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UN SPECTACLE ORIGINAL NETFLIX
Mesdames, messieurs, veuillez accueillir Adel Karam.
Bonjour.
Waouh, c'est super !
C'est super !
Bonsoir.
Que Dieu ait son âme !
"Bonsoir."
Un peu d'entrain. Ça va ?
Tant que ça !
Bonsoir, là-haut !
Oui, je vous vois.
C'est comme si vous arriviez de l'espace.
Merci à tous d'être ici ce soir.
Merci d'avoir fait le voyage de Beyrouth.
Ça fait loin. Je suis arrivé jeudi...
pour ne pas être en retard. Je ne voyage pour personne.
Je l'ai fait pour vous. Je suis arrivé jeudi.
Je peux vous faire la bise ?
Ça vous mettra en retard si je viens tous vous embrasser ?
On adore faire la bise.
C'est dingue comme on adore ça. Les Libanais adorent se faire la bise.
Qui n'est pas libanais ici ? Oui ? D'où venez-vous ?
- Vous venez d'où ? - De Jordanie.
Jordanie ? Vous arrivez tout juste de Jordanie ? Bienvenue.
J'ai un problème avec les Jordaniens.
Vous faites trois fois la bise, comme nous.
On fait trois fois la bise.
J'ignorais qu'en Jordanie, c'était...
Une fois, en Jordanie, j'ai rencontré quelqu'un.
On allait se faire la bise pour se dire bonjour.
J'ai commencé...lui aussi...
On n'arrêtait pas de se pencher sur le côté.
C'était bizarre !
Il avait sa langue sur mes amygdales.
Je l'ai regardé et j'ai dit : "Vous faites quoi, ce soir ?"
Quoi ?
Faut arrêter de se faire la bise.
Qui n'est pas libanais dans la salle ?
- Vous êtes d'où ? - De Syrie.
J'ai dit : "Pas libanais."
Il n'hésite pas : "Syrie !"
On est vos invités maintenant.
Je vous souhaite la bienvenue à tous dans son pays.
On est presque en concurrence.
Content que vous soyez là ce soir.
Les Syriens font la bise comme nous ?
Ou c'est différent ?
Deux fois, comme en Europe. Basta !
Pas comme les Libanais et Jordaniens.
Qui n'est pas libanais ?
Il y a tout un groupe, là ! Vous êtes d'où ?
D'Égypte ? Super.
En Égypte, on fait deux bises, c'est ça ? Deux bises. Super.
Vous savez vous tenir, contrairement à nous.
Nous, on est en chaleur !
Dès qu'on se voit, on se fait la bise, c'est dingue.
Sans vouloir offenser les autres,
les Libanais embrassent le plus.
Dès qu'on se voit, on se fait la bise.
Tu t'en vas cinq minutes et quand tu reviens, on te fait...
Viens !
Viens !
Pas comme ça. Comme ça !
Quelle que soit la situation, on s'embrasse.
Même si un mec est malade, tu l'embrasses. Il éternue.
Si un mec est malade, il contamine la moitié du Liban !
On se voit, la bise. On se quitte, la bise.
Et les mecs avec une grosse barbe... C'est tendance.
C'est une nouvelle mode. Il vient t'embrasser, t'y échappes pas.
Dès qu'il se colle, tu sens sa toison.
T'as l'impression d'embrasser un ours. Tu nages dedans.
Si sa barbe est rêche...
t'as l'impression que c'est du papier de verre.
C'est pas les mecs que je rencontre. Je tombe toujours sur le mec
qui tire la chasse d'eau aux toilettes,
la porte s'ouvre, il sort, il vient de finir ses affaires,
et il fait : "Salut !"
"Viens là, toi." Et tu fais : "Salut."
Il fait : "Dans mes bras."
Tu te mets à penser à ce qu'il vient de faire.
Il ne s'essuie pas.
Il vous voit. "Salut." Il vous touche le visage.
"Qui est mon meilleur ami ? Qui est le mec que j'adore ?"
On devrait apprendre des femmes qui s'embrassent.
Elles s'embrassent de loin.
Il y a toujours un espace.
Comme si elles se dégoûtaient.
"Salut !"
Même si t'es en sueur, ça marche.
C'est comme embrasser quelqu'un sous la pluie.
Il y a des mecs doués pour embrasser.
Comme le mec qui vend des fringues sur la rue Haamra à 13 h.
Il mange des falafels.
Il tient son sandwich d'une main et un piment de l'autre,
il les tient pour que ça coule pas sur lui.
Vous avez vu ce mec qui mange son sandwich ?
Sa moustache est pleine de miettes,
de beurre de sésame et de piments.
Des graines de piments pendent des poils de ses narines.
Vous le regardez et il fait : "Salut. Venez là.
Venez là."
Quand il t'embrasse, t'as des graines d'un côté et de la sauce de l'autre.
Le pire, c'est le mec qui a mangé du poulet...
et pris une menthe après.
Il s'approche, près de votre oreille...
"Salut, mon grand !"
Il souffle dans votre oreille. L'odeur de l'ail est partout.
Vous dites : "Vous sentez l'ail." "Mais j'ai pris une menthe." "Laquelle ?"
Faut te pomper l'estomac, là.
Si vous additionnez toutes les bises de la journée,
mathématiquement, c'est comme faire l'amour.
Toute la journée, des bises. Tu devrais te réveiller. Allez !
En parlant de nourriture...
nous, les Libanais...
pour ceux qui ne le savent pas, c'est mon avis personnel,
nos estomacs sont des poubelles.
On mange tout et n'importe quoi.
Pensez au mouton qui nous tombe sur les bras.
Le pauvre !
Un Libanais met la main sur un mouton, il est pire que Daesh.
On le fait disparaître. On mange chaque partie.
Il ne reste plus rien. On fait du ras nifa avec la tête.
Dans ce plat, le meilleur qu'on peut vous offrir, c'est les yeux.
"Tiens, essaie, c'est bon et croustillant. Mais juteux !"
On fait cuire la langue avec du citron vert et de l'ail.
"Délicieux !"
Avec le foie, on fait du sawda.
Rien n'est meilleur que du sawda cru au petit-déjeuner
avec de l'oignon et de la menthe. Un délice !
Quoi d'autre ? Les intestins. On ne les jette pas.
Si vous ne savez pas les coutumes des Libanais,
on ne jette pas les intestins. On en fait des saucisses.
On les fourre avec du riz et de la viande.
Vous allez dire : "Beurk ! Il y avait de la merde dedans !"
Je répondrai : "Ça va. On les lave avant."
Même s'il reste de la merde, avec du citron vert et de l'ail, ça passe.
C'est rien. Qui n'aime pas les couilles de mouton ?
C'est délicieux.
Ce que je préfère, c'est la queue.
C'est incroyable, quand on y pense.
Le mouton broute toute la journée, il mange de l'herbe.
Sa queue est au-dessus de son trou du cul.
Il broute toute la journée...
Vous allez être dégoûtés, attendez !
On mange toutes les parties du mouton, sauf le pénis.
Je ne comprends pas. Pourquoi le sucer ?
Sucez-le, pour voir.
La toison ? On ne la jette jamais. On en fait des tapis.
On ne gâche rien. Si vous avez un ami qui est chauffeur de taxi,
offrez-lui la toison, et il vous adorera.
Il la mettra sur le tableau de bord avec un truc qui fait coucou.
Le chien est populaire en ce moment.
On le met sur le tableau de bord et il fait...
Vous freinez et il fait...
Malgré tout ça, vous ne risquez rien.
Quand vous mangez du mouton, buvez de l'Araak.
Ça tue les microbes.
Quels microbes ?
Vous avez vu la merde que vous mangez ? Faut boire de l'acide pour purifier ça.
Un jour, j'étais invité chez des amis. Ils avaient tué un mouton.
Je me suis goinfré.
J'ai sucé les os, les pattes, les intestins.
J'allais exploser. J'avais mal au ventre.
C'est normal. Il y a des conséquences quand on mange autant.
Un tas de microbes flottaient dans mon estomac.
On m'a emmené aux urgences.
Les hôpitaux libanais sont étranges.
Si vous arrivez en ambulance aux urgences,
ils freinent d'un coup, ouvrent les portes
et vous jettent sur une chaise roulante comme une pizza qui sort du four.
J'arrive, ils me mettent sur une chaise roulante, je suis en train de mourir.
Quand je vais à l'hôpital, on ne croit jamais que je suis malade.
C'est bizarre ! Je ne peux pas être malade ?
Quand vous arrivez aux urgences, avant qu'ils demandent vos symptômes,
la première question, c'est : "Assurance ou pas ?"
Ils veulent leur fric !
Votre traitement en dépend.
Ils ne croyaient pas que j'étais malade. Une femme est venue.
Toutes des serpents !
Ils ne les ratent pas.
Elle arrive, j'étais écroulé sur la chaise.
Elle arrive et fait...
"Oh, c'est vous.
Vous venez vous moquer de nous ?"
Du venin coule.
L'autre question qu'on me pose toujours, c'est : "Où est Abbas ?"
Comme si on tombait malades ensemble !
Ils me mettent sur un brancard, me lâchent dans un coin.
Le troisième serpent essaie de me mettre sous perfusion.
J'agonise ! Mes cris montent au ciel. Elle n'arrête pas de me piquer.
Elle a pris un marteau ou je ne sais quoi pour la faire entrer.
Elle a percé mes os pour y arriver.
J'ai crié de douleur ! Elle a fait : "Ça suffit.
Vous n'êtes pas le seul qui fasse mal aux gens."
Après l'examen les problèmes ont commencé.
Il me fallait une coloscopie.
Vous rigolez parce que vous y êtes passé.
Je vous ai vu frissonner.
Oui, une coloscopie.
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