200 baris pertama.
Que pensez-vous de ceux qui luttent pour rester humbles
alors qu'ils sont au sommet de leur carrière artistique ?
Ces gens-là...
Attendez, je change la cassette de quelqu'un.
- C'est la mienne. - OK, je vais la changer.
- Merci. - De rien.
Je me sers de ça pour composer, donc...
J'ai acheté un ordinateur. Mais finalement, le son est mieux avec ça.
Sinon...
Je pense que ma famille
m'a inculqué certaines valeurs et une certaine façon de voir le monde.
Mais c'est difficile, le succès monte vite à la tête au début.
La célébrité est un monstre.
Quelque chose qui nous dépasse.
Et parfois, on ne sait pas comment réagir.
Mais heureusement, je peux compter sur mon entourage.
En fin de compte, c'est beaucoup mieux d'être une personne normale.
LE 24 JUIN 2017, LE MUSICIEN ALEJANDRO SANZ
A DONNÉ UN CONCERT UNIQUE À MADRID POUR CÉLÉBRER
LE 20E ANNIVERSAIRE DE LA SORTIE DE L'ALBUM MÁS,
L'ALBUM LE PLUS VENDU DE L'HISTOIRE DE LA MUSIQUE ESPAGNOLE
- Alejandro ! - Alejandro !
Bonsoir !
Je m'appelle Alejandro Sánchez Pizarro.
Je suis originaire de Madrid et de Cadix,
et j'ai grandi dans le monde entier.
J'ai bien l'intention de chanter pour vous pendant encore 20 ans.
Bonne soirée à tous. C'est votre concert. Profitez-en !
Pour remplir un stade de 50 000 personnes,
il faut d'abord vider une petite pièce et s'imprégner de cet espace.
C'est dans la solitude que se créent les œuvres.
UN MOIS AVANT LE CONCERT
On sait tous que ce n'est pas une répétition comme les autres.
Ça permet aussi de prendre du recul, de se détendre et de répéter
pour créer cette atmosphère, ce sentiment d'unité.
Ce n'est pas qu'un chanteur avec 20 musiciens.
L'amour de ma vie, c'est la musique.
J'ai commencé à jouer de la guitare avec celle de mon père.
Je me réveillais à 6h30 et je me mettais à jouer.
Je me souviens que ma mère l'avait cassée,
et j'ai déchiré une page de magazine
pour couvrir le trou.
Quand j'ai dit à ma mère que je voulais devenir musicien,
elle a dit : "Non, chéri, tu as une chance sur un million de réussir."
Et je lui disais : "Mais Maman, c'est moi.
C'est moi qui vais réussir. "
Je vais chanter une chanson pour mes fils, Alejandro et Jesús,
et je vais la dédier à mon mari.
ENREGISTREMENTS AUDIO FAMILIAUX
Allez, Papa !
Vous deux, allez l'aider.
Mon cœur me dit
MÈRE D'ALEJANDRO
Que ce...
Arrête de rigoler ou je ne chante pas !
Ma mère nous a pratiquement élevés toute seule, avec mon frère.
FRÈRE D'ALEJANDRO
À l'époque,
un artiste comme mon père, passait sa vie sur la route.
Mon père a parcouru un million de kilomètres avec sa voiture,
à travers tout le pays.
Donc, ma mère était seule à Madrid
à s'occuper de deux enfants, sans personne pour l'aider.
Elle attendait son mari, qui ne rentrait pas tout le temps.
Au début, il était dans Trío Juventud avec deux filles d'Algésiras.
Malgré leur talent, ça n'a pas duré.
TANTE D'ALEJANDRO
Après, il a joué avec deux types d'Algésiras.
Ils s'appelaient Los 3 de la Bahía.
C'était impressionnant de connaître quelqu'un
avec un père dans le monde de la musique, qui avait déjà sorti un album.
Il baignait dans la musique,
et il essayait de m'imiter à la guitare.
Il régnait une atmosphère à la maison qui m'impressionnait beaucoup.
Voyons ce que tu peux faire.
PREMIERS ENREGISTREMENTS
- Tu veux chanter ? - Oui.
Chante, alors.
C'est très bien. Tu ne connais que ça ?
Oui.
Il y avait une école à Cruz de los Caídos
qui donnait des cours gratuits aux enfants volontaires.
MÈRE D'ALEJANDRO INTERVIEW ONDA LUZ
Donc, je l'ai inscrit. C'était gratuit !
Même si ça n'aurait rien donné, je l'y emmenais tous les jours.
Tous les jours.
Mon père a toujours soutenu mon frère.
Ma mère était plus réticente, car elle pensait
que ce serait très difficile.
Ma mère a toujours été très attentionnée.
Elle voulait que je passe mes examens
pour travailler dans une banque, comme toutes les mères à l'époque.
On a commencé à jouer ensemble dans un groupe de heavy metal.
JINETE INMORTAL PREMIER ET UNIQUE CONCERT
Il y a un pont qui relie Moratalaz à La Estrella.
Sur l'autoroute M30.
C'est là qu'on allait avec mon ami, Carlos.
On s'imaginait que les phares des voitures étaient le public.
On prenait des poses comme si l'autoroute était pleine de spectateurs.
On se prenait pour des stars du rock.
20 JOURS AVANT LE CONCERT
Ils disent que, sans le piano et tout ça,
ça fait déjà deux heures.
AMI ET AUTEUR DE #VIVE
Dans l'état actuel des choses, ça fera au moins trois heures de concert.
Je ne veux pas voir les gens regarder leurs montres.
On va chronométrer pour voir si on peut couper quelque chose.
Je préfère comme ça.
Ça sonne encore mieux que sur l'album.
Ouais, c'est enregistré en concert.
On y est.
Le hard rock et le flamenco, voilà ce que j'aime le plus.
Tout petit, j'écoutais déjà Camarón et Paco de Lucía.
Le flamenco me parlait.
Je l'ai dans la peau. Lole y Manuel.
Tout ce que mon père mettait dans la voiture pendant mon enfance.
Il était une fois, une ville
enclavée dans une baie lumineuse.
PÈRE D'ALEJANDRO
D'où son surnom, La fiancée du soleil.
ALGÉSIRAS
Alejandro est né à Madrid,
et il a passé beaucoup d'étés dans la maison de ma mère.
Je pense que c'est là
qu'il a pu développer son sens artistique...
COUSINE D'ALEJANDRO ET SPÉCIALISTE DU FLAMENCO
...qu'il a gardé tout au long de sa carrière.
Nous sommes passionnés de flamenco depuis l'enfance.
Ces étés sont inoubliables.
Du réveil jusqu'au moment de se coucher,
on jouait de la guitare sans s'arrêter.
Ma mère préparait à manger dans la cuisine.
Quand il venait, il n'amenait pas que sa guitare,
il apportait aussi un pantalon noir
et une chemise blanche au cas où Cuadro Soleá jouait.
Il a beaucoup joué avec nous en tant que guitariste.
À cette époque, il avait déjà composé des chansons.
Nous étions surpris, il était très doué.
Alejandro me disait toujours :
"Il faut qu'on aille chez ton oncle.
Je veux qu'il m'écoute pour qu'il me dise ce qu'il en pense."
AMI D'ALEJANDRO, NEVEU DE PEPE ET PACO DE LUCÍA
Nous y sommes allés quelques fois.
Et il lui a joué deux ou trois de ses compositions.
Il a chanté et mon oncle a adoré.
PACO DE LUCÍA ET RAMÓN DE ALGECIRAS
C'est là que je me suis rendu compte que c'était un garçon qui s'était consacré
à devenir artiste de flamenco
COMPOSITEUR ET CHANTEUR
Il avait le charme et le style d'un artiste de flamenco,
comme s'il était né ici, à Cadix. C'est ce qu'il aimait.
ENREGISTREMENT AMATEUR "ÉRASE UNA VEZ" DE LOLE Y MANUEL, 1984
MADRID ANNÉES 80
Pour gagner un peu d'argent, mon père donnait des concerts
dans des salles tenues par des amis à Madrid.
Je jouais dans les clubs de striptease et les boîtes de nuit
et je touchais à peine assez pour couvrir le déplacement.
Je chantais pendant que les filles se changeaient,
même si elles n'avaient pas beaucoup de vêtements.
J'ai beaucoup appris à cette époque-là.
C'est évident que les clients ne venaient pas pour m'écouter chanter.
Je suis le même avec Alejandro qu'avec n'importe qui.
FAISEUR DE STARS ET PRODUCTEUR
Mon rôle dans la vie est de soutenir le talent des gens
qui commencent sans aucun soutien.
Capi était un producteur très atypique.
Il avait l’œil pour repérer les nouveaux talents.
C'est grâce à Capi que j'ai pu lancer ma carrière.
Tout comme Mecano ou...
CHANTEUR-COMPOSITEUR
Los Pecos, Alejandro... Il a aidé beaucoup de gens.
Je l'ai connu en voyant une photo chez ma mère.
Il chantait à une communion, je crois.
Il était dans un groupe de sévillane avec mon cousin.
En voyant la photo, j'ai su qu'Alejandro dégageait une aura.
J'ai demandé à le voir. Il m'a dit :
"Capi, je veux travailler dans ce milieu, même si c'est pour apporter le café."
Il m'a donné du travail en studio. Je faisais les chœurs.
J'ai aussi enregistré des morceaux de guitare
en tant que musicien de studio.
S'il cherchait quelqu'un pour improviser sur un album, il m'appelait.
Parce que j'étais assez couillu pour le faire.
J'ai rencontré Alejandro en 1988.
À l'époque, il y avait Fabio, Luis Miguélez, Nacho Canut.
Alejandro était la dernière star de La Movida.
Je me suis éclaté à faire cet album,
mais l'album en soi ne me correspondait pas.
J'arrivais dans le studio d'enregistrement
et ils étaient tous là, complètement défoncés.
Je ne savais même pas ce que voulait dire le titre de l'album.
C'était un gamin de 18 ans avec les plus grands homos de Madrid.
Il ne voulait pas faire Los Chulos Son Pá Cuidarlo.
Ils n'ont même pas fait de promotion. Ils l'ont pratiquement ignoré.
Il a fait la démo de "Viviendo Deprisa".
On a envisagé de la donner à un autre artiste.
Puis, j'ai dit : "Mais tu chantes mieux que personne là-dessus."
"LOS DOS COGIDOS DE LA MANO" DÉMO
Quand ils ont entendu ces démos, ils ont dit :
"C'est très bien, mais on doit trouver un parolier."
Donc, je leur ai demandé de me renvoyer,
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