200 baris pertama.
MES CHERS VOISINS
Je t'écoute, tu vas travailler dans une discothèque.
Pour y faire quoi? La comptabilité?
A l'entrée?
Videur? Tu es fou? Tu peux te faire tuer!
Bon, tu me raconteras plus tard.
Ne te fâche pas, tu n'arrêtes pas de m'appeler.
Pardon. Oui.
Oui, je t'aime tout plein.
Je flippe pour l'appartement. Je n'en ai pas vendu un seul..
Oui, j'ai bien commencé, mais après...
Dis, on m'attend depuis une demi-heure.
Des clients. En plus, il caille.
Il pleut et je suis en tailleur. Tu as de la chance, toi.
Tu peux aller travailler en survêtement.
Quoi, en costume?
Tu as dû en louer un? Tu es bête ou quoi?
C'est eux qui doivent le fournir.
Tu crois que les pompiers s'achètent leur casque?
Ecoute, on en parlera plus tard. D'accord, gros bisou.
Je t'aime tout plein!
Oui, au revoir.
Ce qu'il devient lourd!
Luis? Julia Garcia, de l'agence.
Excusez-moi, je parlais à un client
très intéressé par cet appartement. C'est une merveille, vous savez?
- Vous nous l'avez dit. - Au téléphone.
Bon, bon... Voici ses super-atouts..
Un, à deux pas du métro. Deux, super-central.
Trois, des écoles pour les enfants.
Et quatre, des squares où ils peuvent jouer
- On n'a pas d'enfants. - Non? Tant mieux.
Moi non plus. Ca permet d'aller au cinéma ou de jouer au bingo.
Je passe pas ma vie à jouer, c'était qu'un exemple.
D'ici, on peut aller partout à pied
- Il n'y a pas de garage. - Non.
Il n'y a pas, à proprement parler, de garage.
Voyons.
Ca doit être celle-ci.
Je voulais vous prévenir...
Dans l'ancien, il y a en général de vieux meubles
et le papier peint rigolo
des années soixante-dix....
On s'en va, j'imagine déjà.
Justement, il faut avoir un peu d'imagination.
Ces appartements sont
à des gens âgés, ils peuvent être sales et sentir mauvais.
Mais ce n'est pas le cas. Regardez-moi ça!.
Voilà typiquement
l'appartement hallucinant dans lequel il n'y a
qu'à s'installer. Et il est super-équipé.
Tableaux, lampes, télévision, radio,
canapé... Un canapé-lit, je crois.
Non, un canapé-canapé, un vrai.
On dirait du cuir.
Du vrai, pas comme le mien qui ressemble à un vieux transat.
Chaque fois que je fais visiter cet appartement,
j'ai envie de me le garder.
Mais chacun ses goûts, je ne vous force pas la main.
Le propriétaire habite encore ici?
Quoi? On me l'aurait dit. Non, c'est libre.
Une signature et vous emménagez dès demain.
Qu'en pensez-vous?
On peut voir les autres pièces?
Bien sûr, avec plaisir. Voyons la chambre...
Mais d'abord, le placard. Même les balais y tiennent.
La chambre, je crois...
Quelle merveille, ce lit! Ca, c'est du 2 m sur 2 m!
Matelas à eau, comme à Las Vegas!
Et le prix?
C'est pas que je sois allée à Las Vegas, Dieu m'en garde.
Mais c'est classe, ce lit.
Si vous avez le mal de mer, on peut arrêter les vagues.
C'est prévu, j'imagine. Il doit y avoir un bouton.
Et le prix?
On ne vous l'a pas dit?
Alors, réfléchissez. Je vous laisse ma carte...
Pas trop.
Quelle élégance! On dirait une marionnette de ventriloque.
Fous-toi de moi. Quelle journée!
Je prends un taxi pour rentrer et qui je rencontre?
- Qui? - Antonio Pesadas.
Pesadas, mon ex-collègue de l'assurance. Tu te souviens?
Oui, il était insupportable.
Il l'est toujours, mais en chauffeur de taxi.
- Il a été viré, lui aussi. - Pour les mêmes raisons que toi.
Ce n'était pas ma faute. C'était une réduction de personnel.
C'est ce que je disais. Il était de trop, comme toi.
Je ne sais pas ce qu'il était.
Mais si tu veux dire que moi, j'étais de trop...
Ne sois pas lourdingue! C'était il y a 4 ans, oublie!
Mais c'est toi qui me le rappelles!
Tu dis qu'on m'a viré après 7 ans parce que j'étais de trop.
Ecoute. Pesadas était peut-être de trop,
mais moi, non, j'étais essentiel.
C'est quoi, tout ça?
Un dÎner romantique.
Mais enfin, on est chez qui?
Personne et comme je suis la seule à avoir la clé...
Est-ce que j'ai bien compris?
C'est un appart de ton agence et tu y fais la cuisine?
Ne joue pas le père moralisateur, ça m'énerve.
Mais tu n'en fais qu'à ta tête sans demander aux autres!
Si c'est ça, jouer le père...
Ricardo, on fera le ménage et personne ne saura rien.
- Si, et tu seras virée. - Et après?
Qu'ils me virent! Mon contrat s'arrête dans 15 jours.
Et ça vaut la peine. Il y a un jacuzzi.
Quoi?
Hydromassage, Ricardo.
Et un sauna.
Un sauna finlandais.
Finlandais, tu es sûre?
Mais il y a encore mieux.
Viens.
- Ca bouge! - C'est un matelas plein d'eau
On peut changer la température et faire des vagues.
Et si on veut que ça s'arrête?
Il doit y avoir un bouton quelque part.
Arrête!
Stop!
Julia, tu sais que j'ai besoin d'être détendu pour ça.
Ca fait six mois qu'on attend que tu te détendes.
Tant que ça? Essaie de comprendre.
J'ai peur que quelqu'un entre.
On est seuls. Tu vas te détendre, laisse-moi faire.
- C'est quoi, ce bruit? - La tuyauterie.
Non, la télé des voisins.
On l'entend comme si on y était. Les parois sont fines.
Oublie ça et concentre-toi un peu.
Si on les entend, c'est qu'ils nous entendent.
Arrête d'être parano. Qu'ils nous entendent!
Ca les inspirera peut-être.
Vire-moi ça!
Qu'est-ce qu'il y a?
Quelle horreur!
D'où ils sortent?
Tu vois! II fallait pas venir ici.
Arrête avec ton complexe de culpabilité de collège jésuite!
Mais on est coupables.
D'accord, on est coupables.
On fornique comme des bêtes dégénérées.
Mais les cafards ne le savent pas.
Ne mélange pas tout, ça me rend dingue.
Tu as raison.
Excuse-moi. Mais ils me dégoûtent.
Moi aussi, ne crois pas.
Regarde ce qu'on va faire. On va fermer la porte,
aller dans le salon...
On range tout et on rentre, s'il te plaÎt.
Non.
On reste ici
Pourquoi?
Parce que j'ai envie. Chez nous, il caille.
Ici, c'est chauffé et c'était une soirée spéciale.
Oui, la nuit de l'horreur.
- Julia... - Je sais, tu n'as pas envie.
- Ca ne t'embête pas? - Pas du tout.
On est des moines, maintenant. On peut demander l'aumône.
Ce serait même mieux. A la discothèque,
un morveux de 12 ans qui perdait son froc
a dit qu'il me tuerait parce que je lui ai demandé ses papiers.
Mais quelle idée, aussi... Toi, videur dans une boÎte!
J'ai dit à la boÎte d'intérim que j'acceptais n'importe quoi.
J'allume la télé?
Celle du voisin te suffit pas?
Quelle soirée romantique...
Le vautour, fossoyeur de la nature,
dévore les morts.
A peine un vautour trouve-t-il un cadavre
que vingt autres descendent se le partager.
Un chacal se joint à eux.
Le funèbre festin continue jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien.
Allô?
Mon Dieu! Ricardo! Ricardo, réveille-toi!
Mon Dieu, les clients de 9 h!
Ricardo, réveille-toi!
Laisse-moi encore un instant.
Tu apprécies, maintenant? Ah, les hommes!
On a le temps, vite fait...
De nous habiller!
- Pourquoi? - On sonne à la porte.
- Qui? - Des clients, putain!
Il faut tout t'expliquer.
- Toujours speedée! - Carlos Manzanares?
Julia Garcia. Entrez, je vous attendais.
D'abord, le quartier. Voici ses super-atouts.
Un, à deux pas du métro. Deux,
super-central. Trois, des écoles pour les enfants et quatre,
des squares où ils peuvent jouer.
Idéal.
Du cuir de luxe. Un canapé inusable.
- Et ça? - Regardez.
Même les chips ne le tachent pas.
Laissez-moi vous montrer la chambre...
Non, d'abord la cuisine.
Super-équipée, il y a même un grille-pain.
Je vous ai dit de voir d'abord
la cuisine.
- C'est quoi, ça? - Un problème d'humidité.
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