Faithless (Trolösa)

Faithless (Trolösa)

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Diterbitkan pada: 2016-08-31
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Aucun échec ordinaire,

comme une maladie, un échec financier ou professionnel,

ne résonne aussi cruellement dans l'inconscient qu'un divorce.

Le divorce touche directement à l'origine de l'angoisse

et il la ravive.

C'est la plus profonde des blessures que la vie nous inflige.

INFIDÈLE

Il y a quelqu'un ?

Ce n'est que moi.

C'est toi... Que veux-tu ?

On devait jouer à s'imaginer des choses.

Tu as oublié ?

C'est juste. On peut toujours essayer.

Pour que ça ait un sens, tu dois me décrire.

En détail.

Alors, assieds-toi près de la fenêtre.

Pas avant que tu me décrives.

Par quoi vais-je commencer ?

Tu es séduisante. Très séduisante.

C'est un bon début. J'ai quel âge ?

Quel âge tu as ?

Voyons voir...

Tu as quitté le conservatoire voilà dix-sept ans.

Tu as la quarantaine.

Je suis comédienne ? C'est étonnant, non ?

- N'est-ce pas ? - Je suis mariée ?

Oui.

Tu as épousé un chef d'orchestre. Markus.

Il connaît une sacrée carrière internationale !

Je ne sais rien d'autre de votre vie.

Tu devras m'aider.

On a des enfants ?

Une fille de neuf ans.

Elle s'appelle Isabelle.

Comment suis-je ? Décris-moi plus en détail.

Tu as ce qu'on pourrait appeler un visage intéressant

qui se prête à la tragédie et à la comédie.

Parfois, tu donnes l'impression d'être étonnée

alors que tu ne l'es pas du tout.

Deux rides presque imperceptibles près de la bouche et des yeux.

A part ça, rien.

C'est Marianne que tu décris ?

Absolument pas. Mais il faut te donner un nom.

Marianne, c'est pas mal.

Marianne Vogler.

Marianne Vogler, l'actrice.

Alors, maintenant, j'existe ?

C'est étrange quand on y pense.

Il y a quelques heures,

tu n'existais pas. Maintenant, ton existence est indéniable.

- Que désires-tu ? - Parler de David.

Oui...

On peut parler de David.

David et mon mari partageaient

la même passion

pour l'opéra.

David mettait en scène et Markus dirigeait l'orchestre.

Ils s'entendaient à merveille.

David venait souvent chez nous.

Il était marié. C'était son second mariage.

Et son mariage souffrait.

Il avait deux fils.

Que faisais-tu à ce moment-là ? Quand tout a commencé...

Quand tout a commencé ?

On jouait La Mariée sans dot.

D'Ostrovski. J'avais le rôle de la mariée.

A cette époque, David était mal dans sa peau. Il buvait trop.

En même temps, il montait Le Songe.

Il avait quitté sa femme.

Il a connu d'autres femmes. Elles ne comptent pas.

Je crois que David et Markus étaient

de vrais amis.

On l'invitait souvent à dîner.

Isabelle aimait beaucoup David.

Il était...

fasciné par ses histoires.

Pour lui, Isabelle avait quelque chose de magique.

Ils allaient souvent au cinéma et au théâtre ensemble.

C'est à peu près tout.

Rien d'autre.

Tu pleures ?

C'est peut-être toi qui pleures.

Pour de vrai.

Je ne sais pas.

Dernière représentation de La Mariée. On se congratule,

on s'embrasse.

Avec l'effusion affectée commune aux gens de théâtre.

On boit du champagne, on se dit au revoir.

On boit encore.

Je finis par descendre et je le vois.

David.

Je t'attendais.

Ça n'a pas l'air d'aller.

Je suis pas soûl.

J'ai tellement mal.

On va chez le docteur ?

Ce n'est pas de ce mal dont il s'agit.

Tu veux qu'on aille manger un morceau ?

Non.

Rentrons bavarder.

Markus n'est pas là, mais...

Avec plaisir.

On a pris ma voiture et on est rentrés.

J'ai dit bonsoir

à Silja, mon indispensable baby-sitter.

Et on est allés voir Isabelle.

Elle était contente de voir David

et lui a raconté une histoire.

Pendant ce temps, j'ai enfilé mon peignoir

et je me suis brossé les cheveux.

J'ai fait une omelette et j'ai ouvert une bouteille de vin.

On a bavardé et j'ai vu que David se détendait.

Tu devrais décrire David.

David, c'est David.

Quarante ans.

Doué.

Mais imprévisible.

Gentil, attentionné...

quand il en a envie.

Sans-gêne et agressif s'il se sent

pris au piège.

Pas beaucoup d'amis.

De très nombreux ennemis.

Méticuleux.

Organisé au travail.

Bordélique dans sa vie privée.

Que dire de plus ?

On était de vieux amis.

Des collègues de travail.

Il y a plein d'autres choses à dire sur David.

Mais je ne vois rien d'autre.

Votre liaison ?

Pardonne-moi la question.

Avec David ? Pas la moindre liaison.

On était comme frère et sœur.

Vous étiez en train de bavarder.

David a commencé à s'exalter

et parlait d'un projet qu'il voulait réaliser.

Si Markus rentrait, on n'aurait pas eu à rougir.

On avait tous les deux sommeil et je me suis dit

que le frère et la sœur devaient aller se coucher.

J'ai entendu David

murmurer quelque chose.

Tu veux faire l'amour avec moi ?

J'avais compris mais j'ai quand même posé la question.

Quoi ?

Il s'est retourné...

Tu veux faire l'amour ?

Mais, mon petit David,

comment tu as pu imaginer une chose pareille ?

Merci de me l'avoir proposé.

Mais demain, je me lève tôt.

Isabelle a classe et je répète à 10h30.

En ce cas, je propose qu'on dorme chacun de notre côté.

Chacun dans une chambre.

Tu me prêteras une brosse à dents.

Je me suis avancée pour éteindre les bougies

et je me suis entendue dire des mots que je ne pensais pas.

Si tu veux, tu peux dormir avec moi.

Si tu te sens seul et triste.

Si tu veux me tenir la main.

On s'est déshabillés...

comme si on était un vieux couple.

Je lui ai prêté un pyjama et une brosse à dents.

J'ai mis le réveil à sonner une heure plus tôt que d'habitude.

J'ai dit à David : "Tu n'auras pas de petit-déjeuner.

"Tu dois partir avant qu'Isabelle ne se réveille."

Jusque-là, tout allait bien.

On ne faisait rien de mal.

On s'est couchés dans le grand lit.

J'ai éteint la lumière.

On était toujours frère et sœur. Pas d'inceste.

David a soupiré...

très profondément, plusieurs fois.

J'ai pensé : "Il est encore triste" et je lui ai donné la main.

Et on s'est endormis comme si on avait toujours dormi ensemble.

Je me suis réveillée et le visage endormi de David

se trouvait tout près du mien.

Et je l'ai regardé.

Et j'ai vu son vrai visage.

Son vrai visage.

Et j'ai compris...

que je n'avais jamais vraiment vu cet homme.

C'était quelqu'un...

qui n'existerait que l'espace d'une seconde

pour ne jamais revenir.

Je n'allais plus jamais le revoir.

Et j'ai pensé...

Non, "penser"

n'est pas le mot juste, car penser,

ce n'est sûrement pas ce que j'ai fait.

Mais certains sens... Ce n'est pas non plus le mot juste.

Je faisais simplement partie...

J'étais une infime partie

de quelque chose de très mystérieux.

Tous ces mots sonnent faux.

Je ne peux pas expliquer ce qui s'est passé.

Mais c'était...

quelque chose de très concret.

Quelque chose qui vivait en moi.

Komen

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