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- Vous en avez ? - Oui.
- C'est celui du lave-vaisselle. - Il m'en faut cinquante.
Non, pour cette quantité, il faut aller à Bologne.
Les ordres.
La maison est un droit ! La maison est un droit !
Agnelli, Pirelli, tous des voleurs. Agnelli, Pirelli, tous des voleurs.
Nous voulons, nous voulons, une maison pour les travailleurs !
Nous voulons, nous voulons, une maison pour les travailleurs !
La maison est un droit ! La maison est un droit !
Agnelli, Pirelli, tous des voleurs. Agnelli, Pirelli, tous des voleurs.
Un peu plus à droite. A droite...
Légèrement à gauche... Encore.
Non, non, plus haut. Un peu plus haut.
Mais prenons une décision.
Allo?
Bonjour, Dr. Allegra. Non, je suis désolé, il est sorti.
Non, je plaisante, Je vous le passe.
Saluez votre dame. A bientôt.
Allo?
Oui, je comprends, je pars de suite.
Panessa, pourquoi on ne leur a pas donné une porte de sortie ?
Commissaire, admettez-le, Ces gars-là sont sérieux.
Vas-y et parle leur, fais quelque chose, allez.
Doucement ! Je suis journaliste, doucement !
Qu'est-ce que vous faites ? Je suis journal... Aïe !
Allez, allez ! Je m'en occupe, allez, allez.
- Je suis désolé, Nozza. - Je suis encore plus désolé.
- Tu es blessé ? - J'étais mieux avant, merci.
Je n'aime pas ça, commissaire,
trop excités, vous et eux.
- Comment c'est arrivé ? - On a rien compris, trop de gens, la fumée...
Ils lui ont fracassé le crâne avec des tuyaux, les enfoirés !
Vous les avez vus ? Vous avez trouvé le tuyau ?
- Qu'est-ce qu'il veut, ce type ? - Je vais m'occuper de lui.
Que fait-ils avec l'arme à la main ? Enlevez-lui ça, allez !
- Comment s'appelle le garçon ? - Antonio. Annarumma Antonio.
Nozza, plus de questions, laisse-le. Laisse-le tranquille. Couvre-le.
-Je vous accompagne, Votre Excellence ? - Non, merci, attendez ici.
Je me demande quel est le rôle que le Seigneur m'a confié
au milieu de cette mer déchainée.
Je ne peux pas le voir, mon père, Je ne peux pas le voir.
Je regarde mes semblables et ne vois rien rien d'autre qu'indiscipline et vanité,
Je vois de la ruse, aucun sens de la communauté, pas d'amour,
si ce n'est pour leur propre bénéfice.
Et la lâcheté, l'opportunisme, la violence, au lieu d'idées.
Parfois, je pense qu'il ne reste que le comportement,
les arbres, les pierres, la nature.
Parfois, je pense que l'Italie a besoin d'une catastrophe.
qui détruirait tout que nous lui avons fait,
les fourmilières, les voitures, le béton, et nous ramenerait dans le désert,
à la terre nue d'autrefois,
pour que la nature puisse reprendre l'avantage
et recommencer depuis la première forme de vie,
depuis le premier homme, dès le premier feu.
Voilà.
Dans ce cataclysme, Père, Je me sens prêt à être...
la première victime.
Mon fils, c'est... un péché d'orgueil.
Ou du désespoir.
Je vais maintenant lire Le message de Saragat :
"Le meurtre barbare du jeune homme de 22 ans
agent de sécurité publique Antonio Annarumma,
né dans une famille d'ouvriers
dans l'une des provinces les plus pauvres d'Italie, celle d'Avellino,
et tué à Milan en faisant son devoir
de défenseur du droit démocratique et de la loi, doit admonester tous
pour isoler et mettre dans hors d'état de nuire les criminels...
Si on était pas à toujours justifier les manifestants,
Annarumma n'aurait pas été tué,
la faute serait la collision entre deux jeeps
et il y a également un clip vidéo de la télévision française.
Et tout ceci dans le journal d'ENI,
un journal que nous payons.
Je comprends, Président, cependant on parle aussi de meurtre,
comme dans votre télégramme... J'ai suggéré la prudence.
Prudence ? Avec le pays en feu et à sang, avec les casernes en révolte !
A Washington, ils s'inquètent que je ne sous-estime l'avancée des communistes.
Le président Nixon m'a dit en termes très clairs qu'il n'appréciait pas
- mes ouvertures vers la gauche. - Les Américains simplifient.
Trop d'Italiens votent communiste
pour ne pas poser le problème de dialogue avec eux.
Conneries. Une réponse doit être donnée, pas de dialogue !
La démocratie est en danger, la patrie risque la ruine.
Je vous ai toujours admiré, Président,
- vote amour pour le grand poète allemand Goethe. - Et alors ?
Alors vous savez mieux que moi ce que Goethe a dit :
"L'incendie d'une ferme est une tragédie. La ruine de la patrie...
seulement une phrase".
Et cette absurdité ? Ravachol est de retour,
les bourgeois commencent à trembler, ils préférent les chapeaux melon...
- C'est stupide d'écrire ce genre de choses ? - Il doivent être stupides,
les anarchistes ont toujours mis des bombes.
Contre les rois, contre les bourreaux, pas "contre ces putains de bourgeois" !
Après les bombes à la foire, à la gare, dans les trains,
après qu'ils aient arrêté teos camarades tu écris ça ? Tu es un provocateur ?
Ecoute, Monseigneur, il me manque peut-être les couilles de te le dire en face,
mais il y a beaucoup de gens ici qui pensent comme moi. Allez, parlez, allez !
Allez, sors d'ici ! Des gens comme toi, Il vaut mieux les perdre que les retrouver.
Oui, mieux vaut les camarades de Rome, Ici, vous êtes tous des prêtres maintenant.
Alors un jour tu pourras m'expliquer pourquoi je ne le fais pas et que Sottosanti le fait !
Jusqu'à il y a trois mois ils l'appelaient "Nino le fasciste",
- il était même dans la Légion étrangère ! - Quel est le rapport avec tout ça ?
- ça se comprend, j'ai changé d'avis. - Oui. Bonjour, camarades, au revoir.
Je vous laisse avec Monseigneur Pinelli et Nino le fasciste.
- Pardon Commissaire, on m'a dit de venir vous voir. - Asseyez-vous.
Fermez s'il vous plaît.
Je suis venu chercher une licence pour un club à Bollate, je ne comprends pas...
- Asseyez-vous, Rovelli. - Vous me connaissez ?
Eh bien, c'est le bureau politique, on sait tous que vous êtes des anarchistes.
"La carta vetrata."
Pourquoi vous l'avez appellé comme ça ?
Eh bien, c'est pas un club politique, c'est un... un endroit où aller pour boire un verre,
- danser... - C'est étrange qu'un anarchiste ouvre un tel endroit.
- Pourquoi étrange ? - Comme ça.
Les papiers sont en ordre, il n'y a pas de raison de ne pas me donner une licence.
J'ai dépensé beaucoup d'argent, j'ai rénové... tout, mettez-vous à ma place.
Et si vous mettez à la mienne, pour qu'on puisse s'entraider.
Une autre bombe a explosé, 15 depuis le début de l'année.
Nous n'y sommes pour rien.
Voici toutes les actions revendiquées par les vôtres,
avec des signatures différentes, mais toutes vos propres actions.
Depuis avril, nous avons arrêté plusieurs membres.
Commissaire, je ne sais rien, Je suis l'homme le plus bas de l'échelle.
- Et qui serait le premier ? - Personne, on est pareils, il n'y a pas de chef,
- il n'y a pas de premier. - Et Giuseppe Pinelli ?
Pino est juste celui qui a le plus d'expérience,
- c'est comme un père pour nous. - On fait comme ça, Rovelli :
Je travaille sur cette licence, et dès que vous entendez un de vos camarades
qui veut faire des feux d'artifice, vous m'appelez.
Commissaire, je ne sais pas comment siffler, ni chanter.
Quand à l'ignoble 8 septembre
le traître a abandonné la patrie,
la dixième flottille a émergé de la mer.
et a pris les armes au cri de "Pour l'honneur" !
Notre 10ème flottille...
Une Italie avec des travailleurs toujours en grève
où rien ne fonctionne, où les prêtres veulent se marier,
les femmes divorcent, les enfants prennent de la drogue,
une Italie où il n'y a pas de respect, où l'autorité ne compte pas,
où des policiers sont tués Est-ce l'Italie que vous voulez ?
Non, non, non!
Et qui est ce "beau Cardilla" ?
C'est une des sources de Calabresi, ce commissaire de Milan.
Je le connais, il est doué.
- Quel est le nom de ce petit moineau ? - A.B., Anonyme de Bollate.
Mais non... Tu sais comment je m'appelais quand je travaillais pour la CIA ?
Delilah, avec un H final. Ne ris pas !
Les noms artistiques sont plus suggestifs féminins, passionnés.
- Tu aimes l'opéra ? - Oui.
Et pourquoi pas "Anne Boleyn" ? Grande reine, grande femme.
L'autre a déménagé à Rome pour faire des dégâts,
il a créé son propre groupe.
Qu'est-ce qu'il fait, le danseur ?
Et la troupe de chanteurs ?
Laissez-les chanter pour l'instant.
Pardon.
Est-il possible de commencer la réunion au bon moment ?
Qu'est-ce qui se passe avec vous, les Romains, un poids aux fesses ?
J'ai rien à voir avec ça, je suis de Gênes, demandez à Merlino, qui est de Rome.
- Oui, c'est ma faute, désolé, Pietro. - Désolé, désolé, désolé...
Allez, on s'y met.
Bonsoir, madame. Je suis le commissaire Calabresi,
Je peux parler à votre mari ?
- Celui-là ? Six... - Dixièmes.
- Neuf... - centimes.
Pino, c'est le commissaire Calabresi pour toi.
- Que s'est-il passé ? - Rien. - Qu'est-ce qui se passe, maman ?
Rien, il y a quelques messieurs pour papa. Bonne fille.
Je suis là, Commissaire, Il s'est passé quelque chose ?
Non, rien. une petite conversation amicale.
Je dois aller à la gare, Je suis de l'équipe de nuit.
Ne vous inquiétez pas, nous vous emmènerons.
La nuit de l'attentat du train, 8 août, étiez-vous en service ?
Encore ces bombes ? On m'a déjà demandé. Je n'étais pas en service.
Vous êtes obsédés !
ça n'a peut-être rien à voir avec ça, mais au club, c'était des enfants,
ils ne pensent pas aux conséquences. Non Je ne dis pas que vous êtes comme eux...
Au lieu de ça, je suis comme eux.
Et si on les arrête parfois, comme c'est le cas pour les jeunes,
Je leur donne un coup de bec sur la tête, comme la poule avec les poussins.
Vous faites aussi la mère poule avec Valpreda ? Avec le danseur ?
Qu'est-ce que Valpreda a à voir avec ça ?
- C'est vrai que vous l'avez jeté dehors ? - C'est vrai, oui. Et alors ?
- Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il a fait ? - C'est nos affaires.
Il batifolait avec la petite amie d'un autre gars. Des trucs privés, quoi.
Quelle moralité ! Je suis censé croire ça ?
Mais oui.
Et pour Feltrinelli, vous me dites quoi ? Pinelli ?
- Vous l'avez rencontré récemment ? - Mais c'est une fixation !
Je ne sais rien de Feltrinelli. Je ne le vois pas, je dois le redire ?
Admettez au moins que vous dépensez de l'argent.
vous financez tous les groupes de gauche, vous savez quelque chose.
Vous ne vous compromettrez pas si vous me le dites. Vous ne mouchardez pas.
Salut. Tu as faim ?
Tup préféres manger ou dormir ?
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Rien. - Comment ça, rien ? Alors ?
Le commissaire savait que j'ai jeté Valpreda dehors.
- Il y a un espion parmi nous. - Un espion ? Qui cela peut-il être ?
Si je le savais, Je l'aurais déjà jeté dehors.
Donc tu penses qu'au club, ils font quelque chose d'étrange,
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