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EN MARS 2022, SIX PÈRES SE SONT RETROUVÉS POUR UN WEEK-END DANS L'OKLAHOMA
POUR PARTAGER LEUR EXPÉRIENCE EN TANT QUE PÈRES.
Je m'appelle Stephen Chukumba, je suis le père de Hobbes.
Je m'appelle Frank Gonzales
et je suis le père de Libby Gonzales.
Je m'appelle Jose Trujillo et je suis le père de Dan.
Je m'appelle Peter Betz
et je suis le père de Samantha.
Je m'appelle Wayne Maines, le père de Nicole Maines.
Je m'appelle Dennis Shepard, je suis le père de Matthew Shepard.
La dernière fois que je suis allé pêcher, c'était en août 1998.
Pour une réunion de famille dans les Bighorns.
C'est la dernière fois que je suis parti pêcher avec Matt.
Je nous revois attacher la boucle,
puis fixer l'appât au bout en serrant bien
et faire un double nœud.
Même après 25 ans, ce sont des choses qui ne s'oublient pas.
Ça reste ancré dans la mémoire.
La paix que ça procure.
Être attentifs et silencieux,
tout en sachant qu'on est là les uns pour les autres.
Ça me rappelle des excursions en nature
que j'ai faites avec mon père.
Je veux transmettre ça à mes enfants.
Le respect et l'amour de la nature.
Mais parfois, c'est dangereux pour nous.
Je m'inquiète toujours pour la sécurité de mon fils
quand il sort.
C'est un homme noir.
Un homme noir trans.
Un homme noir trans aux États-Unis.
J'y pense sans arrêt.
Je sais que certains endroits dans ce pays
sont dangereux pour les personnes trans.
Dans le cas de ma fille,
elle a fait sa transition dans la ville où elle a grandi.
Au début, tout s'est bien passé.
Peu à peu, elle a senti un certain malaise.
Quand elle en a parlé à ses camarades de classe,
ça s'est très mal passé
et elle a perdu tous ses amis.
C'était à cause
des parents ?
Je pense que ça a joué.
Parce que d'un coup, on a aussi perdu tous nos amis.
Dans ce pays, quand j'étais jeune,
si on travaillait dur, on réussissait.
On pouvait être ce qu'on voulait. Plus maintenant.
Je suis content qu'on soit tous réunis.
Oui.
On a des histoires différentes,
mais on a vécu les mêmes mauvaises expériences
qui nous ont ouvert les yeux sur la réalité de ce joyeux melting pot.
Ça ne marche pas.
Je suis arrivé ici quand j'avais neuf ans. J'en ai 40.
J'ai toujours senti que je n'étais pas à ma place.
Mais je me rends compte que tout ça n'est qu'une illusion.
Parce que mon fils trans, qui est né ici,
ce n'est pas sa légitimité qui est remise en cause.
C'est son humanité même.
Quand mon fils a fait son coming out, je n'y connaissais rien.
Mais un de mes amis était pédopsychiatre.
Et là, il m'a dit : "Écoute-moi bien.
"Crois-moi, personne n'osera te le dire comme ça,
"mais laisse-moi te dire une chose.
"Chez moi, ces conneries, ce ne serait jamais arrivé."
J'en ai parlé à mon psy quand j'avais encore du mal à saisir.
Il m'a dit que mon métier n'était pas assez masculin.
Ma rencontre avec Wayne a été décisive.
Pouvoir en parler à un autre parent, à un père.
Je regrette d'avoir voulu faire changer ma fille.
Je lui disais de s'habiller autrement.
Je m'en voudrai sûrement toute ma vie.
Ma première réaction, ça a été : "Je ne suis pas assez à ses côtés."
À partir de là, j'étais tout le temps sur son dos.
"On va jouer au foot…"
On refusait d'admettre ce qu'on savait depuis longtemps.
À Noël, ça a été la goutte de trop.
Elle n'a aimé aucun de ses cadeaux.
Elle n'a eu que des cadeaux stéréotypés pour garçons.
Des habits de garçon…
L'année suivante, elle a demandé au Père Noël
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