لومړۍ 200 کرښې.
Parce que le héros de cette histoire humoristique est un
personne gentille mais irresponsable, il est
évident que sa vision du social et
religieux est une fantaisie très personnelle.
UN FILM DE JEAN-PIERRE MOCKY
UN ÉTRANGE PAROISSIEN Sous-titres par : BuStEl, 2025
ADAPTÉ DU ROMAN DEO GRATIAS DE MICHEL SERVIN
Que Dieu soit avec vous, partez. Vous êtes renvoyé.
Dieu merci.
- Chou farci, mon fils. - Perdrix au chou, père.
Faux, cousin. Pâté berrichon.
Le Seigneur vous a-t-il donné un pâté ?
Quoi ? Tu n’es pas allé chez l’épicier ?
- Si. - Et ? Plus de crédit ?
- Il m’a donné la facture. - Ce radin !
- J’y vais. Salut. - Où vas-tu ?
Je vais dans la rue pour gagner de l’argent.
Mattieu, as-tu entendu ta fille ?
Un estomac vide n’est pas bon.
Sais-tu où va ta sœur ?
Je lui fais plus confiance que toi, tante.
D’accord. Je vais manger avec ma petite amie.
Celui avec la moustache ?
La cheminée des voisins est encore froide.
Allez, père. Ils peuvent aller à la campagne de temps en temps.
Allez, enfants. Sinon vous n’aurez rien à manger.
- Et toi ? - Je n’ai pas faim. À mon âge...
- Bon appétit. - Merci, père.
Dommage que nous ne puissions pas déjeuner ensemble.
Surtout le dimanche.
Tu ne peux pas venir, les femmes ne sont pas les bienvenues ici.
- Et mes parents ? - Pas de raison de les déranger.
Tiens, j’ai encore un ticket de métro.
- Et toi ? - Je marche. Je médite en chemin.
Tu m’achètes un sandwich ?
Pour une nymphe ? Pas question. Eugénie !
Peux-tu me donner un plan de Paris ?
Un plan de Paris ?
Oui, ma chérie.
Et le plan ?
Tu n’as pas mangé depuis dimanche, jeune Georges.
Tu dis ça tous les dimanches.
Hé bricoleur. Sainte-Cécile est cassée.
Ils ont cassé Sainte-Cécile !
Pardon. Tu as l’air d’apprécier la nourriture de ton ancienne école.
Autrefois, il fallait le punir pour qu’il mange sa soupe.
- Vos bananes ne sont pas mûres, amis. - Amoureux ?
Raoul, regarde ma dent.
Je ne suis qu’un prothésiste dentaire.
Regarde quand même.
Merci.
- Ouvre la bouche. Ça fait mal ? - Oui !
Il mord !
- Vilain. - Maintenant Sainte-Cécile peut rejouer de la musique.
J’ai besoin d’une pièce pour essayer.
Pauvre vieux Georges.
Si tu continues comme ça, tu vivras bientôt de la charité.
- Que dois-je faire ? - Travailler !
Mon père ne me le pardonnerait jamais.
C’est ainsi que j’ai été élevé. Je ne peux pas faire autrement.
Tu as beaucoup de talent.
Et ?
Saint-Paul a dit : "Qui ne travaille pas ne doit pas manger."
Ton conseiller spirituel a sûrement dit ça.
Je n’en ai plus.
Il a un contact direct avec le ciel.
Je raconte mes problèmes directement au ciel.
Le ciel les résout-il ?
Comment pourrait-il en être autrement ?
Georges, tu es aveuglé par ton orgueil.
Jeune Georges, le Mardi gras on mange des crêpes.
J’en suis.
Nous aussi.
On joue au billard ?
Pourquoi pas ?
Ce n’est qu’un pansement, mais ça aide.
Laisse ce fromage tranquille.
Tu es notre fille. Mange autant que tu veux.
Mais plus de nourriture pour ta belle-famille paresseuse.
Ils nous ont toujours méprisés.
Non, ce n’est pas vrai.
Pas maintenant, mais autrefois nous étions de petits vendeurs de lait.
Ton mari collectionnait des tableaux et des meubles chics.
Georges est un artiste.
Ton beau-père cherchait des vers solitaires en Grèce.
Ta belle-sœur est allée à l’école en Suisse et en Angleterre.
J’étais satisfait de l’école locale et de mes fromages.
Au lieu de dépenser, ils auraient dû investir.
On récolte ce que l’on sème.
On peut ?
Retour au propriétaire.
Tu ne vas pas casser mon cageot ?
Le thermomètre a encore baissé de 3 degrés.
Dois-je m’asseoir par terre maintenant ?
Tes joues sont rouges.
À cause du froid.
Je pense que c’est la barbe de ta petite amie.
Dis-lui de se raser dimanche prochain.
D’ici là nous serons tous affamés.
Françoise ! On pourrait aussi faire un effort et travailler.
Aucun Lachaunay n’a jamais travaillé.
Depuis quatre générations.
Les gens semblent en colère parce que nous ne travaillons pas.
Est-ce que je me fâche parce qu’eux travaillent ?
Qu’est-ce que ça leur fait que nous ne travaillions pas ?
Nous sommes une goutte de paresse dans un océan de travail.
C’est clair.
Le reste met partout en avant le travail de chacun.
Allons nous coucher. Nous devons nous reposer.
Que vais-je leur donner à manger demain ?
Ne t’inquiète pas. Le ciel enverra un signe.
Tu dois comprendre, père et tante Claire ne sont pas faits pour la vie moderne.
Ils ne sont pas nés au Moyen Âge,
mais ils vivent comme s’ils l’étaient.
Toi aussi d’ailleurs.
La vie sur terre est devenue trop dure.
Autrefois les gens de notre rang pouvaient voyager librement.
Nous nous aidions partout, mais nous nous battions aussi.
Maintenant nous sommes encerclés.
Partout des feux, des passages piétons et des sens uniques.
Tu dois t’habituer au monde dans lequel nous vivons. C’est le monde moderne.
Tu es si sage, ma petite Juliette.
C’est pourquoi je t’aime tant.
Tu es mon seul salut sur terre, avec le ciel.
Georges !
Oui, père ?
Voici le signe que le ciel t’a envoyé.
- Un message ? - Du huissier.
Si nous ne payons pas d’ici trois jours, nous serons expulsés.
Vendons quelque chose.
Il n’y a plus rien à vendre.
Ta chaise ? Nos lits ?
Ils n’en veulent pas au marché aux puces.
C’est tout. Plus rien à vendre, plus rien à manger.
Et bientôt plus nulle part où vivre.
Non, ce n’est pas possible.
Le ciel ne nous abandonnera pas.
Que se passe-t-il ?
Tu es devenu paresseux. Tu m’as abandonné.
Je ne peux pas te critiquer, mais si je n’ai pas de vrai travail,
c’est parce que je suis comme ça.
Chacun porte sa propre responsabilité.
Les gens travaillent tellement aujourd’hui qu’ils n’ont plus de temps pour toi.
Il doit bien y avoir des gens qui prennent le temps de t’honorer.
Sans les prières des humbles, que deviendrait le monde ?
Je veux ma liberté pour toi, mais je ne peux pas prier quand j’ai faim.
Alors fais quelque chose.
Envoie-moi un signe.
POUR PROBLÈMES CACHÉS
Ah, oui !
Merci.
Es-tu fou ?
- J’ai trouvé. - Devenir facteur ?
Tu ne vas pas travailler, n’est-ce pas ?
Non, père. Le ciel m’a envoyé un signe.
La faim l’a rendu fou.
Pas si fou, les gars.
Plus de pièces ?
C’est tout ce que j’ai reçu de mes amis.
Je pense que c’est parfait.
Assez mou ?
Parfaitement mou.
Selon tes notes à la Bibliothèque nationale
il est recommandé qu’au lieu du caramel au café,
choisir du caramel au chocolat, qui adhère mieux.
Le caramel doit être très mou.
Des auteurs éminents l’appellent “crémeux”
pour garder la surface collante sans défauts.
C’est comme de la colle. De la vraie colle.
C’était facile, mais ici je lis :
“Un des systèmes de protection les plus avancés...
"est l’ouverture ‘double seau’." Et ?
Ça viendra. J’ai juste besoin de temps pour l’apprendre.
J’ai besoin de quelques billets.
D’accord. Voici deux billets de cinq francs.
Merci. Le ciel te récompensera.
Comment va le commerce dentaire ces jours-ci ?
Oh, vieux !
Je vends une couronne à un dentiste pour 20-30 francs, il vend
la revend pour 200-300. De quoi décourager de travailler.
J’ai aussi besoin d’une pince à épiler.
Une pince ? Pour quoi faire ?
Pour prendre de l’argent d’une fente dans une boîte.
Une boîte ? Peut-être une tirelire ?
C’est une bonne idée.
Tu bricoles toujours et refuses de travailler ?
- Toujours. - Comment vas-tu manger ?
Le ciel pourvoira.
Tu te fais des illusions.
Je ne pense pas.
Tiens, je te prête celle-ci vieille.
Merci.
Maintenant les yeux fermés.
Je suis prêt. Demain je vais essayer.
Je ne me sens pas sûr.
Tu m’as envoyé ici pour nourrir ma famille,
mais penses-tu vraiment que je peux répondre à tes grands plans ?
Bien sûr j’obéirai à tes ordres, mais fortifie mon cœur,
et guide ma main. Je compte sur toi.
Saint Joseph, tu étais aussi un bricoleur habile.
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