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UN FILM ORIGINAL NETFLIX
Bonjour, ma mère.
Sois sage. Merci, ma sœur. Vas-y.
Garde cette palette pour la fin, charge les autres.
D'accord.
Bruno, tu t'occupes du chargement de 8h30.
- Mais je finis à 8 h. - Fais ça, puis tu peux partir.
Guido, qu'est-ce que tu fous ?
Tu fous quoi ? Descends.
C'était si difficile ?
T'es pas fait pour ce boulot.
- T'as failli tout renverser. - Mais je l'ai pas fait. Dégage.
Tu me vires ?
Tu sais pas conduire un chariot élévateur, tu me sers à rien.
Quoi ? Reprenez le travail.
PARDONNE-NOUS NOS DETTES
Bonsoir.
- Viktor n'est pas là ? - Non, ce soir, c'est moi.
- Et qui êtes-vous ? - Une amie.
Où est-il ?
Viktor est rentré au pays, son oncle est mort.
Navré.
- Il va revenir ? - Eh bien, pas son oncle.
Voilà.
- C'est pour moi ? - Oui.
Je n'ai encore rien commandé.
- Ce n'est pas pour vous ? - Non, pas ça.
- Désolée, c'est lequel ? - Celui-là, devant vous.
- Non, à gauche. - À gauche.
- Là, oui. - OK, désolée.
Pas de problème.
Ne vous en faites pas, Viktor revient dans trois jours.
Viktor n'est pas là ?
Non, Viktor n'est pas là.
- Je peux avoir un litre de lait ? - Bien sûr.
Voilà.
- Merci. Au revoir. - Au revoir.
Viktor m'a tout dit sur tout le monde.
- Mais vous vous êtes trompée. - Oui, je ne sais pas pourquoi.
Vous vous asseyez toujours dans le coin et vous buvez du whisky.
Et...
vous ressemblez à un vieux canot dégonflé.
Ne me regardez pas comme ça, c'est lui qui l'a écrit.
- Comment vous appelez-vous ? - Pardon.
- Votre nom ? - Rina.
Rina...
- Un autre, s'il vous plaît. - Bien sûr.
Merde. Les enfoirés !
Guido !
Professeur, j'ai vu que vous ne dormiez pas.
J'étais insomniaque à 20 ans, alors imagine maintenant.
La musique ne va pas un peu fort ?
Personne ne s'est jamais plaint.
Je crois que si, mais vous ne les entendez pas.
Je ne veux pas les entendre.
Mon frigo est en panne, je peux mettre ça chez vous ?
Oui, bien sûr, entre.
- C'est inutile. - Quoi donc ?
Il y a des zones de la table qui ne sont presque jamais utilisées.
- Mais il faut respecter quelques règles. - Lesquelles ?
La première...
ne jamais attaquer de front un pays plus fort que soi.
Imaginons que la boule n°7 soit l'Allemagne,
et la n°3, les États-Unis...
Encore une théorie politico-balistique.
Si je joue avec la 5, qui est l'Italie...
Oh, le Portugal !
C'est toujours un pays pauvre qui finit dans le trou.
Et regarde ceci.
L'industrie du tabac, l'industrie pharmaceutique, les banques...
et l'industrie de l'armement, sont toutes indemnes.
Elles n'ont même pas été touchées dans la manœuvre.
Quelle manœuvre ?
- Tu ne me crois pas ? - Non.
Essaie toi-même. Elles sont protégées par la 7 et la 3.
Impossible que l'Allemagne et les États-Unis
se laissent intimider par l'Italie.
- Qu'est-ce que vous racontez ? - Essaie, on va voir.
Essaie.
Alors...
Le but, c'est de faire tomber ce paquet de cigarettes, exact ?
Oui.
Non, arrête !
Tu ne peux pas attaquer de manière directe de grosses industries
comme l'industrie du tabac ou la pharmaceutique.
Pourquoi ? Ce n'est pas un pays. La règle...
Il y a d'autres règles. La deuxième dépend des fractales.
- Tu sais ce que c'est ? - Non.
Une fractale est un système mathématique qui se répète à l'infini.
Elle a une structure qui ressemble à un chou-fleur.
Si tu coupes un morceau du chou-fleur, le nouveau morceau
- est identique au morceau d'origine. - Professeur...
Le système politico-économique italien fonctionne comme une fractale.
Il ne fait que reproduire des modèles qui ont déjà été expérimentés.
Un chou-fleur.
Tu ne peux pas attaquer de façon directe
l'industrie pharmaceutique ou celle de l'armement.
Impossible.
Personne n'a jamais fait ça.
Si tu veux les attaquer, fais-le de façon indirecte.
Mais tu n'arriveras jamais à rien.
Donc si elle ricoche ici, je peux atteindre la 7, c'est ça ?
Tu peux atteindre l'Allemagne indirectement.
C'est ce que j'essaie de faire depuis ce matin.
- Tu as eu la Grèce. - Eh bien...
Pauvres Grecs, tu n'as aucune compassion.
Avec tous les problèmes qu'ils ont déjà...
Je crois...
que la seule solution
est un carambolage.
Oui.
Le seul moyen de toucher ces puissances, c'est de s'impliquer, mon cher Guido.
Le désordre total, l'entropie incontrôlable.
Un carambolage.
Je vous aime bien, professeur, mais vous êtes un complotiste fou.
Oui, je suis un complotiste fou.
Tu as raison, c'est vrai.
Viens ici, je t'offre un verre de liqueur de réglisse.
Tu me diras si elle est bonne.
Il y a une place pour les complotistes comme moi.
- En Chine ? - En Chine.
Il y a là-bas un petit village isolé
où l'argent ne s'est pas fait une place aussi terrifiante.
Réfléchis, combien de mensonges sont au cœur des relations sociales ?
Un endroit sans argent ?
Il y a un autre système qui, peut-être, n'exclut pas les gens
comme le fait le nôtre.
Je me demande comment faire pour rester dans le système.
Je n'ai jamais su.
Je n'y suis jamais arrivé et je n'y arriverai jamais.
Quand y êtes-vous allé ?
Trois mois avant sa mort.
C'était mon premier voyage avec un passeport italien.
Si vous allez en Chine, qui gardera mes courses au frigo ?
Ils t'ont embauché dans cet entrepôt pour finir, ou pas ?
Pas encore.
- Guido, prends ça. - Non.
Allez, tu ne peux pas rester sans électricité. Prends-les.
C'est trop.
Cent cinquante euros, c'est trop ? Prends-les.
Je vous rembourse dès que possible.
Ne t'inquiète pas, je les ai gagnés.
J'ai trouvé un bar plein d'idiots.
Merci, professeur.
Vous avez du feu ?
N'oublie pas de payer tes dettes.
Bonjour.
Bonjour, M. le directeur.
Zegni, content de vous voir.
- Comment allez-vous ? - Bien.
Dites-moi, où est Mme Sala ?
Elle vient de partir. Attendez ici, elle ne tardera pas.
- Je vais attendre en bas. - Comme vous voulez.
- Merci. - Au revoir.
- Au revoir. - À bientôt.
Je vous propose ceci.
Je serai contente que vous y arriviez. Il nous donne du fil à retordre.
- Je vous écoute. - Il s'appelle Sergio Gavarino.
Un ingénieur qui, dans les années 90,
a conçu des immeubles dans les Émirats arabes.
Il est sur la paille.
Il nous a emprunté 260 000 euros en 2009.
On n'en a revu que 60. On n'a rien pu faire.
On a laissé tomber la semaine dernière.
- Vous le mettez à combien ? - C'est une dette abyssale.
Combien ?
- Pas moins de 19 000. - Dix-neuf mille ?
Le potentiel est énorme.
S'il y a tant de potentiel, demandez à un de vos employés.
Je peux faire 16 000.
Hors de question. Je n'achète personne au-dessus de 4 %.
Mais ce n'est pas un cas banal. C'est 200 000 euros.
Qu'on ne récupérera peut-être jamais.
Je suis sûre que vous y arriverez.
On a une règle : 4 % ou rien.
Très bien, 4 % alors.
J'ai trois autres entrepreneurs intéressants.
Pourquoi vous ne me donnez pas quelques ouvriers ou retraités,
des gens inutiles, quoi ?
Des gens morts socialement.
Vous voyez ce que je veux dire ? Le noyau dur.
On en a plein.
On a un client appelé Maurizio Pegollo, ouvrier du bâtiment occasionnel.
Il a une dette de 30 000 pour frais de tribunaux.
Puis on a M. et Mme Massi,
tous les deux au chômage, mais ils ont hérité de deux maisons.
Ils ont contracté deux emprunts à des moments différents,
quand leur enfant est né.
C'est fou, ils font des enfants, puis ils font un emprunt.
De la folie !
Et celui-ci ?
Quinze mille euros pour des vacances.
D'accord, tous à 3 %.
- Vous êtes un bandit. - Oui.
- Bonjour. - Salut.
- Vous pouvez m'aider ? - Il est coincé ?
Oui.
Oh, non, merde.
Désolée, venez vous laver les mains.
- Voilà du savon. - Merci.
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