لومړۍ 200 کرښې.
Coucou, ma jolie. On va où ?
44e rue, entre la 9e et la 10e.
Tiens, mon pote.
Sentez la magie de la ville qui ne dort jamais.
Des lumières de Broadway aux sentiers de Central Park.
Des terrains de jeu de New York...
Putain.
Quel enfoiré.
- Ton vol ? - Je monte dans l'avion
On peut se voir à ton retour ?
J'ai atterri
La 44e et la 9e ?
Oui.
Dans Midtown.
Ce bon vieux Midtown.
Vous êtes ma dernière cliente pour aujourd'hui.
- Ah oui ? - Oui.
J'ai gagné ?
Ça, c'est clair, trésor.
J'ai gagné quoi ?
Ce que vous voulez.
Ouais.
J'ai eu une dure journée.
Des petits trajets, pas de pourboires.
Putains de paiements par carte.
Quand c'était en liquide, les gens lâchaient 10, 20, 50.
Des billets de Monopoly.
Mais la carte, c'est trop de réflexion.
Avec tous ces petits numéros,
je vois rien venir,
et je me fais enculer.
Et ces applis à la con, là.
Café, burger, savon, chaussettes,
vin, eau, beuh, bouffe chinoise.
On peut avoir ce qu'on veut sans sortir le porte-monnaie.
Même pas pour un pourboire.
Avant, le sel, c'était du fric.
Le sel, quoi !
Cette merde qu'on met sur nos œufs.
Chaque matin, on fout cette merde
sur nos œufs, sans savoir que des gens sont morts pour ça.
Le thé, le café, pareil.
Toutes ces merdes auxquelles on fait pas gaffe,
à un moment donné,
des gens se sont massacrés pour en avoir.
Faut prendre de la hauteur.
Avec le temps, le fric est passé du sel à l'or au papier.
Maintenant, le fric, c'est plus qu'une notion abstraite,
des petits numéros sur un écran.
Rien à palper, rien à enfouir,
rien à planquer quelque part.
Non, on l'accroche à un foutu papillon
et on l'envoie dans un nuage.
Un de ces quatre, c'est moi qui vous le dis,
ce nuage va crever et déverser sa pluie acide
sur toutes nos têtes de cons.
Mais avec moi, c'est bon.
Ah ouais ?
- J'ai un sac à l'arrière. - Et ?
Il est plein de sel.
Elle est bonne. Vraiment.
Rien que pour ça, va pour la carte.
Voilà où on en est rendus.
Le taxis jaunes, c'est comme les vidéoclubs.
Pas vrai ?
Dans dix ans, ils auront disparu.
Et les autres gars, ceux des applis,
ceux qui contrôlent tout,
ce sera plus qu'un point sur l'écran,
en un rien de temps, ce sera fini.
On commandera un taxi sur son portable, comme avant.
Mais ce sera pas un vrai type derrière le volant,
moi, je vous le dis.
On commandera un taxi,
et la voiture se conduira toute seule
pour vous emmener là où vous voulez aller.
Fini, les excès de vitesse, la puanteur, le mal au cœur.
Elle se perdra jamais.
Elle vous demandera même comment ça va.
- Saletés d'applis. - Carrément.
Je mets la radio ?
Non, ça va.
Pas sur votre tél, c'est cool.
Vous êtes pas obligée de me faire la conversation...
Mais c'est déjà cool.
De voir quelqu'un de pas accro.
C'est quoi, votre nom ?
Pourquoi ?
J'aime connaître le nom des gens, c'est tout.
Ben merde, une vraie personne !
C'est mignon.
Clark.
Clark.
Vous vous attendiez à Vinny, hein ?
- Je m'attendais à rien. - Pas de malaise.
C'est vrai que Clark
a une villa dans les Hamptons,
joue au tennis, va à l'opéra, tout ça.
Je serai jamais ce type, jamais de la vie.
Vous préféreriez quel nom ?
Vinny.
- Vinny. - Vinny. Classique.
Bien sûr.
Alors, vous vivez ici ?
- Oui. - Ouais.
Ça se voit à votre accoutrement.
Mon accoutrement ?
Il en dit long sur vous.
À savoir ?
Vous êtes débrouillarde.
Vous en savez quoi ?
C'est pas si dur de cerner les gens.
Vous êtes montée, normal,
vous avez éteint l'écran à l'arrière,
vous savez déjà
quels spectacles se jouent à Broadway.
Vous avez même pas mis la ceinture. À quoi bon ?
Les taxis, vous avez l'habitude. Je me trompe ?
Quoi d'autre ?
Vous m'avez donné
le croisement, et pas une adresse lue.
Vous vous fichez du compteur,
vous savez que c'est un taux fixe de JFK.
- Impressionnant. - Ouais.
Je prétends pas jouer les détectives,
mais je fais gaffe aux détails.
La journée a été longue, vous êtes crevée.
Vous voulez rentrer chez vous,
prendre une douche, dormir dans votre lit,
et vous avez fait la queue pour avoir un putain de taxi.
Vous êtes une New Yorkaise qui fait gaffe.
On vous la fait pas, à vous.
Et vous avez pas peur de croiser mon regard.
Donc, je confirme,
vous êtes débrouillarde.
J'aime à le croire.
Tu es arrivée ? Je peux passer ?
Dans le taxi
Donc tu approches salut
Comment on dit jolie ?
Tu es très bonita
Merci
j'ai besoin de toi
Comment ça se dit ?
Vous arrivez d'où ?
D'Oklahoma.
Y a quoi, là-bas ?
Je sais plus je commence à peine
C'est là où j'ai grandi.
tu arrives quand ?
Ça va faire tard Peut-être une autre fois
Mais j'ai besoin de toi
de ta chatte
Tu me la montres ?
Mets ton portable entre tes cuisses
il faut que je jouisse aide-moi à jouir
Et votre accent ?
- Pardon ? - Votre accent.
- Mon accent ? - Oui.
Les gens de l'Oklahoma ont un accent traînant.
Pas tous, faut croire.
Vous venez d'où ? De quel coin ?
D'une petite bourgade.
Laquelle ?
- Ça vous dira rien. - Allez.
Bon, l'Oklahoma est en forme de poêle, pas vrai ?
Alors, si mon bras, c'est la poignée...
Ouais ?
J'ai grandi ici.
- L'aisselle. - De l'Oklahoma.
Avec pour nom ?
- Gage. - Gage, Oklahoma.
Voilà.
J'aurais jamais deviné, je vous jure.
- Vous auriez dit quoi ? - Pas une aisselle, en tout cas.
À New York depuis longtemps ?
- Ça fera neuf ans en juin. - Sérieux ?
Sérieux.
Un an de plus, et je serai une vraie.
- Vous êtes dans quoi ? - Je suis programmeuse.
- Informatique ? - Tout à fait.
- Sérieux ? - Sérieux.
Des uns et des zéros, tout ça ?
Voilà, c'est ça.
Vous attendiez un truc plus féminin.
Genre organisatrice de mariages.
- Ou dans la mode. - La mode.
Peu de femmes font du code, c'est sûr.
Les barrières qu'on a vous mises,
vous les avez enjambées.
J'aime enjamber.
Et c'est comment, les uns et les zéros ?
C'est-à-dire ?
Les éléments de base, quoi.
Quand je regarde un ordi, en fait,
c'est des uns et des zéros.
Oui, un truc du genre.
Dites-m'en plus. Je vous assure, ça m'intéresse.
Pour me la raconter ensuite.
En gros,
No comments yet. Be the first to leave one.