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Où sommes-nous ?
À l’atelier d’Eliseo. J’ai pourtant été très claire.
Je veux mettre la main sur sa première œuvre.
Tu ne m’en empêches pas ? On m’a pourtant interdit de venir ici.
Tu n’as pas peur d’enfreindre les règles pour ton enquête.
Je te croyais différent de lui, mais tel père tel fils.
Je suis là pour te surveiller, ne te méprends pas.
Nous sommes désormais complices, Sakuya.
MEURTRES SUR L’ÎLE GALERIE PARTIE II
Ce livre, ce serait le journal d’Eliseo ?
50 ANS AUPARAVANT
Il y a 50 ans de cela,
je m’appelais encore Youri.
Les recherches que nous menions ne progressaient plus.
YOURI
Vous savez bien que nous sommes dans une impasse.
BORIS
On n’a pas encore tout essayé. Je refuse d’abandonner.
ISAAC
Nous verrons ça plus tard. Youri, qu’est-ce que ça a donné ?
Ça vaut pas un kopeck.
« C’était devenu notre devise. »
Ça veut dire quoi ?
Que leur expérience a échoué.
Peux-tu continuer à lire ?
Oui…
C’est le moment de blaguer ?
Ils parlent de nous retirer nos subventions !
Que veux-tu qu’on y fasse ?
Tu le sais très bien. On doit passer aux expérimentations humaines.
Mais…
Je serai votre cobaye.
IRINA
Irina ?
On ne peut administrer la Seareits à des sujets externes au labo.
Non, c’est trop dangereux !
Youri, notre devoir est de mettre au point la Seareits.
La Seareits est un nom inventé de toutes pièces.
Pour un médicament qui n’existe pas encore,
il nous semblait logique de trouver un nom qui n’existe pas non plus.
Youri…
Fumier !
Calme-toi, Youri !
Arrête, Youri.
C’est elle qui le voulait.
Je n’ai pas pu me résoudre à abandonner nos recherches.
Moi aussi, je voulais être témoin
du premier pas de l’humanité vers l’immortalité.
« La Seareits ?
Non, les résultats de l’élixir… »
J’en avais entendu parler.
Des chercheurs travaillaient là-dessus depuis des années.
Ce médicament, ce serait…
Un produit pouvant rendre un humain immortel.
Une autorégénération corporelle.
Le corps devient capable de se guérir lui-même,
quelle que soit la blessure ou la maladie.
Mais c’est impossible !
De qui tu te moques là, dis-moi ?
Nous ne savions rien d’Eliseo, avant sa carrière de peintre.
Qui aurait cru qu’il était chercheur, en réalité ?
Après quelques jours,
une simple demi-journée suffisait au corps d’Irina pour cicatriser.
Toutefois, les effets secondaires n’ont pas tardé à apparaître.
La dégénérescence de sa chair.
J’ai appris qu’elle portait en elle mon enfant
à ce moment-là.
J’ai cherché par tous les moyens à la sauver.
Mais au fil de ce processus, j’ai pris conscience des failles
et des contradictions de nos recherches.
Seule la régénération du corps nous importait,
mais l’essentiel n’était pas là.
Chronos.
Nous avions négligé ce concept fondamental !
Incroyable ! Elle a été exposée à la Seareits dans le ventre de sa mère.
C’est le sujet d’étude rêvé.
J’ai fui ce laboratoire,
avec ma fille, Apollonia,
et les résultats de nos recherches, le rapport Irina.
Ils doivent certainement se dire
qu’avec le contenu du rapport Irina,
la Seareits pourrait être achevée.
Tant que cet élixir maudit sera convoité,
d’autres sacrifices et tragédies verront le jour,
semblables à ce qu’a vécu Irina,
sans oublier ma petite Lucciola, née avec ce fardeau.
« Je dois les en empêcher. »
Il y a quelqu’un ?
Lyle ?
Oh, ce n’était que toi.
Tu mènes ton enquête en bon détective ?
En effet, oui. Que faites-vous là, vous ?
J’ai aperçu une silhouette depuis ma fenêtre.
Ça m’a intrigué, et me voilà donc.
Alors, ton enquête a avancé ?
J’ai trouvé le journal d’Eliseo.
Il aurait participé à des recherches sur un médicament appelé Seareits.
Seareits, hein ?
Par ailleurs, je n’ai pas souvenir de vous avoir dit
que j’étais détective.
De plus, vous prétendiez vous réfugier par peur dans votre chambre
et vous sortez à la vue d’une silhouette ?
Vous affirmez tenir une bijouterie,
mais lors de notre poignée de main, j’ai eu une sensation étrange.
Les callosités sur vos mains
sont celles de quelqu’un qui manie fréquemment une arme.
Lyle, qui êtes-vous, en réalité ?
Qu’êtes-vous venu faire sur cette île ?
Je suis venu m’emparer du trésor.
C’est vrai, tu ne t’es pas présenté en tant que détective,
Tatsuya Ôtsuki junior.
Comment êtes-vous au courant ?
Dans le milieu du crime organisé, tout le monde connaît son nom.
On sait aussi que son fils joue les détectives grâce à sa renommée.
Alors c’est vous, le meurtrier ?
Non, tu te trompes.
Un vrai professionnel ne tue qu’en cas de nécessité absolue.
Sakuya, tu as été tué par une sirène.
C’est ce que je dirai à tes amis.
KILLED AGAIN, MR. DETECTIVE
Tu es vraiment revenu à la vie.
Me faire attendre quinze minutes, c’est un sacrilège.
Il ne t’a rien fait, à toi ?
C’est la première chose qui te vient à l’esprit ?
Regarde un peu ces jambes.
Peut-être que les fantômes japonais ont des jambes, tu me diras.
Il n’a rien dit concernant la Seareits.
Un instant, Sakuya.
Tu t’es mis en danger volontairement pour lui soutirer des infos ?
Euh, oui, pourquoi ?
Andouille, on ne t’a pas appris à faire attention à ta vie ?
J’avais oublié !
Quel imbécile…
M. Sakuya.
Je t’expliquerai plus tard.
Pour l’instant, allons dans la chambre de Lyle.
On avait besoin de lui pour notre démonstration.
Il a craché du sang et présente des griffures à la gorge.
Il est mort empoisonné.
Lyle…
« À ma femme. Je pars avant toi.
Je ne peux supporter un monde où notre fils n’est plus.
Katia, pardonne-moi. » Cela ressemble à une lettre d’adieu.
Elle est fausse. Quelqu’un l’a empoisonné.
Tu vois le journal ?
Le meurtrier a dû partir avec.
Ce journal serait à l’origine de cette série de meurtres ?
Il suffit de demander au tueur.
Ramenons M. Zavattini à la vie.
Cela étant…
vous vous êtes encore fait tuer, M. Sakuya.
Oui…
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