لومړۍ 200 کرښې.
LE CHÂTEAU DE LA DERNIÈRE CHANCE Sous-titres par BuStEl – 2026
Vous pourriez vous réveiller dans les bras de la mort,
ou vous êtes réveillé dans les miens.
De toute façon, en payant un prix, j'ose dire que vous obtenez vos chances.
Ah, je me croyais ailleurs. C'était agréable.
Oh, comme vous êtes pesants. Je n'aurais jamais cru en vous, voisin, tout à l'heure.
Qui êtes-vous ? Que faites-vous ? - Je suis M. Faustin, et je vous aide.
Tu aurais mieux fait de rester chez toi. - Je suis partout chez moi,
où l'on a besoin de mes services. - Ce n'est pas votre affaire.
Ne me trompez pas, je sais tout.
Je sais que vous êtes un compositeur, qui n'a jamais
composé que pour les quatre murs de sa chambre.
Que vous êtes sans père, sans vice, sans argent.
Que votre maîtresse vous a quitté hier vers 14h40.
Je vous ai envoyé plusieurs fois mon prospectus.
Ah, le voilà.
Moi, je n'avais pas tant d'espoir. Vous n'aviez jamais répondu.
Je ne semblais pas sérieux. - Et maintenant ?
Maintenant, je voudrais dormir. Dormir.
Entendez-vous, entendez-vous l'orgue de la barbarie dans la rue ?
Il joue une valse pour moi. Personne n'a jamais pu y échapper.
Il n'y a pas d'orgue dans la rue.
À cet instant, vous ne l'entendez pas ?
Non, pas du tout.
Vous avez tort.
C'est assez fréquent, d'ailleurs.
Beaucoup de mes clients, mes rescapés, m'entendent chanter avant de mourir.
En hommage. - Je vous suis depuis longtemps.
Voilà déjà trois mois que je suis sur votre piste.
Je ne me souviens pas de vous avoir vus.
Déguisement.
Ah, c'était vous, le monsieur barbu qui s'est approché
de moi quand je me penchais sur les rails du métro.
Je vous suivais.
Je connaissais votre détresse. J'attendais que vous atteigniez ce point.
Et je suis arrivé au bon moment pour vous présenter mes projets. Voici.
Vous connaissez la clinique du professeur Patureau-Duparc ?
Non.
Vous ne lisez donc pas les journaux ? - Le moins possible.
Vous n'écoutez pas la radio ? - Je n'en ai pas.
Vous écoutez les conversations dans les cafés, dans la rue ?
Non, à quoi bon ?
Étrange, étrange. Eh bien, tenez.
Voilà.
Le professeur Patureau-Duparc possède une clinique de renommée mondiale.
Ils appliquent un traitement de sa propre invention, l'orthopédie mentale.
Un timide vient le voir. Dix gouttes dans un verre d'eau.
Et le voilà devenu un vrai héros. Mais les dosages restent délicats.
Le professeur Patureau-Duparc doit tester l'efficacité
de ses produits sur des sujets, nos « psychos-cobayes ».
On m'a ordonné d'en trouver de nouveaux, et j'ai immédiatement pensé à
vous pour cette clinique. J'ai nourri, blanchi et payé généreusement.
Dans le château.
En somme, c'est le château de la dernière chance.
Mais pourquoi vous adressez-vous toujours à des
gens sur le point de se noyer ou de se pendre ?
Ils sont plus compréhensifs que les autres.
Bon, c'est louche.
Oh, ça par exemple. Mais alors vous le vivrez, M. Tachelet ?
Eh bien, on le dit, oui. - Oh, vraiment.
Et moi qui ai appelé police et pompiers.
Je le regrette, croyez-moi.
Oh, je le regrette, je le regrette, c'est vite dit.
Et il est encore temps de décommander ces messieurs.
Décommander ? Ah non, impossible.
J'aurais l'air de quoi ? J'ai tout dit à la concierge,
tout le quartier sait, et rien.
Tout de même, si on paye des impôts, c'est pour
avoir le droit de déranger cette police.
Mais au fait, tu penses quoi ?
Vous n'êtes pas pendu ? C'était pour aujourd'hui ou demain ?
Mon terme, mon terme. - Laissez-moi arranger ça.
C'est combien ? - 1703 francs 75 centimes.
Gratification non comprise. - Tenez.
Merci. - À votre service.
C'est ce qu'on peut appeler une chance de pendu, hein ?
Et voilà.
Cette fin persuade votre pensée. Je symbolise votre avenir.
D'un côté, les factures, les carreaux brisés, les grognements
de la concierge et les chaussures mouillées.
De l'autre côté, une existence sereine, fleurie et confortable.
Votre signature au bas de cette feuille.
Et votre avenir est assuré.
Là. Alors.
Maintenant.
Habillez-vous. - C'est l'autre.
L'autre cravate. - Il y en a une autre.
Où est mon violon ?
Où me conduisez-vous ?
Au professeur Patureau-Duparc. - C'est loin.
Pour moi, certains trouvent ça trop loin, d'autres trop près.
Et vous, votre avis ? - Moi, je crois que c'est entre les deux.
Mon collègue. - Que font-ils ?
Ils se reposent. - De quoi ?
De rien. - Je sens que je vais me plaire ici.
Suivez-moi.
Eh bien, venez.
Mais pourquoi je prends ce type de pancartes ?
Parce que le locataire a changé de caractère.
Ah, comme ça, correct. - Exactement. Alors, dépêchez-vous.
Le professeur Patureau-Duparc nous attend.
Essayons, 22 ans, 27 ans, poids 75 kg, front
moyen, yeux gris, menton rond, visage ovale,
barbe, taille 1,78 m, teint en...
Ça, c'est à côté de l'âge, je dois dire.
Tendances ordinaires, caractère ordinaire, fonction rénale ordinaire.
Ordinaire, ordinaire, c'est vite dit. - Talent ordinaire,
complexe sexuel ordinaire.
Oui, oui, oui, parfait.
Vous êtes tout à fait l'homme qu'il me faut.
Je vous remercie, monsieur le professeur.
Merci, monsieur le professeur. Mais je voudrais compléter ce portrait sommaire.
Par ma mère, la généreuse Bourgogne a enrichi
mes veines d'un sang rouge et capiteux.
Monsieur, la Bretagne, en revanche, n'a-t-elle pas façonné mon père ?
Ce que vous êtes ne m'intéresse que médiocrement, 22.
22 ? - Oui, c'est votre matricule.
Oh, je m'en... Pardon, monsieur, j'avais oublié.
Je vais vous inoculer aujourd'hui le sérum de la confiance amoureuse,
avec un soupçon d'orgueil et un imperceptible
nuage de mysticisme augustinien.
Vous serez coléreux, vous saurez parler aux femmes,
mais un fond de philosophie amère vous
préservera de paraître un donjon improfessionnel.
Un mélange très nuancé et très délicat que je compose
pour la première fois à la demande d'un homme du monde.
Plus tard, je vous convoquerai pour l'essai d'un nouveau bouillon.
Mais ainsi, je changerais de caractère sur commande.
Ben oui. - C'est très ennuyeux.
Mais pourquoi ? Vous voulez vous tuer ? On ne supporte plus alors soi-même.
Oui. - Alors,
je vous propose justement de n'être plus vous-même. Vous devriez être satisfait.
C'est pas trop dangereux ?
Moins dangereux que de s'attendre, en tout cas.
C'est que je n'ai plus envie de mourir.
Mais qui vous parle de mourir, vous allez naître.
Naître ? C'est peut-être plus grave. - Voilà.
Bien, tout est prêt.
Je crains qu'il me faille le diluer un peu.
Enfin.
Nous verrons cela à l'usage. - À l'usage ?
Oui. À l'usage 22.
Bois donc, mon ami.
C'est tout ? - C'est tout.
Vous êtes libre. - Hein ?
Dans quelques instants, vous ressentirez l'effet
du breuvage et vous changerez de personnalité.
Comme le caméléon change de couleur, vous donnerez le jour à un donjon irrésistible.
C'est vraiment un donjon ?
Oui, mais... Veuillez prévenir Avieillère.
Avieillère !
Entrez.
Bonjour, monsieur. - Monsieur.
Comme donjon, vous avez droit à une veste à chevrons,
un pantalon garanti,
une chemise soit illusion,
une cravate écossaise,
une chaussette assortie,
une chaussure silencieuse améliorée,
un parfum envoûtant.
Ça fait toujours plaisir d'avoir un nouveau. Pour lui, c'est une aventure.
Moi, je suis là pour la fondation.
Maintenant que les sérums sont efficaces, ils ne
me font plus rien. Je crois être un cas à part.
Alors, ma milliard de mythes.
Tenez.
Mais, il est vite...
Que je donnerais le jour à un caractère inédit.
Mon Dieu, c'est étrange. Il me semble qu'un être s'est mis à vivre dans mon sein.
Il prend du volume, il remue.
J'ai peur de bouger pour ne pas gêner sa croissance.
Il ne faut pas aller trop vite. - Et que vais-je devenir ?
Quelqu'un de bien. Quelqu'un de mieux. En tout cas, quelqu'un d'autre.
J'avais retrouvé en vous cet élan, cette confiance
et cette lucidité qui vous ont porté jusqu'ici.
Mais plus rien de ce que j'étais moi-même.
Plus rien. - Et même pas une nuance fugitive,
un tout petit rappel.
Nettoyage par le vide, remise à neuf totale.
C'est que je m'aimais bien. - Mais vous aimeriez davantage.
Ah non, mais je ne veux pas me quitter. - La perte n'est pas grande.
Comment savez-vous ?
C'est tout même à sans cesse. Mais de quel droit voulez-vous me priver de moi-même ?
Vous avez l'argent et la drogue ; moi, j'en crache.
Comptez sur moi. Je dénoncerai à la police votre trafic de commun humain.
Je vous ferai coffrer, moi. Vous et toute votre clique.
Ne rigolez pas, ou je vous casse la mâchoire.
On a dû forcer la dose.
Qu'est-ce qui vous prend ?
Regarde, mon cher ami, regarde. Continuons notre petite promenade.
Qui est-ce ? - Le 13 bis, si je ne me trompe.
Pourquoi bis ? - Les femmes sont en bis, chez nous.
Elle me plaît. - Alors.
Je la veux dans ma chambre ce soir. - C'est interdit par le règlement.
Quoi ? Mais vous voulez donc faire un coup d'abstinence ?
Vous aurez brisé mes rêves. Je vous couperai les oreilles et les yeux.
Amenez-le au professeur. Vous lui direz d'avoir touché d'urgence.
Lâchez-moi !
Lâchez-moi !
Qu'est-ce qu'il est, ce monsieur ? - Un nouveau.
No comments yet. Be the first to leave one.