Nearest to Heaven (Au plus près du paradis)

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Au plus près du paradis

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Nearest to Heaven (Au plus près du paradis)
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په خپور شو: 2019-05-10
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د French سرليکونو مخکتنه

لومړۍ 200 کرښې.

Je te dépose ?

Ah, Bernard.

C'est marrant, non ?

Je t'ai vue sortir, en fait.

J'ai attendu, je t'ai suivie et je me suis dit : "Allez !"

J'ai cru te voir au fond de la salle, mais j'étais pas sûre.

Je t'ai reconnue de suite. 30 ans après, t'es pareille.

Enfin... Pareille, non.

Tu donnes la même impression. Je sais pas comment dire.

Alors, ne dis rien.

Je t'avais déjà revue, je crois, il y a 10 ans.

Un vernissage de Plagnol à Tamaris. Là non plus, tu m'avais pas vu.

"Tamaris" ? Non, ça me dit rien.

- C'est une belle voiture, ça. - Elle est magnifique, oui.

- Vas-y, monte. - J'ai horreur de conduire.

Ferme les yeux, tu vas voir. L'odeur du cuir, le bois... Vas-y.

C'est bas.

Le rouge, c'est un peu trop. Mais si je me fais pas plaisir là...

Et puis... ça plaît aux femmes.

T'as vu ça, comme le volant est doux ?

Oh, merde !

Ça fait un peu con de Saint-Tropez il y a 20 ans. Ça me fait rire.

Pas toi, apparemment.

Qu'est-ce qu'on fait ? Je te ramène ?

- Non, ça va te rallonger. - Tu sais où j'habite, toi ?

Non.

T'étais déjà venu, toi, à ces réunions ?

Les années avant, les voyages, j'étais pas trop pour.

Bon. Là, j'étais à Paris, alors...

Et puis une fois dans le bain, c'était plutôt marrant.

Si c'était pour ressasser le passé, ces réunions d'anciens...

D'anciens quoi ? Étudiants, on va dire. Hein ?

Non. Et puis c'est loin, tout ça.

Et ça s'est un peu disloqué. Y avait pas tout le monde.

Tu penses à quelqu'un ?

Non, je me souviens pas de tout le monde.

Mais Philippe, tu t'en souviens ?

- Philippe ? Bien sûr. - Ouais.

Mais je crois pas qu'il était là. Et j'ai vu Sophie. Sophie...

Je sais plus son nom.

En fait, j'ai pas parlé à grand monde.

Mais bon. Ça va, si on se force.

Toi, te forcer, tu l'as jamais trop fait.

C'était pas ton truc.

- T'énerve pas. - C'est quoi, mon truc ?

Y a pas de taxi, t'es coincée. T'as pas l'habitude.

D'habitude, toi, tu siffles, et puis...

Hein ?

On en faisait qu'à ta tête, tous. Même Philippe le disait.

Pourtant, il prenait pas de gants et s'intéressait pas aux autres.

Philippe, il a quand même fallu que tu marches droit vers lui

et que tu le regardes avec ton air... Tac ! Sans forcer non plus.

Si ?

Quelle mémoire !

On était très jeunes, il me semble.

Le truc étrange, là-dedans,

c'est que toi, tu te sois abaissée devant son sourire en coin.

Comme quoi les princesses sont pas spécialement lucides.

Sans doute, si tu le dis.

Moi, j'aurais jamais pu dire ce qu'il a dit à toute la bande.

Et pourtant, tu es bavard.

Dis-moi, Fanette, comment ton nom a pu se trouver sur la liste

au milieu de ces poules ?

Je suis une poule. Qu'est-ce que ça peut te faire ?

T'es toujours là à regarder chez les voisins ?

Comment tu sais ce qui s'est passé ?

J'ai vu ce que j'ai vu. J'étais pas le seul.

Et j'aurais été la femme de ta vie ? C'est ça ?

Quel cinéma !

Écoute, je peux pas rester devant un mec qui pense faux

et qui klaxonne comme ça. Je vais pas me forcer aujourd'hui.

- Mais... - Merde, merde, merde.

Oh, merde.

- Si Philippe avait été là... - Il était là. En costume gris.

Il paraît. Moi, je l'ai pas vu. Toi non plus, c'est con.

J'ai ton adresse. Si je le croise, tu veux que je la lui donne ?

Bien sûr que tu veux.

Pourtant, ça se termine bien.

Oui.

Je crois que c'est la musique.

Non.

Bonjour. Je suis peut-être là, peut-être pas. Laissez un message.

Fanette, c'est Alain.

Fanette, c'est Alain.

Bon. Tu dois être crevée après ton déménagement.

Si tu rentres pas trop tard, je pourrais t'emmener dîner.

Rappelle-moi.

Sinon, à mardi, à l'hôpital. Je t'embrasse.

On dit que c'est de l'abstrait.

Mais pour moi, chaque signe correspond

à une histoire, à quelque chose qui existe.

Mais il y a toujours

quelque chose de vrai. Et puis on brode.

On se raconte une histoire.

Allez-y.

Le Combat de coqs fait partie d'une série de 12 grands dessins.

L'histoire d'un voyage qui finit mal dans la mer des Sargasses,

où le bateau, trop chargé des trésors de l'île,

chavire corps et biens.

Je ne construis pas,

mais je jette une partie de moi-même sur une surface.

Par analogie,

j'explore le monde invisible et des forces mystérieuses.

Je ne parle de cela que par des références

qui font de rien quelque chose.

Te voilà, toi.

Bonjour, maman.

Bonjour, chérie.

Tu as été chercher le sac chez Laure ?

Non, je vais y aller tout à l'heure.

- T'en as besoin aujourd'hui ? - Non.

Tu veux allumer la machine à café ?

J'y vais.

Lucie, pourquoi tu fais ça ?

Y a pas mort d'homme. Tu m'embrassais comme ça, avant.

Quand tu étais petite. Maintenant, tu es grande.

Ta bouche est faite pour les autres. Pour tes amours.

Je suis ton amour.

"Si ta bouche embrasse tout le monde,

"tes baisers n'auront plus de goût."

La Rochefoucauld ?

T'as toujours de ces phrases sentencieuses à la con.

Dire que tu es grande pour ce genre de baisers, c'est pas sentencieux.

Et si ça m'aidait à trouver un homme ?

Mais ça marche pas comme ça. Je suis pas une fée.

Elle te va très bien. Garde-la.

Tu la mets encore ?

Non, pas très souvent.

Dommage.

Elle t'allait bien.

Ta vie, ça va ? Rien de nouveau ?

Non. Rien que je puisse raconter comme ça, au saut du lit.

Moi, c'est pareil. Rien de nouveau dans ma vie.

Qu'y a-t-il ? Y a quelque chose dont tu veux me parler ?

Je crois pas, non.

Je découvre ton appartement. J'ai plus de chambre,

je m'intéresse au reste de la maison.

Tu sais bien que les pièces vides, ça m'angoisse.

On va pas recommencer.

Il y aurait pas eu de vide. J'aurais mis plein d'affaires dedans.

Tu as déménagé la première, non ?

Et alors ?

Et si j'ai besoin d'un endroit où me réfugier ?

Si tu veux te réfugier, dors dans le salon. Tu as les clés.

Tu es chez toi. Mais on n'est pas un couple.

Mais à toi les robes, à moi les pantalons.

À toi les seins, à moi les épaules.

Mais tu as le corps de ton père et ses cheveux.

Tu as de si belles épaules, un long cou.

Mais tu es magnifique, ma Lucie.

Oui, c'est moi.

Comment ?

J'entends pas bien. Vous appelez d'un portable ?

Qui ?

Comment ?

Je vous connais ?

Pardon, je... Allô ?

Ça va ?

T'es pas sortie avec un Bernard, à un moment donné ?

Moi ? Non.

Et toi ?

Non, je crois pas.

Si on faisait équipe pour chercher les Bernard ?

Tu peux m'aider ? J'y arrive pas, avec mes ongles.

Combien de Bernard on peut attraper en une journée ?

Fais-moi un café.

Pour une fois qu'on avait un projet.

Oh, merde !

T'as pas un Kleenex ?

Si. Tiens.

J'en ai marre, de pleurer.

Ça fait deux, trois fois que je...

Mais c'est grotesque.

Je sens que je pourrais pleurer comme une fontaine.

Et encore, tu t'es pas fait larguer.

Non, mais...

Et encore, tu t'es pas fait larguer.

Non, mais...

Ta robe est défaite, là.

Je m'en fous.

Je m'en fous.

Il faut que tu sortes le soir et que tu dormes 8 heures.

Tu fais ça trois, quatre jours, et après, tu verras.

Je peux pas, j'arrive pas à dormir. J'ai des cauchemars.

Comment je peux avoir des trucs aussi affreux au fond de moi ?

C'est quoi, ton cauchemar ?

Je mets mes mains dans son corps, je fouille

et je lui arrache le foie.

Mais c'est pas un cauchemar, ça.

C'est un sentiment violent.

Il y a bien pire.

"Pire" ? Qu'est-ce que t'as rêvé de pire ?

Moi, le seul rêve dont je me souvienne, c'est que...

je cours partout et que j'ai plus de tête.

Sauf dans certaines rues où j'ai encore ma tête.

Mais t'es toute seule. Tu fais de mal à personne.

On croit ça, mais on fait toujours du mal à quelqu'un.

C'est inévitable.

Enfin, sauf pour toi. Pour toi, il y a de la marge.

Oh non. Écoute...

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