Les délices du monde

Les délices du monde

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Diterbitkan pada: 2020-02-28
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- Les oeufs ne sont pas frais. - Non, non.

Oui, ça va. Comme ça, ça va.

Doucement, doucement. C'est ça, oui.

Il faut grandir avec. J'ai pas les anticorps.

Je n'en peux plus.

Piment quoi ? Piment quoi ? Dégage !

T'as cambriolé l'ambassade de Roumanie ?

C'est pour la CAF.

Ton français, là, c'est pas possible.

Il faut réviser. Ils vont faire des contrôles.

J'ai le rendez-vous à la CAF.

Si tu vas à la CAF, demande à voir Sandra.

Elle est grosse comme toi, elle te comprendra.

- En plus, elle est communiste. - Tu dis n'importe quoi.

Irina ne prendra pas le métro avec sa béquille et son accent.

Elle va se faire arrêter pour vagabondage.

Si tu vas à la CAF, il faut éviter la chauve, Martine.

C'est une salope.

Comment on peut être aussi méchante ?

T'as vu la tête de son fils ? On dirait le fils de Cynthia.

Qui m'a parlé de la beauté du métissage ?

Ce gosse est vilain.

Salut, Samia.

Personne ne peut débrancher Patience ? Sinon, je vais la gifler.

- Pourquoi tu me débranches ? - Parce que tu casses la tête.

T'es énervée ?

Je reviens de l'ANPE.

Ils m'ont proposé un poste à Toulouse.

- "Toulouse" ? - Oui. C'est pas assez loin, quoi !

Jette pas ça. Je vais le garder. Je vais faire une sauce avec.

Après, le reste, tu le files à Eun-Jo.

Elle va le foutre dans ses nems. Tiens, regarde, elle est contente.

C'est quoi ? Tu l'as fait ? Ça a l'air bon.

Sipra, si je te frappe, c'est de la légitime défense.

C'est quoi, ça ?

- Du riz ? - Tu veux les pompiers ?

- Il faut sourire. - C'est du riz, Eun-Jo. C'est bien.

C'est pas comme ça.

- Bonjour, mesdames. - Salut, Majid.

Je viens juste rendre les clés à ma mère.

Merci, mon chéri.

- Tu as bien mangé ? - Ouais.

Ouais, c'est bon. Au revoir. Bonne journée.

- Au revoir, Majid. - Au revoir.

Il est beau, mon fils.

- Il est professeur de philo. - Ah bon ?

- Oui. - Pour gagner quoi ? Comme son père ?

Et ton fils, toujours en vacances ?

Tu nous préviendras quand il aura le droit de revenir de vacances.

De toute façon, c'est du racisme.

6 mois de vacances rien que pour 2 dents cassées.

On dirait mon mec.

- Il a vu Joseph, hier. - Ah bon ?

Ils sont sur la même plage.

Ils font du beach-volley avec des ballons en shit.

C'est du racisme. Elle a même pas eu 2 mois d'arrêt.

Pour une égratignure, je gratte 2 semaines.

Qu'est-ce que tu racontes ? Tu travailles pas.

Il faut se reposer. J'ai pas de fille comme toi.

Si on peut appeler ça une fille.

Je vais pas me rabaisser à parler avec toi.

Tu fais la chef, mais tu ne l'es pas. C'est tout.

- C'est qui, la chef ? - C'est personne.

C'est qui, la présidente ?

Qui a été chercher une femme de chaque communauté,

pour faire plaisir à la mairie pour le local ?

C'est qui, la présidente ?

Qui a été dénicher Eun-Jo, Sipra, Irina ?

Même j'ai été chercher une Bretonne qui est morte.

T'as oublié tout ça ?

- J'écoute. - Toi, présidente ?

T'as les qualités pour être

handicapée physique, mentale et noire.

Temps mort !

- C'est bon, là. - C'est bon, Diminga !

Moi, je retourne en Algérie et je verrai plus vos têtes.

On le sait, mais on commence à perdre espoir.

Dès que mon mari aura sa pension...

- Alléluia. - Arrête.

Parce que moi... Surtout elle.

- Vous acceptez les Français ? - Qu'est-ce que tu veux ?

Qu'est-ce que tu fais là ? Qu'est-ce qu'elle a, celle-là ?

Tu veux mourir tout de suite ?

- J'ai des nouvelles importantes. - Dépêche-toi ou tu décèdes.

Je voudrais bien une chaise, s'il vous plaît.

- T'as craqué ? Va t'asseoir. - Elle se prend pour qui ?

Je peux avoir de l'eau ?

- Du pastis et des olives, aussi ? - Pourquoi pas ?

"La mairie..."

Ils vont fermer le local.

- Quoi ? - Quoi ? Tu blagues ?

Non. Je blague pas.

- Vas-y, lis. - Vas-y. C'est bon, donne.

Oh, putain ! Putain !

- Tu sais lire ? - Si, je sais lire.

On fait quoi ? Tu te rends compte ?

J'en étais sûre. Oh, mon Dieu.

84 plus 5, ça fait...

84 plus 5, ça fait 102. 102... Oui.

Là, j'ai 4.

102 plus 4, ça me fait 114.

Je sais même pas pourquoi j'ouvre ce frigo.

Il serait plein, si tu volais des yaourts.

Mal élevé.

Pourquoi on a un frigo ?

Elle est énervée.

On va manger chez Abdelkrim.

Allez chez je sais pas qui et rapportez-moi quelque chose.

Non. Ça, c'est 8 centimes.

Je mets 8 centimes, ça me fait... Oui.

Ça doit me faire...

- Tu as fait les courses ? - Non.

Tu n'as qu'à chercher une deuxième femme.

Moi, je ne suis pas ta bonne.

Et puis, j'ai pas fini de compter. Ferme la porte !

Ça me fatigue.

Mais c'est ça. T'as raison. Continue à rien foutre.

Tu veux finir comme ton père, en pris... En vacances ?

C'est pas ça, la vie. Il faut se réveiller, là, maintenant.

C'est pas ça. Tu m'écoutes ?

T'as pas un petit truc à fumer ? Il faudrait que je me calme, en fait.

Ça va ?

Ouais. Nickel. Ça va.

C'est quoi ? T'assassines des gens ?

Mais c'est des méchants ?

Ça va, alors. Tu gagnes, mon fils. C'est bien.

T'as pas du feu ?

C'est pas grave.

Pourquoi maman n'est pas encore venue me chercher ?

Parce que tu es trop vilain, et elle pense à t'abandonner.

Et si tu pleures ou tu parles, le diable t'emportera.

Voilà, comme ça.

Il y a pas de Sécurité sociale. Une lettre.

Sans la lettre de ta pension, on ne peut pas partir.

J'ai rapporté ça du local. C'est très bon.

C'est indien.

Vous foutez quoi, déguisées comme ça ?

On va à la mairie pour dire que c'est gentil

de rénover la cité, mais si c'est pour faire plaisir aux vélos...

On va pas faire le tapin. On récupère ce qui est à nous.

Irina, j'ai envie de lui donner un ticket-restaurant.

- Le costume, c'est stratégique. - Oui, c'est stratégique.

Nous, on représente l'intégration réussie.

- Quoi ? Tu sais quoi ? - Ah non. Toi, déjà, tu parles pas.

Surtout si c'est pour dire des trucs intelligents,

comme t'aimes faire, pour montrer que tu sais.

Ça, ils aiment pas. Non, c'est pire.

On est des pauvres femmes. Tu vois ?

C'est ça, "des pauvres femmes".

- Elle a raison. - Un carnaval.

- Carabas, Kirikou, la poupée russe. - Toi, t'as rien ?

T'as pas de kimono, t'as rien ? T'as pas de baguettes, t'as rien ?

Merde.

Bonjour, mademoiselle.

On voudrait voir l'adjoint au maire chargé des affaires de la cité.

Oui. Vous avez rendez-vous ?

Non, merci. Mais il nous a écrit une lettre.

Il reçoit pas sans rendez-vous. Il faudra téléphoner.

"Téléphoner" ? Non, mademoiselle. C'est dommage de gâcher des unités.

C'est pas grave. On va attendre.

Écoute, Samia ! Écoute, je te parle !

Allô ?

Bon. S'il vous plaît.

Silence !

Nous avons revêtu nos plus beaux atours

pour vous signifier notre mécontentement

quant à la missive qui nous a été adressée.

En effet,

nous souhaitons promptement et dans la grande brièveté de délai

l'élaboration d'un protocole permettant aux parties présentes...

Ce que ma collègue essaie de vous dire,

c'est qu'on a reçu votre lettre concernant le local.

Et notre association

propose un échange culturel pacificateur et nécessaire.

On représente toutes les nationalités,

même les plus...

Et on est un relais républicain.

Indispensable à la paix sociale.

À la mixité.

Si nous sommes dissoutes...

On peut changer de local.

Ce serait la porte ouverte aux pires éventualités barbares.

On va dans le sens de l'excellent travail de la mairie.

Les révoltes, égorgements.

On peut travailler ensemble.

Mesdames,

vous savez à quel point votre action nous tient à coeur, ici, à la mairie,

même si l'association a été promue par la majorité précédente.

Bon. Malheureusement, notre politique de réhabilitation

nous oblige à beaucoup plus de sérieux en terme d'hygiène

et surtout de sécurité.

Vous pouvez pas dissoudre notre association.

Je comprends très bien votre émotion, madame,

mais puisque vous en parlez,

je suis désolé de vous le dire, vous êtes tout juste en règle.

Parce que moi, quand je regarde le dossier, qu'est-ce que je vois ?

Aucune assemblée générale n'a été tenue, depuis quand,

d'après vous, madame ?

Jamais.

Pas de vote, pas de dépôt de statuts,

Komen

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