200 baris pertama.
- Sur voie F, les voyageurs pour Saint-Gervais,
Thonon-les-Bains, Chamonix,
attention au départ.
Oh, monsieur!
En voiture. Fermez les portières.
- Vous n'avez pas vu un grand monsieur?
Si, bien sûr.
- Un monsieur sans billet. C'est moi qui l'ai.
Fermez les portières.
Oh, mon Dieu! Mes bagages.
Monsieur, vous pouvez me passer mes skis?
Et mon sac.
Ma valise! Passez-moi le sac bleu. C'est mes chaussures.
Il était pas dedans, vous êtes sûr? Un grand monsieur sans billet?
- C'est sa belle-mère. Appelez son imprésario...
- C'est personnel. - "Personnel"? Ne quittez pas.
Marie-France, c'est pour ton mari.
- Allô? - M. Choiseul est là?
- Il n'est pas là. Vous êtes...? - Muriel. C'est personnel.
Je suis une amie d'Edouard.
Moi, sa femme.
Ah... Eh bien, voilà.
J'ai rendez-vous avec lui pour une audition.
Dans quel studio?
Au studio de la gare de Lyon.
- Je vois. Non, il n'est pas là.
Mais je peux essayer de le joindre.
Rappelez-moi dans 5 minutes.
- Dans 5 minutes? - Oui. Entendu. Au revoir.
Allô?
- Lucienne? - Non, Pompon.
- Tu pars? - En Hollande.
- Longtemps? - 3 jours.
Je rentre pour l'anniversaire de papa.
- Tu peux me passer ta mère? - Tout de suite.
Maman, c'est la femme de papa.
- Marie-France? Contente de vous parler.
Je ne sais pas quoi offrir à Edouard.
J'avais pensé à un rasoir ou à des mules,
mais je lui en ai déjà offert. Il doit pas s'en souvenir.
- Non. Et je lui offre une robe de chambre, alors ça ira.
En fait, je vous appelle car je cherche Edouard.
- Ah? - Vous savez où il est?
Eh bien, appelez Olga.
- Edouard? Attends, ma chérie. Je n'ai pas son programme.
Quelle heure est-il? Où est ce programme?
Le voilà. On est quel jour? Lundi 18? Il est à Tokyo.
- Le 15 septembre? - On est en septembre?
Déjà? Merde! Non, attends.
Il est...
à la salle Wagram.
Orchestre.
Il joue du piano.
Orchestre.
Allô?
- C'est moi. Je te dérange? - Non.
- Il y a eu un appel de la gare de Lyon.
- Qui ça? - Une certaine Muriel.
Connais pas.
- Edouard, on refait le raccord sur le piano.
Non. C'est dégueulasse.
- On l'écoute quand même. - Alors j'écoute d'ici.
Que disais-tu?
- Une Muriel est à la gare de Lyon et attend ton appel.
- Ah oui. C'est une folle. Si elle rappelle, raccroche.
Tu rentres dîner?
- Je rentre dîner et je passe la soirée avec toi.
J'expédie mon concerto et j'arrive.
Expédie aussi la gare de Lyon.
- Ah non, Marie-France. Ce genre de sous-entendu...
A tout de suite, mon amour.
Merde, je l'avais oubliée.
Concerto.
Hé, vous avez le numéro de la gare de Lyon?
Je le connaissais, mais je l'ai oublié.
Avec les numéros...
Ça doit être...
Ils parlent tous en même temps.
Le concerto se mêle aux voix.
- Je fais quoi? Je t'attends. Le train est parti.
- Fallait le prendre. - Pour aller seule à Chamonix?
- Je te rejoins. Prends un train.
- Tu ne chercherais pas à m'éloigner, des fois?
Là, tu me fais de la peine.
Commande des huîtres. J'arrive.
Assez perdu de temps, on y va.
Non. C'est la pause.
- Commençons. On est pressés. Ça arrangera tout le monde.
On finira plus tôt. Allez.
- Le raccord est bon. On passe à la cadence sur le trille.
S'il vous plaît, 3e mesure avant 350.
Attention, on répète une fois.
Piano.
C'est ton ex.
- Lucienne, dépêche-toi. J'enregistre.
Je ne me gêne plus, avec toi.
- Je sais. Qu'est-ce que tu veux?
- Je viens d'avoir ta femme et je t'offre des mules.
On pourrait parler de ça...?
- Coupe. - Ah non.
Demain, c'est fermé.
Je vais pas y aller pendant ta fête. T'aimes pas les mules?
On n'a que 10 minutes.
- Il fallait le dire. Excuse-moi, je te quitte.
Les mules, c'est parfait. Bisous.
Bon. Allons-y. On enregistre directement.
D'accord. Moteur.
- Elle était chouette, Lucienne. - Oui.
- Remarque, Marie-France aussi.
- Elles sont toutes chouettes. - Ça tourne.
Concerto.
La porte grince.
Olga, merde!
- C'est rouge, alors! Allons.
Protestations.
Reprenons.
Concerto.
Applaudissements.
- C'est quand même toi, le plus grand.
- Non, non. C'est de la merde.
Il y a un doigté dans le final que j'arrive pas à retrouver.
Marcel, mets ça de côté! Je ferai un raccord demain.
Bravo. Bravo.
Qui c'est, ces Ostrogoths?
- Le trio de Leningrad. Tu les reconnais pas?
- Ah! Exclamations en russe.
Que foutent-ils ici?
- Ils viennent d'arriver. On dîne avec eux.
Quoi, ce soir?
- Tu as insisté. Rappelle-toi. A Moscou, il y a 3 mois.
- Mais ce soir, ça tombe plutôt mal.
Ah! Vous êtes là!
Exclamations en russe.
Qu'est-ce qu'ils disent?
- Ils veulent que tu leur montres Paris.
- Ils connaissent la gare de Lyon? Allez!
L'horloge.
J'ai eu un problème de doigté. J'ai pas pu continuer.
- Et moi, là, je suis comme une idiote.
C'est qui, elle?
- Je t'expliquerai. Présente-la. - Je dis quoi?
- Tu dis que c'est une artiste, une acrobate... Un talent fou, quoi.
C'est une artiste.
Une artiste!
Une artiste française!
Enchanté.
- Les Russes me tombent dessus. - Quels Russes?
- Le trio de Leningrad. Je dois les emmener dîner.
Je vous rejoins.
Oh là là. Sûrement pas.
- Quoi? - Si tu viens, on s'en sortira pas.
On va y passer la nuit.
Là, je les colle au restaurant et je les laisse à Olga.
Mais qu'est-ce qu'ils foutent? Une seconde.
Hé, doucement!
- Le train en provenance de Marseille
va entrer en gare sur voie G.
Où est-ce que tu es, là?
- Au Sacré-Cœur. - Au Sacré-Cœur, oui.
C'est parfait. Tu n'es pas loin des Galeries.
Va donc me chercher l'abat-jour du salon.
Aux Galeries Lafayette...
On va aux Galeries Lafayette.
- Tu leur fais visiter les magasins? - Les grands magasins, oui.
C'est l'heure, ça?
Klaxons.
Edouard klaxonne.
- C'est bien, que je reste à Paris. Roberto doit m'appeler.
- Qui c'est? - Mon imprésario.
Il doit voir le directeur du casino,
celui que j'ai rencontré à Mogador. C'est un type très distingué.
Ils parlent russe.
Mon physique l'intéresse. Il prépare des films.
Quel genre?
- Je sais pas. Il tourne chez lui.
Je dois justement
faire un essai. J'ai le vent en poupe.
Renée me le dit souvent. C'est ma sœur.
Il se passe toujours quelque chose, aux Galeries.
- Que disent-ils? - Ils sont emballés.
Le trio parle russe.
Ah! La tour Eiffel.
Oh!
- Puisqu'on a un moment, je dois te parler de tes impôts.
Que fait-on?
On garde l'étalement sur 3 ans, ou on se met aux frais réels?
Avancez, devant!
- Tu m'écoutes? Il faut se décider.
- C'est pas le moment. - C'est jamais le moment.
French cancan.
- Déduis la pension alimentaire de Pompon. Ça fait 3,5 parts.
- Elle est majeure. C'est cuit.
Tu peux déduire les frais d'école des petites.
- "5 604 F", c'est quoi? - Le toit de l'île-aux-Moines.
- On n'y va jamais. - Ça fuyait.
Bien, hein?
Remets-moi les 17 % sur les Assedic et la part de Marie-France.
A propos... Marie-France!
Applaudissements.
Le téléphone sonne.
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