لومړۍ 200 کرښې.
Sirène de bateau.
Tu devrais allumer.
Pour ce que j'ai à faire.
-J'ai encore tout ça à taper pour demain soir, ils font le bilan.
Après, que ferons-nous ?
J'en trouverai d'autre.
Il y aura un mois creux, pas plus.
Fabien me donnera la priorité.
-Toujours pas de lettre ? -Non.
Rien.
Il n'écrira pas.
On le reverra jamais.
Mais si, il écrira.
-Un paresseux, ambitieux, voleur ! Voilà ce qu'il est, ton frère.
Et toi, tu le soutiens.
Des années à vivre ici.
A vivre ici à nos crochets, à boire notre sueur.
Pauvres de nous. -Ce n'est pas un voleur.
-Et mes bijoux ? Tout ce qui me restait de mon mari..
..et de votre mère.
-C'est moi qui lui ai dit de les engager, tu le sais.
Il lui fallait de l'argent pour partir.
Il les remboursera, promis. -Partir.
Il n'avait que ça en tête.
Il était bien ici.
Ne rien faire de ses 10 doigts, lire toute la journée.
Et cette politique !
Ça lui est monté au cerveau.
Il nous aura tout fait.
Une porte..
..s'ouvre.
Le bébé pleure.
Qu'allez-vous devenir ?
Je l'avais averti.
On se marie pour la vie.
Il n'en fait qu'à sa tête.
On se marie, sans situation.
Et un an après, on abandonne.
Pauvre petit.
Grand-mère, il reviendra.
Il a toujours eu envie de partir.
Il étoufferait ici.
Il voulait vivre.
Vivre.
Vivre.
Ouvre-moi.
Ouvre-moi !
Elle éclate en sanglots.
-Maintenant, à la biscuiterie, les filles parlent sur moi.
Elles disent que Lucien est parti avec une fille.
C'est pas vrai, Élise ?
C'est pas vrai ?
Bien sûr que non.
Mais pourquoi a-t-il fait ça ?
Il n'est pas méchant.
Ah, quand même !
Il me parlait toujours des Chinois, de l'Algérie.
Des tortures, des sévices.
-Et la vraie vie, il t'en a parlé ?
Ce qu'il appelait la vraie vie.
Il disait...
Que la vraie vie...
C'était moi.
-"Un jour, la vraie vie commencera.
"Le principal, c'est d'y arriver intact.
"Je ne reviendrai jamais.
"En attendant, je vais me mêler aux vrais combattants.
"Partager la vie inhumaine des ouvriers d'usines.
"Au milieu des Algériens, des Polonais, des parias du monde.
"Je vais nouer contact avec les seuls hommes vraiment libres."
M. Henri Lachaux.
De la part de qui ?
Élise Letellier.
Conversations.
Élise, qu'y a-t-il ? Entrez.
-Je vous dérange ? -Pas du tout.
-C'est très important. -Lucien ?
Vous l'avez vu ?
-La semaine dernière, à Paris. -Il est à l'usine.
-Ah, vous savez. -Il m'a écrit.
La première lettre depuis son départ.
Il travaille en usine.
J'ai essayé..
..de l'en dissuader, mais vous le connaissez, Élise
Il veut aller jusqu'au bout.
Pendant des mois, il a collé des affiches toutes les nuits.
Où habite-t-il ?
-Vous l'ignorez ? -Oui.
Il ne l'a pas indiqué.
Il ne reviendra pas ?
La vie ici lui fait horreur.
Mais sa femme, sa fille ?
Il n'en parle pas.
Tenez, c'est en banlieue. Vous allez lui écrire ?
Oui.
-Je peux la lui porter. -Non, merci.
-Je reviens dans un mois pour les vacances, on pourrait se voir.
-Entendu. -Au revoir.
C'est pour quoi ?
Oh, pardon.
Vous cherchez..
..qui ? -Lucien Letellier.
C'est ici, il dort.
Que voulez-vous ?
Je reviendrai, je suis sa soeur.
Ah, Élise
Entrez.
Toi ?
Que fais-tu ici ?
Comment tu m'as trouvé ? -Par Henri.
Il devrait se taire.
Quelle heure est-il ?
7 h 30.
-Vous vous êtes présentées ? C'est Anna.
Va faire du café.
Tu me trouves sale ?
Je suis tellement claqué.
Je vais me laver, c'est dimanche.
Tu as maigri.
Ça va là-bas ?
Tu devrais écrire.
Oui, je sais.
Mais je n'ai pas le temps de réfléchir.
Rentre.
Jamais !
Je n'y retournerai jamais. Si tu es venue pour ça...
Quand repars-tu ?
Dans quelques jours.
-Tu as de l'argent ? -Non.
J'avais juste pour l'aller.
Je comptais...
-Sur moi ? Je suis à sec. Le fric file vite ici, tu sais.
Et l'argent des bijoux ?
-Elle l'a vue ? -Je lui ai dit.
-Passe-moi mon jean. -J'ai promis que tu rembourserais.
Elle ne parle que de ça. -J'imagine.
Je rembourserai avec ma prime de No l.
J'y arriverai.
Il faut te trouver une piaule, tout est loué ici.
15 000 par mois pour ce taudis !
Tu vas aller au foyer.
C'est pour femmes seules, c'est propre et pas cher.
Mais j'ai une idée.
Viens travailler avec moi, ils embauchent au contrôle.
C'est payé 185 de l'heure.
-Non, Lucien. Je dois repartir. Je ne peux pas les laisser.
-Tu peux essayer pendant 15 jours, comme tu veux.
Mais c'est intéressant.
-Non. On ne laisse pas les autres derrière soi.
Sirène.
-Reste là. -Ne me laisse pas.
Je reviens.
Gilles, le contremaitre
Monsieur.
-Bon, dans 8 heures, vous viendrez vous présenter ici.
Vous direz que M. Gilles est au courant.
Vous passerez une visite médicale et vous irez à l'atelier 76.
C'est la chaîne, il vous a dit ?
Oui, monsieur.
A tout à l'heure.
-Et s'ils ne m'acceptent pas ? -C'est moi qui décide.
Ils vous prendront.
Tu vois. Ça va ?
Ça va.
-Que veux-tu ? -Du travail.
Y en a pas.
-C'est dans le journal. -Non.
Tu sais lire, écrire ?
Allez !
C'est pour quoi ?
M. Gilles m'a dit...
-Pour l'embauche ? -Oui.
C'est ici.
-Ce n'est pas un emploi de bureau. -Oui.
-En sortant, vous irez au fond de la cour, vous tournerez à droite.
Vous verrez le médecin.
Merci.
-Bouge pas. Tu t'appelles comment ?
Mohamed.
-Tous les Algériens s'appellent Mohamed.
Bon, ça va, au suivant.
C'est une suivante.
J'espère que vos jambes tiendront.
La 76, c'est la chaîne.
Un ramassis d'étrangers.
Vous êtes trop bien pour ça.
Vous seriez mieux dans un bureau.
Parlez-en à l'assistante sociale.
Au suivant.
Attendez.
Montez, vous.
Vous...
M. Gilles, porte B.
Au fond, donnez-moi ça.
Vacarme assourdissant des machines.
Vous avez une blouse ? Attendez.
Notre chef d'équipe.
Déposez votre manteau.
Des sandales ?
Venez.
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