Gabbeh

Gabbeh (گبه)

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Gabbeh
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په خپور شو: 2016-10-24
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د French سرليکونو مخکتنه

لومړۍ 200 کرښې.

Une coproduction

de SANAYÉ DASTI d'IRAN et M.K.2 PRODUCTIONS

GABBEH

un film de Mohsen MAKHMALBAF

Tu gémissais hier soir, tu avais mal aux pieds,

tu ne pouvais pas dormir.

Laisse-moi laver le gabbeh.

J'ai les bottes, je vais le laver.

Passe-moi les bottes.

Non, ce n'est pas la peine.

Je vais le faire. Toi, prépare le repas.

Moi, je lave le gabbeh.

Laisse-moi faire.

Mais non ! Toi, tu as mal aux pieds.

Donne-moi les bottes.

Non, je ne te laisserai pas faire.

Occupe-toi du repas. Moi, je m'occupe du gabbeh.

Je ne suis pas une femme qui sert à la cuisine !

Tu me laisses le laver, oui ou non ?

Ma petite chérie, ma belle,

si tu ne le laves pas, alors qui le fera ?

Ô mon beau gabbeh,

que tu es joli !

Pourquoi es-tu devenu bleu ?

Qui est ce cavalier qui emmène cette fille ?

Dis-moi qui t'a tissé ?

Ô, tu es comme la pleine lune !

Comment t'appelles-tu ?

Gabbeh.

Que l'eau est claire.

Tu ne me laves pas ?

Si on ne le fait pas, qui le fera ?

Tu permets que je m'appuie sur tes jeunes épaules ?

Je n'ai plus de force.

Je t'en prie.

Tu m'es familière. Comment s'appelle ton père ?

Il s'appelle "métier à tisser...

...de la laine". Le voilà.

Voici mon père.

Nous sommes de la tribu GHASHGHAÏ

Nous ne restons jamais au même endroit.

Mais si cela arrive, mon père nous force à émigrer.

Un jour, je suis tombée amoureuse d 'un cavalier,

d 'une voix étrange, de quelqu'un qui était comme une illusion.

II suivait notre tribu, comme une ombre, pour me prendre...

Si j'étais jeune, je demanderais ta main.

Je crois que ton père

est un homme gentil.

Son apparence ne veut rien dire.

Il a mauvais caractère.

Ça, c'est ton père. Et ta mère alors,

est-elle gentille, belle ?

Non, dans la famille, on dit que la mauvaise humeur de mon père

est liée à la laideur de ma mère.

La voilà !

C'est elle. Elle s'appelle Sakineh.

Je suis son aînée.

Passe-moi les bottes pour laver le gabbeh.

Tu as mal aux pieds. Si tu les trempes, ça va empirer.

Je vais le laver moi-même.

Maintenant, il est plus beau.

Ça me rend triste à nouveau.

Dès qu'il te voit, il m'oublie.

Elle est jalouse même d'elle-même, Mlle Gabbeh.

Ma petite, toi, si jolie,

tu n'as pas de soupirant ?

Mon soupirant, c'était toi,

lorsque tu étais jeune.

Ah que j'étais idiot !

Tu vois comme il me brise le coeur !

Toi, si belle, tu n'as pas de soupirant ?

Pourquoi sa voix ressemble à celle d'un loup ?

C'est un secret entre lui et moi.

Il dit : "Je n'en peux plus, pourquoi tu ne viens pas ?"

Tu l'aimes ?

Pourquoi tu ne t'enfuis pas avec lui ?

A cause de mon père. Il me tuerait.

Ah, s'il l'avait fait, je serais libre.

Il m'appelle. J'y vais ?

N'y va pas ! Sinon ton père te tuera.

Parles-en d'abord avec lui.

Ma grand-mère est malade.

On attend le retour de mon oncle pour l'emmener chez un médecin.

Mon père a dit que je pourrais me marier

seulement quand mon oncle reviendra de la ville.

Mais mon soupirant mourra d'impatience.

- Une fois cinq ? - Cinq.

- Deux fois cinq ? - Dix.

- Trois fois cinq ? - Quinze.

- Quatre fois cinq ? - Vingt.

- Cinq fois cinq ? - Vingt-cinq.

Restez assises.

Levez-vous.

Vous permettez ?

- Comment t'appelles-tu ? - Mohsen JAHANPOUR.

- Et toi ? - Tahmineh.

C'est quoi cette école ?

- Une école itinérante. - Où se trouve Fars ?

En Iran.

Tiens, une classe sans maître.

Profitons-en.

Maintenant, dites-moi :

"R.A.N.G."

Qu'est-ce que ça veut dire ?

Couleur.

Bravo.

Dites-moi :

ça, c'est quelle couleur ?

Rouge.

Le rouge du coquelicot.

Et maintenant, dites-moi : ça, c'est quelle couleur ?

Jaune.

Le jaune du champ de blé.

Et ça ?

Bleu.

Le bleu du ciel de Dieu.

Et celle-là ?

Bleu.

Le bleu délicieux de l'océan.

Et ça ?

Jaune.

Le jaune du soleil qui illumine le monde.

Le jaune du soleil

et le bleu de l'eau, ça donne le vert des plantes.

Le vert.

Le vert pur.

Le jaune et le rouge unis dans le soleil...

Le printemps arriva, mais mon oncle n'était pas là.

Au printemps, toute la tribu a levé le camp, sauf notre clan.

Mon père attendait le retour de mon oncle

qui devait emmener leur mère en ville.

Elle était malade, mais ne voulait pas mourir.

D'abord, elle voulait voir son fils aîné

mais il est arrivé trop tard.

Mon père

a enseveli la grand-mère dans un cimetière verdoyant.

Y 3 quelqu'un ?

Vous êtes là ?

- Bonjour, Sakineh. Comment ça va ? - Bonjour. Soyez en bonne santé.

Tu me reconnais ?

- Non. - Tu ne me reconnais pas ?

Et maintenant ?

Tu es le frère de mon mari.

Très bien.

Pourquoi tu n'es pas venu avec ta femme ?

Je suis encore un enfant, qui m'épouserait ?

Bonjour, Zinat. Comment ça va ?

Tiens, tu me reconnais ! C'est à cause...

de ma casquette...

Mlle Gabbeh, ton oncle est là.

Le mariage approche.

Comment vas-tu, Sakineh ?

Et les enfants ? Tu en as combien ?

Sept. Venez, les enfants, votre oncle est là.

Zinat, comment vas-tu ?

- Bonjour. - Bonjour, oncle.

Eh bien, bravo !

Maintenant, dis à ton oncle d'intervenir en ta faveur.

Mon oncle ? Il ne se souvient pas de moi.

Il ne sait même pas

s'il est mon oncle maternel ou paternel !

C'est ton enfant ?

Ton absence a été si longue que tu ne les reconnais plus.

Vous vous moquez de moi, je vais vous montrer.

Zinat, va là-bas.

Sakineh, va de l'autre côté.

Soraya, rejoins ta mère...

Fatomeh, va par là.

Toi aussi, Reza, par ici. Va rejoindre Zinat.

Toi, tu ressembles à mon frère.

- Alors j'ai tout bon ? - Non !

Alors, où ai-je faux ?

Notre oncle nous a tous réunis sous I 'arbre.

Cet arbre symbolise notre famille.

A chaque naissance pousse une nouvelle branche.

Quand I 'un d 'entre nous meurt,

une branche est coupée.

La grand-mère reconnaissait chaque enfant

grâce aux branches de cet arbre.

Tu vois ? L'oncle n'a pas demandé de mes nouvelles.

Il n'a pas demandé où est Gabbeh.

Il n'est revenu que pour sa mère.

Où est ma mère, Narendj ?

Où est ma mère ?

Mère ! Narendj !

Ton Abbas est de retour.

Où es-tu ? Mère !

Tu arrives trop tard. Ton ange gardien a disparu.

Tu arrives trop tard. Ton ange gardien a disparu.

Elle voulait finir ce gabbeh pour ton mariage

et te l'envoyer en ville.

C'est l'heure du mariage.

Hélas ! Pas le mien, c'est celui de mon oncle.

Mon père dit: "Ton vieil oncle n'est toujours pas marié.

"C'est d'abord son tour, ensuite ce sera le tien."

Félicitations.

Mon oncle, marie-toi, s'il te plaît.

Le jaune...

du champ de blé.

Les enfants, c'est quoi ce bruit ?

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