لومړۍ 200 کرښې.
La splendeur de l'Égypte n'est que ruines et poussière
et une des plus grandes civilisations
a sombré dans le mystère.
Ces monuments sont l'oeuvre d'un peuple hégémonique,
fondateur d'une civilisation inégalée
par sa splendeur.
Les Égyptiens n'étaient pas
que bâtisseurs.
Ils étaient humains, comme nous.
Voici l'histoire d'un homme qui vécut
sur les rives ancestrales du Nil
il y a 33 siècles.
Moi, Sinouhé, l'Égyptien, écris ceci...
de mon lieu d'exil au bord de la Mer Rouge.
Il n'y a pas plus désolé
sur terre.
Les chacals et les vautours ne tarderont pas à se disputer
mes restes.
Aucun monument ne signalera mon lieu de repos.
Je ne laisserai que ceci, l'histoire de ma vie.
J'ai connu une vie pleine et intense,
le goût de la passion, du crime
et même du meurtre.
Il vous appartient de me juger.
A vous de distinguer le bien du mal,
la passion de la tendresse,
le crime de la charité,
le plaisir de la souffrance.
Je finis ma vie comme je l'ai commencée : seul.
Seul, j'ai vogué sur le Nil
dans une frêle embarcation aux noeuds de pêcheur.
C'est ainsi que Thèbes se débarrassait
de ses enfants.
Je grandis en bordure de la ville
dans la maison de mes parents nourriciers.
Mon père
avait choisi d'y exercer librement
sa médecine auprès des pauvres.
Les nantis auraient fait sa fortune
car lui seul, à Thèbes,
maîtrisait l'art de la chirurgie crânienne.
Prépare le vin.
Tu as peur ?
Bien.
Ne redoute pas la mort.
Elle est notre compagne.
Nous allons la vaincre.
Regarde.
Ce petit os appuie sur le cerveau.
Une fois enlevé,
il parlera
et marchera
et il vivra.
Pourquoi, papa, pourquoi ?
Nul ne le sait.
J'aimais à être seul.
Je vagabondais sur les rives du Nil
jusqu'au jour de mon entrée à "L'école de la vie".
"L'école de la vie" formait la jeunesse dorée d'Égypte,
ses futurs scientifiques, philosophes,
politiciens et généraux.
Connaître l'Égypte, c'était connaître les armes.
Pendant 10 ans, je les servis
afin d'obtenir le titre de médecin.
J'appris à me prosterner
mais c'était tout.
Je me répétais toujours la même question...
Pourquoi ?
Sinouhé, attention ! Le prêtre !
A la santé de notre camarade,
fine lame et meilleur écuyer,
le plus rapide à la course, le plus fort à la lutte
et le premier à le dire.
Si on ne se félicite pas, personne ne le fera.
Je l'ai appris des dieux.
Buvez au présent,
pas à son devenir
car le jour viendra
où je vous mènerai à la bataille.
Tu ne bois pas. Du vin !
Il a assez bu.
Pas assez !
Il finira égorgé dans le ruisseau.
Je veille sur lui.
A ton avenir !
Regardez notre docteur !
Il a l'estomac barbouillé.
Puis-je vous aider ?
Laissez mon ami.
Il est encore en vie.
Qui est-ce ?
Un têtu et un arrogant. Notre meilleur ami.
Ramenez-le.
Il ne suivra pas le fils d'un fauconnier.
Le fils d'un fromager. Allez !
Bonne nuit, docteur.
Votre ami est plus têtu que vous.
Pourquoi personne ne répond à mes pourquoi ?
Comment elle a su que ton père était fromager ?
La reine des villes, Thèbes aux cent portes,
capitale du monde.
Avec mon diplôme, je m'installai
comme médecin à l'écart du quartier de mon père
de peur de lui prendre sa clientèle.
Mais même les plus démunis
ne vont pas chez un jeune médecin.
J'allais donc à leur devant dans la rue.
Trop tard pour lui.
Viens à l'ombre.
Assieds-toi.
Je peux t'aider
à recouvrer la vue. Une aiguille peut y suffire.
Ton art ne me rendra pas mon oeil.
Mon maître me l'a pris comme je substituais à sa bière
un liquide qu'il jugea déplaisant.
Quel est ton mal ?
Rien. Je suis plus fort que 40 babouins.
Je m'appelle Kapta et je veux être votre serviteur.
Même si j'en avais les moyens, je n'en prendrais pas un
en haillons.
Je n'en suis pas moins intelligent.
Je suis beau et je sais lire...
Je suis pauvre
mais votre sort n'est pas meilleur ni plus méritoire.
Je vous obéirai et vous pourrez me battre raisonnablement.
En retour, je vous volerai
raisonnablement.
Tu es donc un voleur.
Il faut être malhonnête pour ne pas l'avouer.
Cela ajoutera à votre réputation d'avoir un serviteur.
On dira que je n'ai pas été capable de le soigner.
Je dirai que j'étais aveugle des deux yeux
et que vous m'en avez rendu un.
Maître !
Venez vite.
Regardez !
C'est votre chance. Je vais faire votre réputation.
Approchez et regardez.
Vous allez voir des merveilles.
Mon maître tient son art des dieux.
Il connaît les secrets et les potions de nos ancêtres.
- De l'eau ! - En voici.
Humectez ses lèvres. Du feu pour purifier mes instruments.
Du feu pour faire merveille.
Inutile, il est mort.
Admirez sa sagesse
et sa clémence.
Pour éviter à ce pauvre hère de clopiner
sur un pied, mon maître lui a assuré le repos
éternel.
On ne pouvait pas le sauver.
Le sauver ?
Pour quoi ?
Le jeune docteur continue à demander pourquoi ?
Maître, cette femme est dangereuse.
Dangereuse ?
Cet éclair dans ses yeux...
Pour votre bien, méfiez-vous de ces yeux-là.
Ils vous convoitent, vous,
ou un mariage.
Je ne sais pas comment elle s'appelle.
Elle s'appelait Merid. Elle était serveuse.
Elle ne savait ni lire ni écrire.
Elle m'aima toute sa vie. Mais je ne le sus que trop tard.
Gens de Thèbes, implorez les dieux.
Pharaon est mort.
Pourquoi s'en soucier ?
Ça ne lui rendra pas la vie.
Fallait le ramener chez lui. Qu'est-ce qu'il a ?
On lui a refusé un entretien
avec les dieux à cause de sa naissance.
Je sais ce que vous dites.
J'ai été rejeté, à cause de ma naissance.
Ils ont accepté
des idiots parfumés, maniérés et jacasseurs.
L'aube est-elle loin ?
Une heure encore.
Tu as déjà chassé le lion ?
J'en ai repéré un près d'un lac au coucher du soleil.
- Il n'a jamais chassé le lion. - Il est sous ma protection.
Je n'en ai pas besoin.
Je te ramènerai la peau d'un lion.
Si c'est l'inverse, qu'est-ce que je deviens ?
Trouve un autre maître plus riche.
Sinouhé, sois prudent.
Notre dû.
Allons-y avant qu'elle ne te fasse changer d'avis.
J'ai perdu mon oeil comme ça.
En chassant le lion.
Fils de fromager.
Vous auriez pu vous faire tuer.
Taisez-vous.
Le dieu vient.
Qu'est-ce qu'il a dit ?
Le dieu vient.
Quel dieu ?
Il vient.
Aton.
Aton ?
Il se prosterne devant le soleil.
No comments yet. Be the first to leave one.