Pierwsze 200 wierszy.
UN SPECTACLE ORIGINAL NETFLIX
L'AMOUR L'EMPORTE SUR LA HAINE
Je suis revenu ici, où j'ai commencé,
pour enregistrer mon dernier spectacle original Netflix ce soir.
C'est exact.
Et après ces conneries,
on rendra à l'Amérique son impatience.
J'ai trop bien réussi.
Si vous êtes un Noir qui réussit dans le showbiz, ça fait peur.
Il faut vous tirer du casino pendant qu'il est temps,
pendant que vous gagnez.
Si vous n'arrêtez pas, attention à l'effet Kevin Hart.
Vous le savez déjà.
C'est mon pote. Je dis juste que s'il a une sextape...
ce n'est qu'une question de temps pour moi.
Vous savez pourquoi je pense
à arrêter la comédie...
Ce n'est pas pour me vanter, mais...
la raison pour laquelle je veux arrêter,
c'est parce que je suis trop bon.
Je suis d'la bombe.
Je n'exagère même pas.
Ce n'est pas intéressant.
Avant chaque spectacle,
je suis en coulisse, je me dis : "Ça va bien se passer."
Et c'est vrai.
Je suis tellement bon pour écrire des blagues,
et je n'exagère même pas,
que je les écris en partant de la fin.
J'écris une chute, sans idée particulière en tête.
Je l'inscris sur un bout de papier
que je mets dans mon bocal à poissons.
J'ai un bocal à poissons chez moi, rempli de chutes diverses.
Et de temps en temps, je le remue,
je pêche un bout de papier
et je vois si je peux en faire un truc.
Et j'en ai choisi un pour ce spectacle.
Ce n'est pas une chute facile à placer.
Vous êtes prêts ?
Voilà. La chute est :
"Alors je l'ai frappée à la chatte."
Je n'ai pas encore fini la blague.
Je sais juste que, quel que soit le début,
il y aura une raison pour qu'à la fin de la blague,
je frappe quelqu'un à la chatte
et ça sera hilarant.
Vous savez quoi ?
J'ai toujours été talentueux.
Je me souviens pas ne pas l'avoir été.
Quand j'étais petit, je devais avoir huit ans,
nous vivions à Silver Spring à cette époque.
C'est une fausse idée qu'on se fait de moi :
les gens pensent que je viens de la cité.
Ce n'est pas vrai.
Mais je n'ai jamais pris la peine de les contredire
parce que je voulais être accepté dans la rue.
Et j'en ai même joué.
Quand je traînais avec Nas et d'autres rappeurs,
ces enfoirés parlaient des cités.
"C'était dur, la cité, sérieux."
Et je disais : "Grave, mon frère."
Mais je n'en sais rien.
Je n'en ai aucune idée.
Mes parents ont réussi juste assez
pour que je puisse grandir pauvre dans un quartier blanc.
Et quand Nas et les autres parlaient des cités,
la vérité, j'étais jaloux.
Parce que ça avait l'air fun.
Dans les cités, tout le monde était pauvre
et c'est équitable.
Mais être pauvre à Silver Spring,
mon frère, c'est comme si ça n'arrivait qu'à toi.
Nas ne connaît pas l'angoisse
d'aller passer la nuit chez un copain blanc.
En revenant chez toi le dimanche, tu dis à tes parents :
"Va falloir faire mieux.
Y a tout qui marche chez Timmy."
Et la première fois où tu vois,
en plein hiver,
tes putains d'amis blancs, chez eux
dans leur salon, sans manteaux ?
Timmy était l'un de mes premiers amis blancs.
C'était un mec sympa. Il venait de l'Utah.
Sa famille devait faire partie
de l'église mormone de là-bas.
On traînait ensemble.
Un jour, j'étais chez lui et il me dit :
"Dave, pourquoi tu restes pas dîner ?"
J'ai dit : "Mon pote, j'adorerais, mais je peux pas.
Si je ne rentre pas avant la nuit, ma mère va me tuer."
C'était un mensonge.
Ma mère avait plusieurs boulots, je ne l'avais pas vue depuis trois jours.
Et la seule raison pour laquelle j'ai menti,
c'est parce que jusqu'ici, d'après mon expérience,
les dîners des Blancs n'étaient pas terribles.
Je préférais aller me faire frire une saucisse.
Mais Timmy m'a lancé un truc inattendu.
Il m'a dit : "Dommage que tu puisses pas rester parce que...
maman a préparé un gratin Stove Top."
J'ai dit : "Putain, Stove Top ?"
Attends, mon frère, je vais passer quelques appels.
J'avais vu la pub tellement de fois,
je rêvais de mettre la main sur ce truc-là.
Et je rencontrais enfin un enculé qui en avait chez lui.
Je ne pouvais pas rater ça, alors j'ai fait semblant d'appeler ma mère.
Et puis je suis revenu en disant :
"Timmy, devine quoi. Ma mère a dit oui."
Il a dit : "Super.
Viens avec moi, on va mettre la table
et on fera la prière."
Je n'avais aucune envie de mettre sa putain de table
ou de faire la prière barrée des mormons.
Je voulais juste le bon Dieu de gratin.
J'ai dit à Timmy : "J'adorerais aider,
mais je dois me laver les mains avant."
Mon plan était simple.
Me laver lentement les mains
et quand j'aurais fini,
la table serait mise et la prière faite.
Je n'aurais plus qu'à manger.
Dans la salle de bains,
je me suis lentement lavé les mains.
J'ai dû mettre dix minutes.
Et soudain...
une de ses mères apparaît.
Elle me dit : "David, c'est ça ?"
J'ai dit : " Oui, madame."
Elle m'a dit : "Timmy m'a dit que tu restais dîner."
J'ai dit : "J'espère que c'est d'accord."
Elle a dit : "Bien sûr, nous sommes ravis.
C'est juste que nous ne l'avions pas prévu
et j'ai bien peur...
qu'il n'y ait pas assez de gratin...
pour tout le monde.
Alors je l'ai frappée à la chatte.
Mesdames et messieurs...
je vous l'ai dit, je suis d'la bombe.
Je vous ai dit que je la placerais et vous n'avez rien vu venir.
Et c'est pourquoi je suis riche.
Mon Dieu.
Mais il y a une raison plus importante pour laquelle j'arrêterais tout.
C'est la vraie raison, celle qui m'habite,
c'est le public. Pas vous.
Je parle du public dans son ensemble.
C'est dur de divertir un pays qui a les oreilles si sensibles.
Il est tellement sensible
qu'il s'est transformé en putain de petit merdeux.
Tout ce que tu dis embête quelqu'un.
Je me souviens comment ça a commencé.
C'était à l'époque du Chappelle's Show .
Quand je tournais le Chappelle's Show...
Je faisais ça
et je faisais des concerts le week-end.
Je faisais ce concert
et il y avait un joli couple devant.
La femme était de toute évidence asiatique.
Ça se voyait sur son visage.
Le mari...
Cet enculé était assez mystérieux, ce n'est rien de le dire.
Je ne pouvais pas situer d'où il venait.
Un homme couleur caramel, beaux cheveux.
Il pouvait venir du Bangladesh ou du Mexique.
Il était dur à cerner.
Tout ce que je savais sur ce mec...
c'est que sa femme était une connasse.
Ça aussi, ça se voyait sur son visage.
Il rigolait, il passait un bon moment.
Elle me jetait des regards noirs, à un putain de spectacle comique.
Je ne comprenais pas.
Et puis j'ai réalisé qu'elle était enceinte
et que je fumais sur scène.
Je me suis dit : "Mon Dieu. C'est sûrement ça."
Alors je vais pour écraser ma cigarette,
mais elle me fait le coup de la fausse toux.
Alors, j'ai continué.
J'ai pensé : "Connasse, ton bébé ira bien, respire."
Et j'ai essayé de détendre les choses, j'ai juste dit :
"Vous êtes d'où ?"
J'ai vu qu'elle m'en voulait.
Elle répond, de manière condescendante :
"Je viens de Californie.
Si vous me demandez quelle est mon ethnicité...
je suis Chinoise."
Et son mari était cool.
Il répond : "Je suis mexicain, mon pote."
J'ai dit : "Je suis désolé si je vous ai offensés,
mais vous faites un très beau couple.
Et madame, il est certain que votre enfant
sera l'enfant le plus travailleur du monde."
Ce n'est pas une mauvaise blague.
Elle a été très vexée.
Elle s'est levée pour partir.
Mais avant de partir, il a fallu qu'elle ajoute :
"Je n'achèterai plus jamais un de vos putains de DVD, Dave Chappelle."
J'ai dit : "Madame, sauf votre respect,
les Chinois n'achètent pas de DVD."
Le public a adoré.
On se marrait et on s'amusait.
Je n'y ai pas accordé d'importance.
Et puis, trois jours plus tard,
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