200 baris pertama.
Tout a commencé ici, au 33 Addicott Road, Weston-super-Mare,
en 1945, quand Ritchie Blackmore est né.
Il n'allait pas seulement composer un des riffs de rock les plus connus,
mais il allait également explorer de nombreuses formes musicales
comme Bach, le rock symphonique, le hard rock, le blues et les ballades.
Ritchie s'est intéressé très tôt à la guitare
mais son père a insisté pour qu'il prenne de vraies leçons.
Mon père a voulu que je prenne des cours de musique à 11 ans.
A l'époque, il me disait :
"Si tu n'apprends pas correctement la guitare, je te la casse sur la tête."
Je devais pédaler 6 kilomètres pour aller chez mon prof.
Et je tombais souvent de vélo.
L'HISTOIRE DE RITCHIE BLACKMORE
Au cours de sa vie, Ritchie a fait l'objet de nombreuses critiques,
d'adulation et de spéculation.
Mais il n'avait pas raconté son histoire jusqu’à maintenant.
Une histoire qui regorge de colère, ruptures, rivalité et excitation.
Il était un musicien en avance sur son temps,
très en avance.
C'est une véritable boule d'énergie, il est fantastique.
Sa technique est incroyable. D'où ça lui est venu ? Aucune idée.
Et c'était avant Hendrix.
C'est Ritchie qui est à l'origine de la guitare électrique qui s'enflamme.
La façon qu'il a de tenir la guitare est gravée dans ma tête,
c'est à ça que doit ressembler un guitariste cool,
c'est comme ça qu'ils doivent tous être.
C'est un peu tragique que Ritchie ne se soit pas dressé
pour attirer la lumière des projecteurs sur lui.
Ce qui me rend heureux d’être ici.
Il a besoin de cette lumière,
parce que, contrairement à beaucoup d'autres, il la mérite.
C'est presque comme une épée reluisante et aiguisée
qui pese un max.
La précision qu'il a quand il joue est incroyable.
Un véritable pionnier, quelqu'un de vraiment unique et original.
Pour moi, c'était comme un Hendrix blanc.
Ça m'a changé la vie. C'était mon tout premier concert.
On était pile devant la scène, devant Ritchie.
Il est arrivé et Purple est arrivé et il nous a bluffé.
C'était bien meilleur que ce à quoi je m'attendais, c'était énorme.
Je suis resté abasourdi après ça.
Je suis rentré chez moi et j'ai dit à mes parents : « Il me faut une guitare."
Il est mesuré, attentif.
Il connait la valeur de l'espace libre, du jour entre les notes.
Ce n'est pas seulement une question de...
C'est une question de phrase, de temps.
Les espaces sont aussi importants que les notes qu'ils séparent.
C'est un mystère. Je continue de penser que Ritchie Blackmore est un mystère.
C'est inexplicable que les gens n'en parlent pas plus.
C'est bizarre parce qu'il est vraiment l'un des pionniers.
Le pionnier Ritchie se montre détermine dès l'enfance.
Je ne ferai pas ce qu'on me dit de faire.
Ça doit remonter à mes 5 ans.
J'ai vu des photos de moi à 5 ans
et je me souviens parfaitement de ma mère me disant "Souris à l'objectif."
Et je réponds : "Non",
et j'en voulais à celui qui prenait la photo.
Pourquoi tu veux...
Je répétais à ma mère : "Pourquoi tu veux une photo de moi ?"
Elle me répondait : "Pour me souvenir de toi, tu as 5 ans."
"Eh bien, je suis ici maintenant." Et je ne comprenais pas.
Il y a un truc psychologique.
Pourquoi j'étais aussi a cran a 5 ans ?
Avant l'adolescence,
Ritchie s'était promis d’être le meilleur, quel que soit le prix à payer.
J'étais un cancre
et j'avais toujours les pires notes à l'école.
Je me disais : "Voila ce que je vais faire.
"Je vais être excellent en musique, a la guitare."
Qu'on dise : "C'était un terrible élève, mais un excellent guitariste."
Et c'est ce qui était dans ma tête à partir de mes 12 ans.
Il ne sait rien, mais il joue très bien de la guitare.
Et je voulais que les professeurs continuent de dire ça.
A 18 ans, Ritchie a travaillé pour le producteur Joe Meek
comme musicien, et a participé à sa tournée avec Screaming Lord Sutch.
Et plus tard avec Gene Vincent et Jerry Lee Lewis
jusqu’à ce qu'il y ait moins de concerts en 1968.
Je travaillais dans une blanchisserie,
j'ai reçu environ seize télégrammes de Chris Curtis,
qui faisait partie du groupe The Searchers que j'avais rencontre à Hambourg.
Il avait aimé comment je jouais,
et il a dit : "J'ai un partenaire financier, je veux que tu viennes en Angleterre,
"Je vais fonder un groupe, tu seras la seconde guitare."
ATTRIBUTION PERSONNEL
D'accord, qui fait la première guitare ?
"Moi", Chris Curtis.
Super
Et qui est à la batterie ? Parce que c'est un batteur.
Il a répondu : "Je suis à la batterie."
Et à la basse ? Il répond : "Je serai à la basse."
"Oui, je me disais bien que c'est ce qui se passerait."
J'ai demandé : "Il y a quelqu'un d'autre ?"
Il a répondu : "On a un pianiste, Jon Lord."
Ça a été le début d'une collaboration qui a duré 25 ans.
On a joué ensemble un peu et j'ai mesuré l’étendue de son talent.
Et c'était mutuel.
J'ai dit : "Je peux trouver un super batteur."
Jon a dit : "Je connais un excellent bassiste." C'était Nick Simper.
Il nous restait à trouver un chanteur.
Ils ont pris Rod Evans pour la partie vocale.
Et Chris Curtis est parti peu de temps après et a été remplacé par Ian Paice à la batterie.
Tout ce dont ils avaient besoin était un nom.
Jon a proposé Orpheus.
Le batteur a proposé The Hill. J'ai proposé Deep Purple.
En hommage à la chanson Deep Purple
que ma grand-mère jouait au piano.
Et ça a eu l'air de leur plaire.
À cette époque, il fallait un nom à deux mots.
Moody Blues, Pink Floyd, Deep Purple.
C'était un nom qui deviendrait synonyme de hard rock britannique
et qui lancerait la carrière de Ritchie Blackmore.
On a fait comme d'habitude, on allait dans un chalet à la campagne.
Ce qui était à la mode en ce temps-là.
Un chalet idéal pour répéter.
Thief's hole, c'est comme ça que l'endroit s'appelait. Et il était hanté.
On a fait ce premier disque en 24 heures.
En deux jours. En entier.
Même si ce n'était pas un disque génial,
on était frappés de voir combien les performances de guitare
de Ritchie Blackmore
différaient de celles des autres par moments.
Il ne copiait pas Hendrix.
On entendait des notes
qui pouvaient faire penser à Hendrix.
Mais en cela, il ne copiait personne.
Ils étaient sous l'influence de, mais avaient leur propre style.
Il avait un feeling classique et un feeling rock'n'roll.
Certaines pistes étaient aussi distinctement pop.
Et c'est une reprise d'une chanson de Joe South, Hush,
qui a lancé le groupe aux Etats-Unis.
De retour en Angleterre, Ritchie a entendu Robert Plant chanter.
Il y a un endroit appelé Mothers à Birmingham,
Robert a commencé à chanter et je me dis : "Mon Dieu, qui est cet incroyable chanteur ?"
Il avait l’étendue vocale, la voix et le style.
C'est le moment où j'ai décidé qu'il nous fallait quelqu'un
capable de beugler.
C'est là qu'on a pris Ian Gillan.
Dès que je l'ai entendu crier, j'ai dit : "C'est le mec qu'il nous faut."
Il ressemblait à Jim Morrison et je savais que ça irait comme sur des roulettes.
On avait quelqu'un qui ressemblait à Jim Morrison
et capable de crier comme Arthur Brown et Edgar Winter.
Ce cri, c'était son identité.
Voici Ian Gillan avec son cri et le nouveau bassiste Roger Glover.
Et Evans et Simper s'en allaient.
Ritchie était devenu la première guitare
dans ce qui allait être la composition du Deep Purple classique.
C'est devenu, je suppose,
évident pour nous tous que ce n'était pas qu'un autre groupe de pop rock éphémère,
mais quelque chose de plus substantiel.
Et Ritchie était déjà une figure de mystère et de merveille.
Ritchie Blackmore était incroyable.
Personne ne pouvait jouer comme ça à l'époque.
Ce n'est pas seulement la vitesse,
beaucoup de monde peut jouer vite.
Mais personne n'est Ritchie Blackmore.
Il joue juste comme il faut
et laisse assez d'espace pour laisser la musique respirer
et envelopper l'auditeur
dans l'atmosphère de tout ce qui est créé.
J'ai eu une période de doute,
je me disais que tout était une question de vitesse.
Et maintenant je sais que ça ne veut strictement rien dire.
C'est bien d'être rapide de temps en temps, mais il faut que ça ait du sens.
On ne peut pas juste faire ça pour impressionner la galerie.
Je ne suis pas génial ?
Ritchie vous embarque pour un voyage de quelques heures avec sa guitare
et couvre bien plus de terrain.
Ce n'est pas simplement renverser un pot de peinture de toutes les couleurs
sur quelqu'un, c'est attirer les gens dans sa toile sombre et mystérieuse.
Mais alors que Ritchie entrainait volontiers Deep Purple sur la voie du rock,
son co-fondateur Jon Lord avait d'autres ambitions.
Jon Lord a eu l'inspiration d'écrire un concerto pour groupe et orchestre,
et c'était un défi aventureux.
Le groupe Nice avait déjà fait des enregistrements avec des orchestres
et avait des aspirations classiques.
Mais Jon Lord voulait écrire un morceau important
qui combinerait le groupe et l'orchestre de façon artistique,
une voie qui aurait du succès.
Et ils l'ont sorti en public au Royal Albert Hall.
Et c'était un grand succès, un grand défi.
On voit Ritchie sur la video du concert au Albert Hall,
il joue très bien mais on remarque qu'il a l'air contraint.
On dirait que ça le démange d'exploser.
Il a ce côté tendu,
indéfinissable et indomptable.
Le premier disque qu'on a fait n'était pas mal.
Les deux suivants
LE LIVRE DE TALIESYN
étaient un peu confus.
On allait au studio sans idée précise en tête
parce qu'on était tout le temps en tournée.
Ce n'est que quand on a fait le concerto avec Jon et l'orchestre
que je leur ai dit : "Je ne veux plus jouer avec des orchestres.
"Faisons un disque rock 'n' roll."
J'ai dit : "Jon, on va faire un album rock'n'roll et si ça ne marche pas
"on jouera avec des orchestres pour le restant de nos jours."
Il a répondu : "Ça me parait juste."
Zeppelin venait de lancer son Black Sabbath.
Tout le monde se tournait vers le hard rock.
Ça m'a donné l'idée de faire du hard rock aussi.
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