200 baris pertama.
Merci, monsieur.
Vous êtes peut-être bien le fils du vieux Léonard...
Bonsoir.
Hector Valentin ? - Bonsoir.
Tu ne me reconnais pas ?
- Therraz, peut-être... - Oui.
Tu ressembles tellement à ton père !
Même après 25 ans, on ne peut pas s'y tromper.
La grande scierie d'en bas, c'est à moi.
Tu as remarqué en passant ? - Non.
Tu la verras.
C'est au bord de la grand-route. Et de la gare.
Quand on est très isolé, c'est la ruine.
C'est vieux...
Très, très vieux...
C'est sans doute le dernier haut-fer du département...
Ton père était décidé à vendre...
Aucune femme n'a pu rester ici...
C'est trop loin de tout !
Ta pauvre mère non plus n'a pas résisté...
Même son chien est parti !
J'avais donné une parole à ton père,
- elle vaut pour le fils. Je suis toujours acheteur.
Je m'en servirai comme...
Comme remise.
Il faut bien vivre avec son temps, hein !
Je suis venu pour rester, moi !
C'est mon héritage ! - Tu ne sais pas de quoi -
- tu parles ! Tu auras plein d'ennuis !
- De toute façon, au Canada, ce n'était pas mieux.
Je travaillais pour les autres, alors...
- 11200, 11000, 10800, 10600, 10400, 10200,
- 10000 ! 9900, 9800, 9700 9600, 9500, 9400, 9300, 9200,
9100, 9000 ! 8900, 8800...
Prends !
- Article 63, la forêt d'Ormanraubage !
Adjugé à M. Vincent Rénaldo, entreprises d'Ormanraubage !
Article 64 !
Forêt du Haut-Beilliard, parcelle 1 ! Article 64 !
- 4000. 3950... - Prends !
- Lot adjugé à M. Casimir Therraz,
- entreprise du Bas-Beilliard, pour 3950 francs !
Forêt du Haut-Beilliard, parcelle 2 ! Article 65 !
Prends !
- Un peu de patience, je vous prie !
- 7000, 6900... - Prends !
- Lot adjugé à M. Therraz pour 6900 frs !
On commence à le savoir !
- On dirait que les places sont chères, par ici...
- Article 66 ! Forêt du Haut-Beilliard, parcelle 3 !
12000...
C'est moi...
Tirage au sort.
- Tirage au sort entre M. Therraz du Bas-Beilliard et monsieur...
Valentin... Hector.
- Et M. Valentin Hector, entreprise du... Haut-Beilliard ?
- Oui, oui... - Du Haut-Beilliard.
Lot adjugé, après tirage au sort, à M. Casimir Therraz,
- entrepreneur du Bas-Beilliard !
Article 64, forêt de la Roche, parcelle 12 !
Décompte.
- Mademoiselle, un petit blanc, s'il vous plaît.
- Tu n'as qu'à acheter celui de la forêt de Tintrus.
Je te le descends chez toi pour 1000 frs.
- 800 ! - Tu marchandes toujours !
Coupons la poire en 2. 900, d'accord ?
D'accord.
Bonsoir.
Applaudissements. - Bonsoir à tous.
Bonsoir. Ca va ? Bonsoir.
Alors, mademoiselle, remplissez tous les verres !
Acclamations.
- C'est ma tournée ! - Un peu trop doux...
- Et puis, moi, je n'ai jamais refusé à personne -
de revendre des lots !
Il suffit qu'on me le demande... gentiment.
- Si tu veux des scies à moteur, tu n'as qu'à venir me voir !
Ne m'emmerde pas !
Ce n'est pas le moment...
Il ne fera pas de vieux os ici.
Mademoiselle.
- Quand on quitte le pays à 20 ans, il vaut mieux pas y revenir.
Klaxon.
- C'est quoi, ce bazar ? Je viens ici pour 4 bouts de bois !
Je n'ai pas de temps à perdre ! - Vous reviendrez ?
Oui, mais je ne sais pas quand !
- Qu'est-ce qu'il fout, ce fainéant ?
François !
Qu'est-ce qu'il fout ?
François !
Je suis là !
Ca fait soif, patron ! Vous avez ramené -
à boire ?
- Allez, fous-moi le camp ! Fous-moi le camp !
Propre à rien ! Fainéant !
Alors ?
Qu'est-ce que vous foutez, nom de Dieu ?
Hein ?
Je peux toujours attendre !
Descendez à vide aussi ! Fous-moi le camp de là !
Je vais vous montrer ce qu'un honnête homme peut descendre !
Toujours le litron ! Tu vas te faire crever, avec ça !
Abruti ! Nom de Dieu ! Ce n'est pas trop dur, non ?
- Tu ne devrais pas charger autant.
- Je n'ai pas de prétention, mais je vais vous montrer ça !
Ne reste pas dans mes pattes !
- Cette sale bête, ça vous crève son homme à la montée -
- et ça vous tue à la descente. - Ta gueule !
Poussez ! Si ça ne vous fatigue pas trop !
Oh, saleté !
Saleté !
Jolie force !
- C'est à moi que vous parlez ? - On n'a rien dit de mal.
On disait juste qu'il fallait une jolie force pour lancer ça -
aussi loin. C'est tout.
- Qu'est-ce que vous voulez ? - On cherche du travail.
- Si le vieux Keller vous envoie, vous pouvez y retourner !
- Non, c'est une femme qui nous envoie.
Une femme ?
- Elle a une fabrique de toile, en bas.
Et... elle me connaît ?
Ben, ça m'en a tout l'air.
- Elle nous a dit que vous étiez seul.
- J'ai besoin de bûcherons. Seulement de bûcherons.
- Lui, il n'y connaît rien, mais on reste ensemble.
Mais ici, c'est dur...
Mais on sera bien tranquilles.
- Si vous avez besoin d'être tranquilles...
A la grande scierie, il n'y avait pas d'embauche ?
- Il y en avait peut-être, mais mon ami a trouvé -
- que ce Therraz, vraiment, il avait une sale gueule.
- Ne vous attendez pas à gagner des mille et des cents.
C'est 7,50 frs le mètre cube, rendu sur le bord du chemin.
Ca, pour la coupe. Le schlittage, c'est 10 frs le stère,
- en terrain facile et 18 frs en terrain difficile.
Avec cette saloperie qui vous tuerait un homme comme un rien...
- Je m'appelle Laurent. Laurent Danecker.
- Moi, c'est Hector Valentin. - Mick Evratt.
Le chemin m'a donné soif, je vais boire un coup.
- Qu'est-ce que vous buvez entre les repas ?
- On boira de l'eau. - C'est la meilleure de la région.
Ah, merde !
- Finissez vos courses, vous nous reprendrez en passant.
D'accord.
- Tu restes avec le patron pour l'aider à porter ses trucs.
- Merde, alors ! Ils viennent d'arriver et ils ont le meilleur !
- Allez vous faire embaucher ailleurs !
Chez Therraz par exemple !
- Il nous prendra ! - Des bosseurs comme vous,
- il ne doit pas en trouver tous les jours !
Eh, Laurent !
Fais gaffe aux Peaux-Rouges !
Klaxon.
- Salut, les gars ! - Salut !
- Alors, ce tacot ? Ca marche tant que ça marche,
- mais quand ça pète, ça fait mal !
- Pour l'instant, c'est une vraie horloge !
- Avec 10 kilomètres de rails à déblayer...
N'oubliez pas qu'on a 6 mois sous la neige.
Ca vous dirait de gagner 20 % de plus,
d'avoir un bon petit logement ?
Faire du billard, taper le carton, regarder la télé, après le boulot.
- Beau programme ! Qu'est-ce que tu en penses ?
- Ca demande réflexion, ça. J'aimerais bien, moi.
- Le patron connaît les hommes. Vous aurez vite du galon.
- Vous n'avez pas peur que ça fasse des jaloux ?
- Ce que dit le patron, c'est bien. Et ce qu'il fait, c'est bien.
- C'est bête, moi, je m'y suis attaché à ce tacot !
Pas vrai, Mick ? Allez, dégage !
- Petits malins, à ce que je vois !
On se retrouvera !
Laurent, fais gaffe !
Merde !
- On a eu de la chance. - Qu'est-ce qui se passe ?
- Je ne sais pas, j'ai... - Va chercher les autres,
- on ne sera pas de trop ! Quel travail !
On va essayer de dégager !
On va enlever ça.
Tu y es ?
Vas-y... 1, 2 !
Hop là ! Doucement !
Il est foutu, ce wagonnet.
Et les autres qui ne reviennent pas !
Qu'est-ce qu'ils fabriquent ?
- Je sais où on peut en trouver, de la main-d'oeuvre.
Des travailleurs étrangers ?
J'ai déjà essayé, mais Therraz me les a raflés.
Il a quelqu'un au bureau de placement.
- Non, il ne s'agit pas de ça... - Ah...
C'est des libérés conditionnels.
En prison, des types sont presque à la fin de leur peine.
Ils pourraient sortir si un employeur leur faisait -
- un certificat de travail et d'hébergement.
En prison ?
Et tu les connais, ces types ?
Non.
Non, mais je sais que ça existe.
- Des criminels, ce n'est pas simple !
Tu ne connais pas les gens du pays...
- Mais quand vous les aurez, personne ne pourra les débaucher.
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