لومړۍ 189 کرښې.
Nous allons poursuivre avec une chanson où Paul est seul.
Ça s'appelle : "Yesterday".
"All my troubles seemed so far away
Now it looks as though they're here to stay
Oh, I believe
In yesterday
Suddenly
I'm not half the man I used to be..."
Celle-là, je l'ai rêvée.
J'étais dans le petit appartement de ma copine,
et je me suis réveillé avec cet air.
"J'adore cet air,
ça date sûrement de l'époque de mon père,
en tout cas, ça doit dater."
J'ai donc joué...
J'avais donc cette partie, mais ne pouvant pas prendre le piano,
j'ai dû transposer à la guitare.
Je l'ai d'abord montré à John.
"C'est quoi ?"
"Je ne sais pas."
"Mais c'est air doit être connu, on l'a déjà entendu."
"Je ne sais pas."
Ensuite je le montre à George Martin, notre producteur,
qui a une culture très étendue
des chansons du passé.
- "C'est quoi ?" - "Je ne sais pas."
Je lui dit : "Je l'appelle Yesterday."
Il dit : "Il existe déjà une chanson Yesterdays."
Peu importe le titre.
C'est cette mélodie, je ne peux pas l'avoir écrite.
Parce qu'elle m'est sortie comme ça, sans aucun effort.
Je me suis réveillé avec l'air en tête.
Des gens m'ont demandé plus tard :
"Tu crois à la magie ? "
"Il le faut bien."
Comment est-ce arrivé ?
Je suis en train de dormir...
J'aime bien ça...
La différence, c'est qu'au réveil, je m'en souvenais.
Beaucoup de gens doivent entendre de la belle musique en rêve,
sans s'en souvenir à chaque fois.
Et si tu n'avais pas eu de piano sous la main,
tu aurais quand même pu t'en souvenir ?
Tu as eu de la chance d'avoir un piano.
C'est vrai, un coup de chance.
Mais à l'époque, on devait se souvenir d'un tas de trucs.
Il n'était pas aussi facile de pouvoir enregistrer.
C'était même carrément impossible.
Déjà, il n'y avait pas de smartphones.
Il y avait ces énormes magnétos Grundig,
avec un œil vert dessus.
Qu'on avait pas au fond de la poche.
Mais même pas chez toi !
Disons qu'il fallait être riche pour en acheter un.
"Yesterday"
Je l'ai d'abord enregistré juste en guitare, voix.
Ensuite, j'ai demandé au groupe :
"Que voulez-vous faire ?"
"Mais il n'y a rien à rajouter.
tu dois la chanter seul."
Je crois que c'était la première fois
que je faisais un truc seul.
J'ai fait une prise seul à la guitare,
George Martin m'a dit d'en enregistrer une deuxième, au cas où...
C'est cette deuxième prise qui est sur le disque.
Ensuite on s'est assis pour écouter.
Je me disais...
que ça sonnait pas mal.
Et George a parlé de rajouter des cordes.
"Ce serait génial avec un quatuor à cordes."
Je n'étais pas convaincu...
Vous n'aviez jamais utilisé de cordes avant.
Non et on est un groupe de rock.
On n'utilise pas les cordes.
Mais George, étant malin a dit : "Essayons quand même.
Si vous détestez, on l'enlèvera."
Alors on a essayé.
J'ai adoré cette séance.
Immédiatement ?
A la première écoute, c'était un choc ou une bonne expérience ?
Non, c'était génial, j'étais avec George dans la salle de contrôle.
On est entré dans le studio pour parler avec le quatuor.
J'étais enthousiaste.
On n'avait jamais rien fait de semblable
et c'était l'arrangement parfait pour la chanson.
George Martin nous a tellement aidé,
il a même écrit la partition.
Normalement, tu fais écrire ta chanson
par un arrangeur extérieur.
Il s'enferme dans une pièce
et tu ne sais pas trop à quoi t'attendre.
Mais avec George, on se comprenait tellement bien.
C'est marrant mais quand on nous a montré la notation,
ça n'avait aucun sens pour nous,
et c'est toujours le cas pour moi.
Même si je travaille avec un orchestre classique,
pour écrire une pièce symphonique,
il faudra qu'on en parle ensemble, au lieu de dire :
"Le si bémol à la mesure 14,
devrait plutôt être un si naturel."
Avec moi, c'est plutôt : "Non, cette note doit être...
Plus haute ou plus basse.
Oui, plus haute ou plus basse.
On faisait comme ça.
Et mon excuse, car j'ai une excuse,
est que je suis de Liverpool,
où l'influence celtique irlandaise est forte.
Les Celtes n'écrivaient rien,
c'est la tradition des bardes.
C'était notre excuse.
Avec John, on disait : "C'est la tradition des bardes."
Quand vous étiez gamins, il y avait quoi à la radio ?
Au début, il n'y avait pas grand-chose à la radio.
Juste un ou deux DJ sympas.
Nous, on écoutait des disques,
beaucoup de R&B,
comme Ray Charles,
et Little Richard,
Chuck Berry, Jerry Lee Lewis, Isley Brothers,
on les a tous repris.
"Kansas City"
Je me prenais pour Ray Charles.
On trouvait facilement des disques ?
C'était répandu à l'époque ?
Bien sûr, on allait dans les magasins de disques
où on passait des heures dans les cabines.
Les finances posaient problème,
on n'avait pas beaucoup d'argent,
Il fallait économiser pour acheter un disque
ou une place de concert.
On a tous commencé, tous les groupes, par faire des reprises.
A l'époque de Hambourg ou de la "Cavern" à Liverpool,
on ne faisait que des reprises.
Je chantais "Long Tall Sally" de Little Richard.
Un autre groupe la reprenait aussi
"Derry and the Seniors".
Derry pouvait faire...
Il le faisait bien et je me disais :
"Je vais le faire mieux."
Quand on était dans les coulisses, qu'on passait après eux,
et qu'on entend tout d'un coup :
"Zut, on devait la faire celle-là."
Quand on n'a plus le temps de changer,
on la fait quand même.
En espérant que notre version sera meilleure.
On chantait ça en 3/4 :
"If you gotta make a fool of somebody"
L'originale est de James Ray.
Super morceau, on n'avait jamais entendu ce rythme.
Une valse, une valse rock'k'roll,
on a repris l'idée.
Je me souviens que des groupes de Londres nous demandaient :
Jouez "If You Gotta Make a Fool of Somebody."
Ils n'avaient jamais entendu ça.
Et vous l'aviez découvert comment ?
Sur disque, George avait l'album de James Ray.
D'ailleurs plus tard, il a repris :
"Got my mind set on you".
C'était aussi sur l'album de James Ray.
George ne l'avait pas oublié.
On ajoutait toujours des petites chansons rigolotes,
parce qu'on jouait tellement longtemps,
on voulait éviter la routine.
Nous n'aurions jamais pu supporter
de jouer les mêmes chansons à chaque concert.
On a commencé à se dire :
"Si on écrivait nos chansons, personne ne s'en rendrait compte."
Personne d'autre que nous ne le saurait.
Et on a commencé.
Ce n'était pas une révélation,
mais le simple besoin d'avoir des chansons
que les autres groupes ne jouaient pas.
"And Your Bird Can Sing"
Les 2 sont géniales !
Géniales !
On a écouté sans la batterie,
et ça tourne quand même !
On entend très bien l'état d'excitation qui nous habitait.
C'est évident.
"Allez, on fait ça !"
Tellement exaltant.
Je pense que vous étiez enthousiastes en studio
et on arrive à ressentir cette excitation.
Il y a un sentiment d'humanité dans votre façon de jouer.
Ces gars y vont à fond !
On le sent.
C'est parce que tout devait se faire très vite.
Et cette énergie est contagieuse.
On dirait de la musique celtique.
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