لومړۍ 200 کرښې.
Salut.
Salut. T'as bien dormi ?
Eh bien…
Je me suis retrouvée coincée en pleine compo de musique hier soir.
J'ai réussi à dormir quatre heures.
Faut que t'arrêtes ça. C'est mauvais pour ta santé.
- Et toi ? - Ça allait.
"Ça allait" ?
Arrête.
N'importe quoi.
Ça se voit à tes tartines.
La confiture sur mes tartines t'aide à comprendre mon état émotionnel ?
Ça va vraiment bien ?
Non, ça ne va pas. Je vais chez moi pour l'annif de mon père.
Je n'y suis pas retourné depuis bientôt quatre ans.
- Punaise. - Je sais.
C'est courageux de ta part.
- Tu trouves ? - Carrément.
Tu vas débarquer là-bas. C'est plutôt provocateur.
Mais pourquoi est-ce qu'ils…
Pourquoi ils veulent que je vienne ?
C'est… Je sais bien que je ne suis qu'un putain de raté.
Donc je ne sais pas…
Je ne suis qu'un raté à leurs yeux.
Tu peux très bien faire demi-tour et revenir ici, tu sais ?
Et puis merde. N'y va pas.
- On regardera des films ce week-end. - Ce serait cool.
Mais je dois y aller.
Ce qui est très frustrant, c'est que… Super s'ils acceptent…
Ça.
Mais je ne sais pas ce qu'ils pensent vraiment.
Ou ce qu'ils ont dit à leurs amis.
Et au contraire, ils pourraient l'utiliser contre moi
et considérer qu'ils méritent une médaille
parce qu'ils acceptent mon existence.
Parce qu'ils sont progressistes.
- C'est ça. - Putain.
Et…
Ce serait comme si…
je leur étais redevable.
Quel est le pire des scénarios ?
Aucune idée.
Je ne veux pas vraiment…
Fais attention à toi. Je m'inquiète facilement.
Merci, maman.
- Tu veux une barre énergétique végane ? - Oui. Merci.
De la part de Via Rail Canada, bienvenue à bord.
Je m'appelle Bruno et je suis à votre disposition.
Si vous avez des questions, je serai en voiture trois.
Vous êtes dans le train numéro 42,
à destination de Montréal avec des arrêts à Guildwood, Oshawa,
Cobourg, Belleville, Kingston et Dorval.
Katherine.
Salut. Oh mon Dieu.
Oh mon Dieu.
Ça me fait tellement plaisir.
Ça fait combien de temps, déjà ? Le lycée, ça remonte à 15 ans ?
- Presque 20 ans. - Incroyable.
- Tu vas à Cobourg ? - Oui.
- Pourquoi ? - Je vis là-bas.
- Vraiment ? - Oui.
J'ai réemménagé là-bas il y a cinq ans.
- Et c'est comment ? - Bien.
- Tu t'y plais ? Ça va ? - Oui, c'est sympa.
- Tu es heureuse ? - Oui.
Et toi ? Tu vis à Cobourg ?
Non, je vis à Toronto, dans Kensington Market.
- J'adore ce quartier. - Oui.
Des choses ont changé dans ma vie.
- Tu es parfait comme ça. - Merci.
Je suis sincère.
- Tu es superbe. - Merci.
Comment va ta famille ?
Ils vont bien.
Très bien.
Ils n'ont pas vraiment changé.
Et je me suis mariée.
Enfin, ça fait longtemps. Avec…
- Tu te souviens de Daniel ? - Oui.
Je l'ai épousé et…
- C'est incroyable. - On a deux enfants.
- Super. Ils ont quel âge ? - Cinq et douze ans.
J'ai des photos.
- Oh là là… - Ils sont adorables.
Ils sont trop mignons.
Merci. Je trouve aussi.
Et voilà, tu connais toute ma vie.
Je travaille dans un café. C'est sympa, ça me permet de sortir.
Je n'arrive pas à croire…
- Je sais. Moi non plus… - Incroyable.
Je ne suis pas rentré chez moi depuis…
presque cinq ans, maintenant.
C'est l'anniversaire de mon père, donc…
Et donc, j'y retourne. Voilà. Ça va être…
Ça va être sympa, je pense.
Transmets-lui mes meilleurs vœux, s'il se souvient de moi.
De quoi tu parles ? Personne ne t'a oubliée.
Ils t'ont toujours aimée, tu sais.
Oui, ça va être sympa. Mes frères et sœurs seront là.
Ils vont bien ? Comment va Kate ?
Ils vont… Elle va bien. Tout le monde est…
Je n'ai pas vraiment été…
Je suis parti et j'ai vécu dans mon coin.
- J'avais besoin d'espace. - Quoi ?
J'avais besoin d'espace, loin de Cobourg.
Je repasse toujours devant des endroits
où on avait l'habitude de traîner.
Je pense tout le temps à toi.
Je me rappelle le passé.
J'ai beaucoup pensé à toi, pour être honnête.
Beaucoup.
- Désolé, j'ignore pourquoi je pleure. - Ce n'est rien.
C'est juste que je rentre chez moi.
- Oh non… - C'est dur.
- Je suis déjà très émotionnel, donc… - Je comprends.
Merci.
Votre attention, s'il vous plaît.
Nous arrivons à notre prochain arrêt,
Cobourg, dans quelques minutes.
Il faut que je…
Daniel vient me chercher et…
On doit y aller.
J'y vais, je n'aime pas le faire attendre.
Je vais me préparer. J'étais contente de te voir.
- Passe le bonjour à… - Salut.
Salut.
Dernier appel
pour le train numéro 42 à destination de Montréal.
Je voulais juste te dire que j'étais en ville tout ce week-end
si tu veux qu'on prenne un café ou qu'on aille faire un tour.
Je suis très occupée, tu sais.
- Oui, je comprends. - Non…
Je ne peux pas…
Je ne peux pas faire ça tout de suite. C'est trop pour moi.
Ma vie est totalement différente, maintenant.
On boirait un café ensemble, et ensuite ?
- Désolé, je ne… - C'est juste…
Je ne voulais pas…
Tu comprends, non ? C'est juste…
Ils seront bientôt là, et après, je serai partie.
J'ai juste…
Souhaite à ton père un joyeux anniversaire et dis à ton père…
Dis-lui bonjour de ma part.
- Bien sûr. - À Kate aussi et aux autres…
Le voilà et… J'étais ravie de te revoir.
Je vais faire du thé.
Ça allait, le voyage ?
Le voyage.
- Ça allait. - Bien.
J'ai emmené les garçons au parc hier.
Ah oui ?
Henry vient me voir et me dit : "J'ai vu un orignal."
"Tu as vu un orignal ?"
Alors, je lui dis de me le montrer.
Et il m'emmène jusqu'à un petit chien qui s'appelle Orignal.
Oh… Trop mignon.
Du café.
On s'est bien débrouillés.
Mais tu sais…
Tu m'as vraiment manqué.
Tu m'as manqué aussi.
Tu sembles préoccupée.
Non, ça va.
Kat, je te connais. Tu peux me dire ce qui ne va pas.
Non, vraiment… Je vais bien. C'est juste que…
Je vais bien.
J'ai juste…
J'ai vu…
J'ai juste vu un vieil ami à moi.
Tu l'as vu.
Quand tu es venu me chercher.
J'étais à côté de lui. Sam.
Et je ne l'avais pas revu depuis le lycée, et…
C'était juste vraiment…
intense.
Je ne sais pas.
Je le connaissais très bien à l'époque et…
Je ne sais pas. Ça m'a juste…
Ça m'a juste troublée.
Et tu veux en parler ?
Non.
Je ne vois même pas ce qu'il y a à en dire. J'ai juste…
Je ne sais pas.
Je dois me préparer.
Pour le travail.
Je vais y aller.
Oh mon Dieu ! Il est là !
- Hein ? - C'est Sam ?
Je pense, oui.
J'ai un télégramme chanté pour papa.
C'est lui !
Oh mon Dieu !
- Salut. - Je suis si heureuse de te voir.
J'avais tellement peur que tu aies changé d'avis.
- Mais non. - Tant mieux.
Entre.
- Comment tu vas, maman ? - Bien. Et toi ?
Mais tu aurais dû appeler. Je serais venue.
- À la gare. - Tu me connais. J'aime marcher.
Je sais, mais ça gèle dehors et je me disais…
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