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Soudain, ils arrivèrent.
Telle une nuée de corbeaux.
Ils dirent que les choses changeraient,
mais seulement en mieux.
Ce fut leur premier mensonge.
Le premier d'une série que l'on s'efforça de croire.
"C'est le corbeau De sa voix la plus rauque
"Qui devrait croasser l'arrivée fatale
"De Duncan sous mes tours."
"C'est le corbeau De sa voix la plus rauque
"Qui devrait croasser l'arrivée fatale
"De Duncan sous mes tours.
"Esprits, mobilisez-vous, Qui présidez aux pensées de meurtre !
"Sur le champ, Défaites-moi de mon sexe, bondez-moi
"À ras bord, de l'orteil au sommet du crâne,
"De la cruauté la plus noire ! Épaississez..."
"Épaississez..."
"Épaississez mon sang !"
J'oublie toujours ce vers.
Je dois connaître mon texte à la perfection pour l'audition.
J'étais crédible ?
Viens, Billy.
Comment tu me trouves ?
Alors, tu te sens mieux ?
Quelle mauvaise mine ! - Maman, sois gentille.
C'est à moi, non ?
Je voulais te sentir près de moi. Ça m'aide à guérir.
Tu as fait quoi, aujourd'hui ? - J'ai un peu répété mon texte.
C'était donc ça ? Tu n'es pas malade du tout, en fait.
Et si on écoutait la radio ?
Viens.
Aide-moi.
"En dehors de l'amour,
"tout n'est que perte de temps."
Esther !
Tu vas casser la vitre ! - Descends !
Te voilà !
Si tu vois Ola en ville, dis-lui de rentrer.
Tu te souviens d'Ola ?
Il ne va pas revenir ? - Mais si.
Tu es si gentille.
J'ai oublié ton nom.
Esther. Esther Albertsen.
Esther, comme la reine dans la Bible.
Ça te dirait de jouer aux cartes avec moi ?
Je suis désolée, je n'ai pas le temps, Mme Jensen.
Ola...
Je viendrai vous voir demain !
On va où ? Ils ont fermé le cinéma.
Au fjord. Ça, ils peuvent pas le fermer.
Où t'as trouvé cette cigarette ? - Par terre.
Des Allemands...
Comme neuve. Tu en veux ? - Quelqu'un l'a mise dans sa bouche.
Elle a été fumée par un honnête Norvégien.
En Amérique, on en achète dans la rue.
C'est pas l'Amérique, ici. - Papa dit qu'on va y aller.
Pour que tu deviennes une star ?
Pourquoi tu me fixes ?
Pour rien...
Je dois aller aider papa. Viens.
T'as dit que t'étais en retard. Dépêche-toi un peu !
J'ai fait quelque chose d'un peu différent.
Très joli.
Très joli. Comme toujours, Hans.
C'est très bien.
Merci, Mme Henie. - Merci, Hans.
On se revoit dans un mois. - Tout à fait.
Je livre la perruque ?
Oui, au directeur du théâtre, M. Gleditsch.
Au revoir, Mme Henie. - Merci. Au revoir.
Hans, vous allez bien ?
Ravi de vous voir. - De même.
Esther. Tu encourages mon fils à fumer ?
Bien sûr que non.
Je trouve ça dégoûtant.
Je plaisantais.
Alors...
Quoi de neuf ?
Soyez prudent, Hans.
Ils ont arrêté des Juifs à Telavåg. Vous devriez partir.
J'aime ma vie, ma famille, mon travail.
Il y a un couvre-feu, maintenant.
Toute ma vie, j'ai entendu des rumeurs.
Ce n'est rien. - Ils disaient ça à Telavåg.
Non, ça va aller.
Et nous avons nos billets pour l'Amérique.
Et voilà. - Parfait. Merci.
De rien.
Ne traîne pas, ma puce.
M. Gleditsch en a besoin pour aujourd'hui.
À tous les habitants de Trondheim,
sur ordre du commandant Terboven,
la loi martiale est déclarée dans les municipalités de Trondheim,
Leinstrand, Strinda, Byneset
et dans tout le comté de Nord-Trøndelag.
"N'est-ce pas une dague que je vois là devant moi,
"Le manche à portée de main ? Viens, que je t'empoigne...
"Je n'ai pu te saisir et pourtant je te vois encore !"
Tu as hâte d'être à la première ? - Oui.
Commençons par le monologue du Canard Sauvage.
On démarre à ta réplique. - D'accord.
"Il a plongé au fond, bien entendu ?"
"Ils font ça, les canards sauvages. Vont au fond
"tant qu'ils peuvent, petits pères.
"Se retiennent avec le bec
"dans les herbes marines et les roseaux
"et dans toutes les saletés
"qui se trouvent là-bas. Ne remontent plus jamais."
Pourquoi ce raffut, monsieur ? - Henry Gleditsch ?
Lui-même.
La première est complète, mais je pourrais peut-être...
Combien ? Un, deux, trois...
Dix notables de la région
ont été exécutés aujourd'hui à 18 h
au camp de concentration de Falstad.
Parmi les citoyens de Trondheim :
le procureur Otto Skirstad,
l'éditeur Harald Langhelle
et le directeur de théâtre Henry Gleditsch...
Tu ne manges pas ?
Hans, il faut que tu lui parles.
Elle ne doit plus arpenter les rues.
Elle est toujours dans la lune. - Elle ne risque rien. Et puis...
elle va faire tourner la boutique d'ici peu.
Oui, papa.
La dame de pique.
Dis, tu ne triches pas ?
Tu as l'air d'une fleur innocente, mais tu es un vrai serpent.
Je te l'avais dit qu'une partie de cartes te ferait du bien.
Enlevez-lui sa cagoule !
Peloton, en position !
Feu !
Que faites-vous ? - Pardon, monsieur.
Vladimir Abramovitz ? - Oui.
Pourquoi y a-t-il écrit "Hans Albertsen" sur la porte ?
Je suis norvégien. Je suis né ici.
Non.
Vous êtes juif.
Que se passe-t-il ? - Non, Esther.
Esther, ne t'inquiète pas. - Papa va revenir.
Bien sûr. Sinon qui coupera les cheveux des nazis ?
Allez, avancez !
Descendez.
Tor...
Non !
Rebecca !
Hans !
Rebecca !
Esther... - Vous n'avez pas aidé papa.
Parfois, il faut faire semblant pour survivre. Tiens...
Donne ça à ta mère. - Tor !
S'il te plaît... - Tor !
Qui est là ?
Esther, dépêche-toi ! - Oui, maman.
Billy, il faut y aller.
Bonne chance. - Merci.
Esther, descends !
Pas de bruit ! - l'oiseau reste ici.
Non... - Il reste ici !
Laissez-moi le libérer !
Laissez-le !
Ne fais pas de bruit.
Et reste cachée jusqu'à être sortie de la ville. D'accord ?
Pour le cinéma...
Halte !
Halte !
Que se passe-t-il ?
Sortez ! Allez !
Viens. Rentre là-dedans !
Descendez ! Tout le monde.
On se dépêche ! - Allez !
Descendez tous ! - Sois courageuse, Esther.
Maman...
Joue un rôle.
Non ! - Descendez !
Tirez !
Papa !
J'ai vu quelqu'un.
Pas maintenant, fils.
J'ai vu quelqu'un dans les bois. - T'es sourd ? Pas maintenant !
J'ai trouvé quelque chose.
Ah oui ?
Quoi ? Ton cerveau ?
Laisse-le tranquille.
C'est bon. On peut plus plaisanter ?
Je vais t'aider.
Tu pouvais pas avoir un vrai fils ?
Ça suffit !
Ça suffit ! Assez !
Attention.
Par là !
C'est Herman.
M. Krause. Ravi de vous revoir. - Johann.
Votre mission s'est bien déroulée ?
Non. On a une fugitive. Une Juive.
Soldat !
Rédigez un rapport. Je veux savoir ce qui s'est passé.
Compris.
Fils ! Viens porter les valises.
Tenez. - Merci.
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