De eerste 200 regels.
Vous vous êtes connus où ?
Quand on était jeunes. On se baladait dans...
Dans le même quartier.
Moi, j'allais dans le sien.
- Tu habitais Kenmare Street ? - Kenmare.
J'étais sur Prince,
Elizabeth et Spring Street.
Finalement, c'est la seule personne
qui sache d'où je viens depuis toujours,
qui connaisse ce monde qui a inspiré nos films.
THE IRISHMAN AUTOUR D'UNE TABLE
Vous avez mis combien de temps à vous retrouver pour The Irishman ?
- Casino remonte à quand ? - 22 ans.
- Toi aussi. - La vache.
Mon Dieu.
Ton sérieux sur le projet m'a impressionné.
Tu as écrit un long traitement.
Et...
Mais ce livre, "J'ai tué Jimmy Hoffa",
C'est un bouquin remarquable.
"J'AI TUÉ JIMMY HOFFA" CHARLES BRANDT
Tu m'en as parlé, à New York.
Je le lui ai apporté quand on en parlait.
Tu as dit, "On va faire ce film".
Je l'avais lu bien avant.
- Tu l'avais lu. - Un type me l'avait offert, au golf.
- Intéressant. - Il m'a même dit,
"Vous en ferez un film, un jour."
J'ai dit, "C'est ça, au revoir."
- Et finalement... - Je m'étais dit la même chose.
Ce n'était pas le projet
qui devait nous réunir.
Mais il s'est imposé, par élimination,
- et intérêt... - Ce qui est fascinant,
c'est que c'est différent, parce que c'est réel.
Ça parle de notre monde,
notre Amérique.
Et ça se déroule dans le milieu du crime organisé.
C'est juste le contexte.
En fait, grâce à ce film,
en prenant de l'âge,
on observe ce monde, ce contexte, ces personnages,
avec l'humanité de ces gens
proches, intimes, loyaux.
Et la trahison est inévitable.
Je sais ce que tu ressens, Frank.
Crois-moi, je le sais.
Je te l'ai dit, on a tout fait pour l'aider.
Tu le sais.
Tu as essayé.
Il peut s'en prendre qu'à lui.
Ça semblait correspondre
à notre âge.
C'était étrange.
Ça rend le film plus intime.
Plus personnel.
C'est une fresque, mais centrée
sur ces trois types.
- Et leurs... - Ça reflète notre époque.
On est bénis d'avoir pu faire ce film.
On est en osmose avec les personnages.
On n'avait pas besoin
de parler des personnages.
Surtout mes scènes avec Al.
En les lisant, je me suis dit, "Oh non !"
Pourvu qu'il n'explose pas contre moi,
comme il peut le faire, parce que je ferais quoi ?
Exploser à mon tour ?
Et il m'a dit,
"Tu n'exploses pas dans cette scène."
Et j'ai dit, "Parfait. Tant que ça n'est pas contre moi."
Non, c'est en l'air.
Alors, tu as dit,
"Je les emmerde, bla-bla... Dis-leur, bla-bla.'"
C'était pas dirigé contre moi.
Tu as dit, "Si on improvisait ?"
J'ai dit, "Ok, mais il veut que tu exploses un peu."
Je pense trop, mais...
y a une autre raison ?
C'est mon syndicat ! Quelle autre raison ?
C'est mon syndicat !
C'est un film contemplatif,
un film de maturité. De la musique de chambre.
Avec de l'action, de l'ampleur,
mais il devait se dérouler au rythme...
de ce qu'on ressent aujourd'hui, en pensant au passé.
C'était parfait pour...
ce type de matériau.
La durée du film
a influencé sa structure ?
- Eh bien... - Pour que ça fonctionne ?
le public actuel
et les lieux où ils voient ces films...
Tout est différent. C'est la plus grande révolution depuis...
l'arrivée du son en 1927.
J'ai couru le risque. Il ne correspond à rien.
Ni à ce type de diffusion, ni...
J'ai dit, "Faisons-le."
Par dévouement au film.
Et quand on le voit,
on est avec ces types, dans ce monde.
Y a des tas de durs, ici.
Il t'a prévenu ?
T'as pas peur des durs ?
Je m'en doutais.
Alors, on parle des personnages autant que de...
Ils sont réels, avant tout.
Ils ont existé,
- ces trois... - Ça facilite les choses.
Ça aide.
Malheureusement, nos personnages étaient morts.
Mais ça aide, quand ils sont en vie.
On peut leur parler,
les côtoyer, sortir avec eux.
Ton personnage était célèbre.
Le mien, oui.
- Tu avais des documents. - Des tonnes d'images.
Tu étudiais sa voix ?
- C'était super. - Très utile.
Tout le processus de recherche,
compiler les photos, les textes
et la vraie personne,
ça marque vraiment.
Ce qui est superbe,
c'est que ce triangle d'hommes,
c'est une histoire classique de loyauté,
de fraternité et de trahison.
Mais pour une raison
- qu'on peut comprendre. - La nécessité.
C'est une relation folle, quand on y pense.
Ils partagent une chambre.
C'est un garde du corps.
S'il dort à côté,
et que ça tourne mal ?
Tu le vois dans le couloir ?
Je crois pas.
Ce qui m'a frappé, c'est ce que dit Bob,
dans la narration.
Comme si je devais expliquer comment c'était à mes débuts.
C'était tellement réaliste.
C'est vraiment arrivé.
Il est là.
Le type qui raconte est vraiment là.
Ou était là.
C'était comme à l'armée.
On obéissait, on faisait ce qu'il fallait,
on était récompensé.
Vous jouez ces personnages qui se rapprochent constamment.
Vous n'avez pas répété ? Vous savez...
- On n'a pas répété. - Il se passe un truc.
Même si c'est basé sur des personnes réelles,
qui connaît la véritable histoire ?
Vous recréez une relation authentique
à trois.
Russell est intéressant.
À l'opposé de ce qu'on attend.
Tu as vu comment je l'ai joué ?
Tu m'as dit,
"Tu ne seras pas le gangster habituel."
Les anciens ont parlé au Pater.
Il a parlé à son fils John, et lui a dit...
de ne pas oublier à qui il est redevable.
J'avais dit, "Si je n'ai pas ce rôle,
je jouerai Tony Pro."
Il a dit, "Non, pas ce rôle."
- Je vous ai réunis. - Je comprends.
Et il faut gérer Tony.
C'est pour ça qu'il s'accroche.
Il joue sa vie, à cause de toi, là.
Qui connaît la vérité ?
Personne. C'est notre version.
Mais la vérité se trouve dans les relations,
les relations au sein de ce monde.
Jimmy Hoffa était presque
aussi populaire que le Président, à l'époque.
On oublie ça.
Et on oublie que les syndicats se sont battus
pour les salaires.
Il en voulait à mort aux Kennedy.
Et là, tu dis,
"Il me pardonnera jamais d'avoir soutenu Nixon !"
Dans quoi tu t'es fourré ?
Tu cours au désastre.
Et quel personnage.
"Je m'en sortirai."
Mais à son regard,
on sait qu'il s'en sortira pas.
Tu sais, cette scène où je demande à Bob
- de liquider Tony Pro ? - Hilarant.
Tu crois que Russ m'aiderait, avec ce gars ?
C'est compliqué.
Oui, compliqué.
Il dit, "Essaie de comprendre que j'ai construit ça.
Je l'ai construit, c'est pur,
c'est un progrès, c'est visionnaire."
Mais il répond, "Désolé, son compte est bon."
Il n'acceptera jamais. Jamais.
Il le permettrait pas.
"Je suis trop connu pour le tuer moi-même."
"Je tuerais bien ce fumier moi-même, mais je peux pas !"
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