لومړۍ 200 کرښې.
En noir et blanc
écran large 1 : 1,66
en son direct
tourné en 11 semaines
entre le 1 er juillet et le 31 octobre 1975
entre Lüneburg et Hof, le long de la frontière de la RDA.
La dernière fois, vous m'avez raconté que vous étiez musicien de cinéma.
J'étais musicien de cinéma.
Ma femme jouait du piano, n'est-ce pas ?
Et moi du violon.
Et quand il y avait de grands films, comme les Nibelungen ou Ben Hur,
il y avait une autre musique.
Alors on avait un violoncelliste,
une contrebasse et un harmonium,
parfois même une batterie.
Ce n'était pas facile à jouer.
Et ils se sont tous retrouvés au chômage ?
Ça a été une sale époque, l'arrivée du cinéma parlant.
Le vrai cinéma parlant. D'abord, c'était un tourne-disque.
On avait de grands disques.
Pour chaque bobine, il y en avait peut-être 12, 14...
de petites bobines.
Alors il arrivait souvent, quand un film cassait,
que tout soit décalé.
Il fallait passer la nuit à tout recoller,
dans la cabine de projection, pour rien.
Et le lendemain, on se faisait siffler.
C'était comme ça.
C'était quoi, votre musique préférée ?
Eh bien, les Nibelungen.
C'était un film en deux parties.
La Mort de Siegfried et la Vengeance de Kriemhild.
Ben Hur était en deux parties aussi.
Enfin, je crois. Je ne sais plus.
En tout cas, les Nibelungen,
c'était en deux parties.
Si vous n'aviez que le cinéma pour vivre, vous pourriez ?
Impossible, plus maintenant.
Vous pouvez vous imaginer que dans quelques années,
il n'y aura plus de cinémas dans les petites villes ?
Je crois que quand un cinéma se maintient quelque part...
Dans notre région,
il y avait des cinémas partout
dans des trous perdus, et aujourd'hui,
ils ont disparu.
Mais si un cinéma reste,
je vous assure que dans dix ans il jouera encore
si on produit toujours des films.
Enfin, si on produisait encore des films.
Mais avant, vous pouviez vivre du cinéma ?
Plus tard,
à partir de 1951...
Pendant des années, je n'ai pas eu le droit de l'exploiter.
A cause du Troisième Reich et tout ça.
Pourquoi n'en aviez-vous pas le droit ?
Parce que j'étais membre du Parti.
Du SPD,
non, du NSPDAD, ou comme il s'appelait, ce parti.
Et après, j'ai été en procès de 50 à 51
pour ravoir mon cinéma, n'est-ce pas ?
C'est arrivé à beaucoup de propriétaires de cinéma.
AU FIL DU TEMPS
Rêve à la con !
Ça couine !
Otez vos vêtements mouillés, je vais vous en donner d'autres.
J'ai besoin d'eau pour ma voiture.
Dormir toute la journée !
Je peux l'avoir ?
J'ai besoin de faire pipi.
Vos vêtements sont secs.
La prochaine grande ville, c'est quoi ?
Je passe par Wolfsburg.
Je m'appelle Bruno Winter.
Je m'appelle Lander.
Robert Lander.
Vous faites ça depuis quand, le camion et les cinémas ?
Depuis deux ans.
Tout seul ?
Deux ans ?
Et comme domicile ?
La voiture est immatriculée à Munich.
C'est là que je l'ai achetée.
Et ça marche...
d'être seul !
Ça marche.
De mieux en mieux.
Moi, je ne peux pas.
Vous avez une idée d'où vous voulez aller ?
Je vais voir.
Celui-là va à Lehrte...
Magdeburg, Dessau...
Leipzig,
Stendal...
Dresde,
Gifhorn...
Braunschweig,
Helmstedt...
Helmstedt ? J'y vais cet après-midi.
Au Roxy !
Vous avez déjà fini ?
On est quel jour ?
Lundi.
Je viens de boire une bière.
Hier, j'étais encore à Gênes.
C'est pour ça !
Je suis fatigué. Je m'arrête.
Je peux installer un deuxième lit.
Je vais me promener
jusqu'aux voies de chemin de fer.
Vous savez
ce que veut dire "loon" ?
Ça ne peut pas être ça.
C'est comment, toute la phrase ?
Oiseau aquatique,
plongeur.
Bonjour.
Je mets de la musique ?
Parti !
Parti, le kamikaze...
Le conducteur de la mort.
Pardon.
J'ai quelque chose pour le petit-déjeuner.
Bon.
Cette tasse est foutue.
Vous m'en donnez une autre ?
Où elle est ?
Celle-là est bien.
Là, elle va retomber.
Allez, les enfants, rentrez !
Quand est-ce qu'on va enfin commencer ?
Les enfants commencent à s'énerver.
Je ne m'attendais pas à réparer un haut-parleur.
C'est un hasard que j'en aie eu un.
Il y a une demi-heure qu'on attend.
Il faut commencer, à cause des gosses.
On le monte, puis on démarre.
Calmez-vous !
Ces hommes doivent encore réparer quelque chose.
Encore 5 minutes.
Du calme ! Sinon on retourne à l'école.
Merde, je ne vois rien !
Vous voulez voir le film avec le son. Ils réparent le haut-parleur.
Demain, vous serez en vacances, vous ferez ce que vous voudrez.
Eteins la lumière !
A l'embranchement, il y a la route du village "Sans Pouvoir'.
Une voie sans issue.
A peu près 6 km aller et retour.
Ça ne vaut pas le coup. Un village comme un autre.
Tu y es déjà allé ?
La dernière fois, je l'ai vu sur la carte.
Alors, je suis allé voir "Sans Pouvoir".
Le village voisin, de l'autre côté de la montagne,
s'appelle "Sans Paix".
Et la montagne...
"L'Homme Mort".
"Sans Pouvoir"... "Sans Paix"...
"L'Homme Mort" !
Ce n'est pas vrai !
Je n'ai pas trouvé de chemise. Ils n'en ont qu'à col montant.
Ça me fait mal au cou.
On étouffe,
comme s'il y avait du foehn.
J'irais bien me baigner...
après.
Je n'ai pas le temps.
Je peux toujours continuer tout seul.
Un numéro à neuf chiffres !
Question de vie ou de mort !
La ville où nous...?
Quand j'étais sur l'échelle,
j'ai eu tout à coup très peur.
J'ai regardé mon ombre...
et au même instant, j'ai vu que tu me regardais.
J'ai voulu arrêter tout de suite.
J'étais furieux...
et désemparé.
Je ne savais plus comment j'avais commencé.
A ce moment, tu t'es remis à faire le clown...
j'ai dû en faire autant.
Ça m'a rendu encore plus furieux.
C'était la même chose pour moi.
Quoi ?
Arrête !
Je ne dors plus dans cette cabine.
Dors où tu veux !
- Elle était comment, la saucisse ? - Bonne.
Qu'est-ce que tu fais à part pilote d'essai ?
Je suis pédiatre.
Un genre de pédiatre.
A Gênes, je me suis séparé de ma femme.
Ce n'est pas ce que je t'ai demandé.
Tu n'as pas besoin de me raconter tes histoires.
Mais qu'est-ce que tu veux savoir ?
Qui tu es.
Je suis mon histoire.
Le matelas est à l'arrière. La porte est ouverte.
Prends un coussin !
Quel vacarme !
Fous le camp !
Qu'est-ce qui se passe ?
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