Ирония судьбы, или С легким паром!
لومړۍ 200 کرښې.
Les Studios MOSFILM de Moscou
Andréi MIAGKOV
Barbara BRYLSKA
Iouri lAKOVLEV
Dans un film d' Eldar RIAZANOV
IRONIE DU SORT ou VIVENT LES BAINS !
Une histoire complètement loufoque qui ne pouvait arriver
que dans la nuit du Nouvel An.
Scénario Émile BRAGUINSKI et Eldar RIAZANOV
Directeur de la photographie Vladimir NAKHABTSEV
Décors Alexandre BORISSOV
Musique de Mikhail TARIVERDIYEV
Dans les rôles principaux :
Lioubov DOBRJANSKAIA, Olga NAOUMENKO
Liya AKHEDJAKOVA, Valentina TALYzINA
Alexandre SCHIRWINDT, Guéorgui BOURKOV
Alexandre BlÉLIAVSKl
Lioubov SOKOLOVA, Gotlieb RONINSON
Des villages limitrophes de Moscou comme Tropariovo, Tchertanovo,
Medvedkovo, Béliaévo-Bogorodskoié et, naturellement, Tchériomouchki,
ne se doutaient certes pas qu'ils acquéraient l'immortalité
en ces tristes jours où les bulldozers les effaçaient de la surface de la terre...
Celui de Tchériomouchki - Les Petits Merisiers - légua ainsi son nom aux
grands ensembles qui surgirent au Sud-Ouest de la capitale.
Et à présent, rares sont nos villes à ne pas avoir leurs Petits Merisiers.
Dans le bon vieux temps, le voyageur qui débarquait dans une ville inconnue
se sentait solitaire et perdu.
Tout lui était étranger - les maisons, les rues, la vie.
Aujourd'hui les choses ont changé.
Vous débarquez dans une ville parfaitement inconnue,
mais vous vous y sentez comme à la maison.
Pensez seulement à quelles absurdités en arrivaient nos ancêtres !
Quand ils planchaient amoureusement, par ex., sur un beau projet d'architecture.
Aujourd'hui nous construisons partout le même cinéma type '' Spoutnik'',
où l'on peut voir le même film type sur la construction du socialisme.
- Des oranges, vous n'auriez pas ça ? - Là-bas, les oranges.
Nous vous attendons tous à la foire ! Des jouets et des pétards !
Des cadeaux en veux-tu en voilà ! lci le client est roi, venez nous voir !
Les noms de rue ne brillent pas davantage par la variété.
Chaque ville a sa 1ère rue des Jardins,
sa 2ème rue Suburbaine, sa 3ème rue des Fabriques.
Sa 1ère rue du Parc, sa 2ème rue lndustrielle,
sa 3ème rue des Bâtisseurs. Esthétique, n'est-ce pas ?
Les mêmes cages d'escaliers sont peintes à la même couleur caca,
les logements normalisés sont meublés des mêmes objets standards et
les mêmes portes anonymes se ferment avec les mêmes serrures de grande série.
Génia chéri, j'ai une idée tout à fait chou.
Vrai ?
Tu me fais peur !
- Génia ! - Quoi ?
Si on passait la soirée du Nouvel An ensemble ?
Ensemble, bien sûr. Mon Dieu, que faisons-nous d'autre ?
Tu n'as pas compris. On reste tout à fait seuls, hein ?
C'est-à-dire ?
On laisse tomber les Katanian.
Galia, non, ce n'est pas bien. Nous nous sommes entendus depuis longtemps.
Ce sont de bons amis. Et tu as déjà fricoté ta salade de crabe.
Tu sais que j'adore le crabe ?
Voilà, je ne dis pas autre chose. Mangeons-la nous-mêmes.
Nous-mêmes... Tu penses à ce que tu dis ?
Ce que tu as la comprenette difficile. Toi et moi, nous fêtons ici, chez toi.
Où ? lci ?
Et les Katanian ?
Oleg propose d'aller au restaurant de la tour de la Télévision.
Donne-moi le cimier.
- ll tourne. - Qui ?
Donne-moi le cimier. Le resto tourne.
Ah, si tu veux tourner, alors bien sûr, va tourner.
Génia, je veux passer la soirée du Nouvel An avec toi.
Rien qu'avec toi !
Vrai ? C'est d'accord !
Gros bêta !
- Et qui invite-t-on encore ? - Puisque je te le dis : personne.
Attends, que veut dire personne ? Maman sera avec nous quand même ?
Maman s'en ira. Elle va préparer le repas, mettre la table.
Je l'aiderai, évidemment. Ta maman elle est comme ça.
Excellente idée. Comment n'y ai-je pas pensé moi-même ?
ll faut bien que l'un de nous deux soit un peu plus pratique.
- Ce sera toi ! - Arrête, chéri, je vais tomber !
Minute, et les Katanian ?
Oleg propose qu'on passe la nuit du Nouvel An à Souzdal, dans un couvent.
Tu sais où je l'ai ton Oleg et son couvent !
Génia, je ne veux pas aller au couvent, je veux être avec toi.
Avec moi ?
Pardon, vous ne m'indiquerez pas la 3ème rue des Bâtisseurs ?
La rue des Bâtisseurs ? Là-bas, passé les grands immeubles.
- Là-bas ? - Oui, à gauche. ll y aura une église.
- Merci. - De rien.
Nous fêterons le Nouvel An ensemble, toi et moi.
- Je descendrai un petit verre. - Oui.
- Ça me mettra dans l'ambiance. - Oui ?
Ça me donnera du courage et je te dirai enfin ce que j'ai à te dire depuis...
Génia !
Vrai... ? Tu me demanderas en mariage ?
Sais-tu que nous nous connaissons depuis deux grandes années déjà ?
Oui, mais il faut attendre le Nouvel An.
Les 12 coups de minuit. D'accord ?
J'ai peur que tu n'auras jamais le courage.
Ça, tu vois... La pusillanimité du célibataire endurci.
Mais ça m'est déjà arrivé, tu sais, de faire ma demande à une fille.
À ma grande stupéfaction, elle a dit oui.
Et quand j'ai réalisé qu'elle allait s' installer dans cette chambre à demeure...
et que chaque jour... je l'aurais sous les yeux...
de là à là et inversement...
Ça m'a fait tout drôle, j'ai couru prendre l'avion pour Léningrad.
Et moi aussi, tu me laisseras tomber comme ça ?
Toi, non. ll n'en est pas question !
Ma décision est prise, définitivement et sans retour.
J'ai résisté aussi longtemps que j'ai pu...mais maintenant, ça y est.
Génia... À ton avis...
- Quand a-t-on a envie de chanter ? - Envie de chanter ?
Quand ? Au défilé du 1er Mai.
- Quand encore ? - ll y en a qui chantent à l'opéra.
- Mais non, quoi... - Quand on a bu.
- Gros âne, tu sais quand on chante ? - Quand on n'a pas de voix ni d'oreille ?
- Quand alors ? - Quand on est heureux.
Juste.
Nous n'aurons personne chez nous,
Seulement le crépuscule d'un jour d'hiver finissant
venu jeter un regard par la vitre.
Seulement les ailes blanches
des lourds flocons humides,
Seulement les toits, la neige,
les toits, la neige et plus personne.
Le givre dessinera de nouveau ses fougères,
de nouveau m'assailliront
l'ennui des veillées révolues,
les angoisses des hivers passés.
Mais le rideau s'agitera, quelque chose tremblera dans l'air et
le bruit de tes pas gommant le silence,
tu entreras comme entre l'avenir.
Tu paraîtras sur le pas de la porte
vêtu de blanc, très simplement,
de cette étoffe sans doute
dont on fait les flocons blancs.
ll n'y aura personne à la maison,
seulement le crépuscule d'un jour d'hiver finissant
venu jeter un regard par la vitre.
- Maria Dimitriévna, Génia est là ? - Pas si fort !
Bonne année, et meilleurs voeux de bonheur dans votre nouvel appart !
Pas si fort, voyons !
Quelque chose qui ne va pas ?
- Maman, qui est-ce ? - La voisine demande un oignon.
- Quelque chose de grave ? - Paulot, sois gentil, reviens demain.
Je ne peux pas demain. Je pars ce soir à Léningrad...
Bon voyage !
Tu ne vas pas faire de l'esclandre maintenant ?
- Maman, qui c'est encore ? - Un télégramme de tante Véra.
Vous nous appreniez pas à toujours dire la vérité, quand nous étions mômes ?
ll y a des circonstances où un petit mensonge ne fait de mal à personne...
Michka et Sachka qui nous attendent aux bains municipaux. Ça ne fait rien ?
Ça ne fait rien.
Et après je cours prendre l'avion de Léningrad.
Aujourd'hui vous vous distrairez sans Génia. Et que vas-tu faire à Léningrad ?
lrène n'a pas fini son travail. Elle veut qu'on fête ensemble le Nouvel An.
Je ne le dirai à personne... Qu'est-ce qui se passe ?
C'est un secret pour l'instant...
- Quel secret ? - Tu l'apprendras... en temps voulu...
Maria Dimitriévna, Génia n'a pas de secrets pour moi.
File prendre ton bain !
Génia chéri, je dois te quitter. J'ai encore tant à faire aujourd'hui.
- Galia. - Oui ?
Galia...
Tu vois, je...
- Comment c'est... - Quoi ?
Comment le dire...
Je t'aime.
Je voudrais que tu sois ma femme...
Voyons, tu m'auras toute la vie devant les yeux !
Oui, et c'est mon désir le plus cher.
Tiens, voilà la clé. Tu arrives à 11h. et on fête dans-la-plus-stricte-intimité.
J'apporte la salade ?
La salade ?
Attends, je n'ai pas saisi le plus important...Tu acceptes ?
Puisque j'ai pris la clé.
Et ça veut dire quoi ?
Ça ne veut rien dire. Compris ?
Non.
À ce soir. Mon bonjour à maman.
Bon.
- Quand même, les Katanian... - lls en mourront pas !
Maman !
Au milieu des bruits du bal,
Dans la vaine agitation de la foule...
Tu sais, maman, je crois que je me marie.
J'ai la même impression.
Bon. Et elle te plaît, Galia ?
C'est toi qui te maries, c'est pas moi.
Mais tu es ma mère ?
Ça, il faudrait que tu t'en souviennes... après la noce.
Autrement dit, si je comprends bien, Galia ne te plaît pas.
Je ne dirais pas qu'elle m'emballe, mais tout compte fait...
- Pas sotte, de l'éducation même. - Je vois.
Et puis... si tu ne te maries pas maintenant, tu ne te marieras jamais.
Je n'ai jamais que 36 ans, hein !
Ce n'est pas très délicat de me rappeler mon âge.
Mais je ne me vexe pas. Laisse.
Arrête, je ne me vexe pas. Je suis une mère comme ça !
Je termine ici et je me sauve chez la voisine.
Où as-tu fourré les verres ?
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