Tajemství hradu v Karpatech
لومړۍ 200 کرښې.
Le mystérieux château des Carpathes
Le Royaume des Carpathes
27 octobre 1897
Il avait raison, le bon Docteur Blutwurst.
Cet air est un véritable baume.
Prenez des respirations profondes, Monsieur le Comte.
- Vous serez comme un poisson. - Comment ça, comme un poisson ?
- Pardonnez-moi. - D'oublier le terrible passé.
J'ai besoin de nouvelles impressions.
Magnifique !
Un décor pour « La Malédiction du Vampire ».
L'acte 2, l'aria de Waldemar.
Mon grand rôle à l'Opéra de Dresde.
- Vous souvenez-vous ? - Bien sûr !
Votre Grâce est tombée dans la fosse d'orchestre.
Quel merveilleux souvenir !
Cette région sauvage m'inspire.
Ces totems barbares.
Un peuple magnifiquement primitif.
Pourquoi tous ces bâtons pointent-ils le Château ?
Des bâtons ? De frappantes sculptures primitives.
Mais...
Ce n'est pas de la sculpture.
Votre Grâce.
Non, ça n'en est pas.
Pauvre homme !
Où est-elle ?
- Qui ? - Elle !
Un cognac pourrait le ranimer.
Arrêtez !
Ne tirez pas !
J'ai beaucoup d'enfants à nourrir et ce cheval.
Ne nous craignez pas. Nous avons là un homme blessé.
- Pouvez-vous nous aider ? - Oui bien sûr.
Mais je ne suis pas médecin,
seulement le professeur local, sur mon chemin vers Garouville.
Mais c'est notre destination !
Voici le malade.
Pauvre fille !
- Il s'agit d'un homme. - Et quel homme.
Villia, le jeune garde forestier.
J'ai pitié de sa fille,
la fille du bourgmestre.
Plus tard, à Garouville...
Villia, oh Villia !
Voilà ce qui devait arriver.
Il tournait encore autour du Château du Diable,
le fouinard.
Un fouinard ?
C'est un fonctionnaire !
Placez-le dans l'auberge.
C'est mon fiancé.
- Je vais le garder dans ma chambre. - Avez-vous entendu ?
Oh, allons.
Ils ont déjà annoncé leurs fiançailles.
Allez-y, alors !
Ne vous fatiguez pas, Votre Grâce.
Votre Grâce !
Votre Grâce !
Le Comte Teleke de Tölökö passera la nuit ici.
Quelques grands aristos ont dormi ici.
Même le Général Patlaj.
Après la bataille de Dolną Żętycą.
Le lendemain matin, il a dit :
« Cette bataille a été fichue,
« mais je n'ai pas perdu mon sommeil. »
Les mots sont écrits dans le marbre.
Ce château pittoresque.
La tour pointe vers le haut comme un doigt menaçant.
Un véritable Meissen !
Ici repose une étonnante quiétude
qui nous protège comme un joyau.
Son nom est Graal !
Ce climat est vivifiant.
Ajoutez-le à la note.
Papa, Villia est fiévreux !
Bon sang ! Le vieux Docteur ne peut pas venir.
La vache du sacristain met bas.
Puis-je vous offrir un médicament importé ?
Oh, importé ?
Merci, Monsieur le Comte.
Mademoiselle ne parle pas le dialecte montagnard ?
Elle a fait sa scolarité.
Cher père,
l'école du Couvent des Soeurs Chrétiennes
n'est même pas une université.
Votre Grâce, le médicament slovaque.
Un vrai miracle,
Monsieur le Comte !
La fièvre s'est retirée comme un souffle.
J'en suis heureux, Monsieur l'Aubergiste.
Quand le jeune homme nous dira-t-il ce qui a causé son état fatal ?
- Dans la matinée. - S'il vit assez !
Son état n'est pas grave.
On ne sait jamais avec ce Satan du Château !
Ne touche pas ! Ne tracasse pas ce monsieur.
Tomá est sourd et muet.
Il ne ferait pas mal à une mouche.
Il vend des scapulaires pour conjurer les mauvais esprits.
Donnez une pièce.
Le jeune garde forestier s'était rendu au Château ?
Il n'a pas pu rester à l'écart car c'est effrayant.
Comment ça ?
Les trucs habituels.
Comme des grincements, des cris.
- Des lumières étranges, disent-ils. - Disent-ils ?
Je les ai vues de mes propres yeux !
Une flèche flamboyante s'est élevée
haute comme le clocher !
Pourquoi est-il hanté ?
Pourquoi ?
Le Château du Diable !
Il est hanté !
Oh la la ! Il est hanté !
Mais pourquoi l'est-il, papy ?
Bois.
Il y a très longtemps,
un clan de chevaliers brigands s'installa au château.
Il assassinait des commerçants, des pèlerins.
Il torturait atrocement les autres et il les faisait mourir de faim.
Leurs méfaits les amenèrent après leur mort en enfer.
Là où Satan a donné l'ordre
de damner leurs âmes...
Hanter...
Hanter... Hanter...
Hanter ce château avec frénésie.
Hanté par ces âmes maudites, c'était devenu insupportable.
Les descendants ont décidé de partir.
Ils ont laissé le château aux fantômes...
Et les chauves-souris.
Grand-Père est un Homère local.
Ce château m'a intrigué.
Quand je me sentirai mieux,
je me ferai une petite excursion
et j'irai taquiner vos fantômes !
Vous feriez mieux d'écouter d'abord le jeune garde forestier.
C'est ça,
Monsieur le Comte ferait mieux de s'asseoir sur son cul péteux.
Ces tendres, chaleureuses expressions montagnardes !
Un dialecte si charmant !
Je me sens renaître.
Ce sont les nouvelles impressions
que m'a grandement recommandées le Docteur Blutwurst.
Un conteur primitif, des ruines romantiques,
des fantômes et de la magie.
Puis-je demander
ce que Votre Grâce pense de ces horreurs ?
Le plus grand bien.
Ne serait-ce pas magnifique si des flèches flamboyantes
avaient vraiment volé à cause du nid du Diable ?
Malheureusement, Ignác,
de tels phénomènes poétiques appartiennent aux légendes.
C'est dommage.
Mon pauvre Monsieur,
il ne l'oubliera jamais.
Mon Villia d'amour ! Qu'est-il arrivé ?
Je sais pas.
Tu ne sais pas ?
Je suis
arrivé
le soir
au château
et puis...
Et puis ?
Parle, mon Villia.
Et puis...
je ne me souviens plus rien.
Qu'est ce que tu dis ?
Un cas typique d'amnésie.
Perte de mémoire après un terrible choc.
Ce clan de voleurs joue encore de ses tours.
Mais courageux, ils l'ont été, ces chevaliers de Gorz.
Leur blason représentait la barbe coupée d'un Sultan.
Gorz ?
Oui, les Gorz de Gorz, les propriétaires du château.
Robert Gorz ?
Alors, peut-être qu'elle...
Arrêtez de chanter si mièvrement !
Un fonctionnaire ne doit chanter que l'hymne national.
Villia est guéri...
Robert Gorz a disparu.
Voilà qui pourrait être sa cachette.
Incroyable.
Je suis venu ici pour oublier.
Et soudain, de nouveaux espoirs à l'horizon !
Si ce fou est ici,
elle est ici contre sa volonté, bien sûr !
Mais Votre Grâce me dit que cette ruine doit être inhabitée.
Permettez.
La plus célèbre de ses arias.
Bravo, Monsieur le Garde Forestier ! Une interprétation excellente !
Je peux le dire, car je connais cette mélodie divine.
Comment la connaissez-vous ?
Je... Je ne sais pas.
Vous savez.
Vous la jouez tout comme elle avait l'habitude de la chanter.
Je peux encore entendre sa voix d'ange.
Et jolie comme un ange.
Qui ?
Le Ministre des Forêts et moi avons eu la même nourrice.
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