لومړۍ 200 کرښې.
C’est ouvert.
Bonsoir. Comme d’habitude, tu as l’air endormie, Shiki.
Tiens, mets ça au frigo.
Tu devrais au moins fermer à clef. Tu es vraiment imprudente.
Je te l’ai déjà dit.
Je te l’ai déjà dit. Tu peux entrer et sortir comme tu veux.
Je ne préfère pas.
Aujourd’hui, j’ai testé la fraise.
Ça a fondu ?
J’aurais dû prendre de la neige carbonique.
Je n’aime pas la glace.
Vu la chaleur d’aujourd’hui,
je me suis dit que tu aimerais avoir du frais.
Je n’ai pas fait dans l’originalité, mais ça collait bien à ta personne.
De quoi ?
La fraise.
C’est de la Häagen-Dazs.
Tu n’as pas mangé la glace de l’autre jour.
La fraise me correspond ?
Ton blouson.
Et la fraise appartient aux rosacées.
Étonnant, non ? On trouve les fraises mignonnes, mais ce sont des roses.
— Ça te ressemble bien. — Je n’en mangerai pas.
THE GARDEN OF SINNERS — Aux frontières du vide —
Œuvre originale : Kinoko Nasu
Personnages originaux : Takashi Takeuchi
Design des personnages : Tomonori Sudō, Takuroo Takahashi
Scénario : Masaki Hiramatsu (ufotable)
Directeur artistique : Nobutaka Ike
Couleurs : Emi chiba 3D : Shintarō Nakamura
Musique : Yuki Kajiura
Directeur du son : Yoshikazu Iwanami
Producteurs : Masayuki Hariu, Hikaru Kondō,
Atsuhiro Iwakami, Takashi Takeuchi
Superviseur : Katsushi Ota
Producteur exécutif : Ryū Suzuki Contrôle : Kenichirō Kasahara
Production : Hikaru Kondō
Réalisation : ufotable
Metteur en scène : Ei Aoki
VUE EN PLONGÉE
Aujourd’hui, vers 14 h 10, une lycéenne de Tokyo
s’est jetée du haut de la tour Fujō nº 4
et a succombé peu après.
C’est le quatrième suicide enregistré dans la tour Fujō.
Encore une fois, aucune lettre d’adieu n’a été trouvée.
La police essaie de retracer l’itinéraire de la jeune fille
et enquête afin de savoir si elle avait des problèmes.
Ça te travaille ?
C’est la quatrième victime.
Ça ne va pas tarder…
Les gens vont faire le lien.
Le lien ?
Oui. Ou devrais-je dire le point commun ?
Elles venaient de différentes écoles et ne se connaissaient pas.
Elles n’avaient aucun problème personnel
et leurs proches ignorent les raisons de leur suicide.
Si l’on considère les faits, il est clair qu’il s’agit
de suicides soudains causés par une angoisse très personnelle.
D’où l’absence de lettres d’adieu
et le peu de cas qu’en fait la police.
— Des lettres d’adieu ? — Oui.
Quitte à mourir, elles auraient pu faire ça sans ennuyer personne.
Ça te paraît louche.
C’est bien ça ?
Si plus rien ne les retenait dans ce monde,
elles n’avaient pas à choisir une mort spectaculaire.
Ne pas laisser de lettre d’adieu, c’est s’effacer purement, en silence.
À l’inverse, une mort spectaculaire est en soi une lettre d’adieu.
Mais ces filles ont sauté sans dire un mot.
Et donc ?
Elles ne voulaient pas mourir.
C’est comme si elles étaient allées faire les courses
et avaient été tuées par malchance dans un accident de la route.
C’est ce que Mikiya a dit.
Il a dit ça ?
Mais il a ajouté qu’on n’allait pas
faire ses courses puis se jeter tout à coup du haut d’un bâtiment.
Franchement…
Quand Mikiya reviendra-t-il parmi nous ?
Il s’agit là du cinquième suicide dans la tour Fujō.
La jeune fille était lycéenne et comme dans les précédents cas,
on n’a trouvé aucune lettre d’adieu.
Jusqu’à quand cela va-t-il durer ?
Il y aura huit morts, puis ça cessera.
J’ai vu huit personnes flotter dans les airs.
Tu es allée là-bas ?
Oui.
Intéressant.
Qu’a ce lieu de si spécial ?
Les tours Fujō ont été construites dans les années 1970,
durant le boom économique, et étaient un symbole pour la ville.
La vue qu’elles offraient ont attiré du monde
mais on a décidé de les détruire il y a quelques années pour vétusté.
L’évacuation des résidents ne s’est terminée que récemment.
Ce n’était pas ma question.
Comment dire… Le temps y est bancal.
L’ordre y est renversé, pourrait-on dire.
Les souvenirs, ou plutôt les images persistantes de la vie des gens
semblent s’y écouler lentement.
Les images des jeunes filles mortes sont en retard sur le temps réel.
Ainsi, il ne survit là-bas que des souvenirs.
Tant qu’on survit dans le souvenir d’autrui, on ne devient pas néant.
Comme la fumée qui persiste quand on éteint le feu.
Dis-moi, Shiki, que t’évoque la vue que tu observes d’un lieu élevé ?
Quelle impulsion as-tu en contemplant le monde dans lequel tu vis ?
Quelle évidence te frappe alors, même si tu la rejettes ?
Quel sentiment t’apporte une vue en plongée ?
C’est le « recul ».
La vue qu’on a d’un point élevé est magnifique.
Même un paysage banal semble alors extraordinaire.
Mais un champ de vision trop vaste est déformant,
il crée une distance avec le monde observé.
Il est plus juste de considérer
que le monde dans lequel tu vis est ce vaste paysage que ton œil observe
plutôt que le petit espace où ton corps évolue,
mais il est difficile de se sentir exister dans ce vaste monde.
Il y a alors un conflit entre ta raison et ton expérience sensible.
L’un des deux finit par céder et alors, c’est la confusion.
Alors…
Le champ de vision est une image traitée par le cerveau, pas par l’oeil.
Notre champ de vision dépend de notre sens commun.
Les gens ne peuvent pas sortir de la boîte où ils sont confinés.
Enfin, normalement…
On l’apprend à l’instant,
il y aurait eu un nouveau suicide dans la tour Fujō.
Et de six.
Plus que deux, donc ?
— Y a-t-il un lien ? — Avec quoi ?
Rien.
Elles ne voulaient pas mourir.
C’est comme si elles étaient allées faire les courses
et avaient été tuées par malchance dans un accident de la route.
Franchement…
Quand Mikiya reviendra-t-il
parmi nous ?
Kokutō !
On y va ?
Il est toujours en train de rêver.
Il reste en permanence immobile.
C’est pour ça qu’il peut s’envoler où il veut.
J’aimerais qu’il m’emmène avec lui.
Sais-tu voler ?
Ma pauvre,
tu ne comprends rien !
Je vois.
Tu as pris une belle rouste.
Elle t’a littéralement arraché le bras.
C’est ta faute. Je le croyais plus solide.
Alors si c’est ma faute, tout va bien.
Que veux-tu dire ?
Rien.
Mais l’affaire Fujino Asagami remonte à moins d’un mois.
Sois plus précautionneuse avec ton bras artificiel.
Avec le prochain.
Belle résolution.
Tu sais, Shiki,
si on s’en donne la peine, on peut fabriquer des poupées
ou des membres artificiels très proches de la réalité.
Mais sans âme pour les mouvoir, ce ne sont là
que des coquilles vides.
Il en va de même pour le corps humain.
Un corps vidé de son âme n’a aucun sens.
Ce n’est qu’un récipient, ce n’est que du néant.
Un peu comme toi autrefois.
Je t’ai raconté la première fois que Kokutō est venu ici ?
Non.
Il est venu, comme ça, me demander de l’engager.
Une de mes poupées l’avait subjugué à une exposition.
Il n’avait rien pour me contacter, mais il a fini par arriver ici.
J’avais pourtant mis un charme pour éloigner les gens.
Durant l’entretien, il n’a pas quitté les poupées des yeux.
Celle qui est assise au bout était sa préférée.
Peut-être a-t-il vu dans mes poupées le vide qui t’habitait.
Je lui ai dit que les gens fascinés par les poupées
ne devaient pas approcher la tour Fujō.
Vide…
Bonjour, Shiki. Tu es au courant des suicides de la tour Fujō ?
Tōko aimerait t’en parler.
En chemin, tu pourrais acheter du café ?
Choisis la marque.
A plus tard.
8 août, 7 h 51.
Vous n’avez aucun autre message.
Bouge, pour voir.
La sensation d’inconfort est normale, tu t’y feras vite.
Il est deux fois plus solide que l’autre.
Il résisterait au poids d’un éléphant.
Il est bien.
Voilà ce qu’il a récolté en ignorant ton avertissement.
Qui sème le vent…
Tu nous le ramènes ?
Vous êtes clairement maléfiques.
Dans ce cas…
je vais devoir vous tuer !
Tes pieds ne touchent pas terre.
Voles-tu ?
Flottes-tu ?
Ta Suggestion est sans effet.
Il faudrait déjà que j’en aie le désir.
Je n’ai même pas l’impression d’être en vie.
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