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ROME 6 JUIN - 6 HEURES DU MATIN
L'enfant est mort.
Il a respiré un court instant. Puis il s'est arrêté de respirer.
L'enfant est mort. Mort. L'enfant est mort.
J'ai peur qu'elle ne s'en remette jamais.
Mon Dieu, elle voulait tellement avoir un enfant.
Depuis tellement longtemps.
Que puis-je lui dire? Que vais-je lui dire?
Vous pourriez adopter un enfant.
Elle en voulait un à elle.
Si je peux me permettre,
il y a une ressemblance...
Votre femme n'a pas besoin de savoir.
Ce serait une grâce pour elle et pour l'enfant.
Il n'y a pas de famille?
Aucune.
La mère est morte, comme votre enfant,
au même moment.
Vous avez dit qu'il pourrait être à nous, mais...
Cette nuit, M. Thorn,
Dieu vous a donné un fils.
Voici ton fils.
Bonjour. Come va?
- Que fais-tu ici si tôt? - Je suis rentré pour faire les bagages.
Comment?
Il n'y a pas de temps à perdre. On part demain matin. Buongiorno, Carlo.
S'il vous plaît, Carlo.
De quoi parles-tu?
Je parle de Londres. Je parle de l'ambassadeur à la cour de Saint-James.
- Bon, et alors? - Tu l'as épousé.
J'ai fait quoi?
C'est moi. Je suis nommé ambassadeur au Royaume-Uni.
Je leur ai déjà dit oui. J'ai adoré dès le premier coup d'œil.
Ben, c'est un peu excessif.
Rien n'est excessif pour la femme du futur président des États-Unis.
Tu sais, tu exagères.
Allez. Attends de voir ça.
Là, c'est sa salle de séjour.
Sa salle de séjour.
Alors? Ça te plaît jusqu'ici?
- Il faudrait des livres. Ça réchauffe. - Quelques livres. Pour réchauffer. Oui.
- Quelque chose en tête, ambassadeur? - On pourrait aller voir en haut?
Ben, il n'y a pas de meubles non plus.
Tu sais, tu es peut-être trop sexy pour la Maison Blanche.
- Tu vas me manquer. - Je ne pars pas longtemps.
Nous n'avons pas tant à nous dire.
Depuis quand des camarades de classe n'ont pas grand-chose à se dire?
Depuis que l'un d'eux assume le terrible fardeau de la présidence.
- Mes amitiés à la première dame. - Je n'y manquerai pas.
Et si tu changeais d'avis et venais avec moi?
Non, il vaut mieux que je reste pour m'amuser avec Damien.
- Où est-il? - Il était juste derrière nous...
Damien?
Oh, mon Dieu, Robert.
Damien! Robert, où peut-il être?
Petit chenapan. Ne refais jamais une chose pareille.
Te voilà.
- Vas-y. - Hourra.
- Plus de pellicule? - J'en économise pour sa canonisation.
- Pardon? - C'est l'héritier des millions de Thorn
- ou bien Jésus Christ lui-même? - Un morceau, papa?
Damien. Souris. Un beau sourire pour ton anniversaire.
Allez. Souris.
Holly.
- Je m'en occupe. - Non, je vais m'en occuper.
Viens.
Un... deux... trois...
Laisse-moi sauter dessus, papa. Laisse-moi sauter.
Accroche-toi.
Damien.
Damien, regarde-moi.
Je suis là.
- Damien, je t'aime. - Regarde. C'est Tatie.
Regarde-moi, Damien. C'est pour toi.
Oh, mon Dieu.
Allez-y, Tom.
- Vous avez lu les journaux aujourd'hui? - Non.
Il y avait un article sur le suicide, votre gouvernante.
- Elle aurait laissé une lettre. - C'est faux.
Monsieur, vous saviez qu'elle se droguait?
Vous permettez?
- Elle prenait de la drogue? - Pas à ma connaissance.
- L'article disait... - Je me fiche de ce qu'il disait.
Pardon.
Je suis désolé. Vous m'enverrez la facture pour les réparations?
Non, c'est pas grave, M. l'ambassadeur. Disons que vous m'êtes redevable.
Caporal.
Bon, dehors.
Oui?
- Un certain père Brennan veut vous voir. - Qui?
Un prêtre du nom de Brennan, de Rome.
Il dit que c'est urgent et personnel.
- Je ne le connais pas. - Il dit qu'il en a pour une minute.
- C'est à propos d'un hôpital. - Distribution des dons.
- D'accord, faites-le entrer. - Finalement, vous êtes un tendre.
Ce voyage en Arabie Saoudite, pourquoi pas maintenant?
C'est personnel. Je n'ai simplement pas envie de quitter la maison maintenant.
Oui, père?
Nous n'avons pas beaucoup de temps. Vous devez écouter ce que j'ai à dire.
Bon. À quel propos?
Vous devez accepter que le Christ soit votre sauveur. Maintenant.
Pardonnez-moi, mais je croyais avoir compris que c'était urgent et personnel?
Vous devez communier. Buvez le sang du Christ et mangez son corps.
Vous ne vaincrez le fils du diable qu'avec le Christ.
- Je vois. - Il a tué une fois. Il recommencera.
Il tuera jusqu'à ce qu'il vous prenne tout.
- Père, vous voulez... - Vous ne le vaincrez qu'avec le Christ.
Acceptez le Seigneur Jésus.
Buvez son sang.
J'ai fermé la porte à clé, M. Thorn.
- Oui? - Pouvez-vous envoyer un garde?
Je vous en supplie. Écoutez ce que j'ai à dire.
Monsieur?
J'étais à l'hôpital, M. Thorn, la nuit où votre fils est né.
- J'ai vu la naissance. - Monsieur?
Je vous en supplie.
C'est bon. Attendez.
- Que voulez-vous? - Vous sauver, M. Thorn.
Pour que le Christ me pardonne.
Que savez-vous de mon fils?
- Tout. - C'est-à-dire?
J'ai vu sa mère.
- Vous avez vu ma femme. - J'ai vu sa mère.
- Vous parlez de ma femme. - Sa mère, M. Thorn.
C'est du chantage. Dites-le. Qu'essayez-vous de dire?
Sa mère était une...
- Tout va bien? - La porte était fermée à clé.
- Raccompagniez cet homme. - Très bien, allons-y.
Acceptez le Christ chaque jour.
Buvez son sang.
- Faites-le sortir. - Très bien, père. Venez.
Père.
Merci.
Entrez.
Excusez-moi. Mme Baylock est là.
Elle dit être la nouvelle gouvernante.
Bien, c'est un début. Faites-la entrer.
Entrez, je vous en prie.
- L'ambassadeur et Mme Thorn. - Enchantée.
C'est un moment difficile, et je ne vous importunerai pas dans votre chagrin.
Je suis ici pour vous soulager de vos ennuis et de vos inquiétudes.
Nous aiderons votre garçon à oublier ce qui s'est passé.
Je crains que certaines de nos jeunes gouvernantes
n'aient le mal du pays, ou des peines de cœur.
J'ai laissé tout ça derrière moi depuis bien longtemps.
Bon, pourrais-je voir votre petit garçon?
Oui, bien sûr. Il est en haut. Je vais vous accompagner.
Pourquoi ne pas d'abord nous laisser seuls? Laissez-nous faire connaissance.
- Il est timide avec les nouveaux venus. - Non. Il ne va pas l'être avec moi.
- Eh bien, je ne pense pas... - Tout va bien se passer.
Allez. On peut essayer.
Bon, d'accord.
- Mme Horton. - Par ici, Mme Baylock.
Excusez-moi.
- Elle me plaît. - Elle a l'air pas mal.
Où l'as-tu trouvée?
- Où je l'ai trouvée? - Oui.
Ce n'est pas moi qui l'ai trouvée. Je croyais que c'était toi.
Vous tournez à droite et c'est la porte en face.
- Je vais faire monter vos affaires. - Merci.
- Mme Baylock. - Oui, madame?
Je suis désolée, mais nous ne comprenons pas bien.
Oh? Mais pourquoi?
- Nous ne savons pas qui vous a envoyée. - L'agence.
- L'agence? - Ils ont appris par les journaux pour...
votre première gouvernante, alors ils vous en envoient une autre.
- Ah, voilà. - Je vais les appeler pour confirmer.
- Voici mes références. - Merci beaucoup.
Pourrais-je voir votre petit garçon maintenant?
- Oui, bien sûr. - Merci.
Ne crains rien, petit.
Je suis là pour te protéger.
- Dans une minute, Horton, je pense. - Très bien, monsieur.
- Kathy. - J'arrive. Mme Baylock.
- Mme Baylock. - Oui, madame?
- Où est Damien? - Si vous permettez,
je pense qu'il préférerait aller au parc.
- Au parc? Il vient avec nous. - Il est trop jeune pour l'église.
- Il va créer des histoires. - Vous ne comprenez pas.
Nous souhaitons, mon mari et moi, que Damien nous accompagne à l'église.
- Kathy. - J'arrive dans une minute.
Habillez-le immédiatement, s'il vous plaît.
Excusez-moi si je défends mes opinions, madame,
mais pensez-vous qu'un garçon de cinq ans
va comprendre les rituels d'un mariage épiscopal?
Habillez-le, et qu'il soit dans la voiture dans cinq minutes. Merci.
Qu'est-ce qu'il y a, Damien?
C'est juste une église, c'est tout.
Qu'est-ce qui se passe?
- Robert. - Ça ne va pas?
- Je sais pas. Il a l'air terrorisé. - Il est malade?
Non, il a juste...
Non, il tremble de partout.
- Bienvenue, monsieur l'ambassadeur. - Bonjour.
- Non! - Damien.
Damien, arrête.
Damien, arrête. Damien.
Non!
Horton, démarrez.
Tu es sûre que tu ne veux pas appeler un médecin?
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