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Tu dis... Tu dis
arbre.
Tu dis tiens...
Tu redis arbre, tu dis...
Non, enfin, tu dis... tu dis...
tout est à l'arrêt.
Tu redis arbre.
Tu dis : est-ce un cerisier ?
Tu dis...
Tu dis touche.
Tu dis non, tu perds le fil.
Dis, approche-toi, vas-y, réellement.
Puis le mot surgit,
précisément.
Et là, tu dis :
nomme, vas-y. Et fais-toi mal.
Aux mots, tu dis donne.
Tu dis non
à tout.
Tu dis : tout est là, à l'arrêt.
Tu dis :
où sont
les cerisiers ?
Que veux-tu épuiser ?
Tu dis oui, tu dis...
ce rêve primitif, c'est à se perdre...
Tu dis tiens...
tout est à l'arrêt.
Tu dis : où est passé ton alphabet
d'avant les images ?
Tu dis... que veux-tu ?
Où est la beauté ?
Où est la beauté ?
Où est la beauté d'avant les images ?
Tu dis : plus aucun mot.
Tu dis : approche-toi, vas-y.
Nomme précisément.
Tu dis... vide est l'image.
Tu dis... vas-y, touche. Tu dis...
Tu dis... non, arrête. Tu dis...
De l'image...
Tu dis...
Tu dis touche. Tu dis filme.
Tu dis : tout est là.
Tu dis : où est le plein ?
Tu dis... sors de là. Et tu dis...
Et tu dis : touche à ces instants précis
qu'aucune image ne pourra voir.
Et tu dis filme.
Oui...
Non, tu dis : nomme, renomme chaque chose.
Tu dis : invente un mot
pour tout ce qui est unique.
Tu dis sors...
puis la beauté première.
Grondement du train
Grésillements dans un micro
Où est la beauté ?
Où est la beauté ? Tu dis...
Tu dis :
sors de ces images.
Tu dis : les images, c'était ta maison. Tu dis...
Tu dis... tout est là, tu dis, à l'arrêt. Tu dis...
partie... l'image...
Tu dis... tu habitais là...
sur ces continents souples et inflammables.
Non, tu dis...
tu habitais dans cette maison-là.
Tu dis ta maison est presque vide.
Vas-y, nomme ton père, ta mère.
Tu dis... Tu dis c'était ta maison. Tu dis...
Tu dis...
Approche-toi de ce qui n'a plus de nom.
Tue, toi aussi, quelque chose,
là...
Et nomme ce qui rend tes images muettes.
Tu dis : sors de ces images.
Tu dis nomme.
Quitte ces images...
et ces voisins-là, tous.
Tu dis...
Tu dis : plus d'odeur pour l'absence des tiens...
et l'image qui revient.
Et invente une image moins aveugle.
Tu dis : écris sur cet héritage blanc.
Tu dis...
Leur image.
La voir bouger, là,
dans ce chargeur.
Et là, les plaques photosensibles,
la gâchette,
et au bout,
avant le désamour.
Phrases superposées :
Un fusil paradoxal.
Et tout au bout de ce fusil paradoxal,
ton père bouge...
bouge encore
et meurt.
Et dit :
"Tout ce qui meurt
te tue un peu."
Voir...
un mort, tu dis,
sa mort.
Sors de ces images.
Aboiements
Propos en italien, au loin
Appels, huées du chasseur
Tu dis...
qu'es-tu venu faire là ? Tu dis...
Pas prévisible, non.
Pas visible.
Craquements dans les feuillages.
Tu dis...
non.
Tu dis...
le silence qui bruisse et siffle,
pas d'images pour ça.
Tu dis... n'a pas d'images, le réel n'a pas d'images.
Touche à tes images. Tu dis touche...
touche tes images...
et invente une image.
Ėtrangle-les, vas-y.
Étrangle celles qui te harcèlent, vas-y.
Invente...
Nomme tout ça. Un mot...
pour chaque chose unique.
Tu dis : aucune trace de naphtaline
ni de lavande.
Tu dis : ceci n'est plus sa couverture.
Tu dis sa main,
oui, encore sa main.
Tu dis... Tu dis c'est là.
Il est toujours là, encore là. Tu dis...
Tu dis sa peau.
Tu dis : voici la bouche qui t'a appelé.
voici la bouche qui s'est tue.
Et tu...
Et tu dis...
tu dis : cet homme, c'était ton père.
Tu dis : sa peau ne parle pas.
Tu dis : il n'y a pas...
Si ?
De douleur.
Tu dis...
Tu dis touche.
Tu dis : il est à nouveau sauvage.
Tu dis : voici le continent que tu voulais noyer. Tu dis...
Tu dis : ce froid est féroce.
Tu dis... Tu dis arrête.
Tu dis : je suis ton fils.
Cet homme est encore ton père.
Chants d'oiseaux, au loin
Signal sonore
Alors, dis...
envoie à tous
cette image de ton père.
Et dis à tous ton effroi de ne plus le savoir
là.
Ici, tu dis...
Tu dis son souhait d'être...
Tu dis...
enterre cette image-là quelque part.
Cris d'un animal, au loin
Coups de feu
Tu dis...
de quelles images veux-tu te débarrasser ?
Approche-toi.
Tue...
Non, que cherches-tu...
au bout de ces images ?
Cris de chasseurs Aboiements, au loin
Allez !
Coup de feu
Aboiements
Corne d'appel
Il a pris la balle.
Un énorme.
J'ai rien pigé.
Tu dis...
tu voulais poser tes doigts sur des images mortes.
Non, tu dis...
pas d'images pour ce qui siffle
et déferle en toi.
Tu dis...
Tu dis...
les images blessées...
habitent en toi.
Tu dis...
l'image ne colle plus à sa chose, tu dis,
pas d'images pour ce réel-là.
Tu dis : l'odeur dans ce sac
est toujours féroce.
Invente.
Vas-y.
Tu dis... tu es à son image.
Tu dis : vas-y, sors et marche...
et demande à ceux qui...
demande-leur de te parler comme si...
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