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On y va, Euridice.
Il va pleuvoir.
Euridice !
Guida, attends-moi !
T'es où ?
En haut !
Guida, t'es où ?
Tu m'as dit :
"Vas-y, je t'en prie."
Et je t'ai aidée.
Pourquoi j'ai fait ça,
sachant que tu as toujours eu les pires idées qui soient ?
Je t'ai dit : "Tu es tellement belle dans cette robe."
J'aurais dû découper en mille morceaux
cette affreuse robe verte,
t'enfermer dans la chambre
et avaler la clé.
LA VIE INVISIBLE D'EURIDICE GUSMÃO
Les filles !
Euridice.
Guida.
C'est lourd.
Allez, plus vite !
Viens nous aider.
M. Feliciano Campelo vient ce soir au lieu de demain.
- Ce soir ? - Oui.
Ton père y voit pas de problème, donc y en a pas.
Sauf qu'on doit polir l'argenterie, faire la cuisine, le ménage.
On devait aller à l'anniversaire d'Antonieta.
Elle va me tuer.
Te tuer ?
C'est moi qui vais te tuer si tu m'aides pas. Dépêche-toi.
Un, deux, trois…
Allez, Euridice !
J'arrive pas à arrêter mes doigts.
T'as 18 ans, pas 5 !
Je te couvrirai pas, cette fois.
- Déjà que papa me laisse pas… - Moins fort !
Aide-moi et je convaincrai papa
de te laisser passer le concours du conservatoire
de Vienne.
Sinon, j'imiterai sa signature sur l'autorisation.
- Je le ferai pas, je regrette. - S'il te plaît !
Je sens que Yorgos m'aime.
Pour de vrai.
Pour toujours.
Pour toujours ?
Il voyage tout le temps !
C'est son métier qui veut ça.
Et il parle un peu portugais ?
On se parle pas beaucoup.
Mais j'apprends des mots grecs.
Quoi, par exemple ?
Non, attends.
C'est tellement mignon.
Il sait pas prononcer mon prénom.
Il dit :
"Gouida", "Guilda"...
Il a du mal.
Il m'a emmenée dans les toilettes.
Je t'ai pas dit ?
Il a mis ma main...
dans son pantalon.
Sa saucisse était bien dure.
Guida...
vous avez couché ?
Bien sûr que non ! Pas avant le mariage.
Mais il m'a fait un truc
qui m'a sciée.
Quoi ?
Il m'a léchée.
Juste là.
Je te dis pas ! Ça m'a donné chaud partout.
M. Feliciano est là.
Vous n'êtes pas prêtes ?
On discutait.
C'est pas le moment de discuter ! Dépêchez-vous !
Je vais servir l'apéritif.
Allez !
Très drôle.
J'ai pas compris la blague.
Vous imitez bien cet accent, M. Feliciano.
Ce pain est divin.
On dirait celui de ma mère.
Mais il y a un secret.
N'est-ce pas, Manoel ?
- Votre farine, M. Feliciano. - Évidemment !
Depuis que je l'utilise,
les commandes gonflent sans arrêt.
Elle est vraiment extra, ma farine.
Elle est vraiment extra.
Vos fils travaillent aussi dans votre entreprise ?
Plinio, l'aîné, oui.
Celui qui est marié.
Le cadet, Antenor, étudie
pour être fonctionnaire.
On passe à table ?
Alllons-y.
Par ici, M. Feliciano.
Euridice, aide-moi à faire le service.
- J'espère que ça vous plaira. - J'en suis certain.
Écoute, papa...
Je me sens pas très bien, je préfère pas manger.
Dîne avec nous, enfin !
M. Feliciano nous rend visite et tu veux pas manger ?
Non, papa. Je me sens vraiment pas bien.
Ça ne fait rien, Manoel. Je mangerai sa part.
M. Feliciano a de l'humour. Pas vrai, Euridice ?
Regarde s'il est en bas.
Tu le vois ?
Rentre pas trop tard.
Il est en bas ou pas ?
Je te les rendrai, promis.
- C'est les boucles de mamie. - Je sais.
Si vous vous aimez à ce point, présente-le à papa.
Dis-lui, à ce Yorgos.
Que je dise quoi ?
Que mon père est un Portugais ignare coincé au siècle dernier ?
Guida, sois pas grossière !
Parle pas comme ça de papa.
Faut pas qu'il sache que je suis sortie.
À 1 h du mat',
tu m'ouvriras la porte de derrière, d'accord ?
Tu veux que je reste éveillée jusqu'à 1 h du mat'?
La prochaine fois, je t'emmène avec moi.
Que je suis belle dans cette robe !
J'ai la trouille.
Ça me donne envie de faire caca.
Écoute.
Tu vas aller leur jouer un morceau au piano, d'accord ?
- Vas-y, Euridice ! - Non.
Regarde-moi.
Je t'en prie,
vas-y.
Tu es tellement belle dans cette robe.
Dommage que tu sois si petite.
Vas-y !
Bonsoir. Je suis en retard.
Bonsoir.
Bonsoir.
Danse !
"Mon cher père, virgule,
“je t'écris à bord du Liberty, virgule,
"en partance pour la Grèce, stop.
"Très heureuse aux côtés de Yorgos..."
Donne-moi ça !
Yorgos ?
C'est qui, celui-là ?
La traînée.
"Papa,
“il te plaira quand tu feras sa connaissance."
Yorgos.
La Grèce.
Laisse ça !
Mon cher père,
je t'écris à bord du Liberty, virgule,
en partance pour la Grèce.
J'espère que tu seras heureux de savoir
que la première escale sera ta terre natale.
Très heureuse aux côtés de Yorgos.
Il te plaira quand tu feras sa connaissance.
C'est un homme bon.
Nous allons nous marier à Athènes et revenir au Brésil.
Ne sois pas fâché contre moi.
Je vous porte tous les trois dans mon cœur.
Des baisers de votre fille et sœur qui vous aime infiniment,
d'un amour aussi infini que l'océan qui m'entoure.
Guida.
Ne tire pas la chasse.
Je vais faire pipi, moi aussi.
T'angoisses ?
Zélia !
- Dicinha ! - Minute, Antenor.
J'arrive !
T'en mets, du temps !
Tout le monde t'attend !
Tu as déjà vu un homme nu ?
Jamais ?
Même pas ton père ?
Non, Zélia.
Tu as déjà senti
le membre d'Antenor
dur ?
T'inquiète pas.
Au début, ça brûle. Tu fermes les yeux,
tu penses à autre chose et ça passe vite.
Si tout va bien, tu tomberas enceinte.
M. Feliciano rêve d'avoir un petit-enfant.
Je veux pas être enceinte maintenant.
Je passe le concours de l'école de Vienne.
Quelle école de Vienne ?
Le conservatoire de musique de Vienne, en Autriche.
Alors...
il faudra demander à Antenor de se retirer juste avant.
Ou de le faire par-derrière.
Tu as beaucoup d'expérience, Zélia.
À force d'essayer en vain de tomber enceinte.
J'ai…
l'utérus en panne.
Un peu de laque.
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