As primeiras 200 linhas.
Après la défaite française en 1940, le pays fut divisé
par une frontière artificielle : La ligne de démarcation.
Ce film est dédié aux innombrables Français
qui sont devenus des "contrebandiers" et ont souvent perdu la vie.
- On y va ? - On y va.
- J’ai peur. - Peur ?
- Nous devons attendre la nuit. - Tu n’es pas raisonnable.
Dépêche-toi. Si tu ne veux pas venir, dis-le.
Halte !
Feu !
Lâche ton ballot.
- Chef. - Quoi ?
Ce fou là-bas gesticule.
- Qu’est-ce qu’il veut encore ? - Aucune idée.
Chef, vous avez une cigarette pour moi ?
Tu plaisantes, Morin ? Je dois t’entretenir ?
Merci, chef.
- Bonjour. - Bonjour.
- Regarde là-bas. - Pourquoi ?
Patrouille allemande. Il y a eu des tirs. Un fugitif français.
- Il est mort ? - Oui. Là. De l’autre côté.
- On va voir. - Avec plaisir.
REMERCIEMENTS AU DÉPARTEMENT DU JURA, AUX POMPIERS,
AU SERVICE DES PONTS ET CHAUSSÉES, AUX HABITANTS DE DÔLE,
BELMONT-CHISSEY-PORT-LESNEY ET AU CLUB SPORTIF DE LA POLICE DE DÔLE
Comtesse, je vous prie de m’excuser.
- Comment allez-vous, monsieur Siméon ? - Ça va.
Et votre épouse ?
- J’arrive, madame. - Elle arrive.
Ce n’était pas facile. La garde allemande voulait votre jambon.
- Il est beau. - Regardez.
Il coûtait 100 francs de plus, mais je l’ai payé.
Je remercie au nom de mes amis.
- Puis-je, comtesse ? - Allez-y.
Je m’étonne qu’ils ne soient pas encore arrivés.
- Le médecin ? Docteur Lafaye ? - Oui.
- Nous ne l’avons pas vu. - Pas encore.
Vous voulez du thé ? Il vient de Suisse.
- Vous avez du thé ? - Un, deux kilos, autant que vous voulez.
- Nous avons aussi du café. Vous voulez du café ? - Volontiers.
- Thé, café, comment faites-vous ? - Nous avons nos méthodes.
Les Allemands ouvrent-ils vos bagages ?
Oui, mais nous leur donnons quelque chose. Ils sont comme tout le monde.
Ils ne sont pas mieux lotis que nous.
Voilà le médecin.
Voulez-vous que je mette ça de côté ? Je vous donne aussi du chocolat.
- Donnez-moi ce que vous pouvez. - Bien.
- Super, comment ça va ? - Bien.
- J’ai ton jambon, Jacques. - Il est là.
Super. Très beau.
- Tu as bonne mine. - Ça va aussi.
- Ils ont même du thé et du café. - C’est génial. Viens voir.
Avez-vous encore de l’essence ?
Je suis chirurgien, chérie, donc je dois pouvoir conduire.
Comment vont tes enfants ?
Bien. Ils sont tous dans la Creuse chez la mère de Jacques.
Siméon, peux-tu m’aider un instant ?
- Et Pierre ? - Il est encore à l’hôpital.
- Combien de temps encore ? Il peut déjà marcher ? - Oui, les papiers n’étaient pas en règle.
- Je l’attends. - C’est de la folie, ce no man’s land.
HALTE LIGNE DE DÉMARCATION
- Chef. - Oui ?
Ici…
- Calme-toi, Pierre. Florent va t’aider. - Je peux le faire seul.
- Ne prends pas froid. - Ne t’inquiète pas.
- Comment ça va, Pradier ? - Bien, comte.
- Êtes-vous rétabli ? - Comme vous le voyez.
Vos papiers sont en règle ?
J’espère. J’ai attendu six mois.
Ils compliquent les papiers de l’autre côté.
Papiers…
À cause des bureaucrates, nous avons perdu la guerre.
Où dois-je poser votre valise ?
J’appellerai Mary et je lui demanderai de venir me chercher.
- Ce n’est pas possible, comte. - Pourquoi pas ?
- Seuls les Allemands peuvent téléphoner. - Ah bon ?
Alors je demanderai à ces étrangers d’avertir le château.
Le château est maintenant le centre de commandement allemand.
Que dites-vous ?
Mary ne voulait pas te le dire quand tu étais malade.
Ce n’était pas bien. Je ne peux pas vivre avec ces gens.
Elle a préparé la maison de campagne.
Au revoir, oncle.
- Merci. - Fais attention.
Je suis un officier vaincu et à moitié invalide.
Au revoir, Florent.
Salue Mary.
Papiers, s’il vous plaît.
- Papiers, s’il vous plaît. - Je ne vous comprends pas.
- Vous ne parlez pas allemand ? - Pas dans mon pays.
- Monsieur ! - Je suis capitaine.
- Vous n’êtes pas mon capitaine. - C’est ainsi que vous devez m’appeler.
- Je vous ai parlé correctement. - Mais pas avec 'capitaine'.
Monsieur le capitaine…
- On ne parle pas allemand dans son pays ? - C’est exact.
De ce côté de la frontière, capitaine, ce n’est plus votre pays.
Ce n’est de toute façon pas encore votre pays.
- Voulez-vous voir mes papiers ? - Natürlich, capitaine.
Je vais les montrer, mais d’abord une formalité.
Nous sommes tous deux en uniforme. Vous êtes de rang inférieur, mettez-vous au garde-à-vous.
- Je ne vous comprends pas. - Vous devez saluer.
- Quoi ? - Vous comprendrez bien assez tôt.
Attention !
Nom de Dieu ! Quelle impolitesse ! Vous le paierez cher.
- Tout est en ordre, capitaine. - Tant mieux.
- Nous devons tout de même fouiller votre valise. - Allez-y.
Là.
Faites porter la valise par un de vos hommes. Je vais me promener un moment.
Hermann !
- Fouille la valise soigneusement. - Attendez un instant.
Les lois internationales exigent de le faire avec des gants.
Pas forcément blancs, mais des gants.
Redresse ta casquette.
Et tiens-toi au garde-à-vous quand je te parle.
Regardez, le comte est revenu.
- Il boîte. - Regardez, il boîte.
Comment peut-il déjà être de retour ?
Mon Dieu.
Pierre !
- Tu es venu à pied ? - Seulement depuis le pont.
- Ça va ? Pourquoi tu n’as pas appelé ? - Seul l’occupant peut téléphoner.
- Pourquoi es-tu ici ? - Pour le marché noir.
- Comment ça ? - Sans Mary nous mourrions de faim.
- Je ne comprends pas. - Pierre, la vie est dure.
Le coiffeur nous procure de la viande et du thé.
- Ah oui ? - On s’en sort.
Cet état d’esprit explique pourquoi nous avons perdu la guerre.
Si tout le monde pensait ainsi, les Allemands mangeraient ce jambon.
Est-ce si grave ? La défaite n’est que temporaire, non ?
Vraiment ?
Arrête.
On y est presque.
Comment te sens-tu, Michel ?
Ça va.
Je peux maintenant te dire où nous allons.
- Il était temps. - Je devais garder le secret.
Vous savez ce que je pense de l’Angleterre, n’est-ce pas ?
Dites-le-moi, s’il vous plaît.
Un pays où l’on peut peloter les femmes et boire de la bière chaude
manger de l’agneau à la sauce à la menthe et cultiver la retenue.
Il n’y a rien de mal avec la sauce à la menthe.
Sans cette sauce, le « Intelligence Service » n’aurait peut-être pas existé.
Pourquoi ça s’appelle « Intelligence » ? Vous vous croyez intelligents ?
Non, nous essayons seulement de comprendre.
Ça peut prendre un moment, non ?
Nous sommes tenaces. Où penses-tu que nous allons ?
Ça m’est égal.
Tu n’es pas curieux ? C’est une bonne qualité.
- Je veux juste tuer des Boches. - Je ne pense pas que tu en tueras beaucoup.
J’aurais dû rejoindre les commandos.
Notre mission a une utilité plus directe. Notre seule arme est l’émetteur.
Et ça ?
Espérons que nous n’en aurons pas besoin.
Sinon ils nous auront trouvés et nous ne pourrons plus émettre.
Exactement.
- Tu me détestes ? - Je ne vous déteste pas vraiment, mais
je n’aime pas ça.
- Je suis désolé. J’ai très peur. - Moi aussi !
Nous aurons constamment peur.
Il faut s’habituer à la peur de la mort et faire semblant de ne pas avoir peur.
On y va.
Maintenant !
Maintenant !
- Dépêche-toi ! - J’arrive !
Aïe ! Nom de Dieu !
Dépêche-toi !
Par ici.
Colette.
C’est toi ? J’ai fait un mauvais rêve.
- Tu étais devant moi, couvert de sang. - Qu’est-ce que tu racontes ?
Qu’est-ce qu’il y a ?
- Pourquoi as-tu encore ton manteau ? - Ne t’inquiète pas.
- Pourquoi tu ne me dis jamais rien ? - Que veux-tu que je dise ?
Je dois soigner un blessé, c’est tout.
- Qu’est-ce que c’est ? Qui appelle ? - Ne t’inquiète pas trop.
Je dois juste opérer un patient.
- À l’hôpital ? - Non, pas à l’hôpital.
Ne t’inquiète pas. Je reviens vite.
- Tu vas dormir ? - Oui.
Embrasse-moi.
Jeffrey vous passe le bonjour.
- Une cigarette ? - Gauloise ?
Entre.
- Quand êtes-vous arrivés ? - Hier soir.
Vous étiez dans cet avion ? Toute la ville l’a entendu.
Le terrain était tout près.
Les Allemands sont nerveux.
Espérons qu’ils le soient encore plus.
- Exactement. - Car si notre mission réussit
la résistance contre l’Allemagne sera organisée, docteur.
Alors nous pourrons larguer des armes et du matériel.
- De quoi as-tu besoin à court terme ? - Une chambre en ville. Discrète.
C’est arrangé.
Une maison tranquille, pour installer le piano.
- Le piano ? - Le piano est l’émetteur.
Range ça.
Vous avez donc un émetteur. Alors c’est simple.
- Une cabane dans la forêt de Chaux, ça va ? - Parfait.
Où est votre piano maintenant ?
Dans une valise au dépôt de bagages de la gare.
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