Poison (La Poison)

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Poison (La Poison)
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په خپور شو: 2016-10-16
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Vous m'avez fait la grâce de me demander une dédicace,

la voici.

"Michel Simon, ce film que je viens de réaliser

"me réservait l'une de mes grandes joies au théâtre,

"car cela s'appelle du théâtre.

"Jamais je ne vous avais eu pour interprète.

"Eh bien, vous êtes exceptionnel.

"Je dirais même, unique.

"Entre le moment où vous cessez d'être vous-même

"et où vous jouez votre rôle,

"il est impossible de voir la soudure.

"De même, lorsque cessant de jouer, vous redevenez vous-même.

"Si bien qu'il n'y a aucune raison d'interrompre les prises de vue.

"Je vous situe parmi les plus grands.

"Frédérick Lemaître, Sarah Bernhardt, mon père,

"Zacconi, Chaliapine.

"Comme eux, vous êtes seul. Isolé volontaire.

"Comme eux, vous possédez cette vertu précieuse

"qui ne s'acquiert pas et ne se transmet pas :

"le sens du théâtre.

"La faculté de faire partager aux autres

"les sentiments que vous n'éprouvez pas.

"Vous ne réunissez pas autour de vous des troupes.

"Non.

"Non, vous ne donnez pas de leçons.

"Ce que vous avez d'admirable en vous,

"cela ne peut pas s'apprendre.

"Et cela ne peut surtout pas s'enseigner."

La la la la

Et la vie est en fête

Vous aussi, Louiguy, vous possédez un don miraculeux.

Vos compositions

rentrent par une oreille et n'en ressortent pas.

La joie est vive, Lucienne Delyle,

de vous avoir pour interprète.

Merci. Oh, oui. Merci.

Voilà les rosiers qui bourgeonnent

ils vont déplier leurs atours

Jean Debucourt et Jacques Varennes...

Vous jouez si bien, Jacques Varennes,

on vous croirait de la Comédie-Française.

Et vous, Debucourt, on croirait que vous n'y êtes pas.

Jeanne Fusier-Gir... Sacha ?

Malgré mes efforts,

je n'imagine pas une pièce ou un film

dont je serais l'auteur et où tu ne jouerais pas.

C'est comme ça.

Je te présente ton fils, François Gir, mon assistant.

Enchantée, monsieur. Ad vitam aeternam.

Quant à vous, Mme Reuver,

vous avez créé Crainquebille avec mon père.

Oui, maître. C'est pour cela aussi

que je vous ai confié le principal rôle féminin.

Et pour cela aussi que vous l'avez joué si bien.

Voilà ma Pauline, dans la prison.

Pauline Carton.

Voilà 20 ans que nous nous connaissons,

et je continue à me demander

ce que j'admire le plus : votre talent ou votre intelligence.

Ce décor a été fait sur mes indications

et il est exact.

Au revoir. Au revoir, monsieur.

Duvaleix...

Monsieur.

Henri Laverne, Bever,

Jacques de Féraudy, Léon Walther.

Je vous préviens très loyalement,

si vous aviez moins de talent,

je resterais quand même votre ami.

Jacques Derives, Max-Harry, Louis de Funès.

Cent fois bravo.

Cent fois merci.

Luce Fabiole,

Yvonne Hébert, Mlle Ardant, Mlle Quentin,

Poirier, Mercier, Dalibert, Dejean,

Nastorg, Amato, Eymond et Belly,

serez-vous dans mon prochain film ? OUI !

Madame Maria Fromet,

attentive et présente et qui jouez si bien, merci.

Merci, maître.

Allô ? Suzanne Dantès,

Jacques Morel et vous, M. Toscane,

puisqu'on ne fait que vous entendre,

on ne vous verra pas au générique.

Mais vous y occuperez la juste place qui vous revient.

Merci.

Un chef décorateur comme vous, Robert Dumesnil,

mériterait qu'on le décore.

Le montage d'un film est chose délicate.

Raymond Lamy, vous êtes un maître à cet égard.

Vous, Jean Bachelet, mon chef-opérateur,

vous passerez plus tard pour avoir été l'inventeur

de la photographie en relief.

Mme Odette Lemarchand, je vous appellerai script-lady.

Fernand Janisse, chef-opérateur du son,

puisque vous enregistrez tout, enregistrez ma gratitude.

Irénée Leriche, régisseur général.

Robert Christidès, ensemblier.

René Ribaud, Gustave Raulet, cameramen.

Et enfin, Robert Sussfeld, directeur de la production.

Croyez-moi vôtre des 2 mains.

Vous tous, sans qui je n'aurais rien pu faire,

participants anonymes

toujours de bonne humeur et toujours serviables,

buvons ensemble à la santé de ceux qui vous sont chers.

Une cloche sonne.

Une cloche sonne.

--

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Mme Michaud, vous seule lisez mon livre d'ordonnances.

Ca ne fait de mal à personne

et ça m'intéresse.

Je le vois bien, pardi. Et je me demande pourquoi.

C'est une idée qui m'est venue.

Je connais mes concitoyennes et concitoyens

et mon opinion est faite.

Mais ça m'amuse, justement,

d'avoir la preuve de ce que je pensais.

Et là, vous avez la preuve ?

Et comment !

Les ragots, les histoires qui courent, faut en prendre

et en laisser. Nous sommes d'accord.

Tandis que ça, c'est du sincère, du vrai, de l'indiscutable.

Avec les remèdes, vous devinez le mal.

C'est éloquent, les mots que portent les remèdes.

Ainsi, tenez :

Mme Clément, de la place St-Jacques,

aspirine... aspirine... aspirine... aspirine.

Migraineuse !

Et sa gueule renfrognée s'explique.

Le facteur, hein ?

Ulcère variqueux. Vous vous étonnez, après ça,

que le courrier nous arrive le soir.

Je ne dirai pas de mal de l'anthropométrie,

mais ça, c'est autrement instructif et concluant

qu'un menton en galoche ou qu'un front fuyant.

Cyanure de mercure... Tout est dit.

Ce n'est pas sa faute.

Non, mais père de 4 enfants, ça, c'est sa faute.

Paul Braconnier : gardénal...

Il ne dort plus.

Avec la femme qu'il a, rien de surprenant.

Tisane de boldo pour l'abbé Méthivier.

Il souffre du foie.

Maladie de foie pour un abbé, ça ne fait pas bien.

Calomel... calomel...

calomel. Il en faut.

Votre crayon,

j'ai un compte à faire.

Bonjour, M. le curé.

Tiens !

Bonjour, mon bon ami.

Comment ça va-t-il ?

Ca va pas fort.

Je supporte plus ma femme.

Ah... Que lui reprochez-vous ?

D'être là. Il ne fallait pas l'y mettre.

C'est mal répondu, M. le curé.

Souvenez-vous du jour où nous nous sommes mariés.

Ne me dites pas que c'est la même.

Elle a 30 ans de plus. C'est pas une question d'âge.

On peut avoir 52 ans et ne pas être un tonneau.

N'avez-vous pas changé vous-même ? Soyez juste.

J'ai pris 30 ans, c'est entendu.

Mais je ne bois pas 3 l de vin par jour,

je ne gueule pas, je ne casse pas la vaisselle.

Et pour tout dire,

même à 53 ans, je me lave les pieds.

Comment ça ?

Je les mets dans l'eau et je les savonne.

Ah ! Ce n'est pas une façon de parler ?

Non.

Elle n'en fait pas autant ?

Si. Tous les deux mois.

Elle me voit les laver toutes les semaines,

comme tout le monde.

Ce n'est pas elle, là-bas ?

Regardez-moi ça, un vrai boudin.

Elle va se confesser ?

Non, jamais.

Vous auriez pu lui en dire deux mots.

Un prêtre ne conseille pas à ses ouailles de laver leurs pieds.

Oui...

Vous auriez pu lui faire comprendre que...

Quoi ?

Oh, vous avez raison.

Faire comprendre à une femme qu'elle est de trop...

Vous avez de l'imagination ?

Peut-être, oui. Un peu.

Bon, ben, tenez, vous êtes couché

et ça, ça arrive dans votre lit.

J'ai moins d'imagination que vous ne pensez.

C'est entendu, mais enfin...

Entre hommes, vous me comprenez.

Oui... Je vous comprends.

J'espère que vous ne parlez pas d'elle comme ça à n'importe qui.

Je m'en garde bien ! II y a trop de mauvaises langues.

S'il lui arrivait malheur... On m'accuserait.

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