لومړۍ 200 کرښې.
De mai à juin 1940, les Allemands capturèrent 1,5 million de prisonniers de guerre.
Tous ces hommes furent rassemblés dans divers camps dispersés à travers l'Allemagne.
Ces camps étaient, en fait, des centres de tri,
d'où les prisonniers de guerre étaient envoyés vers des détachements de travail.
Seuls les prisonniers qui avaient réussi à devenir du personnel permanent vivaient dans les camps :
chefs de baraque, tailleurs, cordonniers,
cuisiniers, comptables, personnels médicaux, postiers, et autres.
Par contraste avec cette catégorie privilégiée,
il y avait ceux qui ne se résignaient jamais à la captivité et tentaient sans cesse de s'évader.
En attendant leur procès, qui les enverrait dans des camps pénitentiaires ou en prison,
ces évadés habituels étaient enfermés dans une baraque
entourée de barbelés, gardée jour et nuit par des sentinelles armées.
Dans certains camps de concentration, pour les distinguer des autres et les surveiller plus facilement,
les Allemands les forçaient à porter un pantalon rouge.
Ils étaient les « durs » du camp, connus sous le nom de « culottes de cheval rouges ».
Ils ne pensaient tous qu'à une seule chose, toujours la même chose :
s'évader encore. C'était devenu une obsession, leur seul intérêt.
Schmidt était le chef des « culottes de cheval rouges ».
Schmidt, qui s'était évadé plusieurs fois et parlait allemand, fut maintenu comme chef de baraque.
Il y voyait des avantages.
Et bien qu'il ne s'évade plus lui-même, il aidait les autres à s'évader.
Il vendait des idées d'évasion à ceux qui manquaient d'imagination mais avaient de quoi payer.
Avec une vache jusqu'à la frontière ? Je n'y crois pas.
Tu te trompes. Fernand y a cru, et il y est parvenu.
- Donne-moi la carte. - La voilà.
Attention, les Allemands !
Debout !
- Pas question, tu as fait ça exprès ?! - Toi et tes plans idiots.
Idiots ! C'est déjà la cinquième fois que ton camarade essaie de s'évader !
Cache mes chaussures.
Ça ne sert à rien ! Ils vous attraperont quand même.
Elles sont trop grandes !
Je ne vais pas mettre ça ! À quoi est-ce que je ressemble, nom de Dieu !
Quelle merde...
Tiens, salaud. 300 marks jetés par la fenêtre !
Alors ? Qu'est-ce qui t'est arrivé cette fois-ci ?
Et alors, ça te regarde ?
Pourquoi vous me fixez tous ?
- Louis, mes chaussures. - Tes chaussures ? Quelles chaussures ?
- J'ai dit ! - Ne te fâche pas !
Les voilà. Tra-la-la...
Rien à manger ? J'ai faim.
Alors fais comme Charlie Chaplin : mange le cuir de ta chaussure.
Tu n'es pas encore sur la liste des repas.
Nom de Dieu, je n'ai rien mangé depuis hier soir.
Qu'est-ce que tu fais ici ?
Tu ne vois pas ? Je lis.
Va lire ailleurs.
Formidable ! Tu te retournes une seconde, et ta place a disparu !
Et quand as-tu acheté cette place ?
- Tu es fou ? - Ta place est tout au fond.
Échappe-toi 5 fois comme moi, et tu auras ta propre place. Pas avant !
Laisse ! C'était sa paillasse.
Dis-moi, Antoine, tu vas recommencer à nous embêter ?
Lâches.
C'est honteux de laisser mourir de faim un homme qui s'évade pour la 5e fois.
Quoi, pas même du tabac ?
Ils m'ont arrêté à 3 km de la frontière.
Peu importe. Au moins, j'ai vu la France !
- Jawohl ! - Calme-toi, c'est moi.
- À cette heure-ci ? Tu ne peux pas dormir ? - Je n'arrive pas à m'endormir.
- Écoute, il faut que je te parle. - Ça ne veut pas dire que tu doives me réveiller !
Combien d'années prends-tu pour avoir couché avec une femme allemande ?
- Tu ne l'as pas fait, hein ? - Combien ?!
10 ans de prison.
- Et si son mari est sur le front russe ? - Ça ne t'aidera pas.
- Et s'il est officier ? - Ça dépend de son grade.
Mais au minimum, la peine est doublée.
- Je suis autre chose. - Tu ne penses qu'à ça ?
Se faire prendre deux fois à cause d'une femme, c'est idiot !
Oh, là-dessus, tu as raison. Si je n'étais pas si idiot, j'aurais rejoint de Gaulle depuis longtemps.
Alors, tu as pensé à moi ?
Dis-moi, tu n'es pas corse ?
Non, je viens de Valois. Mais mon père est de Gênes. Pourquoi ?
Le docteur, le chef de l'infirmerie, il est de Bastia.
Et alors ?
Avec le dernier convoi, il a renvoyé Muccelli chez lui en le disant gravement malade.
Et ils n'acceptent dans l'infirmerie que des Corses.
- Schmidt, tu es un sauveur ! - Ne t'emballe pas, ce n'est pas gratuit.
D'accord. Combien ?
2 kg de chocolat et 25 cigarettes américaines.
Il faut graisser les Allemands.
Plus ta part.
Ma seule récompense, c'est de ne plus jamais voir ta tête !
- Levec !, Présent ! - Rassemblement !
- Brochard !, Présent ! - Rassemblement !
- Crococ !, Présent ! - Schnell ! Schnell !
- Rocan ! - Présent !
- Dimitri !, Présent ! - Rassemblement !
Rossi !
Rossi !
Rossi !
La nuit je ne suis pas responsable d'eux. Je dors...
Schmidt ! Schmidt, regarde !
Ah, le salaud ! Il a coupé le barbelé !
Antoine ! Dépêche-toi !
Schmidt ! Viens ici ! Tu dois être présent pendant la fouille !
Si nous ne trouvons pas l'évadé,
j'enverrai 10 « culottes de cheval rouges » en prison !
Nom de Dieu, les chaussures d'Antoine ! Adieu, 5 roll-ups !
10 jours de travail à la carrière. 10 jours sans lumière.
- Aole ? - Présent !
- Zerandu ? - Présent !
- Joani ? - Présent !
- Rothar ? - Présent !
- Rodier ? - Présent !
- Cordi ? - Ici !
- Balducci ? - Présent !
- Santa-Maria ? - Présent !
- Laurent ? - Présent !
- Beredon ? - Présent !
- Garpone ? - Ici !
- Forlani ? - Ici !
- Italien ? - Non.
Pas italien.
Tous Français.
- Corses. - Corses ?
C'est quoi, un « Corse » ?
Un Corse. Napoléon !
Ah, oui... Napoléon.
- Tu es corse ? - Oui-oui.
- Rossi, lui aussi corse ? - Oui.
Tous les Corses, au boulot vite !
13, 14, 15, 16, 17...
18, 19, 20, 21, 22 !
22 hommes ! En avant !
Antoine Rossi à l'église ! La vie est pleine de surprises !
La France vaut bien une messe !
Pas avec les « culottes rouges » !
La porte à droite !
Sous la scène.
Tu as encore bu le vin de l'église, petit vaurien ?
Père !
Non, toi !
- J'ai marqué le niveau. - C'est en dessous de toi !
Allez !
Ô Marie, ô chère mère !
Garde la foi des jours passés dans les cœurs français !
Entends du ciel le cri de notre patrie :
Catholiques et Français-pour toujours !
Entends du ciel le cri de notre patrie :
Catholiques et Français-pour toujours !
13, 14, 15, 16, 17...
18, 19, 20, 21, 22.
- Tout va bien. - Merci.
Ce n'est rien à côté du vin de l'église chez nous !
Nom de Dieu !
- Pourquoi crient-ils autant aujourd'hui ? - Peut-être qu'ils ont pris une raclée en Russie.
Un des « culottes rouges » s'est évadé cette nuit.
- Vraiment ? - Il devait prendre 20 ans de prison.
On dit qu'il a couché avec la femme d'un général de chars.
- Sans blague ! - Lequel ?
Celui qui a combattu en France. Je ne me souviens pas de son nom.
Pas très célèbre... Comment s'appelle-t-il ?
Il y a vraiment des gens nerveux !
Nerveux ? Moi j'appelle ça de la bêtise.
À quoi bon s'évader ? Ils te rattrapent toujours.
Ça ne fait qu'empirer les choses pour tout le monde.
Ils ont même interrompu l'offertoire à la première messe pour fouiller les baraquements.
Qu'est-ce que ça veut dire ? La messe, c'est la tolérance !
Après tout, nous sommes prisonniers de guerre. Nous avons perdu la guerre,
n'oublions pas ça !
Si nous continuons à provoquer les Allemands comme ça,
il n'y aura plus de messe ni de théâtre.
Nous travaillerons comme tout le monde.
Je n'aimerais pas ça.
« Culottes rouges ».
Je ne dis pas qu'il n'y a pas de braves parmi eux,
mais il y a aussi des fauteurs de troubles ! Ça, c'est sûr.
- C'est quoi ? - Mon briquet.
Qu... qu... Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Me cacher. - Toi...
- Tu es des « culottes rouges » ? - Oui.
T-u ne peux pas rester ici.
- Pourquoi ? - Ils pourraient te prendre.
C'est très dangereux ici ! Il y a des allées et venues tout le temps !
- Tu connais un endroit plus calme ? - Je suis sûr qu'il y en a.
Et où ?
Il faudrait que je réfléchisse. Je n'en vois pas un comme ça, d'emblée.
D'accord, quand tu en trouveras un, dis-le-moi.
En attendant, j'ai un appétit monstre.
Ça t'embête ?
Formidable !
Qu'est-ce que tu restes planté là ?
Tu as décidément de l'appétit !
Je n'ai pas mangé de choucroute depuis 3 ans !
À ta santé !
Tu ne peux pas rester ici, c'est imprudent !
- La troupe de théâtre sera bientôt là. - Et alors ?
Ils ne vont pas me dénoncer, si ?
Non, bien sûr que non.
Mais le Sonderführer assiste aux répétitions tous les jours.
- Il ne vient pas dans ce trou, si ? - Parfois, si !
- Il met son nez partout. - Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?
Mais pense, s'ils te trouvent ici,
tout le monde pensera que je t'ai caché ici.
C'est vrai, en l'état, ça joue contre toi.
Eh bien, je dirai à tout le monde que tu es venu ici de toi-même.
Sans me demander. La vérité, en somme.
Oui, comme s'ils allaient te croire !
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