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l'affaire est close. Verdict à 8 heures.
Huissier, l'affaire suivante.
Ministère public contre Leguignon.
MONSIEUR LEGUIGNON, LAMPIONISTE Sous-titres par: Nelleke de Bruyn.
Comment vous appelez-vous?
Leguignon, Diogène Emile Ernest, monsieur le président.
Appelez-moi Monsieur le juge.
Très bien, Monsieur le juge.
Profession? - Beaucoup de qualités.
J'ai toutes les qualités.
Non, non. Je demande votre métier.
Ah, je suis lampioniste aux chemins de fer.
Je vois que vous êtes déjà venu devant le tribunal.
Pour de petits délits. Domage que ce soit si fréquent.
Je suis une victime éternelle.
Dans le procès-verbal de police me concernant,
vous êtes décrit comme un fauteur de troubles, râleur et colérique.
Ça dépend avec qui.
Vous êtes accusé de diffamation et de violences
contre un officier de justice. Expliquez.
Eh bien, Monsieur le juge, tout cela parce que ma blague...
Non, non... Quelle blague?
Ma femme. Madame Leguignon.
Elle voulait manger un petit bout.
Je ne vois pas le rapport.
C'est simple: les agents sont venus pour me déloger.
Je comprends de moins en moins.
Vous n'avez pas d'avocat?
Si. Mais il n'est pas là.
Puis-je, monsieur le président?
Leguignon a refusé de suivre un ordre d'expulsion.
Sa maison gêne un déplacement de voie, nécessaire pour utilité publique.
Belle utilité publique, faire sauter ma maison!
On ne parle pas d'urbanisme.
Leguignon n'était pas dehors ; on lui a proposé une autre maison.
Parlons-en.
Une cabane en bois sur un terrain vague.
Entre la fabrique de gaz et la décharge.
Quelle vue magnifique.
Vous n'y mettriez même pas votre cochon.
Leguignon, s'il vous plaît.
Peut-être que Monsieur Leguignon veut un palais féerique avec jardin sur le toit,
des bassins, éléphants blancs et un harem.
Un harem... je veux juste ne pas changer de poulailler, c'est tout.
Un harem. Qu'est-ce que j'en ferais?
Mon petit bout me suffit.
Oublions le harem et passons aux bouts de Leguignon.
Comme il l'a dit, Leguignon a refusé de changer le poulailler.
Je veux dire, de changer de maison.
Et le commissaire est venu avec des agents pour l'expulser.
Quel rapport avec le bout?
Expliquez, Leguignon.
Eh bien, Monsieur le juge.
Le commissaire arrive avec ses agents et me dit: Allez, dehors!
Un instant, ai-je dit, laissez que je range ces bouts, et je suis à vous.
Vous vous rendez compte?
Je n'avais pas le temps.
Car alors deux gars m'ont saisi par le col et m'ont renversé!
Le nez dans la casserole.
De quoi parlez-vous? Quelle casserole?
La casserole contenant les bouts.
C'était une sacrée casserole.
C'étaient des petits bouts.
Mais ils prennent de la place.
Combien de bouts dans cette casserole?
Il y en avait deux. Ma femme en a mangé un, moi aussi.
Je comprends maintenant qu'on vous accuse d'insulte envers un agent.
Parce que je voulais manger un bout? Je ne vois pas d'insulte.
C'est clair.
Non, je comprends bien.
Vous avez traité un agent de « bout »,
un bout pour agent. Je perds le fil.
J'aurais dû prendre un interprète.
Je voulais dire, un avocat.
Quoi qu'il en soit, il a maltraité un officier de justice.
Je ne l'ai pas maltraité.
En me relevant, je l'ai touché.
À peine.
Pourtant quatre agents sont blessés.
Vous n'avez pas l'air d'un costaud.
Évidemment non. Je n'y peux rien.
Je raconte comment ça s'est passé.
Je me lève, j'en touche un, qui recule
sur le dos de son ami derrière lui.
Celui-ci saute et avec son coude, pan!
Sur la tête de l'autre derrière. Il le met K.O.
Il tombe contre la tête du commissaire.
On aurait dit un domino. Quatre tombés, deux debout.
Silence.
Ensuite vous avez déménagé.
Impossible, car les deux encore debout,
m'ont emmené doucement.
J'ai dû les suivre et maintenant je suis en cellule.
Je veux bien déménager, mais qu'on me libère.
Monsieur l'officier?
Maître? Exact, il n'y a pas d'avocat.
L'audience est close.
Puisque Monsieur a utilisé la force contre des agents chargés de l'expulsion,
considérant qu'il n'y a aucune preuve d'intention,
considérant que l'expulsion ne peut se faire qu'il soit en détention,
nous ordonnons sa libération immédiate
et le condamnons à l'amende minimale de 16 francs.
L'affaire suivante.
Excusez-moi, je suis un peu en retard. On m'a retenu.
Ce n'est pas grave, maître. Votre client a reçu la peine minimale.
Mais je n'ai pas plaidé.
On ne peut pas réduire la peine. - Laissez tomber, c'est réglé.
J'ai été nommé, donc je plaiderai pour l'acquittement.
Mais c'est votre droit, maître.
Allez-y.
Monsieur le Président, depuis toujours, depuis l'Antiquité,
le peuple cherche à oublier ses malheurs
dans le sommeil où il n'y a rien.
Mais pour un repos complet de la fatigue et des soucis...
de leurs amours. Il n'y a pas d'injustice, même nombreuses,
qui ne puisse être réparée.
Et c'est pourquoi, Monsieur le Président,
après ce bref exposé de la situation de mon client,
je vous demande de l'acquitter. C'est tout.
C'est tout? Vous avez fini? Vous n'avez rien à ajouter?
Si, j'ai beaucoup d'arguments qui prouvent son innocence,
mais je ne veux pas prendre trop de votre temps.
Mais puisque vous le demandez, le droit...
Nous vous croyons. L'audience est close.
Considérant les nouveaux arguments présentés,
je transforme l'amende de 16 francs en 6 mois de prison.
Avec sursis, car il reste au moins calme.
Les autres affaires sont reportées de 2 semaines.
L'audience est close.
Vous avez manqué une occasion de prendre ça calmement.
Oh, ne faites pas cette tête.
C'était ma première affaire.
Pour une perdue, dix gagnées.
Je vais emballer des cartons. Au revoir et mes amis.
Vous partez tout de suite? - Je dois me dépêcher.
Je viendrai vous aider demain.
D'accord. - On en parlera.
Je préfère discuter d'autres choses.
Et pour ces cordes vocales...
Désolé, je suis un peu en retard.
Comme d'habitude. Ça va mieux. Avez-vous huilé la machine à mensonges?
Je vous aide.
C'est le dernier voyage. Vous pouvez pousser.
Excusez-moi, messieurs. Pouvez-vous me dire l'heure?
Bien sûr, monsieur. Il est midi et quart.
Parfait.
Je note que vous auriez dû quitter la maison il y a 15 minutes.
Vous êtes bien Monsieur Leguignon?
Monsieur Barbenbois, huissier au tribunal de la Seine.
Quel salaud. Vous pourriez en prendre une.
Menace. Parfait, je note.
Calmez-vous. - Vous voyez...
Des insultes. Toujours mieux.
Nous partons tout de suite, Monsieur l'huissier.
Pouvez-vous faire attention!
Allez, on n'a pas le temps.
Vous doublez à un carrefour.
Je peux témoigner pour vous.
Merci.
Il n'y a pas d'agent en vue.
Je vais en trouver un pour vous.
Toujours pareil. Distribuer des amendes, mais quand il faut,
il n'y en a pas.
J'espère que vous êtes assuré.
Bonjour, dites-moi, est-ce le commissariat?
Deux vieux viennent de se percuter.
Pardon?
Deux hommes se sont heurtés. Leurs pare-chocs sont dans le fossé.
Où?
Juste en face de votre bureau, à l'intersection.
C'est grave? - Je ne sais pas. Venez voir.
On arrive,
Ils arrivent. J'ai commandé un bataillon.
Êtes-vous assuré pour les tiers? - Non.
C'est embêtant. Ça vous coûtera cher.
Pour la réparation de nos voitures.
Moi? - Vous êtes responsable.
Ne retournez-vous pas la situation?
Pas du tout. Avec votre position, nous n'avions pas de vue d'ensemble.
Eh bien, vous avez du courage.
Qui a cassé la vitre d'alarme? - Moi.
Ça coûte 180 francs. - Pourquoi?
Ça gêne la voiture de police.
C'était pour eux. - Vous avez appelé?
Alors donnez 180 francs.
Ça va trop loin.
Avec un reçu, la sécurité sociale rembourse.
Je ne suis pas malade.
Faites-le vous-même. Que se passe-t-il?
Ne dites rien à ma femme au sujet de l'accident.
Voici ce méchant Maltestu.
Ce salaud.
Hé toi! Déplace ta brouette plus loin.
Je veux garer ma voiture là.
Je pars déjà. - Non, nous avons le droit.
Oui, mais maintenant je fais attention aux voitures.
Alors, ça va se passer?
Garez-vous plus loin. Nous sommes devant notre maison. Ce toit est à nous.
C'est ton toit. Alors je vais te dire quelque chose.
Ton auvent dépasse sur mon mur de séparation.
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