De eerste 200 regels.
J'y vais, maman.
Mamy ?
Oh, Suzon, ma petite-fille.
Tu dormais ? Je me reposais un peu.
Je suis contente de te revoir. Et moi donc.
Comment vont tes jambes ? Ça dépend des jours.
La vieillesse, c'est terrible.
La douleur, c'est rien.
Le plus dur, c'est de se sentir si encombrante.
Mamy, tu sais bien que nous t'aimons tous.
Et c'est normal, de s'entraider.
Oh, ma Suzon !
Chanel ! T'es arrivée ?
Ma grosse Chanel. Toujours aussi grosse.
Quel temps épouvantable.
Que c'est bon de retrouver notre Suzon.
Elle est magnifique, non ? Une jeune fille à marier.
À marier très vite. Ton père va être heureux.
Il est averti ?
- Non. Il a demandé u 'v i . 'on ne le re elle as
Il dort encore ?
Il a dû travailler très tard, hier.
Je suis contente d'être de retour dans ma chère vieille maison.
"Ta chère vieille maison"...
Avec toute cette neige, on est coupés du monde.
C'est d'un ennui à mourir.
Heureusement qu'il nous reste la voiture.
Je te présente Louise, notre nouvelle femme de chambre.
Bonjour, Louise. Mademoiselle.
Vous avez fait bon voyage ? Oui, très bon.
Quand devrai—je réveiller Monsieur ?
Pas tout de suite. Si j'y allais ?
Laisse-le se reposer. Il ne veut pas être réveillé.
Madame a besoin d'autre chose ?
Non. Merci, Louise.
Elle vient d'où, cette fille ?
Des environs, je crois. C'est une perle, j'en suis ravie.
Quelqu'un qui accepte de s'enfermer ici,
c'est une chance. Bonjour, ma tante.
T'as l'air fatiguée. Mon cœur me fait mal.
C'est ma "tarichardie". Tachycardie.
Enfin, bon... Il fait un froid de canard.
Déjà de retour ? On t'a renvoyée du collège ?
Je suis venue passer
les fêtes avec vous. J'ai de bonnes notes.
Ta mère nous a montré. Mais un carnet, ça se maquille.
Augustine, tu n'es pas gentille.
J'ai pas le droit de lui demander ? Si, tu peux.
Tout va bien. En voilà une au moins
contente de son sort. Que veux-tu dire ?
Que ma fille est heureuse.
C'est tout ?
Ne recommencez pas.
Augustine, tu exagères. Nous ne sommes pas à plaindre.
Gaby nous accueille ici gentiment. Nous ne sommes pas chez nous,
mais c'est grâce à elle.
Grâce à ton père qui nous estime,
qui sait respecter une femme âgée et infirme
et une femme vertueuse et droite, comme moi.
Grâce à eux deux. Augustine, ne sois pas amère.
Ici, nous t'aimons toutes. Ne nous fais pas de peine.
Une famille doit être unie
malgré les défauts de chacun.
Voilà le café.
Oh, des brioches. J'ai droit qu'à du pain, moi.
Comme tout le monde, mademoiselle.
Ces brioches, c'est mon cadeau pour le retour de Suzon.
Mais prends-en, Augustine. Merci, j'adore ça.
J'ai du chocolat dans ma chambre.
C'est meilleur avec du chocolat.
Soyons indulgentes,
Augustine est une vraie gamine.
Ta mère est très gentille de tolérer ses petites manies.
Tu appelles ça, des "manies" ?
Pour moi, ce sont des insolences.
Puisque Marcel la tolère…
Papa est adorable, et la tolérance est une vertu.
Il est toujours gai, de bonne humeur.
Pourtant ses affaires ne vont pas comme il voudrait.
Tu sembles mieux renseignée que moi sur les soucis de Marcel.
J'ignore s'il en a, et ça me va comme ça.
Nos problèmes, on n'en parle jamais.
Je l'ai consulté dernièrement pour la vente de mes titres,
et incidemment, il m'a dit... Tu as vendu tes titres ?
Non.
Il m'a conseillé d'attendre.
Tu as raison. Garde-les, on ne sait jamais.
Qui est-ce ? Catherine.
Ma petite Catherine.
Attention, mes jambes !
Pardon, mamy.
Cette gamine est survoltée dès le matin.
Tu la préférerais neurasthénique ?
Tu m'apportes un cadeau
pour Noël ? Du chocolat.
Tu t'es pas creusé la cervelle.
À 16 ans, on aime ça. J'en aurai bientôt 17.
Tu seras toujours mon petit bout.
T'as l'air en pleine forme. Toi aussi.
T'as un peu grossi, non ? Ah bon ?
Ça doit être les muffins. Il est où, papa ?
- Il n'est pas réveillé. Quel flemmard.
On parle pas comme ça de son père. Un peu de respect.
Mais je le respecte, à ma manière, voilà tout.
Et je l'admire, même s'il est pas toujours dans le coup.
Papa, t'es plus dans I'coup Sheila
Tu m'avais dit Dès ma plus tendre enfance
Bien mal acquis ne profite jamais
En grandissant Au fil de l'existence
J'ai vu que ce n'était pas Toujours vrai
Papa, papa T'es plus dans le coup, papa
Papa, papa T'es plus dans le coup, papa
Tu m'avais dit Mon enfant, sur la terre
Aide tes frères Tu seras récompensée
Moi, j'ai prêté ta voiture À Jean—Pierre
Il me l'a ramenée En pièces détachées
Papa, papa T'es plus dans le coup, papa
Papa, papa T'es plus dans le coup, papa
Tu devrais, ma parole
Retourner bien vite à l'école
Réviser ton jugement
Crois-moi Ce serait plus prudent
Tu m'avais dit Pour me mettre en confiance
Que le travail conserve la santé
J'ai travaillé chaque jour Sans défaillance
Depuis je suis fatiguée, alignée
Papa, papa T'es plus dans le coup, papa
Papa, papa T'es plus dans le coup, papa
Tu m'avais dit Ce garçon est volage
Fais attention Il va te faire souffrir
Pourtant près de lui Je vis dans un nuage
Et le bonheur Danse sur mon sourire
Papa, papa T'es plus dans le coup, papa
Papa, papa T'es plus dans le coup, papa
Papa, papa T'es plus dans le coup, papa
T'es plus du tout dans le coup
C'est fini, ce boucan ?
Voilà la plus belle. Je suis furieuse contre toi.
À quel sujet, baronne ? Tu as laissé ta lumière allumée.
Je ne pouvais pas dormir.
Tu lisais tes livres abominables ? Quels livres ?
Les romans policiers, d'espionnage et d'aventure.
Ce n'est guère de ton âge. Lire, c'est bien.
En revanche, se lever la nuit, ça réveille les voisins.
Tu as quelque chose à y redire ? Oui, je me suis levée.
Tu étais malade ?
Je ne pouvais pas dormir à cause de ta chère fille.
Je suis allée me désaltérer, excuse-moi.
Tant que c'est de l'eau, c'est pas grave.
Gaby chantonne.
Louise frappe à la porte.
Madame, Monsieur ne répond pas. Mais entrez donc, Louise.
Il arrive à dormir avec tout ce bruit ?
Louise hurle.
Quelle maladroite ! Où a-t-elle appris son métier ?
Madame...
Madame... Quoi? Qu'y a-t-il ?
Monsieur... Qu'est-ce qu'il y a ?
Monsieur... C'est affreux. Mais quoi?
Monsieur est mort avec un couteau dans le dos.
Qu'est-ce que vous dites ?
Monsieur est mort, il y a du sang partout...
Maman ! Non !
Maman !
- Quel horrible spectacle pour une enfant !
Et nerveuse comme elle est.
Occupez-vous d'elle, occupez-vous d'elle.
Maman, t'es sûre ?
Je dois y aller. Il faut que je voie.
Elle est fermée, le porte. Catherine,
tu as fermé ?
Je la donnerai au commissaire. On va attendre la police.
Elle a raison.
Il ne faut toucher à rien, pour les empreintes.
Mais mon Marcel... Tenez, faites-en ce que vous voulez.
Ma chérie, tu es sûre que tu as le courage ?
Nous devons voir. Allons-y.
- L'assassin est peut-être dans la chambre.
Elle a raison.
Fermons vite !
Oh, Suzon...
Maman ! Maman !
- Pauvre Marcel, il s'est sûrement suicidé.
Non. Il avait un couteau dans le dos.
Dans ce cas... Un poignard avec un manche en corne.
Monsieur me l'avait demandé pour couper du carton.
C'est étrange. Qu'est-ce qu'il faisait avec du carton ?
Appelle la police. Tout de suite ?
Nous n'avons que trop tardé.
Allô ?
Allô ? Ça ne répond pas.
Allô ?
On a coupé les fils du téléphone.
Mâsq…? Qudqdun
Une porte claque.
Ce n'est que le vent.
- Qu'est-ce qu'on va faire, sans le commissaire '?
Je vais aller le chercher en voiture.
Ce n'est pas raisonnable. Louise, mon manteau.
Madame, les chiens. Quoi, "les chiens" ?
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