Shop Girls of Paris

Shop Girls of Paris (Au bonheur des dames)

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Aubonheurdesdames
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Diterbitkan pada: 2011-01-25
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Pardon, monsieur.

Merci, monsieur.

Dis donc, tu pourrais m'aider. Oh, pardon.

Depuis que nous avons quitté Saint-Lazare, je n'existe plus.

Et Félix, mon canari ?

Tiens. Le voilà. Merci.

Quel voyage.

3 lieues de marche, 2 heures de patache,

une nuit de chemin de fer et l'omnibus.

Enfin, nous voici arrivés. C'est beau, Paris.

Mais grand. On va s'y perdre.

L'oncle Baudu nous pilotera. Il ne nous connaît même pas.

Il n'en sera que plus heureux.

Il habite où, l'empereur ? On s'occupera de ça après.

On va chercher l'oncle. Monsieur ?

La rue Saint-Augustin ?

La première à gauche. Et après ?

"Après" ?

Il faut vous conduire par la main ?

C'est que nous ne sommes pas d'ici. Ça se voit, que vous débarquez.

Faut être péquenaud pour se perdre. Soyez aimable.

Sinon quoi ?

Petit morveux ! Bouseux ! Andouille !

Oh, regarde.

Au bonheur des dames. C'est un vrai palais.

C'est là qu'il habite, l'empereur ?

Je n'aurais jamais pensé à des magasins si grands.

On vend de tout. Même des tambours.

Oh, regarde.

Les vendeuses sont jolies. On doit les choisir.

Oui. Exprès pour toi.

Je vous envoie mon portrait ?

Oui. Dès que j'aurai une adresse.

Monsieur Baugé, le haut-de-forme est obligatoire.

Excusez-moi.

Premier et dernier avertissement.

Le sous-directeur surveille l'entrée.

Il va nous obliger à porter le frac.

Pas d'observations. Dernier avertissement.

Bonjour à tous.

Avec ça, ce sera ?

Un gibus, un. Et bien lustré.

- Un rosé, en vitesse. Bien, monsieur.

Un petit blanc ? Pas le temps.

- Pourquoi ils changent de chapeau ?

- Ils en ont plusieurs. Pourquoi ?

Pour avoir l'air rupin.

Comme ça coûte cher, on le met juste pour entrer.

Comme ça, on ne l'use pas.

Pourquoi il m'a dit ça ? C'est ici.

Viens.

Comme c'est petit. Et triste.

Les autres maisons l'étouffent.

M. Baudu, s'il vous plaît.

C'est ici ? On peut le voir ?

- Jamais de la vie. Vous voulez m'étrangler ?

C'est du vol !

- Monsieur Baudu. La colère vous égare.

Je ne suis pas en colère. Je dis ce qui est.

Baudu n'a jamais mâché ses mots,

ni caché ses opinions.

Voilà 35 ans que je me sers chez vous.

35 ans !

Oui. Vous êtes l'un de nos plus anciens clients.

Ça ne vous empêche pas de me vendre plus cher.

Allons, allons...

Ne prenez pas votre air de sacristain.

Les Lyonnais, c'est calotin et compagnie.

Merci. Pas le matin.

Nous vous faisons ce tissu

3,50 francs le mètre. Nous n'y gagnons presque rien.

Alors ?

Pourquoi le vendez-vous 3,40 francs au Bonheur des dames.

Je me suis renseigné.

Le Bonheur des dames nous en commande 10 000 mètres.

Je ne sacrifierai pas 34 000 F pour vous faire plaisir.

Nous vous accorderons du crédit.

Vous signerez des traites. "Des traites" ?

Moi ? Pourquoi pas ?

Baudu n'a jamais rien dû à personne. Il n'achète que ce qu'il peut payer.

"Des traites" ! Un honnête homme ne signe pas de traites !

Le Bonheur des dames en a signé.

Vous n'allez pas comparer

le Vieil Elbeuf à ce bazar.

C'est une insulte aux commerces honnêtes.

Avec son faux luxe, il nous vole notre clientèle.

Rira bien qui rira le dernier.

Allons. Pour revenir à la question...

3,40 F. Pas plus que le Bonheur des dames.

Impossible.

Eh bien, salut. Je m'adresserai ailleurs.

Je regrette.

Dites à la maison Carrezou que je l'attends au tournant.

Quand Mouret ne paiera pas ses traites,

ils sauront que j'avais raison. Mais ce sera trop tard.

Car le Bonheur des dames s'écroulera dans un fracas de scandale,

entraînant dans sa ruine des maisons comme la vôtre,

qui se seront laissé piper.

Tant pis pour vous.

Moi, j'assisterai à cette revanche sur le pas de ma porte.

Je veux voir Mouret chassé par l'huissier,

emmené par la force publique.

Il passera devant moi entre les gendarmes.

Je ne lui dirai rien. On n'insulte pas un vaincu.

Mais je paierai à boire à tout le quartier.

Vous désirez ?

Bonjour, mon oncle. Bonjour.

Bonjour, tonton.

Qui êtes-vous ?

Nous sommes les enfants de votre frère Charles.

Vous avez donc quitté Valognes ?

Jean a trouvé une place. Chez un ivoirier.

Moi, j'avais perdu la mienne. On s'est souvenu de votre lettre...

Ah...

Je vous ai écrit ça il y a 2 ans, à la mort de vos parents.

Eh ben, j'ai dit ce qu'on dit d'habitude.

Mais on n'a pas idée de tomber chez les gens sans crier gare.

Et trois, tout d'un coup.

Sans le sou, naturellement.

Excusez-nous, mon oncle. Où allez-vous ?

Tu restes ici.

En voilà, un caractère.

Je n'ai plus le droit de dire ce que je pense, alors ?

Geneviève !

Aujourd'hui, on va s'arranger comme on pourra.

Ensuite, on tâchera de vous caser quelque part.

Commet t'appelles-tu ? Denise.

Et toi, Amédée ? Non. Jean.

Et moi, Pépé. Et lui, Félix.

Voilà votre cousine.

Les enfants de Charles. Ils viennent de Normandie.

Il faut les loger.

Jean et Pépé coucheront

dans la chambre de Jules, le fiancé de ma fille.

Jules Colomban, mon premier commis.

Quant à Denise,

elle couchera avec toi.

Si tu n'avais pas encore reculé mon mariage,

ma chambre serait libre.

Vous auriez pu la partager.

Mon oncle... Que veux-tu, encore ?

On ne dérangera pas longtemps.

Je vais chercher du travail.

"Du travail", ma pauvre petite ?

Il n'y en a pour personne, ici.

De 3 commis, je suis passé à un.

On ne vend rien. Pourquoi ?

"Pourquoi ?"

Un flibustier, un aventurier est venu s'installer à côté,

et il racole la clientèle comme un bonimenteur de foire.

Tiens, regarde.

C'est lui.

De dos, près de la voiture.

C'est Mouret.

Toute la nuit, ça fait la noce.

Ça gaspille son argent avec des drôlesses.

Et le jour, d'autres femmes viennent l'enrichir.

Regarde-les rire.

Elles sont chatouillées.

Il doit leur raconter de belles cochonneries, l'arsouille.

Fais le joli coeur, assassin !

Et si on t'entendait ?

Il a tué sa femme.

"Tué" ?

Non. Papa exagère.

Elle est tombée en visitant les travaux

du Bonheur des dames.

Une maison qu'elle lui avait apportée en dot.

C'était une sainte femme. Mais il l'a oubliée.

Il a un portrait d'elle au bureau.

C'est bien le moins qu'il lui doive.

Le Bonheur des dames peut dresser sa façade avec orgueil,

il y a du sang sous ses pierres.

Une femme comme vous ne peut pas hésiter.

J'ai là un petit magasin. A côté, la boutique du père Baudu.

Plus loin, l'hôtel que vous souhaitez vendre.

J'ai déjà un acquéreur. Qui ?

Vous. Moi ?

C'est pour l'acheter que vous me faites venir.

J'ai mieux que ça.

Quoi ? Une association.

Vous, c'est les terrains. Et vous, le génie.

Disons mon sens commercial.

J'abats l'hôtel Duvillard, la boutique de Baudu...

Voudra-t-il vendre ? Oui.

Et nous ferons du Bonheur des dames le plus grand magasin du monde.

Comme vous y allez, cher monsieur.

C'est une excellente affaire.

Et la clientèle ?

"La clientèle" ? Oui.

Venez voir.

La clientèle ? Mais la voilà.

Les femmes. Toutes les femmes.

Dans le palais que je construirai,

il y aura tout ce qu'il leur faut.

C'est-à-dire ce qui leur est inutile.

Vous les connaissez bien ? Je les aime.

Je fais ce métier pour ça.

Du commerce dans une atmosphère d'alcôve.

Charmer pour mieux vendre. Je vous retourne le compliment.

Komen

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