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THE ELUSIVE SAMURAI
Sieur Sadamune s’est montré généreux,
lors du festival du sanctuaire dédié au mont Misaya.
Remettez-lui ces présents comme marque de notre gratitude.
Le gouverneur militaire en sera ravi.
AKAZAWA SHINZABURÔ SERVITEUR DU CLAN OGASAWARA
D’autant plus qu’ils valent leur pesant d’or !
Nous les acceptons avec plaisir.
Mon maître a dit que les offrandes au mont Misaya
se doivent de provenir d’un cœur sincère.
Malgré leur conflit territorial, ils respectent les règles de bienséance,
comme il sied au gouvernement militaire et au seul temple de Shinano.
Tout mon clan remercie sieur Sadamune
pour la considération dont il nous honore.
Voyons, c’est la moindre des choses.
Cependant, mon maître aurait une petite faveur à vous demander.
Je vous écoute.
Il aimerait que Chôjûmaru
soit le messager porteur de vos remerciements.
Attendez ! C’est…
Il peut venir seul.
Soyez certain que nous assurerons sa garde.
À moins, bien sûr,
qu’une raison quelconque vous empêche de mandater un simple enfant.
Ils savent qui je suis !
Non. Le narratif à votre sujet est extrêmement contrôlé.
Mais Sadamune est perspicace.
Soit il dispose déjà de preuves,
soit il compte en obtenir en vous interrogeant.
Refuser nourrirait leurs soupçons.
Que faire ?
J’ai une proposition ! Je peux bien y aller avec lui, non ?
Ce serait cruel qu’un enfant si jeune se retrouve seul.
Non, nous ne pouvons…
À moins, bien sûr,
que le clan Ogasawara soit gêné qu’une simple fille l’accompagne.
Pour le départ,
je suggère demain matin.
C’est entendu.
Avec Ayako à vos côtés, je ne m’inquiète guère.
Vraiment ?
Sa force m’est toujours d’un grand secours. Cependant…
Soyez sans crainte.
Malgré les apparences, elle a l’esprit vif.
Je saurai vous protéger !
Sinon, comment pourrais-je devenir la nouvelle dame Tomoe ?
Dame Tomoe ?
Autrefois vivait à Shinano un guerrier surnommé Kiso Yoshinaka.
Enfant, il y avait trouvé asile après la destruction de son clan.
Adulte, grâce aux forces rassemblées ici, il s’empara du pouvoir.
Nous partageons la même trajectoire… et le même objectif.
Parmi ses partisans se trouvait dame Tomoe,
une femme d’exception élevée à ses côtés pour le protéger.
Ayako est née sur ces terres et suit la voie du guerrier.
Tomoe est naturellement devenue l’idéal auquel elle aspire.
Je vois…
Par contre, qu’est-ce qu’elle fiche avec ces deux mannequins en cuir ?
Grâce à sa force monstrueuse,
dame Tomoe aurait décapité deux hommes
en les serrant en même temps sous ses deux bras.
Alors, moi aussi,
je dois en être capable !
Le vrai problème, c’est l’audience avec Sadamune.
TOKIYUKI MEMORIAL
TOKIYUKI
YORISHIGE
Explication en jeu vidéo !
1ER JUILLET
Euh… d’accord, si tu veux.
Désolé ! T’as pas trop attendu ?
NON, JE VIENS D’ARRIVER.
JE SUIS UN HÔJÔ.
DÉGAGE, AVEC TES SALES YEUX.
Que répondre à cette question ?
Hein ?
Je le savais !
UN HÔJÔ
Mon œil divin prédit votre mort, si vous vous trompez de réponse !
Vraiment ? Que dois-je faire, alors ?
KISO
De fait, c’est ainsi que périt Kiso Yoshinaka !
Habile au combat, mais peu instruit et malavisé,
il enchaîna les erreurs et les impairs,
au point de courir lui-même à sa perte.
Ainsi, pour que vous échappiez à son destin,
vous devez étudier encore et encore !
Une tête bien remplie, et les soupçons de Sadamune s’envoleront !
Je commence à douter de ce plan…
SHINANO, RÉSIDENCE DU GOUVERNEUR MILITAIRE
Monseigneur, sieur Chôjûmaru m’accompagne.
Très bien, fais-le entrer.
Quant à nous, nous patienterons devant cette porte.
Vu de près, il est plutôt intimidant.
Mais je ne flancherai pas.
Ce n’est que l’artisan de basses intrigues.
Moi, je suis l’héritier des Hôjô et je représente ici le sanctuaire Suwa.
Il ne me prendra pas de haut !
Assieds-toi correctement !
Voici la posture pour témoigner son respect à l’interlocuteur.
J’imagine que tu as pris place ainsi pour t’imposer face à ton adversaire.
Tu réfléchis à l’envers. Si tu désires lui ôter la vie,
sois d’autant plus respectueux envers ton ennemi.
À l’époque, les hommes et les femmes
s’asseyaient en tailleur ou le genou relevé.
Le seiza, posture normalisée sous Edo,
se base sur les règles de bienséance codifiées par Odagawara Sadamune.
En fait, c’est moi qui le toisais.
Ce sera une joute verbale.
Mes mots seront ma seule arme
pour éviter ses flèches.
Pardonnez l’impudence,
mais quel âge avez-vous ?
J’ai 9 ans.
Vraiment ? Rien ne laisse le croire !
J’ai failli te demander ta main comme concubine.
Ta silhouette ressemble à s’y méprendre à celle d’une adulte.
On me le dit très souvent.
J’accepte vos cadeaux de remerciement.
Tu en informeras sieur Yorishige.
Oui, je n’y manquerai pas.
Voyons maintenant si ce moutard est un Hôjô ou du simple menu fretin.
Je vais le canarder de questions pour le percer à jour !
Eh bien, petit… Voilà une bien belle posture.
On est loin de la grossièreté des guerriers de Suwa.
Parce que viser l’oreille d’une desservante n’était pas grossier ?
Il a esquivé la question en répondant du tac au tac.
Comme le sont les batailles.
Nulle n’a jamais été remportée grâce à la bienséance.
D’ailleurs, depuis le tir sur chiens,
tu te mêles de toutes celles que j’entreprends.
Quel prodige, pour un enfant !
Sans doute es-tu issu d’un grand guerrier.
Dévoile devant moi ta naissance et ton lignage,
comme tu le ferais au combat !
Un de mes aïeuls était le chef des gardes du sanctuaire Suwa.
Originaire d’Okaya, il se nommait Koizumi Gengorô.
Son descendant, Koizumi Gorôsaburô,
forme toujours les gardes cinq générations plus tard.
Et moi, Chôjûmaru, je suis son fils.
Il ne bute sur aucun mot et demeure impassible.
S’il ment, Yorishige a dû bien le préparer à l’exercice.
Gorôsaburô et son épouse sont décédés dans un incendie, l’an dernier.
En effet, ils avaient un fils.
Mais un détail me tracasse.
L’enfant aurait aussi péri dans l’incendie.
Plusieurs habitants du domaine en ont témoigné.
J’ai fui les flammes en laissant mes parents derrière moi.
– J’ai eu si honte… – Pardon, sieur Koizumi.
Votre infortune me servira de bouclier.
Ce fut un incendie violent.
Pas étonnant que des gens aient cru à ma mort.
J’ai fait d’autres découvertes surprenantes,
en particulier à propos de tes partisans.
Le dénommé Kôjirô ferait partie du clan Nezu.
Et Ayako, qui patiente dehors,
serait une bâtarde du clan Mochizuki.
On parle donc de descendants de deux clans historiques de Shinano !
Pourquoi serviraient-ils le fils d’un simple chef de garde ?
Je comprends votre réaction.
Après notre rencontre, je les ai affrontés à cache-cache.
Ils m’appellent « maître » car je les ai battus.
Passons. Ce ne sont que pitreries d’enfants,
mais elles les préparent au jour où ils serviront leur véritable seigneur.
Ne me dites pas que le gouverneur militaire
s’intéresse aux passe-temps de simples marmots.
Il est doué.
À chaque question, il devient plus relâché.
L’attitude bravache qui masquait sa peur a disparu
pour faire place à un amusement évident.
J’avais remarqué sa joie à esquiver les attaques adverses,
mais sa vraie force réside peut-être dans l’usage de faux-fuyants.
Shinzaburô ! Entre !
As-tu rencontré cet homme pour la première fois hier ?
Je l’avais vu à la partie de tir sur chiens.
Avant d’arriver ici, j’ai longuement servi à Kamakura.
Je connais bien la ville,
ainsi que les quartiers où vivaient le clan Hôjô et ses dignitaires.
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