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Traiter une Mexicaine de "piquante", c'est jouer avec le feu.
Mais les épices ?
C'est grâce à elles que j'en suis là.
Ici précisément.
Moi, le vato des rues sans éducation qui a le mieux réussi de tous.
J'ai dû ravaler ma fierté plus d'une fois pour en arriver là.
Mais la tête toujours haute, j'ai bossé dans des cuisines,
des poulaillers, des garages, j'ai sué sang et eau pour un dollar.
Pour finir ici.
Je suis le type qui a participé à la création
du snack le plus populaire du monde.
Voici pour vous, madame.
Non, pas ce crétin.
Oui, ce séduisant guapo, là.
Ce Sean Connery trempé dans le chocolat.
C'est moi. Le seul et l'unique M. Richard Montañez.
Mais je n'ai pas toujours fricoté avec les grosses huiles. Non.
J'ai commencé au bas de l'échelle.
Le bas du bas de l'échelle. Dans un vignoble à Guasti, en Californie.
DOMAINE DE GUASTI
Oui, c'est moi, ce petit chenapan.
Ou plutôt, un des neuf petits chenapans.
Oui, neuf enfants. C'était les années 60. Je vous fais pas un dessin.
Je me considérais comme l'enfant le plus chanceux du monde,
avec une cour de récré plus grande que Disneyland.
Lève-toi ! Pourquoi tu joues ?
Va remplir ça.
Laisse-le. C'est qu'un gamin.
Mais pour les autres, c'était un camp de travail.
Donne-moi ça. Va jouer.
On vivait ensemble. On travaillait ensemble.
Et on survivait ensemble.
Et à dix ans, tout ce que j'avais, c'était...
Le nom des Montañez.
Si tu peux leur montrer de quoi est capable un Montañez,
ils pourront jamais rien te dire.
Ne l'oublie jamais.
Oui, grand-père.
Je suis un Montañez !
Je suis un Montañez !
C'est ça, mon petit.
À table !
Pose ça, Richie.
Une fois réparée, on appellera Batman.
Mon père, Vacho Montañez, un diminutif de Borracho.
Richard.
Tu touches à mes affaires ?
Laisse-le, il a rien fait.
L'école, c'était pas mieux.
Jusqu'à ma rencontre avec Judy.
Disons simplement que nous avions beaucoup en commun.
Salut.
C'est ton déjeuner ?
Oui.
J'aurais préféré un sandwich au salami ou un chocolate.
J'ai un burrito.
Tu en veux ?
C'est quoi, ça ? Ça me dégoûte.
Un burrito aux haricots rouges.
Des haricots pour un sale chicano !
Venez, les gars.
Judy et moi, on faisait tache dans le décor.
Tu vas bien ?
Alors, on a décidé de se serrer les coudes.
Contre vents et burritos.
Maman, s'il te plaît, fais-moi un sandwich au salami.
Un sandwich au salami, tu rêves !
Je veux pas être différent.
Tiens. Un pour toi...
et un pour l'idiot qui n'aime pas les burritos.
Voilà le pouilleux !
On dirait que ça sort des toilettes.
Je vais vomir.
Oh, mon Dieu !
C'est si bon !
Tu veux goûter ?
Je vais sûrement pas manger ce truc.
Toi, goûte.
Même pas cap'.
- C'est pas mal du tout. - J'en veux. Donne.
Moi d'abord. Donne-moi celui-là.
Vingt-cinq cents.
On y va.
C'est ainsi, qu'à l'école, je suis devenu le revendeur officiel de burritos.
Ça vous dit quelque chose, "l'offre et la demande" ?
J'en veux un.
Le monde n'a pas découvert les burritos grâce à Taco Bell,
mais grâce à ma mère et moi.
En tout cas, j'en ai eu l'impression.
Je ne pouvais pas laisser Judy manger ses repas déprimants.
CHOCOLAT AU LAIT
Ma Jude voulait du chocolat, elle allait en avoir.
J'espère que t'as de l'argent.
Où t'as volé ça, chenapan ?
Voilà comment ça aurait pu se passer.
Non, monsieur l'agent !
J'ai gagné cet argent en livrant le journal.
Rien d'illégal. C'est juste pour impressionner une fille.
Regardez-moi ce jeune citoyen modèle.
Va faire la cour à cette jeune fille, fiston.
Et tu sais quoi ? Des bonbons offerts par la maison.
Adorable, ce gamin.
- Et intelligent. - Oui.
Mais je n'étais pas un petit Blanc.
J'étais latino.
Monte.
Et quand on vous traite comme un criminel, on en devient un.
Et oui ! Dans les années 70, on s'habillait tous comme ça.
Je suis trop stylé !
Inutile de vous exciter, genre :
"Pourquoi les Mexicains se prennent-ils pour des gangsters ?"
Parce que j'ai rien inventé. C'est du vécu.
À l'époque , la policía pensait qu'elle avait le droit...
CESSEZ LE MASSACRE
...de passer à tabac tous les González et les Martínez.
FIERS D'ÊTRE LATINOS
Être un Chicano, c'était être invisible,
mais se faire quand même tabasser.
Quand c'était pas les poulets qui nous harcelaient,
on était envoyés au Vietnam où on tombait comme des mouches.
J'essayais juste de survivre.
Et Judy dans tout ça ?
Elle survivait aussi.
Et on se débrouillait plutôt bien.
Ensemble.
Le Chicano Movement était en plein essor , mais je n'y prêtais pas attention.
J'avais des affaires à conclure.
Mes amis étaient ma seule famille, vous pigez ?
On se serrait les coudes.
Touche pas mon homme !
Allez, Judy !
Les affaires étaient florissantes.
Je vivais ma meilleure vie.
Test de grossesse
On nageait dans l'insouciance, jusqu'à ce qu'on nous réveille.
Rich, tu dois changer.
- Pour nous et pour le bébé. - De quoi tu parles ?
- T'as vu cette caisse ? - Justement !
Elle vient d'où ?
Si je suis assise dans une voiture volée, je te jure...
J'ai versé un acompte.
Tu te fiches de moi ?
Pourquoi tu fais ça tout le temps ?
Regardez-moi, mon petit.
Tu n'es pas un bon à rien, Richard. Tu m'entends ?
Vous n'êtes pas idiot.
Il y a un cerveau entre ces deux oreilles, pas qu'une moustache.
Tu n'es pas ton père, mais tu le deviendras si tu continues.
Réveillez-vous, ou vous finirez en prison ou entre quatre planches.
On peut pas te perdre, Rich.
Vous valez mieux que ça.
C'était un miracle qu'il m'ait pas envoyé au trou.
Hé, Richie !
Hé, vato !
T'es prêt, on bouge !
Allez, mon pote !
Viens !
Dans la vie, il faut prendre des décisions.
De grandes décisions.
L'heure était venue d'opter pour une vie meilleure.
Mais meilleure ne rime pas toujours avec facile.
C'est pas le moment de réparer ça.
C'est bloqué.
Le fil est foutu. Comment c'est possible ?
Oui, amor, tu as faim.
Amá , regarde.
Je sais, trésor. Je sais.
Tiens. Mâche.
Dépêche-toi, chéri. On va être en retard.
Oui, je sais.
Crache.
- Lève la jambe. - C'est bon.
J'ai réussi, je crois.
C'est bon, attends-nous dans la sala.
Rien ne résiste aux Mexicains !
Je l'ai réparé.
Chéri, ça a l'air grave.
Grave ? Mais non. Le frigo fait juste une petite sieste.
- Tout va pourrir. - Ça va aller.
On va faire comment ?
On va réparer ça quand ?
- On a pas de quoi en racheter un. - Regarde-moi.
- On va faire quoi ? - Respire.
Trois.
Deux.
Un.
Respire.
Quelqu'un va dire "oui" aujourd'hui.
Oui.
Je gère.
C'est vrai que je gérais.
- Judy m'avait même fait un joli CV. - Monsieur !
Car qui pourrait dire "non" à un mot si savant ?
- On a pas de travail, l'ami. - Je peux tondre,
tailler les buissons, nettoyer les outils.
- Tout ce que vous voudrez. - On est au complet.
Voici mon numéro au cas où une place se libérerait.
Excusez-moi. Vous savez où on embauche ?
Mon père et mon grand-père étaient fermiers.
Moi aussi enfant, et j'ai rien oublié.
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