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UN SPECTACLE ORIGINAL NETFLIX
Merci.
Bon sang !
Parlons donc du phénomène qu'est Donald Trump.
Les gens s'énervent déjà. "Quoi ? Je vais te tuer !"
"Donald Trump, d'accord ?"
Je le fais un peu efféminé, j'ignore pourquoi.
Un peu délicat,
avec de la lotion et du baume à lèvres. C'est comme ça que je l'imite.
Il a des gestes caractéristiques, comme l'otarie. Ça vient de lui.
Le glisser-déposer de l'index.
On dirait un méchant de Batman, vous ne trouvez pas ?
"Tu ne t'en tireras pas comme ça, Trump."
"Vous savez quoi, je pense que si, OK ?"
Le grand truc de 2016, c'est qu'il a battu Jeb Bush.
Les Bush sont des durs à cuire. Comme les fils de Katie Elder.
Référence de baby-boomer.
Ils sont énervés, car Trump n'en a fait qu'une bouchée.
Il a dit : "Tu sais, Jeb,
tu es quelqu'un de peu énergique, OK ?
Tu es fatigué. Très fatigué. Très, très fatigué.
Tu es fatigué."
J'ai regardé Jeb Bush et j'ai pensé : "Mince, il a raison !"
On dirait le proviseur adjoint d'un collège.
Mais il faut avouer que ça aurait été marrant de voir W,
pas Jeb, mais W, affronter Trump.
Car W a un petit côté racaille.
Il est nerveux et agité.
C'est le seul président qui mélangeait le surf et l'auto-stop.
J'adorerais le voir affronter Trump. Trump dirait :
"Tu es président parce que ton père l'était, c'est tout."
W répliquerait : "Ouais.
Qui t'a coiffé ? Coupes-à-la-con ?
Parce que c'est vraiment répuls-tif."
Une imitation peut être n'importe quoi.
Mon imitation de W, on dirait un pantin bourré.
Le problème avec Trump,
c'est que si on est d'accord avec lui, on peut l'apprécier sur certains points,
car c'est une vraie matraque humaine.
Qui d'autre que Trump
pourrait mieux défendre le climat contre le réchauffement planétaire ?
Il dirait : "Vous êtes des pays débiles.
Vous êtes des pays débiles, vraiment débiles.
Un désastre. Vous recrachez de la merde dans l'air.
C'est un désastre. Vous êtes débiles et désastreux.
Toute la planète se réchauffe, même l'herbe.
Je serai vraiment excellent avec le réchauffement planétaire.
Je ferai payer le CO2, je vous le garantis.
Je sais faire des glaciers.
Je peux faire plein de glaciers.
Je prendrai toute la glace des hôtels Trump...
Ça en fait beaucoup, je vous le garantis.
Je la mettrai sur les yachts Carnival. C'est des amis. Je les connais bien."
C'est chelou.
Hillary et Bill.
Quelle histoire.
Je vois bien Bill avec un casque et un micro en coulisse.
"Big Dog à Little Hill,
répondez, Little Hill. Big Dog à Little Hill.
Chérie, réponds.
Répondez, Big Dog à Little Hill.
Chérie, tu dois ralentir.
Ne souligne pas les choses qui n'ont pas besoin d'être soulignées.
Tranquille. C'est parti. Tout en douceur, d'accord ?"
Et Hillary dit : "Nous ferons ce que nous devons faire,
jusqu'à ne plus le faire,
car il n'y a plus besoin de le faire."
"Non, chérie, ça ne marche pas.
Ralentis, ma petite pêche."
Il y a tellement de matériau.
Obama était le meilleur, en politique, pour créer un sentiment de solennité,
car il faisait des pauses.
Il prenait son temps, et on tendait l'oreille.
Je pourrais l'écouter réciter des comptines
de manière solennelle, avec sa manière de parler.
Ça donnerait ça : "'Promenons-nous dans les bois.
Pendant que le loup n'y est pas.
Si le loup y était, il nous mangerait.'
Il y a une leçon à en tirer.
'Une souris verte.
Qui courait dans l'herbe.
Je l'attrape par la queue, je la montre à ces messieurs.'
Ce qu'il faut se demander,
c'est pourquoi cette souris est verte ?
Elle n'a pas accès à la sécurité sociale ?"
Un intellectuel d'Harvard au vocabulaire impressionnant.
D'une certaine manière, Bush a donné naissance à Obama,
car Bush, pendant huit ans, c'était ça...
Et on est passés à ce baryton rafraîchissant.
"Voilà ce qu'on est prêts à faire. C'est vrai...
Non. Ce n'est pas bien.
Non. Jamais. C'est ce qu'on va..."
C'est un son agréable.
Mais entendre Obama essayer de démêler la situation au Moyen-Orient,
c'est difficile, même pour lui. Ça fait :
"Ce qu'on continue de faire vis-à-vis du califat,
ce que nos alliés, notre coalition,
stratégiquement, par voie aérienne, sans soldats au sol,
nos infos, ce qu'on, le...
Ce que nos... Au nord... Les rebelles syriens avec un général...
L'effort pour vaincre l'EI, l'EIIL, Daech, avec le...
L'Empire ottoman et les Turcs.
Les Peshmergas avec Netanyahou et le Hamas, en termes de...
La guerre par procuration, Khomeini et les Saoudiens...
Les chiites, les sunnites, Poutine et Assad.
C'est le bordel.
C'est un sacré foutoir."
Vous avez remarqué que de nos jours, n'importe qui est Hitler ?
Vous avez remarqué ? On a appelé Obama Hitler.
On a appelé Trump Hitler. On a appelé Bush Hitler.
Hitler est un type fascinant. Il n'y a qu'un Hitler.
Et il était toujours animé et tonitruant, quand on regarde ses discours.
Comme ça...
Aucun être humain ne peut faire ça très longtemps.
J'ai souvent pensé qu'Hitler devait être crevé, après.
Tellement crevé qu'il en deviendrait presque efféminé.
Et il est très manipulateur, comme tout homme ou femme de pouvoir.
Ça ferait : "Himmler.
Himmler, mon petit SS.
Si secret, si subreptice.
On adore tous ta coupe de cheveux, mais personne ne connaît ton barbier.
Tu me complètes, Himmler.
Parfois, en réunion, il y a un silence gêné :
'Que va-t-on faire de tous ces Juifs ?'
Et tu dis : 'Construire d'autres camps ?' Et je dis : 'Comme il a dit.'
Faites entrer Göring. Bonjour, Göring, mon petit rondouillard de la Luftwaffe.
N'est-ce pas que tu es grassouillet ?
N'aie pas honte.
Un jour, des scientifiques découvriront
que tu es juste génétiquement prédisposé à avoir envie de glucides transformés.
J'ai un cookie, je le repose.
Tu as un cookie, ton cerveau fait la fête, tu veux 100 cookies.
Goebbels et moi, on rigole en t'imaginant à une fête.
'Regarde Gros-Tas. Il bombarde les cookies.'
Bref, pas de Blitzkrieg sur les spéculoos.
Tu es rondouillard, mais tu es mon rondouillard, général.
Et maintenant, je vais dormir."
Je n'ai pas de chute, c'est tout ce que j'ai à dire là-dessus.
À propos de Bernie Sanders...
On ne peut pas ne pas aimer Bernie.
Bernie est ce qu'il est.
Il a une de ces énergies...
Voilà le phénomène Bernie Sanders, distillé pour vous. Voilà mon imitation.
"Ce que je suis prêt à faire...
Ce que je suis prêt à faire...
Je trouverai des gens qui ont de l'argent.
Je prendrai leur argent
et je le donnerai à des gens qui n'ont pas d'argent."
On dirait un Frankenstein somnambule.
"Je trouverai un connard de riche...
Tu as une tête de connard de riche.
Je vais prendre ton argent et le donner au pauvre couillon assis à côté de toi."
Je suis un baby-boomer, mais pour moi, le capitalisme, c'est un magasin hi-tech,
et le socialisme, c'est une administration bureaucratique.
Et j'adore les administrations bureaucratiques.
Des fonctionnaires en sueur et à cran, impossibles à virer, qui braillent.
Et ils se foutent de vous.
"T'es dans la mauvaise file, crétin."
Dans un magasin hi-tech, on se croirait dans un film de Kubrick.
"Bienvenue dans notre magasin.
Aimez-vous tous nos jolis joujoux ?
Êtes-vous à la recherche d'un ordinateur portable flambant neuf
avec, vous n'allez pas le croire, 264 gigaoctets de mémoire ?
Ou voulez-vous consulter nos experts pour un peu de stimulation mentale ?"
Ce que j'aime, c'est m'enrichir dans un pays capitaliste
avant d'aller dans un pays socialiste.
J'adore l'Italie, parce que...
L'Amérique, c'est trop stressant.
Il faut garder le rythme à tout prix.
Les Italiens se foutent de ton métier.
Tu es juste une personne.
"Relax, prends un verre de vin. On est en Italie, d'accord ?
Fais un peu l'amour, bois un peu de vin, tout va bien.
Prends un verre." "À 7 h du mat' ?"
"C'est ce que je dis, tiens.
Soyons honnêtes.
On n'aura jamais de programme spatial.
Pourquoi aller sur la lune quand on peut chanter à la lune ?"
Oh, ma lune
On ne marchera jamais sur toi
Car aller jusqu'à toi
C'est bien trop fatigant
C'est dans l'avion que je ressens les inégalités de salaire.
Comme j'ai de l'argent, je peux m'asseoir dans le bout pointu de l'appareil,
et je me sens comme un connard de riche.
Je suis là,
avec mon journal et mon champagne, un gros fauteuil en cuir...
Et puis, ils arrivent.
La masse des damnés débarque dans l'avion
par centaines, comme des réfugiés, avec des bagages à main plus gros qu'eux.
"Allez !"
Des fillettes se plantent devant moi et me dévisagent.
Des mères de six enfants. "Pourquoi on ne reste pas ici, maman ?"
"Parce qu'ils ne veulent pas de nous ici.
Retourne à ta place de merde."
"Pourquoi est-ce qu'ils peuvent se mettre ici ?"
"Parce qu'ils ne paient pas leurs impôts."
On est 8, ils sont 300. C'est super inégalitaire.
C'est pour ça que j'aime Aer Lingus, la compagnie aérienne irlandaise.
Ils sont très égalitaires, en Irlande.
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