200 baris pertama.
Notre nouvelle affaire non résolue remonte au 11 mai 1973.
Vers 0h48, sur Brick Lane, dans l'est de Londres,
un homme rentrait du pub
pour se rendre chez son amie, Angela Hughes,
quand il a entendu deux voix provenant de sa fenêtre au deuxième étage.
Hé ! Arrêtez-vous !
Arrêtez-vous !
Quand la police est arrivée, Angela Hughes était déjà morte.
Elle a fouillé son appartement, mais rien n'avait été volé.
Un truc cloche.
Quoi donc, Ron ?
Si c'est un cambriolage, quel est le mobile ?
Ce couple était fauché. Ça ne rime à rien.
Bien vu.
Et si j'ai bien compris, la seule personne
qui a vu cet homme masqué était le petit ami ?
- D'après le rapport de police, oui. - On sait quoi sur lui ?
Il a un nom ?
Peter Mercer, 25 ans. Mécanicien.
Réformé de l'armée à cause de son genou,
blessé par balle au combat.
On peut miser sur un traumatisme entraînant un comportement instable.
Il a poursuivi l'homme masqué sans succès,
puis disparu peu de temps après. On ne l'a jamais revu.
Tu vois ? Un truc cloche. Ça tourne pas rond du tout.
Cette pauvre fille aurait pu s'en sortir, selon toi ?
Difficile à dire.
Ce serait le coup de couteau qui l'a tuée, et non la chute.
Donc, c'est un meurtre.
Mercer devait connaître les gestes de premiers secours.
Pourquoi cet idiot n'a rien fait ?
Selon lui, elle est morte sur le coup. Mais se vider de son sang prend du temps.
Je suis un peu perdu.
- Ah oui ? - Quelle affaire retorse !
Le corps démembré dans la boîte aux lettres était un jeu d'enfant, à côté.
En effet. On a besoin d'une expertise médicale.
LE MURDER CLUB DU JEUDI
Voici la fameuse résidence Coopers Chase.
Je te fais visiter.
Là-bas, c'est l'hospice. Pour quand ça devient... tu vois, quoi.
On a des cours de tir à l'arc.
Un des résidents a reçu la médaille d'argent aux JO de 1972.
Joli tir ! Super. C'est bien.
Admets-le, Joanna. C'est magnifique.
On a même des lamas comme animaux de soutien.
Comme tout le monde maintenant, maman.
- Oh. - Fais gaffe.
Ils peuvent être très caractériels. Te mordre, te cracher au visage.
J'ai connu des gens qui faisaient la même chose sous pression.
Viens voir la salle des puzzles.
L'exsanguination est-elle due à la blessure ou à la chute ?
Mon Dieu.
Tiens, bonjour.
Ce n'est pas la salle des puzzles ?
Pas le jeudi, non.
Compris. Désolée.
On va vous laisser.
Maman ?
Ça doit être le club Agatha Christie, j'imagine.
Je dois reprendre la route.
Ça roule mal, et j'emmène un gros client à l'opéra ce soir.
Écoute, maman.
- Tu ne devrais pas vivre ici. - Quoi ?
Pourquoi ne pas te rapprocher de moi ? Enfin, un petit peu.
Joanna, je dois vivre quelque part où je peux me faire des amis.
Comment pourrais-je socialiser seule à Hackney,
cernée par... des espèces de hipsters et des boulangeries végans ?
- Une femme âgée n'y a pas sa place. - Bien.
Je veux seulement... ton bonheur.
Depuis la mort de papa ...
- Je m'inquiète pour toi, c'est tout. - Ça va.
- Sois prudente. - Promis.
J'espère ne pas me tromper, Gerry.
Je n'ai pas l'habitude de prendre des décisions seule.
Joyeux anniversaire
Joyeux anniversaire...
La voilà.
Joyeux anniversaire...
- Oui. Non. - Ça doit être un deux ici.
- Serais-tu infirmière ? - Comment ?
Tu n'as pas bronché en voyant les photos,
alors je soupçonne une formation médicale.
Peut-être médecin,
mais les femmes l'étaient rarement à l'époque.
Une infirmière en traumatologie voit son lot de blessures mortelles.
J'ai juste ?
En plein dans le mille.
Désolée, je suis Elizabeth.
Ibrahim.
Ron.
- Moi, c'est Joyce. - Joyce.
Donc, Joyce, veux-tu bien jeter un œil ?
Mon Dieu.
On peut garder les détails pour plus tard.
Cette fille aurait-elle pu survivre à une telle blessure ?
Tout dépend de son poids.
Il y a beaucoup de sang.
Quarante-six kilos.
Alors, elle aurait pu survivre, si elle avait...
Combien de temps ce cirque va-t-il durer ?
On se démène avec un sudoku difficile.
Joyce, voudrais-tu te joindre à nous pour creuser le sujet ?
En privé.
D'accord.
Qui êtes-vous ?
Pardonne mon impolitesse.
Nous sommes Le Murder Club du jeudi.
Je veux du positif, Lloyd.
Je te paie pas autant pour me faire enfler.
Bonjour, Ian. Voici les nouvelles.
Mme Ventham veut la voiture, la maison
et l'appartement à Majorque.
Bordel, pour une infidélité !
Cette histoire prend des proportions de merde !
Elle est pas toute blanche non plus. J'ai des preuves. Un levier.
Surréaction ou pas, tu dois t'accrocher, Ian.
Gemma ne plaisante pas
et compte bien te saigner avec ce divorce.
- Salut. - Ian.
C'était si urgent que ça ? Pourquoi on se voit en privé ?
Je dois optimiser mes actifs comme jamais.
Je vais vider ce cimetière fissa, paperasse ou pas.
Mieux vaut demander pardon que la permission, non ?
Ensuite, on détruira l'église pour bâtir des apparts de luxe.
Pas question. Et les personnes âgées ? Ça ne leur plaira pas.
Peu importe. Elles seront parties.
Le bâtiment deviendra un espace évènementiel.
Elles partiront pas si facilement.
Beaucoup étaient influentes et puissantes à leur époque.
C'est mon époque, maintenant.
Mon foutu terrain.
Je me fiche de ces vieux grincheux.
Le seul problème, c'est Tony Curran.
Pourquoi ?
- Voilà pour vous, M. Ventham. - Merci.
En tant que copropriétaire, il se ferait un fric monstre, non ?
S'il acceptait, oui. Mais ce con est une tête de mule.
Sa tante Maud y réside. Il ne veut pas la déranger.
S'il a refusé, qui va s'y coller ?
Moi ?
Ça te dirait ? D'être le patron ? De gagner plus ?
Oui, bien sûr.
Ce serait une bonne chose.
Ma mère est très souffrante,
je dois envoyer de l'argent en Pologne pour ses soins. Mais...
Bogdan, les pelleteuses seront prêtes lundi matin.
Pointe-toi au cimetière, commence les travaux
et encaisse le fric.
Tu auras bien assez pour t'occuper de ta mère en Roumanie.
- Pologne. - Pologne. Si tu veux.
Tony Curran est un homme dangereux, qui trempe dans de sales affaires.
Si tu le vires,
il pourrait te tuer.
Bogdan,
je suis calé en arts martiaux, tu sais.
J'ai pratiqué au niveau régional. Moi aussi, je suis dangereux.
Marché conclu ou non ?
Bon, je vais le faire.
- Marché conclu - Bien.
Coucou, tatie Maud.
Mes préférés !
Tu es en beauté aujourd'hui.
C'est gentil, mon Tony.
- Bonjour, Tony. Ça va ? - Ron. Bonjour.
Voici Joyce. Elle vient de nous rejoindre.
- Bienvenue à Coopers Chase. - Merci.
Bonjour, Maud.
Qui est-ce ?
Tony Curran, copropriétaire de Coopers Chase avec Ian Ventham.
Il a acheté le couvent en ruine dans les années 80.
Pour une bouchée de pain.
Ça, c'est sûr.
Il dit qu'il a effectué les rénovations lui-même,
puis demandé à Ventham de financer la fin des travaux.
- Ils sont associés ? - Oui.
- Il semble... - Rustre, mais ne t'inquiète pas.
Tony est de notre côté. C'est le plus important.
Comment ça, de notre côté ?
Il semblerait que Ian Ventham veuille en finir avec Coopers Chase.
Quoi ? Pourquoi ?
Pour nous remplacer par des appartements de luxe.
Mais je viens d'emménager.
Tony ne fera rien. Pas tant que tante Maud sera en vie.
Tony Curran joue donc un rôle important en ce sens.
Tout comme Maud.
- Ça te dit, une part de gâteau ? - Oui.
Le Murder Club du jeudi manque d'une expertise médicale depuis un moment.
Donc on aimerait que tu te joignes à nous à titre temporaire.
Ça semble amusant.
Ce gâteau est une tuerie, Joyce. Je pourrais m'y habituer.
Oublie ça, Ron. Donne une chance à tes statines.
Mais ce gâteau reste succulent.
- Je l'admets. - Merci.
Il était pour ma fille, mais elle refuse à cause de la préménopause.
Si je peux me permettre de parler d'autre chose que du gâteau...
- Joyce ? - Oui ?
La photo que tu as vue tout à l'heure...
... appartient à notre affaire non élucidée du moment.
Angela Hughes, "l'affaire de la femme en blanc défenestrée".
Oui.
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