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LIAISON FATALE
Comment ils font ce truc gluant ?
D'abord ils mettent de l'eau.
Ils rajoutent de la poudre de gelée, de la farine, parfois du savon.
Et ils me le versent sur la tête.
- On est en retard. - D'où ils le versent ?
Je me le suis toujours demandé. Je ne sais pas.
Intéressant. C'est toujours vert ?
Généralement, mais ça pourrait être rouge.
Ou bleu.
Ou jaune.
- Papa, téléphone. - Merci, ma chérie.
Allô ?
Ça va. Sauf que je viens de me cogner l'orteil.
Deux secondes.
Chérie, c'est Hildy.
Je la rappelle.
Elle est dans la salle de bains. Elle demande ce que tu mets.
Mon ensemble noir.
Une robe noire.
C'est une soirée habillée.
Ellen, tu as fini de tripoter mon rouge à lèvres ? Je suis en retard.
- Sa robe rouge ira ? - Parfaitement.
Tu as entendu ?
Très bien. Alors, à tout à l'heure.
Combien de fois t'ai-je dit de laisser mon rouge à lèvres ?
Quand m'écouteras-tu ? Bécasse.
Chérie, où est mon costume bleu ?
Pendu à la porte.
Et merde !
Merde, merde, merde !
- Salut. - Salut, Christine.
- Ça va ? - Oui.
- Où est ta maman ? - Dans la salle de bains.
J'ai un cadeau pour toi. Tu veux le voir ?
Il te plaît ?
Bon. Allons voir maman.
Bonsoir, Chuck. Toujours d'accord pour vendredi ?
- Je suis là. - Votre présence est indispensable.
Je suis bien coiffée ?
- Tu es divine. - Je suis sérieuse.
- Tu es la plus jolie de toutes. - Menteur.
- Bonsoir, Bob. - Content que vous ayez pu venir.
Désolé de vous faire travailler demain. C'est samedi, mais...
Je comprends. Ma femme, Beth.
- Bob Drimmer. - Enchanté.
- Vous aimez la cuisine japonaise ? - Je l'adore.
- Qu'est-ce qu'il a fait ? - Baisé sa femme.
- Tu plaisantes ? - Faut voir sa femme.
Elle est plus déglinguée que lui !
- Vous êtes impossibles ! - Champagne ?
Champagne pour tous !
- Avec du citron. - Quatre coupes.
Pardon.
Comment allez-vous ?
Pardon.
Bon sang ! Merci. Et merde.
- Merci. - Non, merci à vous.
Quel événement culturel fêtons-nous ?
- Un manuel de mise en forme. - Encore ?
Celui-là est différent.
Il s'inspire des disciplines samouraïs.
Regarde ce type. Ça fait partie du rite ?
Salut, vous !
- Si les regards tuaient... - Tu les tombes toutes, hein ?
Elle me veut, c'est sûr.
Elle cache bien son jeu.
Elle me déshabillait des yeux. Ma fermeture éclair l'a arrêtée.
- Une coupe de champagne. - Tout de suite.
Je ne dis rien et je ne regarde pas.
Je mords ?
J'ai eu cette impression tout à l'heure. Santé.
Je déteste ces types qui font la roue.
Jimmy est juste un peu timide, comme nous tous.
- Je suis Dan Gallagher. - Alex Forest.
Enchanté. A quel titre êtes-vous ici ?
Comité de lecture de Robbins et Hart. Et vous ?
Je suis avocat. Et attaché à votre firme.
Mais je ne vous y ai jamais vue.
Je n'y suis que depuis deux semaines.
Il faut que j'y aille.
- Votre femme ? - Oui.
Sauvez-vous vite.
Enchanté de vous avoir connue.
- Encore merci, Christine. - De rien.
Bonsoir.
Tu n'oublies rien ?
Allez, viens, Quincy.
Tu es un bon chien, hein ? Mais oui !
Bon chien.
Ce n'est que pour cette nuit.
Si elle te plaît, ne le montre pas, ou le prix grimpera.
Cesse donc de t'inquiéter. Ellen, tu manges du chewing-gum ?
Je ne m'inquiète pas, je n'ai pas l'argent.
Mes parents ne sont pas loin.
- Raison de plus pour ne pas acheter. - Je n'ai rien entendu.
- On n'a pas les moyens. - Arrête. Attends, ma chérie.
Je n'ai pas vu la maison. Je ne l'aimerai peut-être même pas.
Ellen, ton chewing-gum. Merci.
Viens, Quincy.
Non, chérie. Quincy reste pour tenir compagnie à papa.
N'oublie pas de le sortir, hein ?
- Promis. - Bonne réunion.
- A demain soir. - Je t'aime.
La troisième fois, on aurait dit une méduse.
- Salut, Bob. - Navré de gâcher votre week-end.
- Excusez-moi auprès de Beth. - David.
Servez-vous.
- Comment ça va ? - Henry est absent.
Alex Forest le remplace. Où est-elle ?
Elle arrive.
En attendant, dites-nous ce qui est arrivé à votre cou, Bob.
Drôle, très drôle.
- Désolée, je cherchais le dossier. - Dan, je vous présente Alex Forest.
- On s'est rencontrés. - Bonjour.
- Pouvons-nous commencer ? - Je vous explique.
Un de vos romans a pour héros un sénateur infidèle du New Jersey.
Un député de l'Ohio se sent visé et veut faire interdire la publication.
L'un est chauve, l'autre pas. Et ils sont d'états différents.
- Ce livre doit paraître. - Bien.
Mais si j'ai à convaincre un juge que ce député a tort,
je veux l'entière vérité.
Soit dit entre nous, notre dame écrivain
a-t-elle eu une liaison avec M. Ohio ?
Oui.
Mais elle en a eu d'autres avec de nombreux politiciens.
Chacun pourrait prétendre se reconnaître.
Mais elle jure que son personnage est fictif. Je viens de lui parler.
Vous la croyez ?
Oui, je la crois.
Cela dit, que peut-on faire pour éviter l'interdiction ?
Peut-on circonvenir ce député ?
Contribuer à sa campagne électorale ? Lui faire peur ?
Trouver quelque chose dans son passé ? On n'a pas de prise.
Il manquait plus que ça !
- "Made in Taïwan" ? - Ils sont difficiles à trouver.
Attendez, en voilà un !
Allez !
On boit un coup en attendant que ça s'arrête ?
Oui, avec plaisir.
Mon affaire la plus bizarre ?
Je ne l'ai pas plaidée, mais elle m'a été proposée.
Mes parents divorçaient et ma mère voulait que je la représente.
- C'est pas vrai ! - C'est ce que j'ai dit.
"Pourquoi pas ?", elle m'a dit. "C'est un sale con."
"Tu le sais depuis ta naissance."
- Pas croyable, hein ? - Vous vous en êtes sorti ?
C'est difficile de dire non à sa mère.
J'ai invoqué une impossibilité technique.
Laquelle ?
Inexpérience en jurisprudence familiale.
C'était vrai. Elle a marché.
Garçon !
- Je les impressionne. - Je vois ça.
Ils me connaissent bien. Mademoiselle ?
- Café ? - Oui, merci.
Deux cafés.
Ah, je vous jure...
- Cigarette ? - Non merci.
Etre avocat, c'est comme être médecin.
Chacun vous confie ses secrets.
- Il faut être discret. - Oh, oui.
Vous l'êtes ?
Je suis quoi ?
Discret.
Je suis la discrétion même.
Moi aussi.
- J'ai une question. - Quoi ?
Pourquoi êtes-vous seule ?
- Un samedi soir. - J'avais un rendez-vous.
Je l'ai annulé. Quand j'ai téléphoné.
Ça vous plaît ?
Ça ne me déplaît pas.
Où est votre femme ?
Où est ma femme ?
Elle est à la campagne pour le week-end. Chez ses parents.
Et vous faites le polisson avec une inconnue.
Dîner à deux n'est pas un crime.
Pas encore.
- Ça en sera un ? - Je ne sais pas. Qu'en pensez-vous ?
Ça dépend entièrement de vous.
Je n'ai encore rien décidé.
Voilà qui est franc.
Le courant est passé entre nous dès le début.
Et vous êtes libre ce soir.
Nous sommes adultes.
Je paie l'addition.
- C'était formidable. - Dieu merci.
Il te reste de l'énergie ?
A quoi penses-tu ?
Tu habites là ?
Je trouverai un taxi ?
Tu l'as déjà fait dans un ascenseur ?
- Pas récemment. - T'as jamais essayé.
Excuse-moi, mon vieux.
Ça va ?
Bonjour. Où étais-tu ?
J'ai déjà appelé, mais tu ne dois pas être rentré.
Alors je vais me coucher. Appelle-moi demain matin.
Allô ?
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