
c’est Mlle Sakamoto qui le remplacera.
Mlle Sakamoto, si vous voulez bien…
Mon nom est Rieko Sakamoto.
Cette année, tous ensemble, nous allons étudier
et chanter avec ardeur.
Visons la victoire au concours de chorales !
C’est quoi, une chanteuse classique ?
Ben, une chanteuse, quoi !
Ce qu’est elle jolie, Mlle Sakamoto…
Ça ne me dérangerait pas si M. Takii était absent tout le temps.
Mais que tu le veuilles ou non,
M. Takii reste l’instituteur de la classe 4.
CM2 -CLASSE 4
SHIZU MIYANAGA
Après Mlle Sakamoto, il me reste
à vous présenter une nouvelle élève.
Voici Shizu Miyanaga.
Son père, qui travaillait à Kobe, ayant été muté…
Vous savez tous où se trouve Kobe, n’est-ce pas ?
Shizu a quitté Kobe pour Tokyo.
Présente-toi à tes nouveaux camarades, tu veux ?
Je m’appelle Shizu Miyanaga.
Ma mère dit que ma principale qualité
est ma bonne humeur, et que mon défaut est d’être têtue.
J’aime beaucoup chanter.
Je rêve donc de devenir chanteuse ou professeur de musique.
Enchantée de faire votre connaissance.
Sachez que Shizu a longtemps étudié le chant et le piano.
Pas possible !
— Le piano… La chance… — C’est vrai, ça ?
Alors elle peut nous chanter un air de Hibari Misora…
Maître, on peut écouter Shizu chanter ?
— Oui ! — Allez !
Si vous y tenez tant,
vous demanderez à Mlle Sakamoto
si Shizu pourra chanter pendant son cours.
Ouais !
— Bien. Va t’asseoir à ta place, Shizu. — Oui.
Akira ! Tu es le délégué de classe.
— Explique-lui ce qu’elle doit savoir. — Entendu.
Te voilà chevalier servant, Akira…
Tais-toi !
Vous imaginez ? On est en CM2, et on a deux maîtres !
Moi, je préfère la jolie Mlle Sakamoto.
Et Shizu, je trouve qu’elle fait des manières, moi…
En puis elle a un accent bizarre.
« Mais arrêtez ! C’est faux ! »
Tu l’imites à la perfection !
Même entre Osaka et Kobe, il y a des différences de langage…
Akira ! Ça te dit ?
Quoi ?
Comme t’es délégué de classe,
tu veux pas essayer de la faire pleurer ?
Je suis peut-être délégué, mais ça, non merci.
Me dis pas que tu t’intéresses à elle, quand même…
— Et puis quoi, encore ? — Tiens ?
Pourquoi tu te fâches ?
C’est toi qui t’intéresses à elle !
— Non, toi ! — Teru !
C’est toi qui la feras pleurer.
Mais ça va pas, Gon ? Pourquoi ça retombe sur moi, là ?
Encore !
Tu es sûre, Reiko ?
Modère-toi un peu, ou ta gloutonnerie te rendra malade.
Mais plus je mangerai, plus vite je dépasserai Akira !
Akira, tu devrais préparer le concours du collège national.
Ce n’est pas avec le collège Koto que tu iras dans un bon lycée.
Il est si mauvais, ce collège ?
Il y a juste quelques mauvais éléments,
mais ils montent les autres élèves
contre les professeurs…
Et toi, Kazuko, tu veux aller au lycée ?
Bien sûr que je veux !
Mais pour l’instant, dans ma classe,
seule une dizaine d’élèves l’envisage.
Il y a bien des cours de préparation.
Mon professeur principal m’a conseillé de m’y inscrire.
Akira ! Le fils Sugiura vise le collège national, lui, non ?
Sa mère aimerait que tu ailles avec lui aux examens blancs, à Kanda.
Lui, son père est médecin…
Je me contenterai du collège Koto.
Bonsoir ! Mme Yanagisawa !
J’ai cuisiné des sardines. Vous avez déjà dîné ?
Mme Aoki, vous nous gâtez trop !
Merci beaucoup, vraiment…
Elles étaient si fraîches que j’en ai acheté trop.
Mais ça a l’air délicieux !
« Mozart était un célèbre compositeur autrichien.
« Son père,
« qui était lui aussi musicien,
« était particulièrement doué.
« Toutefois, il était dépourvu de tout entregent,
« aussi la famille de Mozart vivait-elle
« dans une grande indigence. »
Tu peux arrêter là.
— Yoshio ! — Oui !
Entraîne-toi mieux que ça à la lecture.
Oui…
Bien… A ton tour, Shizu.
Oui !
« Dès l’âge de 7 ans, Mozart fut obligé de suivre son père
« dans des tournées qui les emmenaient dans différents pays.
« La réputation de Mozart, alors considéré comme un prodige,
« fut très utile à son père.
« Mais le petit Mozart, lui,
« livré aux regards,
« détestait être considéré comme cette bête curieuse
« que les puissants admiraient.
« Il lui restait toutefois un agrément :
« celui de toujours avoir à ses côtés sa sœur aînée, Maria.
« C’était une très belle jeune fille,
« de cinq ans son aînée. »
Merci !
Tu as parfaitement lu ce passage, Shizu.
Nous apprenons dans cet extrait
que Mozart détestait être considéré
comme cette bête curieuse que les puissants admiraient.
Pourquoi détestait-il cela, selon vous ?
Minoru ! Minoru Watanabe, nous t’écoutons.
Je ne sais pas…
Une idée, Yoshio ? Mets-toi à la place du jeune Mozart.
Ça, j’en suis bien incapable !
Vraiment ? Alors… Akira. Tu as une idée ?
Oui !
Je pense qu’il détestait sentir ces regards sur lui
et entendre tout le monde vanter sa musique
alors qu’il s’agissait des tournées de son père.
C’est exactement ça.
Akira nous a donné une explication très claire.
Reprenons la lecture.
— Une télévision ! — Reiko !
Alors va m’acheter de ces gâteaux ! Et plein !
Akira.
C’est ici que tu as vu un combat de catch de Rikidôzan ?
Oui.
Tu sais pourquoi le ménagiste a mis une télévision dans sa vitrine ?
Allez, Reiko, on y va !
Attends-moi, Akira !
On va acheter quoi ?
Croquettes et chinchards panés.
Moi, je préférerais du porc pané…
Mais une portion de porc pané, ça coûte 30 yens, tu sais !
Et une croquette, 5 yens !
Alors pour le prix d’une portion de porc pané,
on a combien de croquettes ?
Tu donnes ta langue au chat, Reiko ?
Bonsoir !
Qu’est-ce que ce sera, gamin ?
Croquettes et chinchards panés, pour cinq.
Une petite minute !
Tiens, bonsoir !
Bonsoir !
Qui est-ce ?
Akira. Nous sommes dans la même classe.
Alors c’est toi, Akira !
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